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Les cadavres dans le placard de Charly (13) : De Broglie, Fontanet, Juge Renaud : meurtres entre amis

Et puis il y a aussi les cadavres dont ceux de ministres, ceux qui ont particulièrement marqué la Veme Republique… dont un qui vient de resurgir (grâce à la ténacité de sa fille, depuis 36 longues années), mais dont on évoquera le cas après seulement avoir dressé le bilan des « disparus de la Veme », autrement dit celle des assassinats de personnalités politiques toujours laissés sans explication… On a flingué pas mal, durant la période.

La Veme République a de grands placards contenant plein de cadavres, victimes de l’Etat. Or, dans plusieurs cas, l’ombre de Charly est apparue dans les affaires douteuses de la République, dont on relève quand même trois ministres assassinés. Le prince de Broglie, prince ruiné devenu en fin de carrière ministre au rabais de Chirac, Fontanet, abattu un soir en pleine rue et dont on cherche toujours le mobile de ses assassins, et bien entendu Robert Boulin, retrouvé mort dans un étang alors qu’il était pressenti pour devenir premier ministre… à la place de Jacques Chirac.

de_broglie-529b3-3be55La litanie des trois cadavres, j’en ai déjà parlé ici. Le premier meurt abattu le 24 décembre 1976, la veille de Noël, au 2 rue des Dardanelles à Paris ; devant devant le domicile de Pierre de Varga. L’homme est cousin avec Giscard d’Estaing, et s’est inscrit chez les Répubicains Indépendants. Il est complètement ruiné ,ou « riche de dettes », comme le dit si bien Pesnot. A l’époque il n’y avait pas de lois sur le financement des partis, et De Broglie a beaucoup alimenté le système sans trop se soucier de lui-même : il était devenu un vraie machine à cash en politique. » Le précurseur de la série de cadavres politiques en France est bien entendu Jean de Broglie (prononcez « debreuil »). « Prince de son état, ce personnage roulait sa bosse dans la politique depuis 1946. Propriétaire d’un château et de milliers d’hectares de terre, décoré moult fois, cousin de la femme du président en place, Valérie Giscard d’Estaing, et ami intime du ministre de l’intérieur Michel Poniatowski. En 1976, Broglie est âgé de 55 ans. C’est un personnage important. On ne s’attend certes pas à le voir finir comme un quelconque truand avec trois balles dans la tête, étendu sur un trottoir parisien… » écrit fort à propos Le Monde.

de broglieDe Broglie, écœuré par ceux qu’il avait alimenté (ils lui avaient promis un poste de ministre qu’il n’avait jamais eu !) venait d’apparaître à la tribune du premier congrès du RPR le 5 décembre 1976, par pure vengeance, à l’évidence. Son arrivée déplaît fortement chez les fidèles gaullistes, dont font partie Pasqua et Marchiani. Une trahison, pour les giscardiens, surtout. Jean de Broglie qui faisait aussi partie de l’Opus Dei, organisme catholique qui avait participé activement à l’élection de Giscard. Liée à la Matesa espagnole, une entreprise textile dissimulant une entreprise religieuse très influente et secrète. Une mort d’autant plus étrange que  » toute la hiérarchie policière était au courant des menaces qui pesaient sur Jean de Broglie, et il faisait l’objet d’une surveillance rapprochée » affirmera un des témoins de l’enquête. Selon cette dernière, rondement menée, Jean de Broglie aurait été la victime d’une sombre histoire de remboursement de prêt pour l’achat d’un restaurant, La reine Pédauque, à Paris. Du moins ce sera la thèse officielle. En fait, Jean de Broglie était celui qui avait financé la campagne électorale de Giscard, selon l’inspecteur Simoné, qui sera condamné à dix ans de prison pour complicité de meurtre… L’emprunt pour la campagne électorale était estimé à 20 millions de dollars ! Pour y arriver « Broglie dépose les statuts d’une dizaine de sociétés (Sodetex, Brelic international, Publifinance, etc.) en France et dans des paradis fiscaux « […] Officiellement, l’activité principale était l’import-export de métiers à tisser… », nous dit Simoné« . En fait, lors de l’enquête, on va découvrir avec quoi De Broglie arrondissait ses fins de mois : le trafic d’armes. C’est ce quavouera sans hésiter un indicateur de la police : « Leyris […] avance des hypothèses, déclare Roux. L’une d’elles est qu’une commission portant sur une somme de cent vingt millions de francs (douze milliards de centimes), liée à un trafic d’armes entre le Moyen-Orient et l’Espagne, n’a pas été versée. » Leyris avait averti la hiérarchie policière des menaces de mort qui planaient sur De Broglie. Peine perdue : visiblement, « on » s’était séparé des services (pourtant avantageux !) du prince De Broglie. Grillé, découvert, repéré, le prince avait été sans doute abandonné par ses propres soutiens (Giscard l’avait lâché dès 1973). Ou éliminé pour priver le parti de Giscard de subsides… « En 1976, aucun membre du gouvernement de l’époque n’assista à ses obsèques » conclut le Nouvel Obs. Un gouvernement qui avait comme Ministre d’État, chargé du Plan et de l’Aménagement du territoire un certain Jean Lecanuet (CDS)

41Us1WhdeTL._SX301_BO1,204,203,200_Chez MrX, Patrick Pesnot, l’assassinat avait très bien été préparé, mais un individu mal contrôlé avait failli le faire rater : Gérard Frèche, un proxénète qui a touché pour le contrat 50 000 F de l’époque . Un assassin… qui au départ ne devait pas tuer !!! Un assassin, enfui dans la voiture de Claude Simoné, un inspecteur de Police !!! C’était une seconde équipe qui devait se charger d’éliminer De Broglie, en fait. « En réalité, Gérard Frêche n’était là que pour se faire remarquer, servir de leurre aux policiers. Bouc émissaire, il occupait le devant de la scène une fois le meurtre commis par d’autres. Si les événements s’étaient déroulés comme prévu, Gérard Frêche aurait été utilisé le temps de brouiller les pistes. Ensuite, après la mort de Jean de Broglie, Frêche n’aurait certainement pas continué à vivre très longtemps. La première équipe était donc là pour faire semblant, pour attirer l’attention. Mais Frêche, qui se croyait investi d’une véritable mission et qui avait surtout un pressant besoin d’argent, a effectivement tiré et tué le prince. Une erreur qui a vicié cette affaire.​ » Un assassinat très élaboré, donc, et non un simple règlement de comptes pour… un impayé.  D’autant plus que la justice aussi flaire le coup fourré : « Les magistrats sont tout aussi sceptiques : les trois principaux suspects sont remis en liberté. Très brièvement ! Michel Poniatowski, ministre de l’Intérieur, monte au créneau. D’une façon complètement inédite, il braque les feux de l’actualité sur lui et sur les péripéties de l’affaire. (…) À écouter le ministre de l’Intérieur, on se demande même pourquoi l’affaire nécessite une instruction judiciaire puisqu’on sait tout et que le ministre a tout éclairci. » À l’évidence, le véritable objectif est de boucler le dossier au plus vite. Il faut faire en sorte que les recherches ne débouchent pas ailleurs et, en particulier, sur cette deuxième équipe qui peut mener à d’autres responsables, les véritables commanditaires de l’assassinat de Jean de Broglie. » 

Un autre confirme cette imposante présence policière le jour-même de l »assassinat : « un inspecteur de la BRI, que nous appellerons J.B.V., pour respecter sa volonté, puisqu’il a choisi depuis le pseudonyme d’Éric Yung. A présent rédacteur en chef et producteur à Radio-France, Eric Yung a écrit plusieurs livres. Dans La tentation de l’ombre, récemment réédité en poche, aux éditions Gallimard, il confirme à mots prudents que ses chefs, à la brigade antigang, avaient décidé d’effacer toutes traces de leur présence (surveillances, écoutes, P-V…), et qu’en marquant son désaccord sur de tels procédés, il s’était fait bannir du 36. Ceci n’a sans doute rien à voir avec cela, mais Éric Yung (à l’époque, il était border line) a eu ensuite de sérieux ennuis, il a même fait l’objet d’un attentat à la bombe, alors qu’il se trouvait chez son ami Yves Mourousi, présentateur du journal de 20 heures sur TF1. L’immeuble du XVI° arrondissement où se trouvaient les deux hommes a été sérieusement endommagé : ils s’en sont sortis indemnes. » 

frècheCe que confirme aussi Pesnot : « L’existence de cette seconde équipe (ici à gauche Frêche pendant son procès) n’est pas une invention. Pourquoi, par exemple, une mystérieuse Chevrolet était-elle garée sur le terre – plein de l’avenue Henri-Martin, tout près du domicile de Jean de Broglie ? Si on avait mené des investigations sur cette auto, on aurait pu remonter jusqu’aux membres de cette deuxième équipe, à commencer par l’étrange assureur provisoire de la voiture. Le mobile du prêt de La Reine Pédauque sera pourtant maintenu vaille que vaille jusqu’au procès devant la cour d’assises de la Seine. Et pourtant il sera prouvé que, Jean de Broglie mort, la dette existait toujours et qu’aucune assurance ne se substituait ni à Jean de Broglie ni aux propriétaires du restaurant. En somme, si on suit l’accusation, le prince serait mort pour rien. Absurde ». Selon Jacques Bacelon, journaliste : « Avec cette deuxième équipe, nous ne sommes plus dans un monde d’amateurs dépressifs qui veulent jouer aux caïds, mais de malfaiteurs de haut niveau. Nous entrons dans le domaine de la carambouille, des escroqueries bancaires, des affaires douteuses au niveau national et international avec des ventes d’armes et aussi la fausse facture. Il s’agit aussi du milieu protégé par les bons et loyaux services qu’il a rendus pendant les périodes électorales et des périodes beaucoup plus chaudes, comme les événements d’Algérie… Ces hommes ont appris à se servir des protections, ces protections que “Monsieur Albert” sait si bien faire jouer, si merveilleusement manier… Un milieu qui a appris à tuer efficacement avec toute la discrétion que les affaires d’État exigent… » Des assassins qui auraient donc pu être recrutés chez les alliés des colleurs d’affiche de Giscard, à savoir des ex OAS plutôt que des gens du SAC, quoi que ces derniers auraient pu aussi s’insérer dans le jeu pour défendre un idée du gaullisme… ne faisant pas appel aux centristes, leurs ennemis jurés. Exactement ce qu’avouera plus tard Charly, à Rue 89 : « quand Chirac devient Premier ministre de Giscard en 1974, je viens le voir avec d’autres pour le conseiller. A cette époque, Chirac est plutôt séduit par Giscard, mais moi je lui explique que ce dernier veut en réalité la mort du mouvement gaulliste. Chirac décide finalement de quitter le gouvernement et, dans la foulée, nous créons ensemble le RPR qui succède à l’UDR. C’est justement le RPR qui va devenir la rampe de lancement présidentielle de Chirac. Disons simplement que je lui ai donné un coup de main pour sa carrière. Ce n’a pas été un moment facile. D’abord, parce que j’aime bien Chirac, je l’ai beaucoup aidé, je me suis énormément investi, j’ai pris beaucoup de risques pour lui. J’ai assumé beaucoup de choses… [Big Charlie se met à se tortiller sur son fauteuil, mal à l’aise, ndlr] J’ai assumé un certain nombre de responsabilités quand personne ne voulait les prendre. Surtout en matière de lutte antiterroriste. Bon. Et dans le même temps donc, Chirac m’a déçu dans un certain nombre d’affaires. Il y a une césure dans la carrière de Chirac : 1983. A partir de ce moment-là, lui, qui est un homme solide, change progressivement de démarche et devient plus accessible aux idées centristes et européennes. Cette nouvelle orientation me dérange. Je suis d’accord pour que l’on ait des alliés à condition que l’on garde la ligne que l’on s’est fixée. Or, Chirac a décidé un jour de changer ses idées pour être élu. »

de broglie libéCompliqué donc : De Broglie a-t-il été tué car en arrivant chez Chirac il ennuyait certains chiraquiens qui comme lui pompaient partout l’argent pour le parti, y compris comme lui le faisait avec les ventes d’armes ? A-t-il été rejeté par les grands barons gaullistes pour avoir trop soutenu Giscard ? Ces mêmes barons craignaient-ils qu’il puisse continuer à alimenter les giscardiens, au quel cas l’assassiner provoquerait l’impossibilité pour Giscard de se représenter, car privé de fonds ? Pasqua, qui forcera ses amis à voter Mitterrand en 1981 aurait-il pu craindre ou détester autant un élément giscardien auprès de son nouveau poulain Chirac ? Non, décidément, l’assassinat de de De Broglie demeure une belle énigme, et ces anciens amis giscardiens ne sont certes pas les seuls à lui en avoir voulu au point de l’éliminer.
Cela je vous l’avais dit aussi : « chez les adversaires de Chirac, les Républicains Indépendants de Giscard ont été entre temps « verrouillés » par les envoyés de Pasqua, tels Hubert Bassot (un pro-OAS, c’est lui qui engagera Madelin comme nervis venu d’Occident) ou Gérard Ecorcheville, le beau frère de… Gérard Longuet, et le fondateur du GUD (ou l’on trouve déjà aussi Hervé Novelli !). Leur but est de surveiller étroitement le candidat des RI à la mairie de Paris ; Michel d’Ornano, proposé et soutenu par Giscard, qui sera au final battu lors de l’élection à la Mairie tant convoitée ; le 25 mars 1977. Pendant ce temps, on n’a pas pour autant retrouvé ceux qui avaient tiré sur De Broglie : avait-il été indélicat avec quelques mafieux qu’il aurait délesté ? C’est aujourd’hui l’hypothèse la plus probable : le prince naviguait dans des eaux sombres ; il semble bien, pour gérer ses biens et son château de l’Eure « de 365 fenêtres et un hectare de toiture« . Et dans ce cas, la politique pure n’y serait strictement pour rien, à part si l’hypothèse des commissions sur les ventes d’armes avait émergé davantage, ce qui n’a pas pu être vérifié plus profondément. Car De Broglie était en fait très symptomatique de l’époque, où les partis politiques se finançaient de façon totalement opaque ».

fontanet-20eae-09398Après de Broglie, le deuxième cadavre s’appelle Joseph Fontanet, comme je vous l’avais expliqué en mars 2011. « Le MRP de la première heure, catholique pratiquant, ancien militant à la JEC, du genre plutôt discret, à la vie sans aucune frasque et sans grand relief non plus, à vrai dire. L’homme disparait donc subitement à la surprise générale, révolvérisé le 2 février 1980, et donc quelques mois à peine après Boulin (dont nous verrons le cas un peu plus loin). Son assassinat, aujourd’hui encore est une totale énigme, lui aussi. Fontanet était une des figures probes du gaullisme : lui aussi voulait s’en prendre au SAC, qu’il souhaitait dissoudre, carrément. Cela n’explique pas pour autant totalement sa brutale disparition. S’était-il plutôt occupé du trésor de guerre de Chaban-Delmas pour sa candidature présidentielle de 1974 ? Rappelons qu’en 1974 Chirac choisira de soutenir Giscard dans l’espoir d’être son premier ministre… au détriment de Chaban, contre qui il sortira son « appel des 43 ». L’histoire du « trésor de guerre » de campagne de Chaban n’a jamais non plus été élucidé : leur rivalité était devenue de notoriété publique, et Chaban évincé ne retrouvera jamais son magot : à la tête du RPR, créé sur les bases de l’UDR, c’est désormais Jacques Chirac le chef. Chaban, lors de sa nomination comme premier ministre, l’avait appelé « le forban » ou le « bandit de grand chemin« . D’autres penseront de même plus tard. « 

Car les partis, à cette époque, on l’a dit, trouvaient l’argent pour survivre où il y en avait. Pour certains, c’était dans les banques, mais sans la clé des coffres : « un ou des forbans ? A ce moment là, le SAC, honni de Fontanet, se procurait encore de l’argent en attaquant l’Hôtel des Postes de Strasbourgpar exemple, pris d’assaut par des truands infiltrés par les hommes de Charly, dit-on. Pour un montant record : 11 680 000 de francs (7 120 000 €), voilà qui permet de voir loin ! Cela, ou les trésors d’Afrique, savamment choyés par Foccart. Beaucoup de gaullistes s’étaient enrôlés derrière lui, notamment l’homme-clé de l’affaire Boulin. Le soir même de la mort du ministre, en effet, des personnalités avaient été vues en compagnie du principal accusateur du ministre, l’homme par qui le scandale de la maison de campagne de Boulin à Ramatuelle était arrivé, Henri Tournet : « Quand nous sommes arrivés, Charles Bignon et moi même, nous avons trouvé Robert Boulin en compagnie de deux Ministres en exercice, de deux policiers de très haut niveau et de Robert Fontanet. Ils discutaient de Tournet. Les deux Ministres sont repartis presque aussitôt et Boulin est venu nous dire : « J’ai convoqué Tournet dans une demi-heure, un peu plus bas, au Carrefour des Voleurs. J’attends quatre divisionnaires. On va prendre Tournet et l’expédier en Espagne » affirmera Hermann Stromberg, gendre de l’infortunée Mme Rachez, la propriétaire du Casino de Saint Amand les Eaux » (1) .Tournet, travaillait en effet lui aussi pour Jacques Koch, alias Jacques Foccart, « monsieur Françafrique » dans son entreprise d’import-export, la Safiex. C’est là tout le nœud du problème : l’Afrique, déjà, à l’époque, était l’endroit de tous les trafics. Et Omar Bongo déjà aussi un très « grand ami de la France » (2). 

CAF94007951La Safiex, une société dont on ne sait que peu de choses (à gauche Joseph Fontanet)…, et d’où émerge à peine le nom de son second dirigeant Gilbert Beaujolin. « Dernier croisement de deux parcours parallèles : Gilbert Beaujolin et Jacques Foccart ont-ils pu travailler ensemble ? Et en premier lieu, la Safiex avait-elle des marchés en Afrique ? Renaud de Rochebrune pense que la Safiex était une entreprise tournée vers les Antilles, étant donné l’ascendance et les réseaux familiaux de Jacques Foccart. Pourtant, Pierre Péan, dans Affaires africaines, affirmait que le groupe Beaujolin et la Safiex servaient au financement occulte des « réseaux Foccart ». Attaqué en justice par Gilbert Beaujolin, il fut condamné en 1984 conjointement avec les éditions Fayard. La Safiex et le groupe Beaujolin auraient-ils pu servir à lever des fonds pour le financement du parti gaulliste ? Autre question à laquelle il est impossible de répondre ». On le voit, Boulin était au milieu d’un nœud d’intrigues fort diverses, dans lesquelles le financement occulte des partis politiques occupait une place centrale. Foccart et son équipe de nervis gaullistes, prêts au putsch au cas où… « Le financement de ce “recours” putschiste provient d’un nombre important de grandes entreprises françaises et étrangères : Rhône-Poulenc, Esso-Standard, le Crédit Lyonnais, Simca, Dassault, pour n’en citer que quelques unes. Jacques Foccart et d’autres acolytes du général ont mis en place une constellation de sociétés d’import-export, telles que la Safiex, dont la fonction est de fournir une couverture “commerciale” à l’activité des agents de renseignement gaullistes, d’alimenter les caisses noires de l’organisation et de financer les campagnes électorales des candidats gaullistes ».

L’attaque de  lHôtel des Postes de Strasbourg en 1971 a été attribué au gang des Lyonnais Un casse parfait, sans effraction trois des malfaiteurs ayant réussi à changer les serrures de la porte quelques jours avant le casse en se faisant passer pour des employés mandatés. Il attendront sur place les transporteurs de fonds, arrivés avec une voiture de Police, pourtant. En quelques secondes ils s’emparent du butin et s’enfuient dans une Estafette conduite par Nick le Grec. Dedans il y a 11 680 .000 francs (plus de 1,8 million d’euros) le plus gros coup du 20ème siècle !!! Des voleurs avec un aplomb incroyable : ayant oublié leur camionnette bourrée d’armes à l’extérieur du bâtiment, ils avaient eux-mêmes appelé les policiers pour qu’ils la déplacent pour éviter tout incident ! Des pros, de grands pros, qui étaient aussi des barbouzes…

augé abatttu« Le chef de l’officine en région lyonnaise n’était autre que Jean Augé dit le Parrain ou encore « Jeannot la Cuillère » (il aimait cet instrument pour torturer ses victimes…). Il était une des têtes (si ce n’est la tête) du milieu lyonnais et a été le mentor d’Edmond Vidal lui-même. Les mauvais coups du S.A.C et de ces gangsters/barbouzes restent encore très mystérieux. Certains sont connus, d’autres suspectés et quelques uns ne sont que des hypothèses, mais dans tous les cas, nous rejoignons la part d’ombre de la Vème République. Le fait le plus avéré est celui du « casse de Strasbourg ». Sur les 12 millions de francs, la majeure partie est allée au S.A.C qui s’en est servie pour financer l’UDR, le parti gaulliste. Le reste du magot a été partagé entre les huit braqueurs, dont Edmond Vidal. D’autres braquages ont aussi servi au S.A.C, mais là où le mystère s’épaissit concerne les assassinats et les morts suspectes. La Justice n’a jamais pu faire la lumière sur certaines affaires impliquant le S.A.C et le Gang des Lyonnais. On peut citer par exemple la célèbre affaire Robert Boulin. Mais la plus marquante est celle de l’assassinat du Juge Renaud ».  Le Juge Renaud était l’adversaire du Gang des Lyonnais et du S.A.C. « C’est lui qui les traquait et les a en grande partie découverts. Yves Boisset en a tiré un film en 1977 : « Le juge Fayard, dit le Sheriff » avec Patrick Dewaere dans le rôle titre. Ce film est l’antithèse de celui d’Olivier Marchal. Le héros c’est le juge, et le Gang ce sont les salauds. Le Juge Renaud gênait. Le milieu Lyonnais voulait sa peau et il l’a eu : il a été assassiné le 3 juillet 1975 devant son domicile. On n’a jamais retrouvé ses assassins. Seulement des pistes sérieuses, des indices solides…et un aveu post-mortem : Louis la Carpe (décidément très bavard) reconnait avoir été un des assassins. Une affaire bien couverte, étouffée… le fils du juge Renaud vient de publier un livre : Justice pour le juge Renaud, avec en sous-titre : Victime du gang des Lyonnais ? »

COLCOMBET-a3bf7-e93eaL’année où Giscard est élu, la télévision française présente une émission devenue un grand classique : les célèbres « Dossiers de l’écran » d’Armand Jammot, le 7 mai 1974, dans laquelle a été invité un magistrat lyonnais, François Colcombetle président du tout jeune syndicat de la magistrature, qui deviendra plus tard député et adjoint de Robert Bandinter, y fait une curieuse déclaration : « J’espère que l’on n’apprendra pas que certaines opérations de grand banditisme ont servi à alimenter les caisses d’un parti pour ses campagnes électorales. » Ce soir-là, tout le monde sur le plateau avait compris qu’il visait le SAC de Charles Pasqua !!! Plus tard, il portera de nouvelles accusaions :  « Si, à l’époque, Lyon était déjà considéré comme la capitale française du crime, le gang des Lyonnais a apporté une forme de modernisme dans le grand banditisme. Leurs casses étaient méthodiquement préparés, parfois plus d’un an à l’avance. Et pour les organiser, le gang pouvait s’appuyer, en plus, sur des renseignements de première main. Dans tous les secteurs, notamment dans celui de l’administration, il jouait de ses réseaux pour se faire tuyauter ». Y compris par la police ? « Surtout par la police. Le milieu avait pénétré la police, plus que l’inverse. Certains policiers étaient même complètement corrompus… À cette époque c’était clairement le grand banditisme qui faisait la police ». L’ère Pasqua, celle ou Charly est au firmament de sa carrière, au sortir de mai 68… Ecarté de Lyon, le jeune subtitut d’alors résumait la situation : « en 1974, on m’a donné de l’avancement, en me mutant à Paris. En fait, c’était pour m’écarter, je le savais. Mais j’étais content…. Je n’avais pas envie de me faire tuer. Le contexte était tellement tendu, tellement bouillonnant, que ce genre de chose aurait peut-être pu m’arriver à moi aussi. »  La France de Giscard, comme celle de Pasqua, ces deux ennemis jurés, n’était pas très belle à voir, à cette époque…

(1) infortunée, car assassinée en 1973… dans des circonstances troubles où se profile déjà Henri Tournet : « N’oubliez pas que l’affaire Boulin est la partie visible de bien d’autre mort suspecte le 4 février 1973 madame Rachez propriétaire du Casino de st Amand, de l’hôtel et de la station thermale décédait mystérieusement, on retrouve dans cette affaire un homme dénommé Henri Tournet son administrateur qui tout de suite après sa mort a revendu le casino au Partouche ruinant la famille en la dépossédant de tous ces biens ils ne leur ont rien laissé grâce à la complicité d’un notaire » note une intervenante dans un blog.

(2) « Omar Bongo, c’était le pivot de la Françafrique. Depuis la mort de Félix Houphouët-Boigny, tout passait par lui. Quand Jacques Chirac essayait de gérer la chute de Mobutu, il s’appuyait sur lui. Quand Nicolas Sarkozy voulait rencontrer Nelson Mandela, il s’adressait à lui. Omar Bongo, c’était plus qu’un ami de la France. C’était à la fois le Président du Gabon et le vice-président de la France en charge de l’Afrique. Pour lui, la France était une seconde patrie » écrit Christophe Boisbouvier.

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