• Le vol de la dette publique

    13 octobre 2009 | 2 commentaire(s) | 177 affichage(s)

    ressourcesNous jouissons, au Québec, d’une qualité de vie exceptionnelle. Des services sociaux à faire pâlir de jalousie un grand nombre d’Américains, surtout en ces temps de disette économique, et un environnement social généralement paisible dans lequel on peut évoluer sans avoir peur de se faire agresser au tournant de la rue ou au dépanneur du coin.

    Par ailleurs, le coefficient de Gini, mesurant le niveau d’inégalité économique dans une société donnée, a récemment fait ressortir que le Québec a connu depuis vingt ans une moindre accentuation de l’iniquité sociale en comparaison des autres provinces canadiennes ou des États-Unis. Il en est de même pour les pays à tendance sociale-démocrate de la Scandinavie et de l’Europe de l’Ouest qui ont su freiner l’aggravation des écarts de revenus dans leurs populations respective.

    Certains rétorquent que le poids d’un tel ensemble de mesures d’aplanissement socio-économique est trop lourd à porter et que celui-ci se maintient au prix d’un endettement public dangereusement élevé. Ceci est l’éternelle rhétorique de la pensée mercantile qui réduit tout ce qui est social à la plus simple expression monétaire sans apprécier le facteur humain de l’équation sociétale.

    Même si l’on admet que la dette publique de l’état du Québec demeure l’une des plus élevées en Amérique du nord, on est en droit de se demander comment en est-on arrivé là?

    Depuis la grande noirceur de Duplessis jusqu’au présent gouvernement libéral de Jean Charest, le Québec a toujours plié les genoux devant les multinationales, particulièrement américaines, et a éternellement hésité à demander de véritables redevances sur l’exploitation abusive de ses ressources dont l’objectif aurait été d’assurer la préservation de celles-ci et l’enrichissement de la nation.

    On apprenait, en juin dernier, que 22 entreprises minières ont échappé à l’impôt entre 2002 et 2008 en s’appuyant sur tel ou tel avantage fiscal douteux.

    Les compagnies forestières, elles aussi, ne sont pas à plaindre. Après avoir rasé les aires forestières durant des décennies avec le consentement implicite des gouvernements tout en ne retournant que des miettes à la collectivité, elles ont reçu, en 2007, 351 millions de dollars en remboursement de travaux sylvicoles après avoir déboursé 228 M$ en redevances et 5 M$ en impôt sur les profits! Faites le calcul vous-même! À cela, il faut ajouter les centaines des millions de dollars d’aide à l’industrie forestière octroyés par le provincial!

    Parlons de l’eau qui sera la ressource la plus convoitée dans l’avenir. Durant longtemps, Pepsi, Coca-Cola, Danone, Nestlé et Naya s’en sont donnés à cœur joie en pompant notre ressource hydrique sans contrôle ni perception monétaire de l’État. Devant le tollé général, la ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), Line Beauchamp, a annoncé qu’à partir de 2009 les grands exploitants d’eau seront soumis à une taxe pouvant rapporter un misérable 5,5 millions aux deniers publics! Pourtant, Québec devrait taxer davantage ces compagnies qui aspirent l’eau de nos rivières, de nos lacs, de notre nappe phréatique sans créer le moindre emploi de qualité et concourir à la prospérité économique du Québec.

    Notons qu’en Alberta, seulement dans le domaine des sables bitumineux, la province a pu engranger plus de douze milliard$ en redevances – douze milliard$!- et cela pour une seule et unique ressource!

    Le peuple québécois, jadis colonisé de la couronne britannique et maintenant colonisé du capital américain, a constamment su courber l’échine comme une bonne populace servile habituée à se faire piétiner en vendant ses richesses naturelles pour une bouchée de pain à des intérêts étrangers.

    Une dette publique de l’ordre de celle que nous possédons actuellement est une aberration. Il existe un véritable décalage entre notre capital de trésors naturels et la condition de nos états financiers publics.

    Après tout, le territoire du Québec regorgeait et regorge encore de richesses naturelles et nous devrions, en rapport à notre petite population et notre faible occupation du sol, n’avoir aucune dette de la dimension de celle qui accable actuellement nos finances publiques.

    Une somme colossale a été tirée de nos poches au fil des décades et s’est enfuit hors de nos frontières à notre plus grand désavantage. Et maintenant, nous payons l’addition de notre laisser-faire et de notre laxisme.

    Ce n’est pas le filet social dont notre peuple s’est doté qui est la cause de notre endettement collectif, comme tente de nous faire croire la bienpensante élite mercantile nord-américaine qui a le culot de nous culpabiliser pour notre solidarité sociale, mais bien le vol de nos ressources naturelles par cette dernière.

    Ce texte a été publié sur Homo Politicus

  • 2 commentaires

    • Francois J

    Donc si je comprends bien votre opinion: le Québec est endetté parce qu’il n’a pas profité des producteurs de notre société ?

    Ce que vous semblez insinuer est que la richesse est présente au Québec, qu’il suffit de la ramasser…
    Et que nous laissons les autres la ramasser à notre place ?

    Pourtant, cette richesse que vous démontrez est en fait de la production !
    Qu’il y ait une tonne d’or sous ma maison ne fait pas personne de riche, il faut aller la chercher. De l’eau n’a aucune valeur comme tel, c’est le Coca Cola qui a une valeur. De l’eau ailleurs n’a aucune valeur, c’est le pipeline qui l’achemine qui en fait sa valeur.

    Dans tout ces cas, il faut une transformation.
    Il faut une initiative, une action pour en faire une richesse.

    Pourquoi ne demandez-vous pas au peuple Québécois de produire avec la richesse naturelle à sa disposition au lieu de demander au gouvernement de soutirer une plus grande part de la richesse crée par ces gens ayant de l’initiative ?

    Si cet or ou cet eau est si payant et représente un vol de richesse, pourquoi n’allez-vous pas la cherchez vous même cet or ? Pourquoi pas construire un pipeline jusqu’à la frontière des US et d’y afficher un prix de vente de l’eau ?

    Cette façon de remettre la cause de la dette de l’état sur les producteurs de richesse est bien malhonnête… C’est comme dire que le solde de ma carte de crédit est élevé parce que mon employeur ne veux pas me payer le montant que je considère être mon dû…. Trop facile comme échappatoire…

    • Christian

    «Ceci est l’éternelle rhétorique de la pensée mercantile qui réduit tout ce qui est social à la plus simple expression monétaire sans apprécier le facteur humain de l’équation sociétale.»

    C’est que… C’est le facteur humain qui exige la monnaie et sa mercantilité. Et non le gouvernement.

    «Notons qu’en Alberta, seulement dans le domaine des sables bitumineux, la province a pu engranger plus de douze milliards $ en redevances – douze milliards $!- et cela pour une seule et unique ressource!»

    Cela est du à la différence de culture de l’anglo-saxon, capitaliste.

    Le but du gouvernement de l’Alberta est d’enrichir ses citoyens. En éliminant les taxes et en réduisant l’impôt des particuliers à 10%. Ainsi que la taille de sa fonction publique.

    Au Québec, les Québécois socialistes et soviétiques sont sous controles de la pègre socialiste syndicaliste et donc font le contraire. Ils ont choisit de s’appauvrir individuellement, afin d’enrichir le gouvernement, ses politiciens et ses fonctionnaires plutôt.

    «Le peuple québécois, jadis colonisé de la couronne britannique et maintenant colonisé du capital américain, a constamment su courber l’échine comme une bonne populace servile habituée à se faire piétiner en vendant ses richesses naturelles pour une bouchée de pain à des intérêts étrangers.»

    Joli copier coller. C’est de quel auteur, déjà ?…

    «Une dette publique de l’ordre de celle que nous possédons actuellement est une aberration.»

    Tout de même elle s’explique.
    Les gouvernements successif du Québec ont choisit d’engraisser et d’entretenir un cartel de syndicats puissants et multimillionnaires. Ils ont choisit d’emprunter, pour payer des hausses de salaires faramineuses aux syndiqués dépendants du gouvernement, à la santé et à l’éducation et à la fonction publique, plutôt que de les annuler lorsque les revenus baissent.

    Ajoutez que ces centrales syndicales milliardaires, au contraire des corporations, ne paient aucun impôt sur leurs revenus et sur leurs profits, voila un manque à gagner récurrent qui s’accumule par millions à la dette.

    «Une somme colossale a été tirée de nos poches au fil des décades et s’est enfuit hors de nos frontières à notre plus grand désavantage. Et maintenant, nous payons l’addition de notre laisser-faire et de notre laxisme.»

    Cela ne s’applique pas seulement à la fiscalité des entreprises et à la gestion des ressources naturelles.

    Cela s’applique aussi à l’éducation, universitaire, unilingue anglo-américaine. En particulier les médecins formés à McGill, dont 7 sur 10 quittent le Québec dans les trois ans suivant l’obtention du diplôme. Ou bien, les 600 étudiants citoyens français, inscrit à McGill, qui quittent le Québec immédiatement après l’obtention de leur diplôme. Une perte nette, une somme colossale de 8 millions l’an, ou 24 millions au bout de leurs études, pour le Québec. Et qui s’ajoute à la dette cumulée, évidemment.

    Mais au fait…
    Quand il s’agit de ressources naturelles, une richesse collective semble-t-il, pourquoi le gouvernement du Québec choisit-il de laisser des entreprises privées investir pour en faire l’exploitation et les transformations ?…

    Pourquoi le gouvernement du Québec a-t-il choisit de laisser des étrangers, Alcan et Rio Tinto, extraire transformer et exporter l’aluminium ? Au lieu de faire tout ça, lui-même ?…
    ch

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