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Les brigands ? t?te d?anges!!!


Et bien non, vous faites erreur, je ne vous parlerai pas de J?sus, de Sa?l de Tarse ou des Z?lotes. Je vais vous parler de nos ??Saints-brigands ? contemporains.

Vous vous souvenez certainement ? quel point la commission Bastarache, suite ? une ??fuite?? de l?ex-ministre Bellemare, s?est av?r?e ?tre une ??farce m?diatique? pour colmater le petit coin de voile qui avait ?t? soulev? sur les ??collusions?? politiques pour la nomination des juges?

Malgr? l?inutilit? de la d?marche au niveau des inculpations ? cause de sa ??superficialit?, il a ?t? impossible de cacher le ??fait?? que c??tait les ??post-it?? qui menaient la barque, non seulement dans la nomination des juges, mais? dans tout notre syst?me politique. Ce fut impossible de s?vir, mais ce fut tout autant impossible de ne pas constater la situation ?vidente, publiquement. C?est l?, tout l?avantage d?une enqu?te ??publique??.

Le gouvernement, pour bien para?tre, et surtout pour arr?ter les enqu?tes plus approfondies, a d?fini quelques ??am?liorations?? insignifiantes ? cette situation et les sourires revinrent sur leurs visages d?anges. On peu ?galement parier que les ??post-it?? continuent ? distribuer leurs bienfaits sur certains ??bienheureux??.

Aujourd?hui, 17 mois plus tard, suite ? une ??fuite?? du rapport de l?unit? anticollusion le 14-09-2011, on soul?ve un autre coin du grand voile .

En gros le rapport d?montre que ?tout ce qui touche ??l?asphalte?? est aux mains des Hells Angels. C?est un peu ??grossier?? comme r?sum?, mais cela n?emp?che pas d??tre une r?alit?. Cependant, il est bien ?vident que de viser les Hell?s Angels ne sert qu?? couvrir des personnes beaucoup plus ?lev?es dans l??chelle sociale.

Remarquez qu?au niveau des collusions dans la construction, ?personne ou presque, au Qu?bec, n?en ?tait pas convaincu; mais c?est une chose d?avoir des doutes et une autre d?en obtenir confirmation apr?s enqu?te.

Par contre, ce rapport d?enqu?te ne mentionne aucun nom. Ouf!!! Il ne mentionne que tr?s superficiellement, le ??modus operandi??. Ce qui est assez normal vu les ??b?tons dans les roues?? install?s par le gouvernement pour emp?cher l?enqu?te d??tre men?e ??rondement??. Les enqu?teurs ont effectivement saisi des documents compromettants dans la ville de Saint Glin-Glin. Bravo!!! Pendant ce temps, dans les grandes villes, les d?chiqueteuses fonctionnent ? plein r?gime. Il devrait y avoir quelques ??incendies?? malheureux qui vont br?ler certains dossiers ?galement.

Au d?part, un ??modus operandi?? est la planification structurelle d?un ??programme?? qui peut s?appliquer ? toutes les sph?res int?ressantes d?un syst?me ?tabli. Exactement comme un ??programme comptable?? qui sert ? esquiver? les imp?ts. ?videmment, ce genre de programme anti-imp?t est poursuivit par les instances gouvernementales avec beaucoup d??nergie. En fait, nous n?aurions aucune difficult? ? obtenir une ??commission d?enqu?te publique?? ? ce sujet (mais ce n?est pas certain).

Nous sommes tous conscient que le plus ??int?ressant?? des syst?mes ?tablis est le syst?me politique, puisqu?il contr?le l?ensemble du syst?me social. Mais qui pourrait avoir install? un tel ??programme?de collusion? pour contr?ler la soci?t??

Pour trouver la r?ponse, c?est assez simple; il ne suffit ?que d?appliquer le principe de Cic?ron qui date de 71 av J.C, c?est-?-dire?: ??Cui bono???.

La r?ponse nous saute tout de suite? ? l?esprit: Le syst?me ? qui profite le ??modus operandi?? en question est d?finitivement le ??syst?me financier??. ?videmment, le syst?me financier n?oublie pas de subvenir au financement des partis politique; ??scratch?my back and I?ll?scratch?yours!??

Nous constatons, avec tr?s peu de surprise finalement, que le syst?me de ??planification structurelle?? ou ??Modus operandi?? fut install? par le syst?me financier, sur tout l?ensemble du syst?me social par le biais du syst?me? politique. ?Il n?est donc plus question simplement des ??Hell?s Angels?? qui ne deviennent dor?navant, que des acteurs de second ordre dans l??chiquier de la corruption.

Heureusement, direz-vous, que nous avons le syst?me judiciaire pour nous prot?ger. Attendez un peu. Car, il ne faut pas se leurrer, ?puisque nous constatons que le ??syst?me de collusion?? s??tend, depuis longtemps, partout dans notre soci?t?, il devient ?vident que le syst?me?judiciaire?n?a pas fonctionn? pour contrer ce ??programme?? de contr?le. (On n?a qu?? se rappeler de l?importance de Marine Industries pour Robert Bourassa).

On a, alors, le droit de se demander ??Comment se fait-il que le judicaire ne puisse pas g?rer l?implantation d?un ??syst?me de collusion??. La r?ponse est ?vidente?: les lois, qui sont suppos?es le faire, sont promulgu?es par le ??politique?? (Le premier ministre ne cesse de s?en vanter). Le ??programme?? se r?v?le ainsi, sans faille. Les ??programmeurs?? ont tout pr?vu.

Par contre, pour qu?un?programme soit ??sans faille??, il se doit d?avoir des ??soupapes de suret? pour contrer les impr?vus. Des genres de ??loops?? qui ne m?nent nulle part et ?vite les ??complications?? additionnelles dans le programme. ?Quelle est donc, alors, la soupape de suret? employ?e par le syst?me de collusion pour ?chapper aux sanctions possibles d?coulant d?impr?vus?

La r?alit? est que le syst?me de collusion n??chappe pas aux sanctions de la justice. Il ne fait que ??limiter les d?g?ts?? pour ?viter de faire ressortir l??tendu de ??l?infection??. On a install? un ??loop?? qui arr?te la propagation du ??virus d?honn?tet?? dans le ??programme?? de corruption.

Lorsqu?une entreprise de construction est mise en accusation. Celle-ci plaide simplement la culpabilit?; ?de sorte que l?enqu?te pour ??prouver?? cette culpabilit? n?est plus n?cessaire et est annul?e. La justice condamne alors l?accus? ? une amende et le dossier est clos, sans qu?il soit possible de faire la lumi?re sur l?infection g?n?ralis?e du ??programme de collusion??.

On d?tient une preuve que c?est exactement ce qui se d?roule. Une preuve qui d?montre sans aucun doute possible, que c?est exactement l?, le ??loop?? en question qui est pr?vu comme soupape de s?curit?. Cette preuve nous est fournie par, au moins, une entreprise dont le propri?taire, impliqu? dans le monde de la p?gre, apr?s avoir plaid? coupable ? une accusation de fraude et condamn?e ? une amende, ?a pu continuer d?acc?der ? des contrats faramineux allou?s? par la ville de Montr?al, tout autant que par le gouvernement provincial.

L?entreprise en question a obtenu plusieurs contrats subs?quents ? sa condamnation, malgr? La?loi interdisant qu?une entreprise reconnue de culpabilit? de fraude puisse avoir le droit de soumissionner sur des contrats gouvernementaux. ?videmment, le ??judiciaire?? s?est pr?t? ? fournir une ??interpr?tation?? de la loi qui pouvait permettre cet accroc flagrant. Aussi paradoxal que cela paraisse, il n?y a plus rien ??d?ill?gal?? ? ne pas se conformer ? la loi.

Revenons au niveau du politique qui serait impliqu? dans cette fraude. La situation actuelle de ??collusion?? ne date ?videmment pas de quelques ann?es seulement. Les d?buts de l?installation du ??programme?? s?est fait il y a 40 ans, au niveau ??comptable??, ?lorsque la fa?on d??tablir une ??estimation?? de travaux a chang? drastiquement pour permettre des profits annuels de 15% au lieu du 2 ou 3% qui pr?valaient g?n?ralement avant les ann?es 1970 pour la plupart des entreprises.

?videmment, les ??extras?? ? un contrat initial, ?existaient avant cette ?poque. On ne pouvait pas emp?cher des erreurs dans la planification d?un projet. Trouver des ??extras?? potentiels ?tait d?ailleurs ma ??sp?cialit? pour la compagnie pour qui je travaillais. Ma t?che ?tait de d?couvrir les erreurs sur l?ensemble des plans d?un projet, pour d?terminer l?ampleur des ??extras?? que l?on pouvait pr?voir. Ce qui permettait une marge de man?uvre vers la baisse au niveau du prix de la soumission.

? l??poque, cela s?installait naturellement dans l??chelle de la comp?tition entre les entreprises. Les maisons d?architectes et d?ing?nieurs qui d?montraient la moins grande fr?quence ??d?extras?? sur les projets qu?ils parrainaient, devenaient les maisons d?Architectes susceptibles d?obtenir les meilleurs contrats ? cause de leur comp?tence.

On d?couvre aujourd?hui une facette de corruption qui s?est d?velopp? dans le ??programme?? du contr?le de ces ??extras??. Le d?but du ??programme?? de collusion s?installe lorsque les maisons d?architectes et d?ing?nieurs installent eux-m?mes volontairement des ??erreurs?? dans les plans et devis, qui?permettront?aux ??soumissionnaires?? de produire des prix d?risoires pour l?obtention de contrats.

Ces soumissionnaires ??membres de la collusion? recoivent l?information sur ces ??erreurs?? et? savent d?avance que le co?t du contrat initial sera ?ventuellement doubl? sinon tripl?, ? cause des ??extras?? indispensables pour ??corriger les erreurs?volontaires?. L?adoption de la loi au ??plus bas soumissionnaire?? devient alors une autre ??farce politique??. C?est effectivement l?, le tableau constat? comme existant, depuis plusieurs ann?es, dans l?industrie de la construction des infrastructures gouvernementales dont les co?t doublent et souvent, triplent.

Le rapport Duchesneau nous indique clairement que le minist?re qui a le devoir de v?rifier les plans et devis n?a plus la ??comp?tence?? et les ??effectifs?? n?cessaires pour le faire. Les brigands ont alors beau jeu.

Curieusement, lorsqu?on parle de ??co?ts?? des projets ??priv?s??, les extras sont, aujourd?hui, presque tous annul?s ou simplement ??refus?s??. Ce qui n??tait pas le cas, il y a 40 ans. Le tableau d?ensemble est que les entreprises ??membres?? de la collusion des travaux publics, sont r?mun?r?es au moyen des co?ts suppl?mentaires, tandis qu?au niveau priv?, les petites et moyennes entreprises sont responsables financi?rement des ??erreurs?? dans la ??planification?? des projets priv?s.

L??vidence d?montre que les ??sources de revenus?? du syst?me financier, chapeautant notre syst?me social, est tout simplement le fait d?une ??mafia?? corrompue qui vampirise, ? tous les niveaux, les richesses de l?ensemble de la soci?t? produite par le travail de chacun des concitoyens. La totalit? du syst?me est sous l?emprise de brigands qui ne cessent de se pavaner sur nos ?crans de t?l? en montrant des visages d?anges, courrouc?s ou souriants, selon les ??besoins politiques?? du moment.

Il est ? noter que ces brigands sont pour la plupart du temps, en conformit? avec la loi. Ce qui ne leur est pas tellement difficile puisque, pour la justice, ce qui est ??l?gitime?? est tr?s peu souvent ??l?gal?? aux yeux de la loi; et ce, m?me si on se rend jusqu?? la cour supr?me du Canada. La r?sultante est que ce qui est ??l?gal?? est souvent ??ill?gitime??.

La tactique ? pr?voir, et qui satisferont une majorit? de la population qui ne veut que des ??coupables??, est que les autorit?s feront diligeance pour mettre des visages et des noms responsables de ces probl?mes de collusion, pour ?viter que tout le syst?me soit reconnu coupable (Tactique propos?e par Fran?ois Legault entre autre et reprise par le ministre Moreau appuy? par Jean Charest. Ce qui est assez significatif, j?ai l?impression).

La r?alit? est que c?est le syst?me lui-m?me qui est responsable et les ??grands responsables?? ne seront jamais inqui?t?s puisque ce sont les directeurs de l??conomie qui ont install? ce ??syst?me??.

En mettant l?emphase sur l?arrestation de ??criminels notoires?? (donc connus) au moyen des enqu?tes polici?res, le gouvernement ?vite une commission d?enqu?te?publique qui pourrait faire ressortir?le ??programme de collusion?? institutionnalis? et puisse d?busquer les ??criminels non connus?? du syst?me. ?C?est l? un ??loop?? ultime pour prot?ger les vrais coupables si jamais ?le ??programme?? ?tait mis ? jour par ??coulage?? suppl?mentaire.

Avec les enqu?tes polici?res, le plus haut niveau social qui puisse ?tre inqui?t? est le niveau politique. Et on peut s?attendre qu?il fasse des pieds et des mains pour en r?chapper. Quitte ? sacrifier quelques t?tes d?affiche.

D?j? on installe les infrastructures du ??Plan Nord?? auquel ma ministre pr?f?r?e a collabor?. Je suis heureux qu?elle ait opt? pour une ??nouvelle vie?? dans le ??priv?. C??tait peut-?tre l?, le r?sultat d?une question morale?

On se rappellera que Robert Lafreni?re, actuellement directeur de l?unit? permanente anticorruption depuis mars 2011, (et ancien sous-ministre, donc aucune possibilit? de conflit d?int?r?ts, hum!) a demand? une enqu?te sur Yvan Delorme, ancien chef ??d?missionnaire?? de la police de Montr?al (question de morale l? aussi???), et actuelle ??relation intime?? de ma ministre ??d?missionnaire?? pr?f?r?e.

L?unit? anti corruption, apr?s avoir eu des difficult?s ? trouver des procureurs ? cause du gouvernement, voit, aujourd?hui, la porte claquer derri?re des enqu?teurs exp?riment?s d?missionnaires (toujours ? cause du gouvernement), ayant produit les r?sultats actuels de l?enqu?te qui nous fut r?v?l?s. Le gouvernement semble assurer sa position, c?est le moins qu?on puisse dire.

On se doit d??tre d?accord avec le ministre Moreau: La fuite du rapport pourra nuire aux r?sultats?(pr?vus ??secrets??) des futures enqu?tes polici?res; c?est bien ?vident. ?Souhaitons qu?il y ait d?autres fuites bient?t; parce que?

Selon notre gouvernement, le Plan Nord produira un effet extr?mement positif dans les ??finances?? provinciales.

Suite au rapport de l?unit? anticollusion, on ne peut pas, mais pas du tout, en douter un seul instant.

D?sol?ment

Andr? Lefebvre

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