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Les cadavres dans le placard de Charly (12) : l’âme damnée de Pasqua, jusque Tibhirin

Vis à vis de l’Iran aussi, notre Charly a eu de bien étranges positions, en acceptant de libérer (encore une fois) des terroristes au nom selon lui du secret d’Etat, qui dissimulait surtout d’autres intérêts. Ou d’autres personnes, dont un conseiller plus que critiquable… que l’on retrouvera mêlé étroitement à l’affaire de Tibhirine, qui n’a pas fini de nous étonner, elle aussi. Et contre laquelle se heurtent des juges français, confrontés à la réticence extrême des autorités algériennes à évoquer clairement le problème, ou a simplement soulever le voile de mensonges qui entoure l’affaire.

 

Unknown-3-14-5c4ea-d8becL’homme qui a un jour clamé vouloir « terroriser les terroristes » a fait tout l’inverse à plusieurs reprises : il a aidé certains à s’échapper. En décembre 1993, rebelote, Charly laisse partir vers l’Iran les deux auteurs du meurtre de l’opposant Kazem Radjavi (ici à droite). Ce dernier a été assassiné à Genève le le ‘Association suisse de défense des prisonniers politiques iraniens. Il avait épousé la fille de ancien président iranien Abolhassan Bani Sadr. Opposé au Shah, il l’avait été aussi de Khomeiny. Son assassinat sera suivi d’une longue liste de ceux qui se sont opposés aux responsables iraniens : Chapour Bakhtiar, ancien premier ministre du Shah, qui sera égorgé dans son domicile parisien de Suresnes, en 1991. Moradi-Talebi, tué en pleine rue à Genève (rue Plantamour). Un assassinat fomenté par Ali Khamenei et tout le gouvernement iranien. Au départ, trois options avaient été étudiées : le tuer avec tous les membres de sa famille chez lui, ou bien en plaçant une bombe dans sa voiture, connectée aux freins ou à l’allumage, programmée pour exposer dès qu’elle atteindra 40 km/h ou plus classiquement sur son trajet depuis son domicile. Une première tentative échoue le Le 30 août 1989, menée par Akhondzadeh-Basti et Saïd Hemati. Le 18 octobre 1989, une deuxième également. et une troisième le Le 31 janvier 1990. le 24 avril 1990 à 11h50 c’est la bonne et Radjavi, âgé de 56 ans, est abattu dans sa voiture tandis qu’il rentrait chez lui par plusieurs hommes et une femme qui le mitraillent à bout portant. L’enquête suisse démontrera que le 10 avril précédent, les six terroristes avaient atterri à Genève sur un vol ordinaire d’Iran Air. Mohammad-Ali Hadi Najafabadi, l’ambassadeur d’Iran aux Émirats-Arabes-Unis arrivait également à Genève pour huit jours après muni d’un passeport diplomatique n° 006646, il était descendu à la chambre 625 de l’Hôtel Intercontinental, le même que celui des assassins !!! Akhondzadeh-Basti avait pris lui aussi un vol pour Genève sur Iran Air le 18 avril, muni du billet de vol n° 096 4261 831174 et du passeport diplomatique n° 006588, et avait séjourné dans le même hôtel. Akhondzadeh-Basti, Abadi et les autres terroristes étaient retournés tranquillement à Téhéran à bord d’un Boeing 737 d’Iran Air le soir-même. Bref c’était bien une opération d’Etat.

Or en novembre 1992, deux ans plus tard, coup de chance, la France arrête deux membres du commando d’assassins iraniens. « Au départ, pourtant, tout s’était passé le plus légalement du monde. Jusqu’à l’intervention du gouvernement français. Après des mandats d’arrêt lancés par un juge d’instruction suisse et un signalement d’Interpol suisse, Moshen Sharif Esfahani et Hamad Taheri sont interpellés à Paris en novembre 1992. Le 10 février 1993, la chambre d’accusation donne un avis favorable à leur extradition vers la Suisse et, le 31 août, Edouard Balladur signe les deux décrets d’extradition. Date est alors prise, au 29 novembre, pour la remise des assassins présumés de Kazem Radjavi aux autorités suisses. Elles attendront en vain. » Car en décembre, les deux sont expulsés par le gouvernement français (avec Edouard Balladur alors comme premier Ministre) Charles Pasqua commentant la manœuvre d’une phrase dont il avait le secret : « Il s’agit des intérêts supérieurs de l’Etat »  avait-il dit devant les caméras. Le 13 décembre, le Conseil d’Etat le désavoue ouvertement pourtant, en annulant la décision du gouvernement français, mais le mal est déjà fait. « Sagement, les magistrats ont attendu pour rendre leur arrêt la fin du procès des assassins de Chapour Bakhtiar devant la cour d’assises de Paris. Mais à l’audience du 23 novembre, ils avaient bien noté un manquement aux règles élémentaires de la réciprocité puisque deux des Iraniens jugés par la justice française avaient été livrés par la Suisse, en vertu de la Convention européenne d’extradition. »

Unknown-4-8-f8f11-a042fTout s’était pourtant bien passé, jusqu’ici, écrit Pierre Péan dans « Compromissions : « durant leur garde à vue rue Nélaton, Taheri et Esfahani se décomposent peu à peu sous la pression de leurs interrogateurs français. S’ils nient être venus à Paris pour un repérage ou un assassinat d’opposant politique, ils finissent toutefois par admettre leur participation à l’assassinat commis en Suisse en 1990, et leur appartenance aux services iraniens. Présentés à la justice française, ils sont placés sous écrou extraditionnel. La cour d’appel de Paris rend le 10 février 1993 un avis favorable à leur future extradition vers la Suisse. La justice de ce pays va ainsi pouvoir récupérer deux auteurs présumés d’un assassinat commis sur son territoire. Dans le même temps, la France rend ainsi la politesse à des policiers et des magistrats qui viennent de se montrer particulièrement diligents : les autorités helvétiques avaient en effet extradé en 1991 et 1992 deux Iraniens réclamés par la justice française pour l’assassinat de Chapour Bakhtiar : Ali Vakili Rad et Zeyal Sarhadi. Le succès est désormais complet, si bien que le directeur de la CIA, James Woolsey, envoie une chaleureuse lettre de félicitations à la DST »… Et si la CIA le dit…

Dans l’attente du procès Bakhtiar, la France redoutait en effet fortement de nouveaux attentats, et le gouvernement tente une approche diplomatique avec Téhéran… un contatct plutôt singulier, puisqu’il s’agît du bras droit de Charly, et qu’il n’a pourtant aucun rôle ministériel mais un simple rang de « conseiller » : De 1988 à 1993, il a atterri à la direction du groupe Thomson, où il s’occupe des ventes d’armes ayant hérité du titre ronflant de tout « Conseiller du Commerce extérieur de la France » en 1989. Durant la cohabitation (1993-1995), il est redevenu « chargé de mission et conseiller pour le renseignement et la lutte anti-terrorise » au cabinet de Charles Pasqua, ministre de l’Intérieur.  « Le ministère de l’Intérieur est en alerte, la Direction de la surveillance du territoire (DST) planche sur « l’état de la menace iranienne », et le syndrome des attentats de 1985-1986 se réveille. Charles Pasqua dépêche à Téhéran son émissaire de l’ombre, Jean-Charles Marchiani, qui a oeuvré par le passé pour la libération des otages du Liban. » Qu’avait-il bien pu négocier… sinon la promesse du renvoi des deux assassins ? Car la situation était tendue : le 16 décembre 1993, deux iraniens Mojtabi Mashady, 37 ans, et Hossien Yasdan-Seta, 33 ans, avaient été arrêtés alors qu’ils essayaient de fuir en camion de transport international (TIR). On les soupçonnait d’avoir réalisé des « repérages inquiétants » car ils avaient pisté l’iranien Mathieu, un enquêteur de police à l’Office des stups (OCRTIS) et interprète de farsi pour le dossier Bakhtiar, et avait aidé aux auditions de Sarhadi faites par le juge Bruguière. Un juge qui soupçonnait en prime Mojtabi Mashady « complicité d’assassinat » sur le docteur Cyrus Elahi, cet opposant tué le 23 octobre 1990 à Paris de six balles dans la tête. Résultat ça coince à nouveau entre Téhéran et Paris. « Le ministre de l’Intérieur envoye de nouveau Marchiani à Téhéran » note Libération. Le 6 décembre 1994, Charles Pasqua sera pourtant acquitté le 6 décembre par la cour d’assises spéciale de Paris lors du procès qui avait suivi ce renvoi….

pean-e80eb« Que s’est-il donc passé pour que Téhéran bénéficie d’un si beau cadeau ? » s’écrie Pierre Péan, dans son livre « Compromissions ».  » Quel est cet « intérêt national » invoqué par Matignon ? Est-ce une banale « raison d’Etat » consistant à céder à des menaces de représailles ou à escompter remporter des contrats ? Ou bien l’« intérêt national » cache-t-il la « raison d’un clan », la poursuite d’intérêts privés d’ordre pécuniaire ? La question se pose, car, dans la coulisse, depuis des mois, Jean-Charles Marchiani négocie avec Téhéran, rejouant une partie qu’il a déjà entamée en 1987 lors de l’affaire des otages retenus au Liban. Grâce à Pierre Chassigneux, alors directeur de cabinet de François Mitterrand, je disposais de certaines informations sur les marchandages entre Marchiani et Téhéran, notamment à propos d’un voyage tenu secret de celui-ci en Iran. Faute de temps, attelé alors à la rédaction d’Une jeunesse française, je n’avais pas l’intention de mener à ce propos une enquête approfondie, mais je souhaitais néanmoins faire paraître mon petit scoop. L’affaire faisait alors grand bruit en Suisse. Les autorités helvétiques étaient particulièrement fâchées contre Paris qui avait empêché l’extradition à Genève des deux assassins évoqués plus haut. Mon ami Richard Labévière travaillait alors à la Télévision suisse romande et y présentait le Téléjournal. Je lui demandai de m’interviewer sur ce sujet brûlant. Ce qui fut fait le 6 janvier 1994. Je pus ainsi fournir quelques éléments d’explication sur les tractations ayant précédé le renvoi à Téhéran des deux … »

Or ce jour-là, Pierre Péan allait découvrir qui est exactement Marchiani lors de cette enquête où son nom était apparu : « Le 25 janvier, le commissaire divisionnaire Alain Pouessel me demanda de venir le voir d’urgence rue Nélaton dans un café proche du siège de la DST. Pouessel me dit s’exprimer au nom de Philippe Parant, directeur de la surveillance du territoire, et m’avisa d’arrêter net toute enquête sur Marchiani. À défaut, je serais en danger de mort : on aurait mis un « contrat » sur ma tête ! » Fallait-il qu’il soit puissant, Marchiani, pour en arriver à de pareilles méthodes  !! Ce n’était pas l’adjoint de Pasqua pour rien !!! La méthode Charly : l’intimidation des journalistes trop curieux !

marchiani_pasqua_toulon_1999-82e94-996ed-e4d1dL’homme décrit par Péan comme auteur de telles menaces, inimaginables en démocratie, est en effet l’âme damnée de Charles Pasqua : « Marchiani est toujours l’homme-clé de la mouvance pasquaienne. Protégé par son ami Charles, il monte un service « action » qui, dit-il lui-même, continue toujours d’être opérationnel. Il en a fait la confidence à Gilles Ménage, directeur adjoint du cabinet de François Mitterrand, alors qu’il lui proposait ses services. Le lundi 30 mai 1988, escorté d’Iskandar Safa, il fournit ainsi quelques éléments sur son « réseau », indépendant des services français et « surtout de la DGSE ». Il prétend avoir eu carte blanche pour le constituer, mais ne va pas jusqu’à dire de qui il est composé. Il raconte néanmoins que ledit réseau est organisé sur deux niveaux : un système de relations gouvernementales dont il est l’animateur, fondé sur des relations personnelles avec les autorités de divers pays (Iran, Liban, Libye, Pakistan, Afghanistan…) ; un service « action » sur lequel il fournit peu de détails, si ce n’est pour préciser qu’il a une capacité opérationnelle essentiellement au Liban. Il affirme ainsi tranquillement qu’il a diligenté quelques actions « homo— » visant des personnes qui entendaient voir se perpétuer les attentats, à la fin de 1986, ainsi que des gens opposés à la poursuite des négociations pour la libération des otages. Ainsi Marchiani raconte-t-il posément à l’Elysée, à un proche collaborateur du président de la République, qu’il a fait tuer des individus qui s’opposaient à lui, faisant fi des procédures habituelles dans ces cas extrêmes où entre en jeu la raison d’État—. Plus hallucinante encore est l’affirmation que ce service « action » serait toujours opérationnel »

Un Pasqua arrivé dans le gouvenement de Chirac, certes mais accompagné d’un Marchiani qui n’a jamais laissé de souventi impérissable chez lui : « Jacques Chirac m’a confié— tout le mal qu’il pensait de Jean-Charles Marchiani. Je n’ai eu nul besoin de lui tirer les vers du nez pour l’en faire parler. Il démarra au quart de tour : « Depuis cette époque, je n’ai cessé de dire à Pasqua qu’il n’était pas fréquentable et qu’il racontait des bobards. J’ai pu vérifier que dans toutes les histoires d’otages où il s’est attribué un rôle, c’était largement bidon. J’ai eu un grand tort dans ma vie. Un jour, Pasqua m’a demandé comme un service personnel de nommer Marchiani préfet du Var. Je me suis laissé faire, et je le regrette. » Puis d’ajouter sur un ton d’ironie amère : « Peut-être étais-je bourré, ce soir-là ! » Après quoi Chirac a repris sa charge : « Tout ce qu’il a raconté sur les otages était dépourvu du moindre fondement. Mais il avait le génie de l’esbroufe… Ce n’est pas lui qui a libéré Kaufmann !.. Pasqua était pendu à mon téléphone. Vingt fois, cinquante fois, cent fois je lui ai répété que ce Marchiani disait n’importe quoi, que tout ce qu’il racontait était faux. En plus, Marchiani réclamait sans cesse de l’argent – que je ne lui donnais pas. Pasqua, lui, voulait que je prélève sur les fonds spéciaux de Matignon— pour payer Marchiani… »

pilotes-4-7fa7b-3abf9Un homme aussi dangereux au sein d’un République a pourtant été envoyé partout par son ami Charles Pasqua. Dans des endroits inattendus, comme en… Bosnie. Le , un Mirage 2000 Dassault de la base d’Ochey, de l’Escadron de chasse 2/3 Champagne, près de Vesoul, celui du capitaine Frédéric Chiffot le pilote et du lieutenant José Souvignet le navigateur se fait abattre au-dessus de la Bosnie. Il était en mission pour bombarder l’usine de munitions de Pale, fief de Radovan Karadzic. Les deux pilotes réussissent à s’éjecter mais ils sont faits prisonniers à Gornja Sjetlina, à 15 kilomètres de Pale. Ils tombent aux mains du général Mladic et sont blessés et brutalisés. Leur éjection a été filmée par un vidéaste amateur. Leur calvaire va durer 104 jours. Six semaines plus tôt, des milliers d’hommes avaient été massacrés à Srebrenica, l’enclave musulmane de serbie . Les deux pilotes seont ballotés entre ceux qui clameront pouvoir les extraires d’où ils sont tombés. Les russes, tout d’abord avec Boris Eltsine, qui promet à Jacques Chirac d’obtenir la libération des pilotes. Mladic dira plus tard que dans le deal un émissaire du président russe lui avait assuré alors que s’il libèrait les pilotes, la France « examinera son attitude envers le tribunal de La Haye », qui l’avait alors accusé de « génocide et crimes contre l’humanité ». Chez les serbes mêmes, on était fort divisé : Jovica Stanisic, le chef du renseignement de Slobodan Milosevic, avait l’espoir de remettre les otages aux Américains.. qui ont effectivement recherché la balise éjectée par les pilotes français, au point d’avoir deux blessés dans l’opération de sauvetage tentée. La confusion sur place est énorme : Milosevic a bien assuré à Chirac qui l’a secoué au téléphone qu’il se sentait « responsable du sort des deux pilotes », mais son collègue Radovan Karadzic, entretemps, avait maladroitement déclaré qu’il ont été enlevés par « des rançonneurs ou des Musulmans de Bosnie » ! 

Dans la confusion la plus totale, on ne sait pas s’ils sont encore vivants, jusqu’à ce que Paris-Match publie une série de photos prises moins de trente-six heures après la capture, des photos négociées à un serbe dans une brasserie du Trocadéro. Dans ses carnets, Ratko Mladić raconte avoir rencontré le général français Bertrand de Lapresle, ancien commandant de la Forpronu, devenu conseiller de Carl Bildt, le médiateur de l’Union européenne, le 22 septembre 1995 « Il fait le voyage de Pale, lesté d’une mallette bourrée de dollars » affirme l’Express. L’officier lui dit que d’autres « envoyés  » français ont rencontré Radovan Karadžić. Dragomir Milosevic, commandant le corps d’armée de Sarajevo-Romanija confirme enfin qu’ils sont toujours vivants. Mais il ne donne pas de noms : pas de Marchiani en vue, ou alors pas au bon endroit.

Unknown-5-3-3ff96-818e4Celui qui va négocier, c’est « le général Pierre Marie Gallois (qui) effectue une mission en Bosnie les 16 et 17 novembre 1995 dans laquelle il rencontre Radovan Karadzic le jeudi 16 et le général Mladic le vendredi 17, qui lui dit « Il faut que ces deux hommes vous soient rendus, morts ou vivants. Je m’y engage. Mais il faut un geste de votre part. Si le chef d’état-major des armées françaises voulait me rencontrer, à Moscou ou à Belgrade, je lui présenterais mon armée, sa visite effacerait un peu de nos souffrances… Et alors je retrouverais la trace de ces deux hommes, je les leur rendrais morts ou vifs. Il y a droit, ce sont des combattants. Je m’y engage. » Le général Gallois écrit alors : « Ce discours signifie très probablement que les deux Français sont en vie (comment le général Mladic pourrait-il « offrir » deux cercueils au chef d’état-major de l’armée française ?), qu’il sait où ils se trouvent et qu’il les considère comme un ultime atout. »Le général Gallois transmettra son rapport le 18 novembre 1995. Cela n’a donc rien à voir avec la version que racontera Marchiani. Le 3 décembre 1995, nouvelle rencontre avec le général de Lapresle ». Les pilotes Frédéric Chiffot et José Souvignet sont localisés, ils sont détenus au nord de Pale, à Vlasenica, dans une base militaire fortifiée jadis par Tito. « Le 11 décembre 1995, Mladić rencontre le chef d’état-major de l’armée française, le général Jean-Philippe Douin, dans la banlieue de Belgrade.« Pour les années à venir, la France dirigera ses attentions à la partie serbe de Bosnie », dit le général français. Le lendemain, Frédéric Chiffot et José Souvignet sont libérés. Le nom de Marchiani est brièvement apparu lors des rencontres de Bertrand de Lapresle. « Deux jours plus tard, les trois protagonistes de la guerre, les présidents Slobodan Milošević, Franjo Tuđman et Alija Izetbegović se retrouvent à Paris, à l’Elysée, réunis par Jacques Chirac, pour signer l’accord de paix. » Nul part n’est apparu durant les négociaitons le nom de Arcadi Gaydamak : or Charles Pasqua, qui avait demandé la levée du secret défense dans le dossier de la libération des pilotes français de Bosnie, avait affirmé que la décoration d’Arcadi Gaydamak lui avait été décernnée pour son action pour libérer les pilotes de Bosnie !!!

pilotes-5-7f6cdSelon Bakchich, en effet, Marchiani n’y a pas été pour beaucoup : c’est le général Pericic, ancien chef d’Etat major de l’armée yougoslave qui est à l’origine de la libération, négociée en fait par le général Gallois : Au fil de l’entretien, Pericic me lance : « Comme tous les Serbes, j’aime la France qui fut notre alliée en 1914, puis contre les nazis. Et c’est avec joie que j’ai fait libérer les pilotes français abattus à Pale… »Rentré à Paris, c’est un Gallois meurtri qui me raconte son périple en Yougoslavie ; dont il n’a tiré aucun merci. Il faut savoir que Gallois, le « père » de notre force de frappe nucléaire, a jadis connu Mladic à Paris quand ce doux jeune homme était en stage à l’Ecole de guerre. Ami des Serbes et anciens prof de Mladic, Gallois s’imposait donc pour obtenir la liberté des deux pilotes tombés sur le territoire de ce seigneur de la guerre. Fort d’une lettre de mission de la DST, le général Gallois, pourtant en retraite, part pour une Yougoslavie en ruines. A Belgrade il rencontre ses amis militaires, dont Pericic, puis se rend en hélico vers le sud, en République Serbe de Bosnie où il négocie longuement avec Mladic. Le criminel de guerre est d’accord, il va libérer les pilotes, au cours d’un dialogue « d’officier à officier », du genre « La Grande Illusion », Mladic exige en échange que Douin expédie des avions pour participer à un meeting aérien prévu à Belgrade… Cette histoire guerrière s’achève sur le mode Tanguy et Laverdure, ou Foire du Trône » note Bakchich.

« Le rôle de Gallois (qui a alors 90 ans, il a pris sa retraite en 1957, il est mort lle  !), qui depuis Pale et faute d’hélico, a été contraint, sinécure, de rentrer à Belgrade en voiture, est si primordial dans ce dossier que, l’affaire réglée, Yves Bonnet patron de la DST se fend d’une lettre à Chirac. Le président, amis du cul des vaches et de l’appartement d’Hariri, est alors convaincu, comme TF1, que c’est Marchiani qui a « arraché » les pilotes aux griffes serbes. Que pour ce faire, il a été aidé d’un autre philanthrope exemplaire nommé Arcady Gaydamak, un oligarque russo-ukrainien qui sera bientôt, en guise de remerciement, décoré d’une médaille de l’Ordre du Mérite retenue sur le contingent du ministère de l’Agriculture ! Mais Bonnet, dans sa lettre, met un gros bémol dans l’enthousiasme de Chirac en lui expliquant le rôle de Gallois, et qu’il faudrait peut-être lui dire merci … Ah bon ! » « Quand cette histoire, celle de la vraie libération des pilotes, est publiée dans Paris Match, Gaydamak, bien qu’en cavale, attaque le journal. Et son vieil ami Raymond Nart, ancien numéro 2 de la DST passé au business privé, revenu témoigner à l’audience de l’Angolagate mardi 3 février, en dépit de ses efforts, ne pourra rien pour sauver le scénario de ce mauvais film d’espionnage, où l’on voyait Marchiani, Gaydamak et des officiers de l’ex-KGB voler au secours de nos pilotes tombés à terre… Et c’est ainsi que la V.O. est devenue une fiction. » Les « bobards » dont parlait Chirac à propos des interventions de Marchiani !!!

L’Express ne dira rien d’autre le 24 janvier 2002 : « Prenez encore le sauvetage des deux pilotes français détenus en Bosnie en 1995. Là aussi, qui nierait l’évidence ? C’est bien Marchiani qui les ramène en France, sains et saufs. Or l’instruction du juge Courroye – qui enquête sur l’affaire Falcone – révèle que l’ex-préfet du Var n’aurait dû son succès qu’en récupérant les informations d’un autre émissaire français, le général Pierre Gallois. Et puis, il y a cette histoire de décoration attribuée, en 1996, sur proposition de Pasqua et Marchiani, au milliardaire russe Arcadi Gaydamak. En principe, cette décoration – l’ordre national du Mérite – décernée au titre du ministère de l’Agriculture, mais sur la réserve présidentielle, l’a été pour services rendus à la France, en l’occurrence la libération des otages de Bosnie. Mais est-ce vraiment le cas ? » Des bobards, donc, encore et encore…

On retrouve l’année suivante le fameux récupérateur de dossiers faits par d’autres en Algérie où son mentor possède de solides amitiés comme on a pu le voir avec les terribles services secrets algériens. Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, sept moines trappistes du Monastère Notre Dame de l’Atlas situé près du village de Tibhirine, en Algérie, ont été enlevés par un groupe armé, que l’on suppose du GIA. Il faut attendre un mois, le 26 avril, pour que le groupe islamiste revendique l’enlèvement, et propose en échange la libération de militants incarcérés en France. On retrouve Jean-Charles Marchiani à la manœuvre de négociations, officiellement envoyé sur place par Jacques Chirac. Mais cela ne semble pas avoir été accepté par Alain Juppé, qui est en désaccord avec l’initiative, dont il n’a rien su : Chirac, visiblement ne l’a même pas tenu au courant de son initiative : le président aurait-il été berné par le double de Charly ? Ou bien Marchiani et Pasqua auraient-ils décidé d’agir sans même en informer le Président, qui aurait alors été contraint de faire une déclaration les couvrant ? Ils se seraient intéressés au sujet dans quel but ? D’avoir à livrer une nouvelle rançon, dont on sait ce qu’ils en font ? Marchiani, viré jadis de la DGSE après l’affaire Pompidou aurait été accompagné sur place de Pierre Le Doaré, chef d’antenne de cette DGSE à Alger de 1994 à 1996. L’affaire est fort confuse car Pierre Le Doaré accusera plus tard le gouvernement français d’avoir « oublié » que « plusieurs rapports ont été émis de son poste à Alger mais aucun n’a été versé à la procédure ». Selon lui, on aurait totalement ignoré sa rencontre avec Mustapha Abdallah, l’émissaire du GIA, (c’est son propre frère qui a été tué par le GIGN lors du détournement de l’Airbus d’Air France, en 1994). Le dossier complet d’Abdallah est introuvable depuis… or dans ce dossier, il y a une preuve de vie des religieux en captivité, remise justement par Abdallah !!! Les preneurs d’otages ne demandaient pas que la libération de prisonniers, mais aussi de l’argent, confirme Le Doaré . Une rançon, évoquée par… Marchiani en personne !

Qui a tripatouillé ainsi les archives et pourquoi demeure un mystère. Tout repose en fait sur la personnalité du responsable du GIA cité comme assassin des moines. L’homme est fortement supposé n’être que le jouet du pouvoir algérien et de ses services secrets du DRS, chargé de commettre des horreurs pour provoquer dans la population un sentiment de rejet des islamistes, ce qui semble plutôt avoir été efficace. Zitouni, on le sait est inculte et dénué de charisme, et l’affaire semble douteuse depuis le début : un de ces émissaires par exemple s’est même directement rendu au Consulat général de France à Alger, ce ui a impliqué directement le ministre Hervé de Charette. dans l’affaire. Or c’était Abdallah, justement ;, le fameux émissaire !!! Comme si les terroristes utilisaient les voies habituelles des Etats…. Il faudra attendre encore le 23 mai, pour que le GIA annonce que les sept moines ont été tués. Les moines ont été décapités, leurs têtes retrouvées au bord d’une route près de Médéa le 30 mai 1996, et leurs obsèques rondement menées ont leu ieu le 2 juin à Alger en présence du premier ministre algérien…

samraoui-28891-5ace1Le journal algérien le Soir donne ici sa version des faits sous la plume de Sofiane Aït-Iflis « Charles Pasqua a accusé, sans détours, le Premier ministre de l’époque, Alain Juppé en l’occurrence, d’avoir fait capoter une tentative de libération des moines trappistes enlèves et faits otages par les Groupes islamiques armés (GIA). Dans l’entretien livré en juillet et mis en ligne par le site, l’ancien ministre français de l’Intérieur déclare avoir été contacté par Jean-Charles Marchiani, préfet du Var et ancien des services secrets français, qui lui a affirmé disposer de contacts nécessaires pour mener des négociations avec les ravisseurs des moines. Charles Pasqua ajoute que Marchiani lui a aussi affirmé que ces derniers étaient disposés à discuter d’une éventuelle libération de leurs otages. Au passage, Pasqua ne manque pas de rappeler qu’à la même période, les « terroristes avaient fait passer un message à l’ambassade de France qui allait un peu dans le même sens ». Cet épisode de la négociation rappelé par Pasqua est en somme connu. Il s’agit de la lettre du GIA remise à l’ambassade de France à Alger par le mystérieux émissaire qui s’était présenté sous le sobriquet de Abdallah. Charles Pasqua divulgue ce qui s’est passé par la suite, c’est-à-dire de quelle manière s’est enchaînée la négociation mais aussi qui l’a menée. L’ancien ministre français de l’Intérieur dit avoir parlé au président Jacques Chirac de l’offre de service de Jean-Charles Marchiani. Chirac a donné son feu vert, précise-til. « Marchiani a pris les contacts nécessaires d’une part avec les services algériens et aussi, me semble-t-il, avec les preneurs d’otages », raconte Pasqua qui ajoute que « les choses semblaient se développer normalement. » Que s’est-il alors passé pour que la négociation échoue ? C’est à ce propos que Pasqua livre le détail qui enfonce Alain Juppé. Charles Pasqua explique que le Premier ministre de l’époque, Alain Juppé, pour ne pas le nommer, était furieux d’apprendre que Marchiani se trouvait à son insu à Alger pour négocier la libération des moines trappistes enlevés par les GIA et qu’il avait commis une déclaration publique qui avait fait capoter les négociations et précipiter l’exécution des religieux. Charles Pasqua soutient que le président Chirac n’avait pas informé son Premier ministre de la mission de Marchiani, car, explique-t-il, la règle dans ce genre d’opération est de ne pas en dire au-delà de ce qui est nécessaire. Pour lui, Alain Juppé a dû poser la question sur la mission de Marchiani à Chirac et que ce dernier a dû répondre de manière évasive qu’il n’en savait rien. Selon Pasqua, c’est cette réponse qui aurait incité Juppé à en évoquer la question publiquement. « Il a fait une déclaration en disant je ne comprends pas ce que fait Marchiani, le préfet du Var, en Algérie, et qu’en tout état de cause, il n’est chargé d’aucune mission par le gouvernement, la suite ou la manière… Je veux dire que les preneurs d’otages ont considéré qu’ils avaient été menés en bateau ou bafoués par le gouvernement français… Est-ce que cela était suffisant pour qu’ils assassinent les moines, je n’en sais rien… ». La France de Chirac est alors un pays extraordinaire, où un ministre annonce posément à la presse que son propre premier ministre n’a pas à être mis au courant de tout… car « la règle dans ce genre d’opération est de ne pas en dire au-delà de ce qui est nécessaire. » Un sommet !!!

Les algériens, toujours aussi manipulateurs, avec des terroristes maison utilisés comme repoussoir, laissent fortement entendre que la mort des moines aurait été le résultat d’une négociation qui a mal tourné entre le GIA et la DGSE sachant que cette période était marquée par une guerre souterraine terrible entre la DST (avec le duo Pasqua-Marchiani) et la DGSE (avec Juppé et l’ineffable Rondot). Une guerre interne visible, dont tout le monde peut constater les effets néfastes tous les jours, le duo Pasqua-Marchiani faisant fi, visiblement de toute discipline interministérielle. Le journal expliquant après que ce serait le refus de Juppé de considérer l’action de Marchiani qui aurait précipiter la décision de tuer les moines otages. »L’ancien ministre français de l’Intérieur se garde bien, on le constate, d’affirmer que c’est la sortie publique de Juppé à elle seule qui a dicté l’exécution des moines par les GIA. Cependant, il dit suffisamment qui engage la responsabilité de l’ancien Premier ministre. Les affirmations de Pasqua dévoilent nettement aussi cette guerre de prérogatives que se livraient à l’époque les services français. Un conflit, au demeurant, mis déjà en exergue par d’autres responsables français concernaient de près ou de loin par l’affaire de l’assassinat des moines de Tibhirine. Cela étant, les affirmations de Pasqua interviennent à un moment où le juge d’instruction en charge de l’affaire a demandé aux ministres français de la Défense, des Affaires étrangères et de l’Intérieur de lever le secret défense sur les documents ayant trait à l’affaire. Il s’agit notamment des notes que le général à la retraite Buchwalter dit avoir transmis à sa hiérarchie à l’époque des faits. Rappelons que Buchwalter a évoqué « une bavure de l’armée algérienne ». Une version des faits que des experts ont qualifié d’affabulation. » 

09-07-2009-5294b-dccd6Car la déclaration du fameux général Buchwalter (ici à gauche), attaché de Défense de l’ambassade de France à Alger alors en retraite avait tout changé 13 ans après les faits  : en effet, en 2009, celui-ci explique devant le juge Trévidic que les moines ont été tués par une bavure des hélicioptères de l’armée algérienne, qui avait localisé le camp de Zitouni et avait ouvert le feu. Les corps déchiquetés par la taille des armes utlisés ne pouvant alors être montrés, seules les têtes non touchées pouvaient l’être. « Cet officier de l’armée de terre, attaché de défense à Alger au moment du drame, avait alerté sa hiérarchie, mais on lui avait intimé de garder le silence pour ne pas nuire aux relations entre la France et l’Algérie » explique le Figaro. Le général accuse alors au passage Charles Millon alors ministre de la Défense, de ne pas avoir lu la note qu’iil avait émise relatant les mêmes faits. Visiblement, on est derrière un coup tordu impliquant l’Etat français autant que l’Etat algérien !!! « L’homme par qui le scandale arrive s’appelle François Buchwalter. Âgé de 65 ans, formé à Saint-Cyr, il est un pur produit de l’armée française. Son CV est éloquent : employé au sein des services secrets au Sdece, l’ancêtre de la DGSE (Direction générale des services extérieurs), puis à la DGSE avant d’être nommé attaché de défense en Turquie, au Sahara, puis en Algérie entre 1995 et 1998. C’est à ce poste que le général Buchwalter raconte avoir recueilli les confidences d’un ancien officier de l’armée algérienne, dont le frère était chef d’une escadrille d’hélicoptères affectée à la Ire région militaire en Algérie. Pour des raisons de sécurité, il a refusé de révéler son nom à la justice ». Selon Buchwalter, ce « monsieur X » lui a raconté peu de temps après les obsèques des moines qu’en mai 1996 son frère patrouillait en hélicoptère entre Blida et Médéa dans le cadre d’opérations anti-islamistes. Au cours d’une de ces missions dans cette zone désertée par la population, ils ont aperçu un bivouac qui ressemblait à un groupe djihadiste armé. « Ils ont donc tiré sur le bivouac. Ils se sont ensuite posés (…). Une fois posés, ils ont découvert qu’ils avaient tiré notamment sur les moines, a expliqué Buchwalter au juge. Les corps des moines étaient criblés de balles. » Buchwalter avait aussi évoqué par la même occassion l’assassinat de son ami l’évêque d’Oran, Mgr Pierre Claverie, mort dans un attentat, le 1er août 1996. Selon lui, l’évêque était lui-même convaincu de « l’implication du pouvoir algérien » dans le massacre. « L’ambassadeur de France avait expliqué au père Armand Veilleux, procureur général de l’Ordre cistercien trappiste, « sous le sceau du secret », que seules les têtes avaient été retrouvées : « Il voulait que je lui promette de ne rien dire, en arguant du fait que ce serait un déshonneur pour l’Algérie. » À l’hôpital, le père Veilleux a fait ouvrir les cercueils pour identifier les religieux. Il a constaté qu’il n’y avait que les têtes, « comme momifiées », dont l’une « n’avait pas de menton ». Les corps des moines auraient-ils été mutilés pour maquiller la bavure ? »  Les têtes « momifiées » laissant entendre que leur mort remontait à bien avant leur découverte… Buchwalter n’est pas le seul à tenir cette thèse, , Abdelkader Tigha, l’ancien officier du renseignement algérien la partage également, comme Habib Souaïda, l’auteur du livre La sale guerre, un ancien de la DRS et Mohamed Samraoui, ancien colonel de la sécurité algérienne (passé à la DST selon certains), l’auteur de l’excellent « Chronique des années de sang ». Le DRS est dans le coup.

73046_charettevgeune-6c948-a5dd7Toujours selon le général, l’assassinat des moines aurait aussi pu être une mesure de représailles contre la France à la suite d’une visite impromptue du ministre français des Affaires étrangères, Hervé de Charette (ici avec Giscard), ce même 1er août 1996, en Algérie (les têtes des moines ont été retrouvés le 30 mai). « Je pense qu’il y a un lien entre l’insistance d’Hervé de Charrette à aller à Tibhirine et cet assassinat, a déclaré Buchwalter au juge Trévidic. J’ai été témoin de la fureur du ministre algérien des Affaires étrangères quand Hervé de Charrette a modifié le planning prévu pour aller à Tibhirine Les Algériens ont bataillé pendant des heures pour s’opposer à ce déplacement. »  En somme une maladresse ministérielle ayant provoqué un revirement mortel, les autorités françaises auraient alors couvert les militaires algériens désireux de dissimuler la vérité. Il est vrai aussi que le ministre avait après les faits beaucoup insisté pour disculper le gouvernement algérien, déclarant notamment dans une interview à la comparaison osée que « Je n’impute à aucune autorité algérienne d’avoir trempé dans tout cela et je crois personnellement que c’est bien le GIA qui en est le responsable », « Pourquoi cette affaire revient à la surface, aujourd’hui, 13 ans après, alors qu’en réalité, on ne voit aucune raison particulière de le faire », a-t-il ajouté. Hervé de Charrette a déjà déclaré au journal français L’Express : « Cette affaire me fait penser au suicide de Pierre Bérégovoy. Dans ce genre d’histoires, il y a sans cesse des remontées d’huile pour remettre en question la version officielle. Je n’ai jamais entendu parler, de manière officielle, d’une possible bavure des militaires algériens. La version du général Buchwalter n’est que l’opinion d’un fonctionnaire parmi tant d’autres. Il y a toujours des gens qui ont intérêt à manipuler des informations contradictoires dans ce genre d’affaires d’Etat à Etat. » Un Etat français bien mouillé en effet : « Autre fait lié à cette affaire : le ministre français de la Défense, Hervé Morin, a indiqué hier mardi, sur radio RTL, qu’« aucune note de l’ex-attaché militaire français en Algérie sur le massacre des moines de Tibhirine n’a encore été retrouvée par le ministère de la Défense. « J’ai eu une note hier (lundi) disant on n’a toujours pas retrouvé cette note, puisqu’elle date d’une bonne douzaine d’années », a déclaré le ministre de la Défense. » Or Buchwalter continue à tenir la thèse de sa note… sciemment égarée. Dans cette terrible hypothèse, la mission de Jean-Charles Marchiani aurait aussi pris fin, faute de rançon à verser, les moines ayant été tués tôt par cette bavure…. dont Charly n’aurait pas informé Juppé, pour mieux l’accuser après d’avoir précipité la mort des moines en réprimandant vertement son envoyé : au royaume des coups tordus de billard à trois bandes Charles Pasqua, empereur des casinos était bien le roi incontesté !!!

sources :

http://www1.rfi.fr/actufr/articles/115/article_82514.asp

http://www.ina.fr/contenus-editoriaux/articles-editoriaux/algerie-les-moines-de-tibhirine/

http://www.estrepublicain.fr/actualite/2011/05/27/le-bourreau-de-nos-pilotes

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