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L’agence de notation Sandard & Poor’s a dégradé la semaine dernière le Japon de AA- à A+

Les agences de notation ne sont (vraiment) plus ce qu’elles étaient!

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L’agence de notation Sandard & Poor’s a dégradé la semaine dernière le Japon de AA- à A+, ayant mis ses pas sur les traces de Moody’s et de Fitch qui avaient sanctionné ce pays respectivement en décembre 2014 et en avril 2015. Les trois précieuses ridicules invoquant l’échec du Premier Ministre Shinzo Abe à revitaliser l’économie de son pays. Aujourd’hui en 2015, les rares analystes et intervenants sur les marchés financiers conférant encore quelque importance aux notations souveraines s’accordent sur le fait que les agences ne font que juger une conjoncture économique appartenant au passé. De fait, seule une personne totalement déconnectée de l’actualité apprendrait aujourd’hui avec intérêt que l’économie nippone connaît une croissance morose dans un contexte de dette publique gigantesque. Non événement donc pour les investisseurs comme pour les marchés, que cette dégradation de la notation japonaise laisse de marbre car ils savent bien que ces notations sont bien plus un indicateur approximatif qu’une science exacte ou qu’une méthode de prévision.

En réalité, les gesticulations de toutes ces agences de notation sont loin d’ébranler les acheteurs de la dette japonaise qui se trouvent être dans leur écrasante majorité des nationaux, royalement indifférents à la tyrannie de Sandard & Poor’s et de ses comparses. En effet, son obligataire constitue le placement en dernier ressort le plus sûr pour l’épargnant nippon, exactement comme les bons du Trésor US sont le refuge ultime pour les américains…et pour le reste du monde. Voilà pourquoi le rendement des obligations japonaises s’affaisse toujours plus, à mesure -et en dépit- de l’aggravation de la dette publique de ce pays. Et voilà qui explique les pertes monumentales de tous ceux ayant, au fil des années voire des décennies, spéculé contre la dette japonaise.

Totalement dénuées de cet esprit de nuance pourtant vital lors de toute analyse macro économique, ces agences de notation se bornent à l’interprétation servile des statistiques au lieu de tenter une approche qualitative. L’échec relatif des Abenomics et la mièvre croissance du Japon sont effectivement logiques – et parfaitement compréhensibles – du fait du déclin de sa population. Ce pays ne subit pas une récession qui serait résorbée par une amélioration de son marché de l’emploi. A l’inverse, la croissance japonaise ne serait pas favorisée par une diminution du chômage, pour la simple et unique raison que celui-ci est actuellement au plus bas depuis 16 ans! Dans un contexte où ce pays connaît quasiment le plein emploi, il est donc tout naturel qu’il connaisse une croissance poussive de l’ordre de 1% car il n’a précisément plus personne à mettre au travail pour produire…

Laissons donc les agences de notation à leur univers stérilisé – voire schizophrène – et préoccupons nous plus utilement du monde réel. Souvenons-nous par ailleurs de la tragi-comédie savamment entretenue par elles à l’occasion de la baisse en 2011 de la notation américaine… ayant néanmoins précédé trois ans de forte reprise économique, de baisse du déficit budgétaire et de flambées boursières américaines. Et ignorons comme il se doit le récent verdict de Sandard & Poor’s à propos du Japon. Ah, en fait: Moody’s vient d’abaisser la notation française de Aa1 à Aa2 !

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