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Centpapiers

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    • Je m'appelle Maxime, mais mes amis m'appellent Manx, à cause de l'Île de Man (que je ne connais pas)... Allez savoir pourquoi. J'étudie en génie des bioressources à l'université McGill et j'aime bien parler d'enjeux environnementaux, d'agriculture ou d'autres sujets. Je mords si on me mord, sinon j'arrive à être gentil.

    L’électricité Québécoise: à l’heure de la biomasse

    1 juin 2009 | 2 commentaire(s) | vu 1 858 fois
    Photo : Flickr Greenpeace Finland

    Photo : Flickr Greenpeace Finland

    En novembre 2008, Hydro-Québec Distribution lançait un appel d’offres de 500 MW pour les projets éoliens de 25 MW et moins, le tout séparé en 2 tranches: 250 MW iraient à des projets dirigés par des nations autochtones et 250 MW dans des projets de ce que l’on appelle ailleurs des “coopératives de vent”. Le tout devrait être disponible dès 2014.

    En janvier 2009, Hydro-Québec Distribution a lancé un appel d’offres qui a pourtant laissé lettre morte dans la presse Québécoise, et je dois avouer ne pas comprendre pourquoi. L’appel d’offres d’Hydro-Québec concernait l’achat de 125 MW d’électricité produite par cogénération de biomasse (au minimum de 75% – en hiver, il est parfois nécessaire d’enrichir la biomasse au gaz naturel).  Le tout devrait être disponible d’ici 2012.

    Même si l’on en parle très peu, 125 MW, ce n’est pas rien; c’est l’équivalent d’environ 65,000 résidences.

    Le système de base de la cogénération est simple à expliquer; son cycle thermodynamique est un peu plus complexe. Afin d’éviter le mal de tête, je vais simplement parler des résultats: le but de la cogénération est de générer de l’énergie sous deux formes: électrique ET thermique. En ne fournissant que de l’énergie électrique, on obtient une efficacité énergétique moins grande que par cogénération. Ces systèmes polluent plus (en relâchant plus de chaleur dans l’atmosphère et, souvent, plus d’autres contaminants) et génèrent moins d’électricité, mais coûtent moins cher à implanter. On juge toutefois, par cet appel d’offres, qu’il vaut mieux produire de l’électricité de façon plus efficace et moins polluante, quitte à ce que cela coûte un peu plus cher.

    Actuellement, Hydro-Québec achète environ 47.5 MW d’électricité par cogénération de biomasse venant de 3 fournisseurs. En voulant augmenter cette capacité à 172.5 MW d’électricité, cela représente une croissance de production d’électricité par cogénération de biomasse de 53.7% par année. Et malgré tout, ce n’est pas encore assez, à mon avis. Nous pouvons faire mieux.

    La France produit un total d’environ 500 MW en électricité à partir de biomasse (478 MW selon les chiffres de 2007 – Une augmentation de 10% par rapport à 2006). En gardant cette croissance constante, en 2012, la production électrique sera d’environ 700 MW. L’Allemagne a franchi le cap des 1000 MW de cogénération par biomasse en 2007. L’Inde a lancé un plan qui fait que d’ici 2012, ils produiront 1,700 MW à partir de cogénération de bagasse (résidu de l’extraction de suc de la canne à sucre). Suite à l’appel d’offres, le réseau québécois achètera 172.5 MW d’électricité par cogénération de biomasse de différents fournisseurs. Nous possédons une des capacités en biomasse les plus élevées au monde et n’en tirons pas assez profit. Tembec Témiscamingue traite partiellement les eaux usées de son usine de pâtes et papiers tout en générant du biogaz qui fournit l’électricité de sa centrale, en plus de vendre 8MW d’électricité par année à Hydro-Québec en utilisant un minimum de 75% de produits de la biomasse (lire: pas du gaz naturel ou du pétrole). Si notre objectif est de devenir les leaders en énergie renouvelable en Amérique, nous devons tirer un meilleur profit de nos installations existantes et diversifier nos sources d’énergie, ce que notre gouvernement a compris en favorisant d’autres sources d’électricité que l’hydroélectricité. Cet appel d’offres reconnaît l’importance d’autres énergies, mais comparé à la capacité de production d’autres pays, il nous reste encore beaucoup de chemin à faire.

    Je présume que les groupes environnementaux devraient eux aussi avoir cette vision moins réductrice de la production d’électricité. Ceux-ci font de plus en plus de lobbying afin de pousser le gouvernement du Québec à développer notre filière éolienne, qui peut être rentable et offre un grand potentiel. Afin de préserver des emplois dans l’industrie forestière et de fournir d’autres sources d’énergie renouvelable, j’aimerais qu’ils poussent aussi vers une filière bois énergie, comme c’est le cas ailleurs dans le monde.  Ce type d’énergie serait facile à répandre au Québec, vu l’accessibilité de la ressource.

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  • 2 commentaires

    • flacrabe

    Cher Manx bonjour,
    je travaille dans un groupe environnemental qui fait de grosses recherches sur ce sujet. la question est évidemment beaucoup plus complexe qu’il n’y parait. la cogénération d’électricité n’est pas une si bonne solution pour le Québec car elle émet beaucoup trop de CO2 (1tonne tous les 500kg brulé) pour finalement se substituer à de l’hydroélectricité. En plus cette énergie coute cher pour peu d’efficacité et aujourd’hui les consommateurs n’ont pas encore envie d’augmenter l’électricité une des moins chère du monde. la solution n’exploitera que 125Mw à terme car cela ne concerne que quelques papetiers qui veulent de l’électricité et de la chaleur. C’est une utilisation uniquement industrielle qui ne devrait pas entrer dans le réseau. La biomasse a par contre une meilleure côte dans la chaleur seule ou elle peut se substituer à du mazout !
    Un autre fait important, il faut bien réfléchir à cette question car le ramassage de la biomasse a la capacité de tuer la foret ! en effet c’est un fertilisant important de nos sols. L’europe peut se le permettre car les terres sont plus fertiles. Mais ici, entre le froid et les pluies acides, une mauvaise exploitation de la biomasse pourrait tout simplement défertiliser les forêts nous obligeant à faire comme les suédois : mettre des engrais en forêt !!!!

    merci

    Entendons-nous sur certains points: d’abord que la forêt Française est en un bien triste état et qu’ils se permettent le 700 MW.

    Entendons-nous ensuite sur un second point: la biomasse ne concerne pas que le bois, et ce même dans l’industrie forestière. Je cite ici l’exemple de Tembec Temiscaming, qui utilise la digestion anaérobique comme mode de traitement de ses eaux usées. Ce mode de traitement génère des biogaz qui sont ensuite brûlés afin de permettre de générer de l’électricité et de vendre le surplus sur le réseau de distribution. Non seulement cette méthode est-elle sans produits chimiques, mais en plus elle génère des revenus! Actuellement, Tembec Temiscaming utilise ce procédé et a un contrat de 8MW avec Hydro-Québec Distribution. Je présume que, comme la carrière Miron à Montréal, ils utilisent quand même une proportion de mazout lourd ou de gaz naturel pour enrichir leur biogaz en hiver, moment où les bactéries sont moins actives et où Hydro-Québec exige que tous ses fournisseurs donnent un courant continu. Mais pour moi, c’est une entreprise extrêmement louable, et ce même si elle utilise des produits plus nocifs. Temiscaming est une usine qui a été modifiée récemment pour servir d’expérimentation en biorafinerie forestière; crois-moi, si le procédé de traitement des eaux par digestion anaérobique et de cogénération de biogaz était si peu rentable, il aurait été abandonné.

    Je ne serais pas pour le ramassage de biomasse en forêt. Par contre, je suis en faveur de la valorisation des résidus déjà existants: des déchets d’usine, des copeaux inutilisés, des poteaux de téléphone (comme le suggère un entrepreneur de l’appel d’offres actuel), etc.

    Je comprends les inquiétudes au sujet de la biomasse et de l’effet sur l’atmosphère, mais les autres pays du monde sont fiers d’utiliser la biomasse pour faire de l’électricité. Cela fournit des emplois dans le secteur forestier et assure une meilleure industrie. Il ne faut pas s’en priver.

    Selon mes données de base, une tonne de matière de bois fournit environ 18 GJ (assumons une efficacité thermique de 50%, cela signifie 9 GJ, ou 200kWh). Pour moi, 2 tonnes de CO2 par 9 GJ est quelque chose qui ne m’empêche pas vraiment de dormir, surtout venant d’une source qui a séquestré du carbone toute sa vie et pour des émissions atmosphériques au beau milieu d’une forêt. Je ne veux pas être méchant, mais pour moi, c’est une bonne coopération entre une activité économique rentable, la valorisation de produits environnementaux venant d’une énergie renouvelable et la création d’emplois dans des régions qui en ont besoin. Les émissions de CO2 sont un facteur important et je ne vois pas les Québécois substituer LG-2 à des résidus de bois, mais admettons tout de même que la cogénération de biomasse mérite ses titres de noblesse.

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