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LES BELLES DU QU?BEC

Pierre Biron

Chronique?: ?chos de La Nouvelle-France

LES BELLES DU QU?BEC

Lors d?une visite de la Nouvelle-France en 1749 il d?crit le charme des ??fran?aises du Canada??

Qui est ce distingu? visiteur??

Un naturaliste finno-su?dois venu explorer les plantes nord-am?ricaines pour en ramener en Europe

Pehr KALM (1716-1779)[1] est un jeune universitaire (33 ans) n? le 6 mars 1716 en Su?de, baptis? Petter et surnomm? Peter par les historiens, fils d?un pasteur finlandais et d?une ?cossaise, ?lev? en Finlande o? il s?adonne aux sciences naturelles. Ce professeur et auteur de botanique, de sciences naturelles et d??conomie de l?histoire naturelle, mandat? par son ?l?ve et ami le c?l?bre naturaliste Carl von LINN? pour se renseigner sur des plantes qui seraient ?ventuellement utiles ? l?agriculture et l?industrie et dont il rapportera des semences.

Il visite donc en 1749 la Nouvelle-Angleterre et la Nouvelle-France en passant par le lac Champlain dont il d?crit les coutumes am?rindiennes, la g?ologie, la botanique, les animaux, et les fortifications du fort St Fr?d?ric (auj. Crown Point NY). Sa visite survient entre la guerre de succession d?Autriche (1744-48) et celle de Sept Ans (1755-1763) entre le 4 septembre 1748 et le 16 f?vrier 1751. Il se marie en f?vrier 1750 ? Philadelphie PA ? une immigrante su?doise.

Parti d?Albany NY il remonte la Hudson puis fait du portage pour atteindre le lac. Au fort Saint-Fr?d?ric (Crown Point) il attend 17 jours l?arriv?e de la barque de Joseph PAYANT dit Saint-ONGE[2] et celle d?un vent favorable pour ?tre conduit au fort Saint-Jean sur le Richelieu.

C?est ainsi que le 19.7.1749 vers 11h00 au fort Saint-Fr?d?ric (auj. Crown Point NY) c?est Saint-ONGE qui embarque l?illustre naturaliste finno-su?dois Pehr KALM, qui raconte que: ? Le yacht qui navigue tout l??t? entre les forts Saint-Jean et Saint-Fr?d?ric… qui nous a conduit ? Saint-Jean est le 1er qui ait ?t? construit ici et qui ait jamais navigu? sur le lac Champlain, car autrefois en n?employait que des bateaux pour transporter les provisions. Le capitaine ?tait fran?ais d?origine mais n? dans ce pays; il avait lui m?me fait les sondages pour trouver une route s?re entre les forts Saint-Jean et Saint-Fr?d?ric??

Une fois d?barqu? ? St-Jean-sur-Richelieu il gagne Laprairie en voiture ? cheval avant de traverser le fleuve sur un bateau en bois de pin. Il est re?u ? Qu?bec par le gouverneur La GALISSONI?RE qui le traite avec tous les ?gards, recommand? par la cour de France; du 21 juin au 29 octobre 1749, les 130 jours pass?s en Nouvelle-France sont des plus heureux car ses h?tes assurent g?n?reusement la logistique de ses d?placements. Au retour il prendra 17 jours pour arriver ? Albany NY depuis Montr?al par le m?me trajet empruntant le lac Champlain et toujours en canot d??corce de bouleau.

Il est mort en Finlande en 1779. Comme le formule si bien Nichole OUELLETTE, ??ni conqu?rant, ni soldat, ni missionnaire, il enregistre ce qu?il voit avec la rigueur d?un clinicien, son regard essentiellement scientifique donne un poids inestimable ? ses notes. Il note les us et coutumes des premiers et nouveaux habitants.??

Son site contient des observations ? la limite du comm?rage mais n?anmoins fort r?v?latrices sur les m?urs quotidiennes des filles et femmes de Qu?bec et de Montr?al.[3] Il n?avait pas trouv? cette coquetterie chez les femmes d?origine anglaise en Nouvelle-Angleterre et encore moins chez celles d?origine hollandaise ? New-York et Albany. Apr?s 262 ans, est-ce bien diff?rent?

??Lorsque Kalm dit que les fran?aises du Canada sont jolies, bien ?lev?es, vertueuses, un peu moqueuses peut-?tre, et port?es au badinage, mais en toute innocence de c?ur, et de plus, qu?elles sont meilleures m?nag?res que leurs voisines des plantations anglaises, nous n?avons pas de peine ? croire qu?il a trac? un portrait fid?le de la canadienne d?alors.[4]?

Les Montr?alaises[5]

??Une grande partie des Fran?ais venus s’installer en Nouvelle-France accusent les femmes de Montr?al de manquer, dans une grande mesure, de la bonne ?ducation et de la politesse des Fran?aises d’origine.?Les personnes du beau sexe, ? Montr?al, semblent pouss?es par un certain orgueil et comme contamin?es par l’esprit imaginatif des Sauvages d’Am?rique.?On leur trouve une sorte de fiert? sauvage.?Le matin, elles se l?vent avant le diable en personne.?Le soir, les femmes, les jeunes filles et les gar?ons se prom?nent dans les rues, bras dessus bras dessous, en plaisantant et badinant entre eux, avec une gaiet? folle.?En g?n?ral, ces dames sont plus jolies que celles de Qu?bec.

De plus, elles les surpassent dans le domaine de la chastet??! Les jeunes Montr?alaises cousent et mettent la main aux travaux m?nagers.?Elles ne pouffent pas de rire autant que les Qu?b?coises, bien qu’elles soient assez enjou?es et aimables.?Personne ne peut dire qu’elles soient d?pourvues de charme et d’intelligence. Les Montr?alaises se marient ordinairement plus tard que les Qu?b?coises.??

Les Qu?b?coises[6]

??Les femmes de Qu?bec ressemblent, ? leur fa?on d’?tre, aux femmes de France.?Mais les femmes mari?es vivent trop librement.?Il para?t qu’on les pr?sente aux jeunes Fran?ais de la marine royale, stationn?s ? Qu?bec durant un mois et davantage.?Ces messieurs n’ont d’autre occupation que de rendre visite ? ces dames, avant de regagner la France.

Les femmes de cette ville, en particulier celles de la haute soci?t?, se l?vent ? 7h du matin, s’habillent, se poudrent et se frisent jusqu’? 9h en sirotant un caf? au lait.?Les jeunes filles se parent ensuite de fa?on magnifique, s’assoient sur une chaise pr?s d’une fen?tre ouverte donnant sur la rue.?Un ouvrage de couture ? la main, elles font un point de temps en temps.

Elles tournent continuellement les yeux du c?t? de la rue et si quelque jeune homme vient ? entrer, la jeune fille abandonne son ouvrage.?Elle s’assoit alors le plus pr?s possible du jeune homme, cause et bavarde avec lui, sourit et pouffe de rire, et la langue marche comme les ailes de l’hirondelle, sinon plus rapidement.?Toute la journ?e s’?coule de la sorte sans que la jeune fille s’adonne au plus l?ger travail.?Elle reste assise et bavarde avec les jeunes gens.

M?me ? l’int?rieur des maisons, les jeunes filles s’habillent chaque jour de magnifique fa?on, comme si elles ?taient invit?es ? d?ner chez le gouverneur g?n?ral.?Elles portent sur elles toute leur fortune, et m?me parfois davantage, rien que pour ?tre splendides. De nombreux Fran?ais viennent ? Qu?bec avec leur navire, tombent parfois amoureux et se marient. Ces m?mes hommes montent rarement jusqu’? Montr?al.??

Pierre Biron

23 janvier 2011


[1] Richard A Jarrel, Dictionnaire Biographique du Canada en ligne sur Pehr Kalm ? Site web de Nichole Ouellette http://www.florelaurentienne.com/flore/NotesUsages/KalmNouvelleFrance.htm ? Paula Ivaska Robbins, Travels of Peter Kalm, Finnish-Swedish Naturalist, through Colonial North America, 1748-1750, Fleischmanns NY?:Purple Mounain Press?: 2007.

[2] Premier et unique pilote commercial du lac durant le r?gime fran?ais, surnomm? ??l?amiral de la barque du roi??, faisant la navette St-Jean QC ? Crown Point NY

[3] Ouellette, ibid.

[4] Voyage de Kalm en Am?rique, LW Marchand traducteur, in M?moires de la Soci?t? historique de Montr?al, 1880, Pr?face, p. vi

[5] Ouellette, ibid.

[6] Ouellette, ibid.

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    Pehr KALM a parfaitement raison; elles sont vraiment belles ces Québécoises!

    Et son livre vaut la peine d’être lu.

    Amicalement

    André lefebvre