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Les chansons grivoises de Georges Brassens

En 1956, Georges Brassens donne ? son 6?me album le titre de pornographe, reprenant un titre de livre de R?tif de la Bretonne consacr? ? la prostitution. Par cette chanson, Brassens se d?finit enfin : il sera le « pornographe du phonographe, le polisson de la chanson » !

Il est peu de textes o? Brassens parle de lui directement. Ainsi, on recense, en plus de « Le pornographe » les titres suivants : « Les trompettes de la renomm?e », Le bulletin de sant? o? il rassure les curieux « je baise, je baise »… et « L’andropause » qui fait partie des toutes derni?res chansons de Brassens qu’il n’aura d’ailleurs pas le temps d’enregistrer. Mais ne nous y trompons pas, s’il parle avec beaucoup de tapage de sa sexualit?, il tait sa vie priv?e et son amour intime.

Un polisson qui cache sa vie priv?e

Jeha Heiman en 1947

Son amour intime, il est unique, il est pour Puchen, ce qui signifie « poup?e » en allemand (il lui d?die d’ailleurs « Je me suis fait tout petit »… devant une poup?e). Il a rencontr? en 1947 cette Joha Heiman (qui sera? enterr?e avec lui, 18 ans apr?s sa mort). Mais ils ne se marieront jamais (Georges lui ?crit « La Non-demande en mariage »). Il ne vivront jamais sous le m?me toit non plus. Les chansons inspir?es par sa muse (par exemple, « J?ai rendez-vous avec vous« ) sont bien plus sages que celles qu’il ?crit sous sa plume de « polisson de la chanson ». La plus os?e est sans doute « Rien ? jeter »

La parodie licencieuse

L’une des fa?ons de faire dans le grivois est de parodier une chanson d?j? faite.? Brassens a mis en musique le po?me « Carcassonne » de Gustave Nadeau et il en fait « Carcassonne » puis il trousse deux chansons grivoises sur la m?me musique et en modifiant ? peine les paroles : « Le nombril des agents de police« , « La chaude pisse » interpr?t?e ici par Maxime Le Forestier.

Le th?me des cocus

Ce th?me donne l’occasion de chansons tr?s dr?les comme « A l’ombre des maris » ou « La tra?tresse ». Mais aussi « Le cocu », « L’assassinat », « L?che cocu ».

Le th?mes des putains

Georges Brassens s’empare de ce sujet au point d’approcher quelquefois m?me le sujet de la p?dophilie avec « La princesse et le croque-nottes » et « Concurrence d?loyale ».? La chanson « La complainte des filles de joie » a ?t? ?crite ? la demande du collectif des prostitu?es de Paris qui, le 16 juin 1976, adresse ? Georges Brassens la lettre suivante : « Cher Georges Brassens, Nous les Putains vous disons merci pour vos si belles chansons qui nous aident ? vivre. Malheureusement nous n’avons eu votre adresse que tr?s tard. Voici une invitation. Nous vous embrassons toutes. Vos Copines du Collectif de tout c?ur avec vous toujours. » Enfin, Embrasse-les tous « de Pierre ? Paul, en passant par Jules et F?licien », utilise le proc?d? de l’?num?ration dont Brassens saura tirer profit. « La nymphomane » ?voque ces salopes qu’il ne faut pas confondre avec les catins. Putain de toi est inspir?e des amours de jeunesse de Brassens.

Le proc?d? de l’?num?ration comparative.

On la trouve notamment dans « Fernande » qui passe en revue les pr?noms de la gent f?minine dont un seul produit l’effet d?sir?, et dans « La femme d’Hector » o? ce sont les noms des ?pouses qui sont pass?s en revue sans jamais ?galer la femme d’Hector.

La pointe de misogynie :

Brassens reprend, dans « Misogynie ? part » une citation de Paul Valery : « Il y a trois sortes de femmes: les emmerdeuses, les emmerdantes… et les emmerderesses. » Lors de la rencontre radiophonique c?l?bre du 6 janvier 1969 sur RTL entre Brel, Ferr? et Brassens, celui-ci pr?cisa sa pens?e : « Non moi je suis pas du tout misogyne moi je m?en fous une femme me plait elle me plait quoi. Une femme me plait pas elle me plait pas. ?a va pas plus loin. C?est pas un parti pris(…) Misogyne, c?est le type qui se m?fie des femmes. » Dans « Les casseuses », le message est autre ; il s’agit ici d’une d?nonciation des revendications sociales des femmes et du danger de d?virilisation de la soci?t? (image ? l’appui des c….qu’elles cassent). Ce message est repris plus crument dans « S’faire enculer » (interpr?t? par Jean Bertola : « Sous les coups de boutoir des ligues f?ministes / La moiti? des messieurs br?le d’?tre onaniste / L’autre d’aller s’ faire enculer. » Il n’a pas eu le temps d’interpr?ter cette chanson ; on n’en a pas de regrets… « Si seulement elle ?tait jolie », interpr?t? ici par Maxime Le Forestier, fait aussi partie du dernier album et a le m?rite d’?tre amusante.

L’?vocation du corps f?minin par morceaux de choix :

Brassens s’int?resse aux seins dans « Brave Margot » et dans « Le sein de chair et le sien de bois (texte seulement). Dans « La fess?e« , c’est ? une autre partie charnue qu’il rend hommage. Enfin, avec « Le blason« , il en vient enfin, sans le nommer, ? la partie la plus d?licate ? ?voquer et s’attriste en s’adressant aux dames que « ce morceau de roi de votre anatomie porte le m?me nom qu’une foule de gens. » Il parle bien entendu du « con ».

Brassens chante la gaudriole

Il en parle soit avec bonheur soit avec d?sabusement : Ainsi, selon lui « Quatre vingt quinze pour cent » des femmes s’emmerdent en faisant la chose. L’homme aussi et c’est pour cette raison qu’il cherche des aventures toutes plus ?tonnantes, versant parfois dans le f?tichisme (« Le nombril des agents de police » d?j? cit? ou « Le pince-fesse » (texte seulement), ou la conqu?te sans fin (« Don Juan ») mais il nous? pr?sente ici Don Juan sous un jour philanthrope. Voire carr?ment l’inceste (« Le petit-fils d’Oedipe », par Pierre Perret). Quand l’amour n’est pas l? (« Cupidon s’en fout« ), l’effeuillage de « La marguerite » fait un flop. Quant ? l’Amour avec un grand « A », Brassens s’en moque : « Sauf le respect que je vous dois ». Pourtant, cet amour transparait dans l’oeuvre mais plut?t comme un tr?sor pr?cieux et difficilement trouvable qui exige un effort : « La fille ? cent sous », « Les sabots d’H?l?ne ». En tous les cas, une chose est s?re, amour ou pas amour, on se souvient toujours de la premi?re fille qu’on a tenu dans ses bras : « La premi?re fille« .

Les situations propices aux aventures :

Brassens multiplie les histoires dans lesquelles une? situation exceptionnelle ou inattendue sert de pr?texte et d’occasion ? l’aventure amoureuse. On peut citer ? ce titre : L’orage, La chasse aux papillons, Le parapluie, Dans l’eau de la claire fontaine, L’amandier…

La chastet? est ?gratign?e

La chastet? est ?voqu?e avec une certaine f?rocit? dans « La religieuse » et Chansonnette ? celle qui reste pucelle« .

La pornographie

Le porno fait son apparition de mani?re ?vidente dans « Les radis » et dans « M?lanie« .

En vrac pour conclure :

Comme une soeur Le fant?me Corne d’aurochs Il suffit de passer le pont Comme hier Je? suis un voyou P?n?lope Je rejoindrai ma belle M?chante avec de jolis seins C’?tait un peu leste interpr?t? par Jo?l Favreau La file indienne Retouche ? un roman d’amour de 4 sous La ma?tresse d’?cole Une ombre au tableau (texte seulement)

Bonne ?coute !

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6 Commentaire

  1. avatar

    Ferrat, Ferré, Ferrer

    I

    Georges, Jacques et Léo,
    C’est avec insolence.
    Qu’ils faisaient leurs chansons. Dans les bas et les hauts,
    Ils niquaient pas la France.

    Ferrat, Ferré, Ferrer
    Ne savaient pas se taire.
    Ils niquaient pas leur père ; ils niquaient pas leur mère.
    C’n’étaient pas des gangsters !

    Refrain :

    Ferrat, Ferré, Ferrer
    Sur le périph’ errèrent
    Parfois pour de bons airs

    Ferrat, Ferré, Ferrer
    S’lon leurs thuriféraires,
    Ils faudraient les refaire.

    II

    Brassens, Brel et Béart,
    Ont gratté la guitare
    Ils grattaient pas l’vinyle comme ces DJ idiots,
    Ces Guetta du ghetto.

    Gainsbourg, Piaf et Trénet
    Crachaient pas à la face
    De la France et même quand ils traînaient
    Ils niquaient pas ta race.

    Refrain :

    Ferrat, Ferré, Ferrer
    Quelquefois s’enferrèrent
    Mais faisaient de bons airs

    Ferrat, Ferré, Ferrer
    S’lon leurs thuriféraires,
    Ils faudraient les refaire.

    III

    Reggiani, Moustaki, Régine
    N’invoquaient pas leurs origines
    Pour dire « les Français, c’est pas nous ! »
    Ils disaient pas « les femmes, à genoux ! »

    Bobby, Maxime et Barbara,
    Tout comme Brel, Brassens et Ferrat
    C’était pas de la caillera.
    Sur la police ils tiraient pas.

    Refrain :

    Ferrat, Ferré, Ferrer
    Quelquefois s’enferrèrent
    Mais faisaient de bons airs

    Ferrat, Ferré, Ferrer
    S’lon leurs thuriféraires,
    Ils faudraient les refaire.

    Vive la chanson, vive le slam !
    A bas le rap, les fous d’l’Islam !

    Voris Bian le 5 octobre.

  2. avatar

    J’ai laissé traîner un grosse faute.

    La version sans faute et définitive se trouve sur mon blog ici.

  3. avatar

    Flash info en rapport avec le sujet de cet article :

    Colette Renard est décédée. Cette chanteuse était connue pour ses albums de chansons grivoises, notamment « Les Nuits d’une demoiselle ». Elle avait partagé la scène de Bobino avec Georges Brassens en 1976.

  4. avatar

    Georges n’ayan tpas écrit de chanson grivoise pour non amis homos (« comme ils disent… »), je propose ma parodie de Fernande :

    Moi qui aime les garçons
    Moi j’ai pris l’habitude
    D’agrémenter ma solitude
    Aux accents de cette chanson

    {Refrain:}
    Quand je pense à Patrick
    Je trique, je trique
    Quand j’ pense à Rémi
    Je trique aussi
    Quand je pense à Alfred
    Mon dieu, elle est toute raide
    Mais quand j’ pense à Lulu
    Là je ne bande plus
    La bandaison papa
    Ça n’ se commande pas.

    Je vous laisse continuer…

  5. avatar

    Chanson grivoise improvisée à la manière de Brassens (éloignez les enfants)

    L’affaire Dutroux de Bâle

    Il n’y a pas qu’en Belgique
    Qu’un drôle de magicien
    Joue d’la braguette magique.
    Et Bâle aussi, elle a le sien.

    Et donc monsieur Dutroux de Bâle
    Est amateur de trous de balles.
    On notera qu’c’est pas pour rien
    Qu’Bâle est près des chutes du Rhin.

    Au fond de Bâle vit notre Helvète,
    Un rapide de la braguette.
    Il est à ce jeu de première force
    Mais c’est un jour qu’l’affaire se corse.

    Avisant le derrière d’un petit gorille,
    Il s’avisa d’y mettre ses billes.
    L’animal opposant peu de résistance,
    Notre homme alors saisit sa chance.

    Mais, par malheur, papa gorille,
    Le cul de monsieur Dutroux entrevit,
    Alors pour venger son petit gorille
    Autant par goût, que par dépit,
    N’ayant pas pu baiser la veille,
    On ne sait trop ce qui lui prit,
    Il saisit le suisse à l’oreille
    Et l’entraîna dans un maquis !
    Gare au gorille !…

    La suite serait délectable,
    Malheureusement, je ne peux
    Pas la dire, et c’est regrettable,
    Ça nous aurait fait rire un peu ;
    Monsieur Dutroux, au moment suprême,
    Criait : « Maman ! », pleurait beaucoup,
    Comme l’enfant gorille auquel, le jour même,
    Il avait fait un mauvais cou.
    Gare au gorille !…

    Voris Bian (et Georges Brassens)