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Le vrai visage de Vladimir (l’ami de François)

Cette-fois ci, c’est indéniable. Pour ceux qui pensaient encore que Vladimir Poutine, l’ami de François Fillon n’était pas antisémite, comme d’aucuns le répétaient pourtant depuis des années, un fait révélateur est là pourtant devant nos yeux.  C’est une image révoltante de deux patineurs déguisés en prisonniers de camp de concentration, arborant une étoile juive, une image apparue lors d’une soirée de divertissement (???) sur une chaîne de télévision russe, dans le programme Ice Age de la chaîne Canal1.  Et pour ceux qui préfèrent que Poutine n’y est pour rien, il suffira d’indiquer que la patineuse n’est autre que la femme de son principal conseiller politique !  Comment Poutine a-t-il pu laisser mettre en scène pareille honte et ne pas donner suite, c’est désormais SON problème.
patinage-odieuxL’image est plus que choquante en effet. Elle l’est même doublement, quand on apprend sur quelle musique elle a eu lieue : celle du film de Roberto Benigni, « La vie est belle », car ce choix a effectivement été effectué pour faire passer la pilule, puisque le film avait été lui unanimement salué, partout dans le monde.  La chanson elle-même choisie n’est pas non plus anodine puisque c’est celle de Noa (Achinoam Nini) qui a été sélectionnée.  Noa, découverte par Pat Metheny, étant une chanteuse israëloaméricaine.  Avec ces deux patineurs, on est très loin du conte philosophique, pourtant.  Et bel et bien dans l’abject à les voir autant s’amuser dans de telles tenues :

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tatianaPire encore quand on découvre qui se cache derrière cette mascarade douteuse. Si le patineur est vite cerné comme étant l’acteur Andrey Burkovsky (le show sur glace de la télévision russe associe une célébrité à chaque fois un « vrai » patineur), c’est la personnalité de Tatiana Navka, la patineuse qui est aussi révoltante.  Car si elle a bien été championne olympique le  (année où elle a gagné la médaille d’or aux Jeux olympiques d’hiver, en couple avec Roman Kostomarov avec qui elle a été deux fois championne du monde), et si elle est retraitée des patins depuis dix ans, c’est surtout une autre facette de sa vie qui donne à sa prestation honteuse une toute autre signification. tatiana-navka-pinupDepuis 2005, la patineuse blonde née en Ukraine et qui a aussi concouru pour la Biélorussie (avec Nikolai Morozov) est devenue une habituée des médias, jouant sur son look de beauté fatale pour participer à des shows télévisés en compagnie de l’acteur Marat Basharov ou de Vadim Kolganov; le roi du Sambo (un art martial russe méconnu, très prisé lors de l’entraînement des troupes d’intervention spéciale, les fameuses Spetsnaz !!!).  Ça ou faire les pages centrales des magazines pour hommes catégorie « Pin-Up du mois »; comme ici à gauche.  Mariée une première fois en 2000 à Alexandre Jouline (ou Zhulin), autre patineur, et en fait son entraîneur, elle en a divorcé en 2010 pour se se remarier (à Sotchi) le 1er août 2015 avec le dénommé Dmitri Peskov. Un mariage dont il convient de rappeler ici les frasques sidérantes.

montreC’est Paris-Match, le magazine spécialiste des têtes couronnées qui nous l’avait décrit en relevant un détail saisissant : la montre que portait ce jour-là le marié, une découverte faite par l’opposant de Poutine Alexeï Navalny  : « il y a deux semaines, il avait démontré que le porte-parole arborait pour son mariage une montre Richard Mille RM 52-01, un objet de luxe fabriqué en 30 exemplaires et dont le prix est de 620.000 dollars. Une somme folle qui aurait été, selon Peskov, dépensée par son épouse Tatiana Navka en guise de cadeau pour leur mariage. Seulement, Navalny a exhumé une photo (encore postée par sa fille sur Instagram) datant d’il y a quatre mois, sur laquelle Peskov a la montre au poignet. mariage-peskov«Comment le porte-parole du chef de l’Etat peut-il avoir une montre qui coûte plus de quatre fois son salaire annuel ?», demandait ainsi Navalny, rappelant que les fonctionnaires doivent déclarer tout cadeau d’une valeur de plus de 3.000 roubles ». Navalny, fondateur de l’organisation  d’opposition« Narod », n’a pu réitérer ses attaques : il a été condamné à trois ans et demi de camp avec sursis par la justice russe. De quoi le calmer, sans aucun doute.  La montre, elle, a comme décoration un tête de mort en vitro-céramique : le problème étant qu’elle aurait été un cadeau de la mariée à son époux (psychanalytiquement, il y aurait de qui faire, là, non ?)… un époux qui en avait déjà arboré d’autres, de montres.. (une Richard Mille à 84,500 dollars, une Omega à 10 000 dollars, une Rolex à 30 791 dollars, une Hublot à 21 250 dollars… à en faire sourire de honte Jacques Séguéla : Peskov n’a même pas encore atteint les 50 ans !).  Les montres hors de prix, les russes semblent adorer en ce moment : n’a-t-on pas vu le Patriarche Kirill, l’homme à la tête de l’église orthodoxe russe adorer une Bréguet à 30,000 dollars, en 2012 ?  Une fois découverte, le service de presse gouvernemental avait vite effacé l’objet grâce à un coup de Photoshop, dans la grande tradition des effacements de personnalité sous les services secrets soviétiques…  en Russie, c’est tout un art, on le sait, manifestement devenu… traditionnel !

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La montre, mais aussi le yacht, sur lequel les mariés ont effectué leur voyage de noces. «Il fait presque la taille d’un terrain de foot». La remarque d’Alexei Navalny risque de faire grincer les dents de certains au Kremlin.  L’opposant russe, qui a échappé à la prison à la fin de l’année dernière, a dévoilé lundi sur son blog où Dmitri Peskov, le porte-parole de la présidence russe, passait sa lune de miel: sur le Maltese Falcon, le deuxième plus grand yacht du monde avec 88 mètres de longueur (le Phocea en fait 72 mètres, il végète toujours à Phuket, j’y reviendrai bientôt, promis).  Le bateau peut accueillir jusqu’à 12 passagers dans des conditions plus que luxueuses, et navigue actuellement autour de la Sardaigne. Peskov y est accompagné de Tatiana Navka, championne olympique de patinage artistique qu’il a épousée le 1er août dernier à Sotchi, dans ce qui a été décrit comme étant «le mariage de l’année». Leurs enfants font partie du voyage, ainsi que quelques amis proches. Le coût d’une semaine sur le Maltese Falcon est de 385.000 euros en saison haute (contre «seulement» 350.000 en basse saison), selon le site du yacht. Problème: Dmitri Peskov a déclaré, l’année dernière, avoir gagné un peu plus de neuf millions de roubles, soit plus de 84.000 euros. Un décalage qui fait mauvais genre dans ce pays où 35% de la richesse est possédée par 110 milliardaires, selon le rapport du Crédit Suisse publié en 2013.  Le fossé entre riches et pauvres y est parmi les plus grands du monde, et les soupçons de corruption au plus haut niveau de l’état pèsent de plus en plus lourd dans la balance. » 

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Dmitri Peskov avait nié le voyage, mais la propre fille de sa nouvelle épouse avait été bêtement prise en train d’étaler la virée sur son Facebook, en posant en sortie de bain estampillée de la marque visible du superyacht.  Toujours aussi intelligente, elle s’était fait photographier sur une plage de Sardaigne, au moment même où le Faucon Maltais (Maltese Falcon) s‘était ancré au large de la même plage… Et comme dans ce milieu de nouveaux riches on adore étaler ses richesses, c’est un autre  profiteur, Oleg Mitvol, ami des Peskov, qui avait posté lui la photo de l’énorme yacht du milliardaire Andrei Melnichenko (celui qui ressemble au croiseur Zumwalt), qui à ce moment là effectuait le même chemin en mer que le Maltese Falcon.  Sur Facebook, un troisième observateur avait lui aussi posté une photo du yacht à voiles avec comme commentaire la présence à son bord d’un homme « moustachu » et d’un russe passant sa lune de miel avec sa montre et sa « golden skate » (le nom d’un célèbre tournois de patinage artistique).  Dans le même forum de Buzz Feed News, un petit malin avait fait remarquer que le gigantesque voilier avait figuré sur l’affiche du film « Leviathan », en compétition à Cannes et dont le sujet était.. la corruption.
peskovVoici Paris-Match qui mettait les pieds dans le plat, maintenant, en se faisant l’écho de l’étalage de l’argent du proche de Vladimir.  En fait, tout le monde se demande encore d’où sort cet argent. Sa spécialité a toujours été les liens avec la presse et les médias : il a hérité par exemple de la gestion de la chaîne gouvernementale Mir en réseau câblé.  Pas vraiment de quoi rouler sur l’or… Tout le monde, sauf les plus curieux, qui sont aller fouiner du côté non pas de Dmitri Peskov mais de son épouse de patineuse.  C’est un remarquable article de « Machable«  du 5 avril dernier qui nous avait appris comment le proche conseiller de Poutine s’y était pris pour dissimuler un argent gagné on ne sait trop comment encore.  Dans cet article signé Chistopher Miller, on y apprend comme un bon nombre d’oligarques russes, et d’autres fortunés d’autres pays ont utilisé leur propre femme comme prête-nom pour ouvrir des comptes bancaires off-shore.  Il cite ainsi celui d’Anna Sigurlaug Palsdottir … qui ne vous dit rien, je parie mais qui n’est autre que la femme de l’ex-premier ministre du Groenland… évincé après la découpoutine-patineuseverte de ses comptes au Panama. Celui de Mehriban Aliyeva, la femme du président-dictateur Ilham Aliyev.  Mais aussi Micaela Domecq Solis-Beaumon, l’épouse de Miguel Arias Cañete, le commissaire européen chargé du climat et de l’énergie.. et celui de Tatiana Navka, on y vient.  Notre patineuse top-model (ici en photo à la gauche de Poutine). « Le nom de Navka a fait surface dans les Panama Papers en tant que bénéficiaire de la Compagnie Carina Global Assets Ltd. basée aux Îles Vierges britanniques. La firme a été lancée en 2014 et liquidée en novembre de l’année dernière. The Guardian a signalé que des agents avaient été utilisés par Navka depuis l’île de Man pour écrire dans les courriels que la société devait être utilisée pour les investissements. La semaine dernière, Navka a nié la création de la société offshore.  Elle a déclaré aux journalistes de l’OCCRP: «Je n’ai jamais eu de sociétés ou de comptes offshore, je ne sais pas qui aurait pu le faire, je voudrais bien comprendre ce qui s’est passé.  Peskov a également nié que sa femme était le propriétaire effectif de la société, disant aux journalistes à Moscou cette semaine: « Ma femme ne possède pas et n’a jamais possédé de sociétés offshore.  Sur cette base, je suis enclin à douter de l’authenticité des autres revendications« .  Parmi les noms trouvés,  Sonnette Overseas, International Media Overseas, Sunbarn, Raytar, Sandalwood Continental Ltd, toutes liées à des avocats suisses.

screen-shot-2014-02-03-at-11-08-27-amUn Poutine qui a bâti sa villa à Sotchi, (« Bocharov Stream » ici à gauche) pour y marier de façon somptueuse sa fille, comme le raconte ici The Gardian : « Un des fans de la station Igora est Poutine. Véritable skieur, le président a assisté à son lancement en 2006, où il a été filmé en courant le long de la neige. Il est retourné en 2011 pour une visite privée, ses gardes du corps s’affichant en lunettes noires avec les montagnes derrière lui. Puis en Février 2013 Igora a été le lieu d’un mariage très spécial – et privé -. La mariée était la fille de Poutine, Katherina (qui est aussi un danseuse acrobatique).  Le marié était Kirill, le fils de l’ami Ozero (cf le lac Ozero et ses datchas, avec Poutine au temps du KGB) de Poutine, Nikolai Shamalov. Shamalov est actionnaire de la Banque Rossiya. Selon Reuters, le couple est monté dans un vieux traîneau tiré par trois chevaux blancs. Il y avait une sécurité serrée, avec les 100 invités VIP qui avaient juré le secret et avaient vu leurs téléphones mobiles interdits ».  Le fameux Kirill, lui aussi devenu milliardaire à une vitesse strastophèrique… grâce à ses actions chez Sibur, un conglomérat pétrolier.  Une carrière météoritique, pour Kirill, puisque nommé « Chief Legal Counsel for Foreign Economic Activity,” de Gazprom alors qu’il avait tout juste 20 ans, et n’avait pas encore obtenu ses diplômes de droit de l’Université de St. Petersbourg !  En juin 2008, trois années plus tard, il devenait le vice-président de Sibur.  Nommé aussi au conseil de Gazprombank, il y retrouvait… son propre Yuri.  Le grand patron de Gazprombnak n’étant autre qu’Alexei Miller… autre ami d’enfance de Poutine !

schemaSelon le Gardian, tour est enchevêtré en effet  « Formellement, Igora appartient à une compagnie appelée LLC d’Ozon. Ozon est en partie la propriété du patron de la Banque Rossiya, Kovalchuk, et de son fils Boris. Ils détiennent une participation de 25% dans l’entreprise. Les autres 75% appartiennent à Lowbrook Trading, qui est enregistrée à Chypre. Le propriétaire de Lowbrook est inconnu. L’association de Poutine avec Igora, cependant, n’est pas discutable. Selon les habitants, il a sa propre villa bien protégée à Igora, appelé Zagorodnaya Sreda. Elle est cachée derrière une haute clôture, connue sous le nom de «résidence de Poutine». Officiellement, bien sûr, ce n’est pas à lui.  La datcha est enregistrée au nom des Kovalchuks. Les papiers de Panama montrent qu’en 2009-2011 la villa d’Igora a été remis trois prêts non garantis d’une valeur de 8 millions de livres, à un intérêt remarquablement généreux de 1%.  Il n’est pas clair si l’argent donné à Ozon a été jamais retourné.  D’autres paiements ont été versés à un yacht club relié à Kovalchuk. L’argent provient de Sandalwood, la société offshore liée à l’autre ami proche de Poutine, Roldugin. La complexité de ces arrangements est probablement conçue pour cacher ce qui se passe réellement ici. Mais une fois étudié, c’est assez simple ». Un simplicité immortalisée par un graphique vu chez Quora (ici à droite). 

Peskov, dès la divulgation des Panama Papers, avait vite senti le danger, en établissant tout de suite un cordon sanitaire journalistique pour protéger son patron… et lui-même.  Sujet principal de sa crainte : la place du violoncelliste Sergey Roldugin, très proche de Poutine (c’est l’ami d’enfance et le frère de Sergey,  Yevgeny, qui s’est entraîné avec Poutine au temps où ils étaient tous deux au KGB), et lui aussi cité dans les Panama Papers. « Il y a beaucoup de journalistes dont la profession principale est peu probable d’être journalistes. Beaucoup sont d’anciens fonctionnaires du Département d’Etat américain, de la CIA et d’autres services spéciaux » a-t-il aussitôt déclaré, en présentant le violoncelliste Sergey Roldugin, qui a présenté Poutine à sa femme et qui est le parrain de sa fille Maria, comme étant nommé comme propriétaire de sociétés qui ont reçu des dizaines de millions en paiements, alors que selon lui il mènait « une vie modeste et qu’il n’était «pas un homme d’affaires». Selon les enquêteurs de l’nternational Consortium of Investigative Journalists (ICIJ). les amis de Poutine agissent en effet comme des mandataires pour lui, accumulant une énorme richesse amassée par le contrôle des multiples industries du pays qui ont été gardées secrets jusqu’à maintenant. « M. Peskov a déclaré que M. Roldugin est simplement un des «très nombreux amis» que le Président a, et que les allégations étaient une tentative destinée à le présenter comme corrompu avant les élections de septembre ». Allons donc !

ulgin« L’immense tranche de documents obtenus auprès du cabinet d’avocats Mossack Fonesca a été versé par près de 300 journalistes du monde entier pendant 12 mois. Grâce à des registres de paiement, des passeports et des documents officiels, ils mettent à nu la relation bigarrée entre une poignée de compatriotes de Poutine, les entreprises russes et la Banque privée Rossiya – précédemment appelé la banque personnelle des élites russes par l’administration Obama (…) Les documents montrent que l’ami de Poutine, M. Roldugin – qui a parlé du chef d’Etat comme étant un frère – possède 12,5 pour cent dans la plus grande agence de télévision russe Video International. Il a également été nommé propriétaire de Sonnette Overseas, International Media Overseas et possède une part de 3,2 pour cent de la Banque Rossiya, présidée par un autre ami d’enfance du président Yuri Kovalchuk. Les experts soupçonnent la banque de canaliser l’argent dans les entreprises qui ont donné de l’argent ou des prêts bon marché aux membres du cercle intime de Poutine dans un circuit présumé de blanchiment d’argent.rodulgin-putin Un exemple montre comment la société de Roldugin, International Media Overseas, a emprunté 6 millions de dollars en 2007 seulement pour avoir son prêt remboursé trois mois plus tard pour 1 $. Un autre accord suspect montre International Media Overseas comme ayant acheté des droits pour un prêt de 200 millions de dollars pour 1 $, même alors que les paiements d’intérêts étaient de 8 millions de dollars par an, selon un rapport de la BBC. Les données viennent après des années d’accusaition comme quoi Poutine est l’un des hommes les plus riches du monde en dépit d’un modeste salaire officiel. palmyre-concertLes fuites diplomatiques américaines ont précédemment dit qu’il ne possédait pas officiellement d’actifs, mais tirait la richesse de ses amis avec des ressources stratégiques dans les secteurs pétrolier et gazier du pays. L’expert en blanchiment de capitaux Andrew Mitchell QC a déclaré à la BBC: « Ce n’est pas une affaire, c’est créer l’apparence des affaires afin de se déplacer continuellement et de masquer les actifs ». En photo, à droite, Vladimir Poutine et Sergei Roldugin avec leurs épouses respectives au baptême de la fille de Poutine, Maria. Une fois les révélations faites sur Rodulgine, Poutine se défendra mollement et maladroitement en affirmant que son protégé a « dépensé tout l’argent qu’il a gagné pour acheter des instruments de musique » et s’est « endetté auprès des fonds par lesquels il les a achetés« …

saro-bacharEn somme, Poutine dissimule sur tous les tableaux, comme on a déjà pu le voir ici sur le bluff entretenu sur son armée.  Il dissimule, et entraîne avec lui d’autres personnes, ce qui fabrique un micmac politique parfois amusant, si la situation concernée n’était pas aussi grave.  Car côté français, ça devient épique.  Hier je vous parlais d’un François Fillon, déjà considéré comme futur président français (hélas !) qui avait résolu de faire de Bachar el Assad son allié, comme ultime rempart pour sauver la chrétienté en Syrie. L’argument ne tient pas davantage la route que le programme économique du sourcilleux, mais bon, au moins c’est bien ce qu’il a affirmé pour tenter de défendre ce monstre indéfendable.  Or l’éjecté de la primaire, et ancien patron de Fillon, le célèbre petit nerveux Nicolas, avait lui aussi rencontré le 20 octobre 2015 à proximité de la Place Rouge, les français de l’étranger installés en Russie.  Mais aussi Poutine, dont les rencontre laissent parfois des traces épiques, on le sait – rappelons-nous de la conférence lors du G8 et la superbe prestation de Sarkozy devant les journalistes…) Et son propos ce jour-là n’était alors pas sans poser question.  Dans un des organes pro-russe, bachar-paris« Le Courrier de Russie », on pouvait en effet lire ceci : « après en avoir longuement discuté avec Vladimir Poutine, Nicolas Sarkozy est revenu sur la question de la Syrie et du départ de Bachar el-Assad. Tout en s’opposant au maintien du dirigeant syrien à la tête du pays, l’ex-président français a admiré « le coup de maître diplomatique » de Vladimir Poutine, qui est parvenu à replacer son pays au cœur du Moyen-Orient. « Bachar el-Assad a 250 000 morts sur la conscience. L’avenir ne peut pas reposer sur les épaules de quelqu’un ayant utilisé l’aviation et l’arme chimique contre sa population», a-t-il insisté ». Voilà Bachar devenu  tyran infréquentable en 2015, alors que ce même Sarkozy l’avait lui-même invité sur la tribune officielle du 14 juillet 2008, une des grandes hontes de son quinquennat.  Le buveur de vodka du G8 ajoutant une phrase étrange : « Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois rappelé la nécessité de « composer avec la Russie », mais également avec le parti politique de Bachar el-Assad et certains membres de sa famille, « qui ne doivent pas être tenus responsables collectivement des actions d’un tyran. » Des « membres de sa famille » qui ne devraient pas être poursuivis pour crimes contre l’humanité ??? Pour les exactions commises dans le pays par ses troupes ?
5933402790_le-president-syrien-bachar-al-assad-et-le-premier-ministre-francais-francois-fillon-a-damas-le-19-fevrier-2010On peut voir là, dans la façon dont Sarkozy a évolué vers Poutine, les prémices de la future politique de son ex-collaborateur, pour qui il aura défriché le terrain (au début c’était niet, il refusait même de lui serrer la main, pensant peut-être qu’il était encore communiste, qui sait… puis il est allé le défendre après la prise d’otages de Beslan qui a tourné au massacre volontaire de 334 civils dont 186 enfants, rappelons-le – personne ne le nie aujourd’hui – puis en 2012, une fois battu politiquement, il s’était rendu à Moscou pour saluer Poutine en personne et y était retourné en juin dernier encore).  Une façon qui semble bien suivre l’intense lobbying des amis de Poutine dans les médias.  Une véritable armée de posteurs sur le net, notamment, qui influent sur les cerveaux des lecteurs.  Le Figaro était même allé en 2015 jusqu’à parler « d’excès de russophilie » en écrivant maladroitement « accès de russophile« … ce qui ne voulait rien dire !!!  Depuis, son « collaborateur » s’est aussi empressé de se montrer « Poutinophile »; lui aussi (en rappelant Mitterrand, qui avait appelé Giscard « le petit télégraphiste » avec celui reçu après sa rencontre avec Brejnev) :« Nicolas Sarkozy, qui rencontre aujourd’hui Vladimir Poutine à Moscou, va-t-il hériter à son tour du sobriquet télégraphique alors que, depuis le mois dernier, la Russie montre en Syrie sa capacité retrouvée à projeter des forces importantes au-delà de son proche voisinage?unknown  L’ancien chef de l’Etat souffre-t-il d’une crise aigue de poutinomania (version contemporaine du télégraphisme), cette maladie politique mortelle qui touche particulièrement l’extrême-droite, une partie de la gauche radicale, voire certains monstres sacrés du cinéma français?  Plusieurs signes avant-coureurs laissaient augurer de cet inquiétant état de santé » écrivait Alexis Feertchak du Figaro.  Le même qui ajoutait cette tirade amusante montrant que le Figaro n’aimait déjà pas trop Juppé à l’époque :  « en 2017, Nicolas Sarkozy se tournera-t-il vers la Russie s’il est désigné candidat aux primaires des Républicains ?  Drôle d’idée que cet «accès de russophilie aiguë» ne manquera pas de remarquer Alain Juppé, avec sa moue sceptique de vieux sage mesuré de la droite républicaine.  Il est vrai qu’il peut apparaître audacieux voire téméraire de s’appuyer sur un pays qui traverse une crise économique très rude – le PIB russe pourrait décroître fortement en 2015 et ne remonter ensuite que très lentement, modulo les prix du pétrole. dieudonne-deporteUn pays encore dont la forme démocratique prête si à désirer qu’on a inventé pour le qualifier le terme de «démocrature».  Un pays enfin largement miné par la corruption à tous les niveaux de la vie économique et politique ».  Une analyse fort lucide, ma foi, de ce qu’est la Russie de Poutine : sans le sou vaillant, économiquement, mais avec des dirigeants les poches pleines !  Et des dirigeants qui rappellent ici un Dieudonné faisant monter sur scène son régisseurs déguisé en déporté, pour célébrer le négationniste Faurisson, avec dans la salle un Jean-Marie Le Pen aux anges… « François », le nouvel ami de Poutine le sait-il, au moins cela ?  Ou bien fermera-t-il les yeux, lui qui a une tendance certaine à laisser échapper parfois des phrases qui laissent entendre un autre vieux fond pas très recommandable, comme le jour de 2012 où il avait fait remarquer les « origines » de JF Coppé, dont les grands parents  avaient été sauvés in extremis en 1943 d’une rafle nazie par une famille de Justes ? Ou peu de temps encore avant le second tour des primaires, où lui avait échappé une autre phrase sur le pseudo communautarisme des juifs (« comme on a combattu la volonté des juifs de vivre dans une communauté qui ne respectait pas toutes les règles de la République française »).  Ne serait-il pas tout bêtement, en train déjà de s’éloigner d’un autre François, qui lui a choisi radicalement de combattre l’antisémitisme (1) ?

 

(1) Slate rappelle ceci à ce propos : « autrefois en France, la lapidation des maisons juives était autorisée pendant la «semaine sainte» rappelant la mort de Jésus. À Rome, quand un nouveau pape, souverain de la ville, était élu, le grand rabbin devait venir se prosterner devant lui et lui remettre un exemplaire de la Torah. Le nouveau pape avait cette formule: «J’accepte le livre. Je n’accepte pas le peuple qui le porte.» Et le rabbin recevait un coup de pied bien placé, avant de sortir entre deux haies de passants qui l’insultaient. Jusqu’aux années 1960, une prière pour les «juifs perfides» (du latin perfidis, infidèle) faisait partie de la liturgie catholique du Vendredi saint lue dans toutes les églises. Elle a été supprimée par le pape Jean XXIII en 1959″.  François Fillon serait-il resté bloqué bien avant le concile de Vatican II ?  Que va nous sortir de son chapeau Valérie Boyer, prosélyte catholique télévisuelle, pressentie comme une future ministre catastrophe chez Fillon ? Elle avait tenté, je le rappelle, de faire inscrire « les racines chrétiennes de la France » dans la Constitution ! (« Le christianisme nous a permis d’envisager l’homme comme un individu à part entière. La protection de la dignité humaine repose sur des valeurs chrétiennes. La France est une république laïque d’influence et de valeurs chrétiennes. Notre histoire s’est construite autour des Rois et des Eglises. Cet amendement n’impose pas un dieu, ni une pratique religieuse mais a pour objectif de rappeler dans notre Constitution pourquoi la France est la France. »).  Elle s’était aussi rendue en Syrie, « en solidarité avec les Chrétiens d’Orient ». Ça ne l’avait pas trop embarrassé surtout d’avoir comme voisin d’excursion Julien Rochedy, l’ancien chef du Front national de la jeunesse, qu’on peut entendre ici à un colloque anti-émigration d’Action Française… dont on ferait bien d’étudier l’historique, comme ici, par exemple…pour ses liens avec les catholiques.   C’est en effet aussi, plus ou moins latent, le retour de Maurras et de son antisémitisme d’Etat !

 

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