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Le verdict du peuple québécois

Mais dites-moi : Que s’est-il donc passé au Québec, en ce soir du 1er octobre 2018?

Pour répondre à cette question, il est indispensable de « prendre conscience » de certains faits.

Le premier constat à établir est qu’une population est un « organisme » très spécial. Il est sensible à certains « virus », sans qu’il s’en rende vraiment compte.

Lors du rapport de la commission Charbonneau, en novembre 2015, les autorités en place n’ont pas semblés vouloir “agir” sérieusement contre les coupables, et la population eut l’impression que les vrais responsables échappaient à la justice. Les rapports des enquêteurs envers les élus provinciaux ne furent pas divulgués publiquement par les autorités; du moins ce fut l’impression laissée chez la majorité de la population.

Durant les trois années qui ont suivi, la première fut utilisée, par les autorités, à faire semblant d’attaquer le problème sérieusement, mais strictement en présentant certains citoyens notoires prouvés  « coupables », comme étant les « seuls » responsables d’avoir corrompu le système. Aucun « élu » ne fut vraiment inquiété, et plusieurs purent se retirer « en douce » durant la deuxième année.

À la troisième année, les autorités firent comme si tout était dorénavant « sous contrôle » et les « contrats publics » continuèrent à être donnés, sans que la population soit vraiment convaincue que les « magouilles » avaient disparues.

Arrive maintenant, le deuxième constat qu’il faut prendre en considération.

La population possède un « sixième sens » qui la pousse à agir selon les « impressions » qui sont imprégnées en elle « émotivement ». Et la commission Charbonneau avait, sans contredit, fait « bouillir » les émotions du peuple. L’impression laissée dans le public par cette commission d’enquête créa le « virus » dont je parlais plus haut.

La population, ayant donné assez de « temps » aux autorités pour démontrer une volonté de corriger les erreurs précédentes, eut « l’intuition » qu’on avait voulu la « rouler dans la farine ». Ce n’était pas une « conviction » claire, nette et précise, mais plutôt une sorte « d’atmosphère virale » qui s’était répandue et qui ne parvenait pas à se dissoudre.

Influencée par ce « relent fugace » de la commission Charbonneau, le peuple prit sa décision, sans s’en rendre vraiment compte, et décréta son « verdict » envers les « vieux partis » politiques qu’elle jugeait passible de culpabilité. Une « foule » ne fait jamais dans « la distinction ». À ses yeux, si un groupe est probablement « coupable », un groupe similaire peut l’être tout autant et, lors du verdict, il n’est pas du tout question de lésiner.

Résultat : Les deux « vieux partis » furent totalement écrasés par la voie électorale comme jamais personne n’auraient pu le prévoir.

Le gagnant indiscutable fut un nouveau parti politique, âgé d’à peine six ans. L’élection fut un « balayage » de la CAQ, à travers tout le Québec.

Mais il ne faut surtout pas croire que la population affirmait ainsi que ce nouveau parti était considéré « blanc comme neige » à ses yeux. Le chef de la CAQ peut clamer à tout vent que la population lui a donné sa « confiance », mais il serait inconscient de sa part de croire que cette confiance fusse « totale »; loin de là. L’électorat ne « fonctionne » pas de cette façon. L’électorat répond toujours, sans aucune exception, à ses « intuitions » plus ou moins conscientes. Évidemment, la science politique est de savoir « évaluer » pour « jouer » avec ces « intuitions ».

Par contre, les politiciens ont un « talon d’Achille ». Plusieurs en viennent à se croire supérieurs aux membre de la population, en oubliant qu’ils en font, eux-mêmes, partie. Ils croient alors qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent avec le pouvoir qui leur est « confié ». Cela ne peut durer qu’un temps, l’histoire le prouve sans exceptions.

La réalité de l’élection d’hier est qu’inconsciemment, la population du Québec avertit les nouveaux élus qu’ils doivent rectifier le tir au sujet de la politique administrative des « biens publics ». Le peuple veut un « changement » à ce niveau.

Et, non seulement, veut-il un changement qui soit « notable », mais il laisse poindre une « menace » plus qu’évidente, si jamais ce changement ne s’avère pas acceptable.

Cette « menace » est clairement manifestée par la jeune population qui s’est levée cette fois-ci, pour remplir les boîtes de scrutin. Elle affirme clairement que si jamais elle juge la « correction du tir » inadéquate, elle va tout simplement renverser le système actuel et en établir un nouveau qui répondra à ses aspirations sociales. L’avertissement est d’autant plus clair, que les résultats en « deuxième place » de l’élection, dans plusieurs contés, sont détenus par ces jeunes politiciens du parti « Québec solidaire ».

Tout adulte, ayant un peu de « vécu », est parfaitement conscient que la période de jeunesse, entre dix-huit et trente ans, est celle où l’on se croit « invincible » et que nos décisions sont « imparables ». C’est la période de la vie où on a l’impression que rien ne peut résister au déploiement de notre énergie. Et nous savons tous à quel point la période de jeunesse est énergique.

En ce jour du 1er octobre 2018, le parti politique de cette jeunesse québécoise, défenseur du « vrai changement », a plus que triplé, d’un seul coup, ses députés à l’assemblée nationale. Étant le deuxième parti politique prônant la « Souveraineté » du Québec, il a surclassé le parti créateur de cette option politique.

Par contre, non seulement veut-il la souveraineté du Québec, mais il la veut dans un nouveau système social qui assurera un équilibre écologique à notre environnement. La « soif de profit », chez eux, passe clairement à un niveau inférieur des priorités.

La CAQ se voit donc dans l’obligation de démontrer un parcourt « parfait » durant les quatre prochaines années. Ses députés doivent prouver indubitablement que le règne oligarchique des « ti-z-amis » est maintenant chose du passé, sinon ils ne feront assurément pas long feu à la tête du Québec. Cela ne leur sera pas facile. La difficulté n’a jamais été aussi grande au Québec.

De plus, la « tactique » d’augmenter l’immigration semble quelque peu désuète, puisque plusieurs de ces jeunes politiciens sont d’origines ethniques différentes qui ont décidé d’être « Québécois ».

Il est clair, ce matin, que les « tounes » de violon à l’ancienne, ne font plus danser les Québécois et que ce n’est définitivement plus « la baccaise » qu’on « swing dans l’fond d’la boîte à bois ». Cette époque semble bien être révolue.

Amicalement

André Lefebvre

 

Auteur de:

L’Histoire… de l’univers

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 1:  La Science Secrète)

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 2: Le Mystère Sumérien

Le tout dernier livre, paru en novembre 2016 (version gratuite):

Histoire de ma nation

Tous mes livres sont offerts GRATUITEMENT chez:

http://manuscritdepot.com/a.andre-lefebvre.7.htm#menu

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