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Les bouffons politologues

guignol Ils sont sur tous les plateaux de TV, dans tous les médias importants de la planète, et proposent régulièrement leurs « précieuses analyses », sauf que leurs prévisions sont de plus en plus souvent battues en brèche.

Les exemples se multiplient de ces journalistes et de ces experts visionnaires qui annoncent à tour de bras des évènements dont ils sont convaincus par avance de leur évidence.

Quid de Lauric Henneton, ce maître de conférence de l’Université Versailles, au sein de l’institut d’études culturelle et internationales qui annonçait dans les colonnes du Figaro la victoire évidente d’Hilary Clinton face au trublion Trump, évoquant pour la candidate démocrate une « victoire par défaut » ? lien

Le même optimisme régnait sur les antennes d’Europe 1 (et pas seulement), qui, se basant sur une étude, estimait les chances de victoire d’Hillary à 95%. lien

« Les Echos », sous la plume d’Anne Deysine, professeur des universités, parlaient de la « probable victoire d’Hilary Clinton ». lien

Que dire d’Yves de Kerdrel, directeur de « Valeurs Actuelles », qui n’avait pas le moindre doute quand à la candidature à la présidentielle de François Hollande ?

Dans un long édito, dans lequel il assurait que la candidature de Sarközi était un « secret de polichinelle » ajoutant que « la présence de Nicolas Sarközi au second tour n’est plus du tout à exclure ».., il écrivait : « et le plus stupéfiant est que François Hollande ne fasse plus mystère de sa candidature à la réélection… », et qu’a l’évidence Alain Juppé serait « le gagnant des primaires ».

Il concluait malgré tout son papier avec une phrase boomerang, citant Châteaubriand : « presque toujours en politique, le résultat est contraire à la prévision ». lien

Cécile Amar affirmait dans les colonnes de l’Obs, avec une assurance toute professionnelle que Manuel Valls était « rentré dans le rang », quelques heures avant que celui-ci ne propose finalement sa candidature à la présidentielle. lien

Comment ne pas s’étonner de la prose d’un certain Jean-Michel Aphatie, lequel écrivait dans son dernier livre « on prend (presque) les mêmes et on recommence », (éditeur Flammarion) « je n’imagine pas la prochaine élection sans Sarközi et Hollande ». lien

On pourrait bien sur leur trouver quelques excuses, ils se basaient sur des sondages, et ils ont beau jeu de leur faire porter le chapeau.

Alors qui se trompe ? Les experts qui décrypteraient mal les sondages, les sondeurs qui feraient mal leur travail, les sondés qui ne livreraient pas le fond de leur pensée ?…

Il n’est pas inutile de se pencher sur la réflexion de Rolf Dobelli, qui dans son livre « arrêtez de vous tromper  » (lien) fait le tour de la question, en tournant en dérision beaucoup d’experts : « ceux qui font autorité dans un domaine ou dans un autre soulèvent 2 problèmes. D’abord, leurs résultats sont souvent décevants. Ils sont environ 1 million d’économistes diplômés sur cette planète, et aucun n’a été capable de prévoir l’arrivée de la crise financière, et encore moins le déroulement des évènements depuis l’éclatement de la bulle immobilière jusqu’à la crise économique actuelle en passant par l’effondrement des dérivés sur risques de crédit ».

Et il conclut : « chaque fois que je rencontre un expert, j’essaie de le provoquer. Faites comme moi. Plus vous vous montrerez critique à l’égard des figures d’autorité, plus vous serez libres. Et plus vous aurez le droit de vous faire confiance  ». lien

À ce stade de la réflexion, en découvrant le peu de crédibilité des « experts prévisionnistes », pourquoi ne pas se lâcher à notre tour, à l’instar de François Morel, qui dans son billet d’humeur de France Inter, a proposé des scénarios si extravagants qu’ils ont finalement une chance de se réaliser.

Les voilà :

François Hollande, depuis son renoncement, monte régulièrement dans les sondages, il est devenu « le sage de la république »…François Fillon est l’objet d’un bashing incessant, depuis qu’il a décidé de « réformer la sécu »…

Alors François Morel envisage un échec des primaires de la gauche, avec moins de 1000 votants…lesquels auraient été essentiellement des électeurs du FN, voulant faire barrage à Benoit Hamon et Arnaud Montebourg… le président Hollande appelle à voter Jean-VincentPlacé…lequel sera élu avec 73% des votants…

Autre scénario évoqué par l’humoriste chroniqueur : Emmanuel Macron, au plus haut dans les sondages, est victime d’une crise d’oreillons, obligé de quitter la scène politique, et son épouse prendra le relais… Marine Le Pen, suite à ses prises de position sur l’IVG est victime d’un attentat, (la nièce serait suspectée…) et l’ancêtre le Pen revient aux affaires…

Pour finir en beauté, il propose un 3ème scénario : comme le nombre de candidat à gauche est plus important que le nombre d’électeurs potentiels, Jean-Luc Mélenchon propose que ce soit les candidats qui puissent choisir leur peuple…et dans un improbable 4ème scénario, Ségolène Royal, en lévitation au dessus du ministère de l’environnement, annonce qu’elle est en pourparler pour prendre la succession de Fidel Castrolien

Alors, à votre tour d’imaginer d’autres improbables scénarios, comme par exemple, devant l’effondrement de la côte vallsienne, Hollande se présente malgré tout, d’autant que finalement sa célèbre courbe du chômage s’est enfin inversée 3 mois de suite, et gagne un second mandat…ou qu’à droite, Fillon victime d’un accident de la route, (Sarközi suspecté de l’avoir provoqué brandit un alibi d’enfer), et finalement, Sarközi se retrouve au second tour, pour l’emporter dans une revanche éblouissante, contre un Hollande tout déconfit.

Inutile d’imaginer un ultime scénario, dans lequel un illustre inconnu, n’ayant jamais fait de politique, défenseur de la veuve et de l’orphelin, pacifiste notoire, et écologiste convaincu, porté par les réseaux sociaux, emporterait finalement l’élection.

On peut rêver, mais tout de même il y a des limites à certains rêves.

Comme dit mon vieil ami africain : « Nul n’est parfait, même le soleil a des taches ».

L’image illustrant l’article vient de villemin.gerard.free.fr

Merci aux internautes pour leur aide précieuse

Olivier Cabanel

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