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Legault et la b?te

La pr?sentation en d?but de semaine, par Fran?ois Legault et la CAQ, de leurs id?es sur une r?forme en profondeur de notre syst?me d’?ducation aura certainement eu pour m?rite de d?voiler le v?ritable « visage de la b?te », comme le dit si bien David Desc?teaux dans sa plus r?cente chronique.

En effet, ?a n’aura pas pris tr?s longtemps pour que les forces r?actionnaires sortent les boucliers afin de d?fendre leurs acquis. Certains, comme la F?d?ration des Comit?s de Parents du Qu?bec (FCPQ) se permettent de se prononcer contre les r?formes propos?es au nom de parents qu’ils n’ont pas daign? consulter. Je ne serais d’ailleurs pas trop surpris non plus que les d?clarations des syndicats aient aussi ?t? faites sans consulter les membres du corps enseignant. Je crois en effet que pas tous les enseignants sont contre ces r?formes et je serais loin de parier que la majorit? d’entre eux se prononceraient contre s’ils ?taient consult?s. En tant que parent, je ne serais certainement pas contre ces r?formes, m?me si je ne suis pas d’accord avec toutes les id?es propos?es. Les id?es v?hicul?es par M. Legault valent certainement la peine qu’on s’y penche s?rieusement.

Malheureusement pour M. Legault, beaucoup trop de groupes d’int?r?t trouvent leur compte dans le statu quo et ce sont ces groupes, et non pas les gens qu’ils pr?tendent repr?senter, qui d?chiraient leurs chemises peu apr?s l’?mission des propositions du CAQ. Consid?rant que le CAQ n’est pour l’instant qu’un groupe de r?flexion sans v?ritable pouvoir de faire autre chose de des « suggestions », on peut s’interroger sur la v?h?mence des r?pliques qu’ils ont essuy?, d?montrant encore une fois que ces groupes d’int?r?t se fichent ?perdument de la qualit? de l’enseignement, du haut taux de d?crochage ou de l’avenir de nos jeunes. Tout ce qui les int?ressent, ce sont leurs acquis.

Toujours est-t-il que nous avons constat? cette semaine le genre de r?sistance ? laquelle fera face tout gouvernement voulant imposer des r?formes en profondeur pour gu?rir les lacunes de nos services sociaux. Il devient plut?t apparent o? se trouvent les forces de l’immobilisme au Qu?bec.

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    Ça fait 5, 6, 7 ou 8 fois que je lis et relis Le « Plan Legault ».
    À chaque fois, j’ai l’impression que c’est du papier et qu’on veut faire une F1 avec une bagnole mal foutue.
    Je ne suis pas surpris qu’on mette la responsabilité des échecs sur le dos des enseignants. Il faut bien un ou des coupables…
    Justement, les enseignants ne sont que les exécutants de ces paperassiers qui élaborent des plans sans trop se soucier du « bout de la chaîne ».
    M.Legault fait un excellent constat. Il ne dit pas qui est responsable des échecs scolaires…
    Qui donc va se pencher sur la compétence des directions d’école? Qui donc va se pencher sur les abus des commissions scolaires dans un mode de financement qui devrait être repensé?
    Qui donc va mettre en doute les savants pédagogues?
    Qui donc va s’arrêter sur la méthode actuelle de « réussite » en imposant aux enseignants un seuil de réussite en bloquant les échecs à 15% environ? 17%, c’est trop.
    Qui donc croit à la « sécurité » d’emploi chez les enseignants? C’est du passé…

    M. Legault a aussi dû expliquer pourquoi il n’avait pas mis en place les mesures qu’il prône aujourd’hui du temps où il était ministre de l’Éducation, entre 1998 et 2002. «En 1998, j’arrivais en politique, a-t-il répondu, j’avais tout à apprendre. J’ai commencé à semer, mais je pense que la décentralisation et la responsabilisation doivent aller une étape plus loin. Je prends une partie du blâme.»
    ***
    Un paragraphe de M. Legault:
    3. Trop peu d’importance est accordée au rôle et à la formation des directions d’école. Les postes sont souvent occupés par des enseignants performants, mais ces derniers ne reçoivent pas assez de formation sur des sujets comme l’administration ou la gestion du talent, ou reçoivent une formation qui ne reflète pas toujours la réalité du travail à accomplir à la direction d’un établissement scolaire.
    ***
    Un peu en retard M. Legault. Les administration des écoles sont maintenant des administrateurs qui justement savent compter des élèves, mais ne savent pas ce qu’est un élève.

    Comme note à M. Legault, je lui donnerais 17% pour son plan. Mais comme je dois garder mon emploi, je vais lui donner 83%.

    ***
    Pour comprendre le système scolaire, rien de mieux que de se taper les articles d’une spécialiste dans le domaine: Daphnée Dion-Viens, Le Soleil.
    En voici un:

    Daphnée Dion-Viens
    Le Soleil

    (Québec) Depuis cet automne, les écoles du Québec doivent jongler avec de nouveaux objectifs en matière de réussite scolaire. À certains endroits, la pression est forte. Des enseignants affirment qu’on leur demande même d’abaisser leurs exigences pour faire réussir davantage d’élèves.

    «Pour ceux qui n’atteignent pas les taux de réussite ciblés, on s’est fait dire qu’on était trop sévère dans nos corrections et qu’il faudrait baisser nos exigences. À ce rythme-là, il va valoir quoi, le diplôme de cinquième secondaire, dans quelques années?» lance une enseignante de la capitale qui préfère garder l’anonymat.

    Le syndicat d’enseignement de la région de Québec (SERQ) affirme qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé. «On entend beaucoup de profs raconter qu’ils se sont fait dire de baisser leurs exigences. On leur dit qu’ils peuvent rencontrer des conseillers pédagogiques pour voir comment ils peuvent réduire les exigences lors des évaluations. C’est pas nouveau, mais ça va être encore pire avec les conventions de gestion. Ça inquiète énormément les profs», a indiqué cette semaine son président, Denis Simard, en entrevue au Soleil.

    Depuis l’entrée en vigueur de la loi 88, en juillet 2009, le réseau scolaire doit composer avec les «conventions de partenariat», un contrat liant chaque commission scolaire au ministère de l’Éducation. Chacune s’est engagée à améliorer son taux de réussite et l’objectif, d’ici 2012, varie d’un milieu à l’autre. À la commission scolaire des Premières-Seigneuries, par exemple, l’objectif est de faire passer le taux de diplomation avant 20 ans de 75 % à 78 % d’ici deux ans. À terme, la cible pour l’ensemble de la province est d’atteindre un taux de diplomation de 80 % d’ici 2020, tel qu’indiqué dans le plan gouvernemental de lutte contre le décrochage scolaire, présenté en septembre 2009.

    Après plusieurs mois de négociation, la grande majorité des commissions scolaires ont maintenant signé leur convention avec le Ministère. Ces dernières se tournent alors vers leurs écoles pour signer une «convention de gestion», qui détaille quels sont les objectifs à atteindre pour chacun des établissements. Ce processus est en cours depuis quelques semaines, même si les écoles n’en sont pas toutes au même point.

    Pression

    «Les commissions scolaires ont pris beaucoup de temps pour les conventions de partenariat, mais là, avec les conventions de gestion, c’est comme si on était dans une situation d’urgence. Il y a beaucoup de pression», affirme Manon Bernard, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE).

    Puisque les objectifs de réussite ne sont pas accompagnés de financement supplémentaire, la pression est forcément sur les épaules des profs, déplore Mme Bernard : «On n’ajoute pas de moyens, mais il faut faire mieux avec rien de plus. C’est une vision strictement comptable avec laquelle on n’est pas d’accord.»

    La présidente de la FSE déplore aussi les pressions qui pourraient mener au nivellement par le bas. «Il y a des profs qui se font dire qu’il ne faut pas qu’ils aient plus que deux échecs dans leur classe. Si c’est ça, les effets de la loi 88, ça n’a pas de bon sens. Ça vient confirmer ce qu’on craignait. Ce n’est pas vrai qu’on va adhérer à ça», ajoute-t-elle, sans toutefois aller jusqu’à dire qu’il s’agit d’une situation généralisée.

    Déjà, la résistance s’organise. Certains syndicats ont décidé de s’opposer au projet de convention de gestion présenté dans leur école, par l’intermédiaire du conseil d’établissement, où siègent des enseignants. «Les moyens sont pris à la pièce, c’est au niveau local que ça se décide», précise Mme Bernard.
    ***
    Ce n’est qu’une pièce infime du puzzle.
    La « révolution « Legault n’aura pas lieu.
    Ça me rappelle un certain Claude Ryan, qui rigolait , raillait , et qui avait promis de changer le « système scolaire » en éliminant les incompétents de prof.
    Peut-être que M. Ryan, un peu hautain, était-il trop compétent pour une ligne de parti…
    Les commissions scolaires, c’est comme les guerres géopolitiques: toutes les raisons sont bonnes pour avoir ce qu’on veut en invoquant les raisons que l’on veut.
    Un petit passage d’un commentaire d’une chronique soulignée par M. David:

    Eric Le Lucide dit :
    avril 14, 2011 à 5:07

    Une petite histoire pour montrer la réalité de ton 4e paragraphe.

    Il y a de nombreuses années, la Commission scolaire où mon frère était étudiant (mon frère est handicapé, il a donc des services particuliers qui lui sont offerts comme aux autres dans sa situation) prévoit en début d’année un déficit d’exploitation de la Commission scolaire de 2M$. Réflexe…on coupe 2M$ dans les services aux étudiants (surtout pas dans la machine administrative!!). Résultat: En fin d’année, la Commission scolaire se retrouve avec 1M$ de surplus….ils ont alors refait les bureaux administratifs de la CS avec ce 1M$.

    Il faut se demander si la popularité passagère de l’ADQ qui proposait d’éliminer ces structures administratives est seulement dû à une consience sociale volatile et pour laquelle le naturel est revenu au galop après une élection.

    En attendant, un politicien courageux…les Canadiens en 5. Et Zdeno Chara dans la bande solide !!
    ***
    En attendant la F1…

  2. avatar

    J’ai deja proposé une solution. L’État définit les objectif, fait passer les examens par matières et accorde les attestations et diplômes. Les profs sont maitres de leur pédagogie qui peut varier d’un élève a l’autre et ÉDUQUENT.

    Tous les détails sont dans ces articles:

    http://nouvellesociete.wordpress.com/education/

    PJCA

    • avatar

      Bonjour Pierre,
      La « recette » est simple. Et vous savez que j’adhère à votre vision que j’ai analysée.
      La réponse n’est pas dans la structure – quoiqu’on devrait démembrer bien des « pouvoirs » qui se protègent – mais sur le terrain.
      Dans les années 60, des profs avaient des Brevets A ou B. 14 ans de scolarité ou 13.
      Ce qu’il y avait de bon c’est qu’au moins on savait comment mener un élève du primaire jusqu’à la fin du secondaire.
      Après il y a une relève.
      J’ai lu plusieurs articles et réflexions. Ce qui en ressort c’est que le système demande aux enseignants de travailler à la place des élèves.

      Je vous cite:
      L’État définit les objectif, fait passer les examens par matières et accorde les attestations et diplômes. Les profs sont maitres de leur pédagogie qui peut varier d’un élève a l’autre et ÉDUQUENT.

      Je ne suis pas sûr qu’il faut un PhD pour former un plombier compétent.
      Il faudrait peut-être un plombier pour former un politicien 😛

    • avatar
      SylvainGuillemette

      Voilà, de bonnes réformes, sans jeter le bébé avec l’eau…

  3. avatar
    SylvainGuillemette

    «Les idées véhiculées par M. Legault valent certainement la peine qu’on s’y penche sérieusement.»

    Absolument pas. Ce sont de vieilles idées rétrogrades, dignes du RLQ. Il aurait mieux fait de se joindre au groupe déjà existant, de ces sectaires plus à droite que la physique ne le permet.

    «Considérant que le CAQ n’est pour l’instant qu’un groupe de réflexion sans véritable pouvoir de faire autre chose de des « suggestions », on peut s’interroger sur la véhémence des répliques qu’ils ont essuyé, démontrant encore une fois que ces groupes d’intérêt se fichent éperdument de la qualité de l’enseignement, du haut taux de décrochage ou de l’avenir de nos jeunes. Tout ce qui les intéressent, ce sont leurs acquis.»

    Ben voyons donc. Mes acquis… Faut le faire.

    Toutes les solutions larguées par Legault n’ont aucun impact réel sur le décrochage et aucun spécialiste ne prétend que ses idées auraient des effets. Et Legault n’est certainement pas un spécialiste, d’autre chose que de proposer du vieux remâché de la droite. Il a dû fouiller dans les poubelles de l’histoire pour trouver un sens à ses propositions d’ailleurs.

    «Toujours est-t-il que nous avons constaté cette semaine le genre de résistance à laquelle fera face tout gouvernement voulant imposer des réformes en profondeur pour guérir les lacunes de nos services sociaux. Il devient plutôt apparent où se trouvent les forces de l’immobilisme au Québec.»

    À droite. Et non seulement ces forces y sont pour quelque chose quant à l’immobilisme du Québec, mais elles y sont pour quelque chose quant à son recul, 50 ans en arrière. La droite, c’est la plaie du monde entier, et pas que du Québec. C’est un peu comme un cancer.

    La droite veut nous ramener à l’époque où nous ne savions pas encore que le privé, c’était de la merde. La droite nous voudrait aussi bête que des Ghanéens, qu’elle pourrait exploiter du plus jeune âge au plus vieil.

    La droite, c’est le passé, le capitalisme a assez duré. Il faut faire table rase et construire nos nouvelles bases, et elles ne seront pas de droite.

    Et vous auriez pu vous forcer un peu, ce texte est teinté d’une idéologie, sans pour autant y présenter des arguments la défendant. C’est pitoyable.