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Le?ons de l’?lection de Barack Obama

De solides victoires claires ? une maigre victoire ?clair.

L’?lection d’Obama est sans conteste convaincante, avec un score historique de 53% des voix, un record de participation ? 65% et un ?lan de popularit? ? la Kennedy. Si ces r?sultats sont si claires que le constat rallie tout le monde, l’interpr?tation et la compr?hension de la victoire sont plut?t discutables et incons?quentes.
En effet, le lendemain du 04 novembre, tous les m?dias titraient : « Historique ?lection, un Noir ? la maison blanche ! » Et le monde entier salua le nouveau pr?sident « noir » des USA. Pourtant, durant les derniers miles de la campagne et alors que les sondages favorisaient Obama, analystes, chroniqueurs et journalistes ?taient unanimes : « les ?lecteurs blancs disent n’importe quoi aux sondeurs, dans l’isoloir ils ne choisiront pas un « noir » ». Bien triste pronostic, heureusement vite d?menti. Comme aucun de ces gourous n’a reconnu s’?tre tromp?, il sied de comprendre que les ?lecteurs ne voyaient pas de « noir » sur la liste ?lectoral, et n’ont effectivement pas vot? pour un noir, plut?t pour un « Espoir ». C’est un autre grand marqueur historique de ce scrutin.
Comment alors commentateurs et observateurs ont si rapidement oubli? le « brillant et charismatique candidat » de la victoire, pour lui coller un portrait qui comme chacun sait n’aurait pu lui servir ? Pire, cette lecture est en train de devenir celle de tous ceux qui en parlent. Mais, la majorit? silencieuse et le nouveau pr?sident sauront r?sister pour ?viter ce pi?ge d’une fallacieuse victoire ?clair, d’un noir ? la maison blanche.

Ni noir, ni blanc, plut?t m?tis ou simplement pr?sident.


Fils d’une m?re blanche et d’un p?re noir, qui sait si pas x fois arri?re petit fils am?rindien, Barack Obama est pourtant partout pr?sent? comme ?tant un « Noir » ! Pourquoi Obama serait-il le fils de son p?re « noir » et non de sa m?re « blanche » ? Et pourquoi ne serait-il pas « m?tis » ? Ni blanc, ni noir, je persiste et signe. Du d?but des pr?sidentielles jusqu’? ce jour, Obama ne s’est ? ma modeste connaissance identifi? « Noir ». Ses discours n’y font pas non plus allusion. M?me son curriculum vitae montre plut?t un cheminement d?cloisonn?. Comment alors l’opinion arrive-t-elle ? voir en lui un « noir », et pourquoi voudrait-on qu’il soit un « noir » ?
A mes yeux ? moi, Barack biologique est autant noir que blanc, mais Obama de la sc?ne politique n’est ni Noir, ni blanc, ni mul?tre, ni m?tis. Il est le charismatique nouveau pr?sident de cet empire qui pr?side au pire ou au meilleur des destins de notre humanit?.

Tentative de vol de la victoire.

Si l’Obama m?tiss? n’est pas « blanc », c’est qu’il n’est pas non plus « noir ». Curieusement, aid?s par les m?dias les noirs se sont appropri?s et de l’homme et de sa victoire. « C’est une fiert? et un mod?le, une preuve que les noirs ne sont pas excellent uniquement en courses de vitesse », peut-on lire sur bien de l?vres. Qu’en pensent les m?tis ? Se d?finissent-ils comme ?tant des « Noirs » ? S’ils ont le m?me droit d’exister que les autres groupes sociologiques, ils se font voler leur or au grand jour. Et puisque l’?lu Barack n’?tait pas pr?sent? au scrutin comme ?tant m?tis, c’est nous tous humains inspir?s par lui, sans distinction ni exclusion aucune, qui subissons une tentative de vol qualifi? de nos victoires et de l’espoir universel.

La grande ?cole universelle.

L’ascension de Barack est ind?niablement un exploit personnel, avant tout. Dans un autre monde, rien ne le pr?destinait ? une pr?sidence des destins d’un empire. Il aura r?v?, dans la bonne direction. Il aura constamment trim? fort ; il aura en famille, ? l’?glise et ? l’?cole pr?t? bonne oreille aux m?lodies du chœur alliant cœur et esprit. Il aura cultiv?, incarn? et manifest? des valeurs, des attitudes et des comp?tences faisant de lui le leader que la d?mocratie vient de couronner, ? la satisfaction du monde entier. Le pr?sident Obama ne prend pas cette victoire ? son compte, ni ? celui de son organisation, pas plus qu’? celui de ses disciples ou des ?lecteurs. « C’est votre victoire, c’est vous qui allez pr?sider aux meilleurs destins pour tous », peut-on paraphraser des passages de son discours ? l’issu du scrutin. Ainsi, nous pouvons ais?ment comprendre qu’avec Obama, chacun acc?de ? la pr?sidence de son destin. Plus de barri?res de naissance ou de bapt?me, r?elles ou imaginaires. Il faut y croire, essuyer ses glasses pour clairement voir, et se retrousser les manches pour p?trir la p?te. Nous serons tous pr?sidents, chacun dans l’univers de son altitude, ne suffirait-il pas de suivre le mod?le. Nous sommes d?j? pr?sidents, chacun chez-soi devant sa planche ? pain.

L’?cole publique et des m?dias.

Le pr?sident Obama aurait eu beau ?tre brillant et inspirant, il n’aurait pas gagn? sans la collaboration des m?dias am?ricains. Ces derniers se sont montr?s plus constructifs et responsables, nettement moins r?cr?atifs, corrosifs ou oisifs. En effet, ils ont donn? large couverture au contenu, et ont avec une constance inhabituelle tourn? le dos au sensationnalisme et aux marchands de drames. « On peut maintenant dire qu’il est noir, qu’il s’appelle Hussein », commenta le lendemain du vote un animateur radio pour dire qu’il s’en ?tait abstenu durant la campagne afin de ne pas nuire au candidat et ? l’int?r?t g?n?ral. Oui, le contenu ?tait dans le menu, dans la marmite et dans le service. Et vendre les qualit?s et les espoirs promis de l’ex-s?nateur de l’Illinois devait ?tre plus payant que de se vautrer dans la boue noire des vieux clich?s racistes ou terroristes.
Oui, une ann?e de campagne donne assez de latitude aux m?dias pour faire large plage aux messages, ? l’?cole des d?bats d’id?es, et aux am?nagements d’images sans d?naturer outre mesure leurs programmations. Mais il reste que les journalistes, chroniqueurs et commentateurs ont ?t? profonds et contributifs dans leurs lectures. Je revisite la couverture m?diatique des derni?res campagnes au Canada, grande est ma stup?faction. Toute une cuisine au n?gativisme d?faitiste et destructeur, images d’erreurs ou faiblesses grossies ? toutes les heures sur toutes les pages, on dirait un gala de gaffes pour amuser la galerie !
Les voisins font des enfants qui se ressemblent, dit-on en Afrique. Ainsi nous pouvons au Canada r?ver de nous d?faire de cette pi?tre culture de la sensationnelle « m?diocraphilie », et embo?ter le pas ? nos seuls voisins imm?diats. Au fait, d’o? leur serait-il venu l’inspiration, le mot d’ordre, le mod?le ?
Peu importe la r?ponse, les m?diats am?ricains se sont m?rit? une bonne part dans cette grande victoire. D?sormais nous pourrons dire sans nous tromper, que nous aurons un d?ficit de leadership politique si nous avons un autre comparable de l’univers m?diatique.

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