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Le travail et l’argent dans l’esprit du capitalisme

temps-modernes - CP

L?analyse que je ferai du travail sera dans la perspective d?une soci?t? capitaliste. Je commencerai avec trois citations sur le sujet avant de les commenter bri?vement, ensuite je traiterai des excellentes critiques de Nietzsche concernant le travail. Je ferai des liens avec la mentalit? ?conomique de la masse, des bourgeois et des riches. Henry David Thoreau, un anarchiste, sera utile pour nous expliquer pourquoi les riches soutiennent presque toujours un ?tat et un syst?me corrompus. Je donnerai ensuite plusieurs citations de S?n?que concernant le travail et l?argent. Enfin, je terminerai avec Max Weber et son analyse de la fausse ?thique capitaliste et de sa justification de l?esclavage du travail ? n?importe quel prix. Comme si l??thique et le capitalisme pouvait aller ensemble. Comme si l??thique capitaliste du travail pouvait ?tre ?thique, dans le sens d?amour, de vertu. Nous verrons donc ? quel point le capitalisme et sa vocation du travail pour chacun sont immoraux, ? quel point ils servent la haine la violence et les guerres.

Je commence avec une citation de Goethe :

? Nul n?est plus d?sesp?r?ment esclave que ceux faussement convaincus d??tre libre. ?

Voici une citation de Cic?ron, donc qui date de plus de 2000 ans :

? Qui ?change son labeur contre de l?argent se vend lui-m?me et se place lui-m?me dans le rang des esclaves. ?

Enfin, voici une citation de L?on Tolsto? :

? L?argent est une nouvelle forme d?esclavage et elle ne se distingue de l?ancienne que par son caract?re impersonnel. Il n?y a pas de relation directe entre le ma?tre et l?esclave. ?

Travailler c?est ?tre esclave, c?est se prostituer. Pourquoi ne pas se l?avouer? Pourtant la majorit? des gens consid?re la prostitution comme ?tant avilissante. Le mat?rialisme ambiant ? pour effet que vendre son corps est plus mal vu que vendre son ?me. Servir un syst?me qui contribue ? la violence, ? la haine et ? la guerre est bien vu, mais la femme qui offre des services sexuels est une tra?n?e. Car la tr?s grande majorit? des emplois servent un tel syst?me.

Travailler c?est faire quelque chose qu?on est contraint de faire tant d?heures par semaine, tant de jour par semaine, avec des horaires qu?on ne d?cide g?n?ralement pas et qui ne sont pas variables ? notre guise. Qui ne pr?f?rerait pas avoir tout son temps libre? Je sais que beaucoup de gens affirment pr?f?rer travailler plut?t que de rien faire. Je les plains. La vie doit ?tre tr?s ennuyeuse pour eux. Ils n?ont aucun int?r?t qui part de l?int?rieur d?eux, on doit leur imposer quelque chose, mais ils pr?f?rent s?imaginer qu?ils ont librement choisi leur emploi et toutes les conditions qui y sont associ?es. La plupart des gens se croient libres et heureux, alors qu?ils sont esclaves et malheureux.

Travailler 35-40 heures par semaine, m?me quand on aime son emploi et qu?il est vraiment utile ? la soci?t?, c?est de l?esclavage. C?est ne pas d?cider de l?utilisation de la majorit? de notre temps ?veill?, 5 jour sur 7. Dans 5 jour il y a 120 heures. M?me en en travaillant seulement 35, il y a les d?ners 5 heures semaines et le voyagement. Mettons 40 heures sur 120 heures. L?-dessus nous dormons 40 heures. Il en reste 40 pour tout le reste, mais alors on recherche le repos, le divertissement. La paresse intellectuelle et spirituelle devient donc la r?gle. Autrement dit, ce qui est le plus important dans la vie, c?est-?-dire ?tre heureux, devient secondaire et m?me inexistant. On ne cherche plus le sens de la vie, du bonheur, de l?amour, etc. On se vautre dans la superficialit?, le mat?rialisme, la consommation. On comble son vide int?rieur en magasinant. On ne s?int?ressent qu?aux sports, aux voitures et ? la s?duction. Tant que le peuple a du pain et des jeux il est content. Il ne se remet pas en question. Cette paresse intellectuelle et spirituelle est catastrophique, car elle m?ne ? la haine, ? la violence et ? la guerre. Pourtant la masse m?prise le travail int?rieur, le travail intellectuel et spirituel (surtout s?il est pour soi et ne rapporte pas d?argent), mais sanctifie le travail avilissant et inutile au bien commun. On d?teste les assist?s sociaux, m?me s?ils souffrent de leur pauvret?. La plupart ne voient que leur oisivet? qu?ils envient, mais pas leurs inconv?nients. De sorte que les riches et la classe moyenne jalousent souvent les B.S. On aime taper sur les plus faibles, plut?t que de voir la r?alit? en face et de reconna?tre que les riches sont les ma?tres de l?exploitation et du conformisme ? un syst?me pourri, par simple opportunisme. Je reconnais toutefois qu?il y a des exceptions ? toute r?gle.

Une des phrases les plus c?l?bres de la philosophie est celle de Nietzsche concernant le travail, o? il affirme que le travail est la meilleure des polices. Autrement dit, c?est la meilleure fa?on de surveiller, de contr?ler les masses au service des gens de pouvoir.

? Le travail constitue la meilleure des polices (…), il tient chacun en bride et s?entend ? entraver puissamment le d?veloppement de la raison, des d?sirs, du go?t de l?ind?pendance. Car il consume une extraordinaire quantit? de force nerveuse et la soustrait ? la r?flexion, ? la m?ditation, ? la r?verie, aux soucis, ? l?amour et ? la haine, il pr?sente constamment ? la vue un but mesquin et assure des satisfactions faciles et r?guli?res. Ainsi, une soci?t? ou l?on travaille dur en permanence aura davantage de s?curit?. ? (1)

Ce que Nietzsche nous dit c?est que le travail nous emp?che de r?fl?chir au sens de la vie, et m?me de comprendre que ce travail nous est pr?judiciable spirituellement, individuellement et collectivement. Il est un obstacle au bonheur, mais la masse le d?fend plus que tout. En fait, le discours dominant affirme que travailler est l??thique par excellence, que la valeur morale de quelqu?un d?pend de son travail, et que plus il fait d?argent, donc plus il a de valeur moralement. Quelle absurdit?. La v?rit? est encore une fois le contraire des apparences. Le travail est soumis ? une ?thique de l?argent, plut?t qu?? une ?thique de l?amour. Le Dieu ? argent ? est la cause de tant de haine sur Terre. Le syst?me mon?taire capitaliste est la principale cause de la pauvret? et des guerres, ce qui est facilement d?montrable. Ce syst?me cr?e artificiellement la pauvret? et pr?tend ne pas pouvoir aider les pauvres, mais il trouve toujours des milliers de milliards de dollars pour faire la guerre et parfois pour renflouer des banques, malgr? des profits de plusieurs milliards de dollars pendant des d?cennies. Le peuple ne voie pas ? quel point il se fait cruellement tromper. On se d?chire pour un conflit ?tudiant au sujet de quelques millions de dollars, mais presque personne ne se r?volte contre des banques priv?es qui cr?ent de l?argent ? partir de rien sous forme de pr?ts-dettes, ni du fait qu?on leur transfert la richesse du peuple pour les sauver de la faillite ? cause de leurs propres manoeuvres frauduleuses. Les pertes d?argent sont transf?r?es au domaine public, mais on privatise les profits. Autrement dit on continue de voler les plus pauvres pour enrichir les plus riches, comme avec la caisse de l?assurance ch?mage, les imp?ts, l?int?r?t sur la dette, les cartes de cr?dit, les pr?ts bancaires, etc.

Une excellente solution ? la pauvret? est le revenu de base. C?est parfaitement r?alisable et profitable pour tout le monde. Mais les riches ont peur de perdre leur droit d?exploiter les autres, alors ils s?y opposent. La masse s?y oppose aussi par peur que les gens ne veulent plus travailler, tellement le lavage de cerveau est intense sur la n?cessit? de travailler.

http://www.egaliteetreconciliation.fr/Le-Revenu-de-Base-13480.html

Il est clair que la technologie devrait ?liminer le travail et profiter ? subvenir aux besoins mat?riels essentiels du peuple. Mais la mentalit? d?esclave est encore beaucoup trop r?pandue pour qu?on accepte un monde sans travail avilissant, plus pr?s de la nature et qui ne recherche qu?? produire l?essentiel, le superflue repr?sente la grande majorit? des emplois qui devraient dispara?tre. Retrouvons des plaisirs simples, naturels et gratuits comme le toucher, les ?changes de massages plut?t que des relations humaines toujours int?ress?es par un profit quantifiable. La tendresse physique, l?amiti? affective et la sexualit? sont r?volutionnaire, car elles sont anti-conformiste, anti-syst?me et anti-capitaliste (puisque gratuites). Wilhelm Reich d?montre dans son livre L?irruption de la morale sexuelle que la libert? sexuelle est limit?e par le d?sir de s?enrichir et la recherche du profit. Il y explique que la libert? sexuelle du matriarcat des Trobriandais est conforme ? l?ordre naturel, mais que l?implantation graduel d?un syst?me ?conomique qui permet l?enrichissement des chefs bafoue cette libert? sexuelle naturelle. Notre culture domin?e par le Dieu ? argent ? : ?conomie, profit, capitalisme, consommation, commerce, administration, gestion, etc. est d?ailleurs anti-sexuelle. En allant contre un instinct naturel puissant et n?cessaire ? la sant? et au bonheur, le syst?me ?conomique est destructeur, illusoire, donc mauvais pour l?humanit?. Le travail en est le pilier. Travailler alimente presque toujours ce syst?me. Reich a bien expliqu? que la r?pression sexuelle sert aussi ? soumettre les gens, ? les rendre ob?issant. Celui qui est motiv? par la joie ne peut plus ?tre esclave. Celle-ci est une expansion d??nergie dans le corps, tandis que la r?pression sexuelle cr?e une contraction de l??nergie dans le corps. La r?pression sexuelle est cr?atrice d?anxi?t?, de peur, de malheur comme l?aspect ?nerg?tique l?exprime bien. Celui qui vit dans la peur et l?anxi?t? est plus facilement manipulable, contr?lable, donc esclave.

Le travail, dont l??tymologie signifie ? instrument de torture ?, est la source d?innombrables malheurs et souffrances sur notre plan?te. Il est clairement au service du mal et pour plusieurs raisons. Il met les gens en comp?tition les uns contre les autres pour d?nicher les emplois, mais aussi pour vendre des produits et services, ainsi le mensonge et l?hypocrisie deviennent la r?gle. La plupart des emplois industriels sont d?shumanisants avec la division de travail qui est le principe m?me de la barbarie d?apr?s Nietzsche. La presque totalit? des emplois sont contre les int?r?ts du bonheur humain. Les masses sont fi?res de travailler, et le plus dur possible. Elles sont fi?res d??tre soumises et de se vendre, corps et ?me. La masse aiment ?tre en esclavage et soumise ? l?autorit? comme l?ont d?montr?s l?exp?rience de Milgram et le jeu de la mort ? la t?l?vision fran?aise. Si les gens sont si certains de leur valeur gr?ce ? leur argent et ? leur emploi, alors pourquoi veulent-ils imposer leur fa?on de penser aux marginaux, ? ceux qui ne pensent pas comme eux? C?est parce qu?ils sont jaloux de la libert? des autres, comme s?ils doutaient de leur choix. En bons esclaves, ils envient la libert? qu?ils n?ont pas ou qu?ils n?ont pas eu, sans vouloir l?admettre. Il y a des sacrifices ? faire pour devenir riche.

Dans le discours des masses ? propos du travail, il y a plusieurs contradictions. On pr?tend que ceux qui travaillent peu ou pas du tout sont des paresseux. Par travail, on entend une activit? qui rapporte de l?argent. Sauf ceux qui on assez d?argent pour ne pas travailler, alors ils ne sont pas des paresseux, m?me s?ils ne travaillent pas, au contraire ils sont adul?s juste parce qu?ils sont riches. Trouver l?erreur? Il est pourtant clair que la paresse intellectuelle et spirituelle est beaucoup plus dommageable que la paresse en lien avec un travail r?mun?r?. En ce sens, les v?ritables paresseux sont g?n?ralement ceux qui travaillent, car cela les emp?chent de se comprendre et de comprendre le monde dans lequel ils vivent, de rechercher le bonheur, l?amour, le bien commun, etc. Cette ignorance a ses cons?quences : on se valorise d??tre esclave du travail, alors m?me que ce travail nous est nuisible autant qu?? la soci?t?.

Pour les masses conformistes et contr?lantes envers les non-conformistes, ceux qui pr?f?rent la libert? de leur temps ? l?accumulation de biens mat?riels sont anormaux. Autrement dit, le mat?rialisme r?gnant veut imposer l?avoir plut?t que l??tre, le para?tre plut?t que l??tre, le superficiel plut?t que le spirituel et l?authenticit?, la technologie plut?t que l??tre humain, le commerce plut?t que des relations humaines honn?tes, les moyens de communication plut?t que les rencontres en personne, etc.

Revenons ? Nietzsche :

? Dans la glorification du travail, dans les infatiguables discours sur la ? b?n?diction du travail ?, je vois la m?me arri?re-pens?e que dans les louanges adress?es aux actes impersonnels et utile ? tous : ? savoir la peur de tout ce qui est individuel (…) on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir ? un tel travail constitue la meilleure des polices. ? (2)

Notre soci?t? voue un culte ? l?activit?, au travail, au commerce afin de combler sa peur de l?ins?curit?. L?affairisme, la boulimie d?activit? sert ? combler cette peur. Le travail ?puise la masse, la rend soumise et manipulable, superficielle et orgueilleuse, arrogante et ferm? d?esprit. La s?curit? c?est la routine et le nivellement. Cette mentalit? o? le travail nous d?fini usurpe le vrai sens des valeurs, glorifie l?esclavage et l?exploitation, justifie la domination et la soumission.

Nietzsche continue :

? On a maintenant honte du repos et on ?prouverait presque un remords ? m?diter (…) Car la vie, devenue chasse au gain, oblige l?esprit ? s??puiser sans tr?ve au jeu de dissimuler, duper (…) la v?ritable vertu consiste maintenant ? faire une chose plus vite qu?une autre (…) le go?t de la joie s?appelle d?j? ? besoin de repos. ?

Le culte du travail et la valorisation de l?argent imposent une activit? continuelle : on se d?termine face ? autrui en s?oubliant, et le loisir ne peut plus ?tre ce qu?il signifiait pour les Grecs, ? le temps libre ?, mais seulement l?indice de la n?cessit? du repos. Nul rapport v?ritable ? soi-m?me et encore moins aux autres n?est possible dans une telle soci?t?. (…) On veut vivre et l?on doit se vendre, mais on m?prise celui qui exploite cette situation in?vitable et qui ach?te l?ouvrier.

(…) Pour les hommes modernes ? le travail leur est un moyen, il a cess? d??tre un but en lui-m?me ; aussi sont-ils peu difficiles dans leur choix, pourvu qu?ils aient de gros b?n?fices (…) Chasser l?ennui ? tout prix est vulgaire, comme de travailler sans plaisir. ? (3)

? L?individu, par opposition ? l?homme de masse, est celui qui travaille par plaisir, c?est-?-dire qui peut s?imposer la plus dure, la plus p?nible des activit?s, pourvu qu?elle repr?sente une valeur ? ses yeux, et qui refusera de travailler, quelle que soit la pression sociale, si la t?che ? effectuer est indigne. (…) l?homme du commun ne travaille que pour le gain, et refuse l?ennui ; sa vertu consiste non dans l??ducation de soi-m?me, mais dans l?affairisme. ? (4)

Les bourgeois et les riches tiennent plus que tout le monde ? ces fausses valeurs du travail, du commerce et du profit, puisque c?est un syst?me qui leur est profitable, pensent-ils. Ce sont des opportunistes qui ne pensent pas au bien commun, ? l?avantage collectif, mais ? leur avantage individuel, ?go?ste, m?me si cela tue des enfants et des innocents. Ils pr?f?rent leur propre avantage contre d?autres ? un avantage ?gal pour tous, mais peut-?tre de moindre importance ? leurs yeux. Voici ce qu?affirmait Henry David Thoreau dans son discours sur la d?sob?issance civile :

? (…) Si j?ai envisag? l?incac?ration du coupable, et non la saisie de ses biens ? mesure qui concourrait au m?me but-, c?est parce que les d?fenseurs du bien le plus pur, donc les plus dangereux adversaires d?un ?tat corrompu, n?ont g?n?ralement pas consacr? beaucoup de temps ? l?accumulation des richesses. (…) Le riche, lui ? sans tomber dans des comparaisons d?sobligeantes -, est toujours vendu ? l?institution qui le rend riche. En termes absolus, plus on a d?argent, moins on a de vertu, parce que l?argent s?interpose entre l?homme et ses biens, et les obtient ? sa place, et parce que gagner cet argent a s?rement exig? peu de vertu. L?argent ?vite au riche de se poser bien des questions autrement in?vitables et lui en impose une seule nouvelle, difficile mais superflue : ? Comment vais-je le d?penser? ? Ses assises morales se d?robent sous ses pieds. ? (5)

Le riche, en g?n?ral, ?touffe sa conscience, il est opportuniste, individualiste, ?go?ste, l?esprit ferm? et peu critique, vendu au syst?me qui l?a rendu riche. Il n?est pas humaniste. Il ne recherche pas l?amour, ni la justice, ni aucune autre vertu. Son Dieu c?est l?argent. Les ?tres humains sont des moyens d?enrichissement ? son service, surtout quand il est un patron. Dans ce cas c?est le ma?tre avec ses esclaves. La hi?rarchie pyramidale capitaliste est un syst?me d?exploitation, d?esclavage.

Je vante souvent les m?rites du syst?me cubain. On me reproche que Cuba est pauvre et que les gens ne peuvent pas s?enrichir. Comme si les ?tats-Unis n??tait pas pauvre, avec des dizaines de millions de pauvres dans une situation bien pire que les plus pauvre ? Cuba. ? ce propos, voici un tableau significatif de la distribution de la richesse aux USA :

http://www.dailymotion.com/video/xy5gip_ine-galite-des-richesses-aux-etats-unis_news

Et le pire c?est que les USA sont de plus en plus en faillite. Il y a, dans ce pays symbole de la r?ussite capitaliste, une pauvret? accablante et tr?s nombreuse que vous ne verrez jamais ? Cuba :

https://www.youtube.com/watch?v=XAibew908iM

Au contraire, Cuba est un pays ? l?avant-garde dans le monde :

http://archive.org/details/ConferenceCubaModeleDeResistanceOuResistanceDUnModeleParViktorDedaj

Ces gens qui critiquent Cuba ont pour mod?le les ?tats-Unis. Ils ne voient m?me pas toute la pauvret? accablante sous leur yeux ici au Qu?bec, n?ont pas conscience de celle qui existent aux USA, mais ils savent tr?s bien que Cuba est un pays pauvre. Ils tassent du revers de la main le fait capital que Cuba r?ussit mieux que nous ? assurer le bien commun, malgr? un blocus inhumain qui dure depuis plus d?un demi si?cle de la part des ?tats-Unis, justement pour que les gens pensent que ce syst?me ne fonctionne pas. Et ?a marche, car la masse croie ais?ment ce que les m?dias officiels veulent bien leur faire croire.

Ce n?est pas d?hier que le syst?me s?attaque aux pauvres, aux oisifs et aux plus d?munis. Au XVIIe si?cle, en France par exemple, on y enfermait d?j? les pauvres, vagabonds, correctionnaires et ? t?tes ali?n?es ? selon Michel Foucault dans son Histoire de la folie ? l??ge classique. On mettait les pauvres sur le m?me plan que les ? fous ?. On les consid?rait donc fou d??tre pauvre. Ainsi le monde m?dicale et psychiatrique s?occupait des pauvres dans des prisons (qu?on appelle h?pital, section psychiatrie) o? il n??tait pas n?cessaire d?avoir un jugement de cour pour les enfermer. Aujourd?hui, la soci?t? s?en prend encore aux plus faibles et ne fait g?n?ralement rien pour les aider, m?me si certains sont les mieux plac?s pour le faire, comme les riches et le gouvernement. Non seulement ils ne les aident pas, mais au contraire ils les culpabilisent de ne pas travailler ou pas assez, ils les m?prisent.

S?n?que, qui ?tait tr?s riche, a su percevoir les maux des riches et la libert? de ceux qui travaillent peu et savent se contenter de l?essentiel. Je ne condamne pas la richesse, mais rare sont ceux qui savent bien l?utiliser et la partager utilement, mais surtout, tr?s rare sont ceux qui savent s?enrichir sans nuire aux autres ni ? soi-m?me, du point de vue de la sant? et du bonheur. Par exemple, il est pr?f?rable d?utiliser sa richesse pour ?tre libre de son temps sans travailler et l?utiliser ? bon escient, plut?t que d?accumuler des biens mat?riels. Les riches et la masse endoctrin?s au capitalisme n?olib?rale sont le plus souvent esclaves de leur mat?riel qu?ils ont peur de perdre, esclaves du syst?me qui leur dit quoi penser, donc de l?opinion de la majorit?, ils sont soumis comme des robots, sont incapables de penser par eux-m?mes, d??tre ouvert d?esprit et de se remettre en question. Tr?s souvent ils ont travaill?s des heures de fou pendant des ann?es pour s?enrichir, ils ont souvent sacrifi? leur jeunesse, leurs plus belles ann?es, et parfois meurent avant d?en profiter, d?autres ont simplement ?chou?s ? s?enrichir. Ils prennent leur retraite ?puis? et ne peuvent m?me pas en profiter, autant intellectuellement, spirituellement que physiquement.

Voici quelques citations de S?n?que tir?es des lettres ? Lucilius :

? L??tude de la sagesse n?aboutit pas ? de salutaires effets sans la pratique de la sobri?t?. Or, la sobri?t? est une pauvret? volontaire ?

? (?) consid?rant les tracas des riches, tant de remue-m?nage dans la course aux richesses, tranquille et content, il (le philosophe) ne fera qu?en rire. ?

? L?acquisition des richesses a ?t? pour beaucoup moins la fin des mis?res que leur changement. Je n?en suis pas surpris : le mal n?est pas dans les choses; il est dans l??me. Ce qui nous faisait para?tre la pauvret? p?nible nous rend tout ainsi les richesses pesantes. (?) Logez une ?me souffrante parmi les richesses ou dans la pauvret?, le r?sultat est le m?me : son mal la suit. ?

? Aussi bien, si tu veux bien voir les choses, la plus grande partie de la vie se passe ? mal faire, une grande part ? ne rien faire et la totalit? de la vie, ? faire autre chose que ce qu?il faudrait. Peux-tu me nommer un seul homme qui sache que le temps a un prix, qui fasse l?estimation de la valeur de la journ?e et qui r?alise qu?il meurt un peu chaque jour. L? est l?erreur, en effet : nous ne voyons la mort que devant nous, alors qu?une grosse partie de la mort est d?j? dans notre dos; tout ce que nous laissons derri?re nous de notre existence appartient ? la mort. Fais donc, mon cher Lucilius, comme tu me l??cris : saisis-toi de toutes tes heures. Ainsi tu d?pendras moins du lendemain, pour avoir op?rer une saisi sur le jour pr?sent. La vie court, pendant qu?on la remet ? plus tard. Rien, Lucilius, ne nous appartient; seul le temps est ? nous. Ce bien fugitif et glissant est l?unique possession que nous ait d?partie la Nature, et peut nous en chasser qui veut. Telle est la folie des humains, qu?ils se sentent redevables du moindre cadeau peu co?teux qu?on leur fait, cadeau rempla?able en tous cas, mais que personne ne s?estime redevable du temps qu?il a re?u en partage, alors que le plus reconnaissant des hommes ne pourrait le rendre. ?

? Ce que r?clame la Nature s?acquiert sans peine : la table est toute servie. On s??puise pour le superflu. (?) Ce qui suffit nous l?avons sous la main. Faire bon m?nage avec la pauvret?, c?est ?tre riche. ?

? Qui a besoin des richesses craint pour elles. Or, d?un bien sans qui?tude l?homme ne jouit pas: il s?applique ? y ajouter quelque chose. Pr?occup? d?arrondir le capital, il a oubli? de l?utiliser. ?

? La prosp?rit? est avide, avec cela en butte ? l?avidit? d?autrui. Aussi longtemps que rien ne te suffira, toi-m?me tu ne suffiras pas aux autres. ?

? Le pire malheur d?un homme embarrass? d?affaires et prisonnier de ses richesses est de croire ? l?amiti? de gens dont il n?est pas l?ami et d?estimer que ses bienfaits ont la vertu de lui gagner les coeurs, alors que certains ne le ha?ssent que parce qu?ils lui doivent beaucoup; un petit pr?t d?argent engendre un d?biteur, un gros pr?t, un ennemi. ?

? Allons! la pauvret? ne m?riterait-elle pas d?j? d??tre aim?e ? ce seul titre qu?elle montrera de qui tu es aim?? Ah! quand viendra le jour o? personne ne mentira pour te rendre hommage! Voici donc o? doivent tendre tes r?flexions, tes soins, tes voeux, en faisant remise au dieu de tout autre souhait : vis content de toi-m?me et des biens qui naissent de toi. Peut-il ?tre un bonheur plus ? notre port?e? ?

? Montre-toi sourd aux paroles de ceux qui t?aiment le plus. Pleins de bonnes intentions, ils ne forment que des souhaits de malheurs; et, si tu pr?tends ? la f?licit?, prie les dieux de ne t?envoyer rien de ce qu?on souhaite pour toi. Les pauvres avantages dont ces pauvres gens voudraient te voir combl? ne sont pas des biens. Il n?est qu?un bien, source et condition fondamentale du bonheur dans la vie : la confiance en ses propres moyens. Or, on ne poss?de ce bien qu?? condition de d?nier toute valeur propre au travail et de le mettre au rang de ce qui n?est ni bien ni mal. En effet, une seule et m?me chose ne saurait ?tre tour ? tour bien et mal, tant?t l?g?re et supportable, tant?t terrible ? envisager. Le travail n?est pas en soi un bien. Qu?est-ce donc que le bien? L?indiff?rence pour le travail en tant que travail. Je suis donc dispos? ? condamner toute activit? vaine. Quant ? ceux qui, au contraire, gravissent avec effort le chemin de la vertu, plus je les verrai se d?penser sans se laisser vaincre, sans se permettre de reprendre haleine, plus j?applaudirai de mon admiration. ? Courage ! m??crirai-je. Plus haut ! Aspire l?air ? plein poumon et, s?il se peut, franchis la cime tout d?une haleine. ? Le travail est l?aliment des ?mes g?n?reuses.(6) Ainsi, tu aurais tort de chercher, dans le voeu que tes parents firent jadis pour toi, la formule de tes ambitions et de tes souhaits. Pour tout dire, un homme qui a pass? par les plus hauts emplois ne s?honorerait pas en continuant ? fatiguer les dieux de ses pri?res. ? quoi bon des voeux? Fais-toi heureux toi-m?me. Tu le seras, si tu reconnais que le bien, c?est ce qui est p?n?tr? de vertu; le mal, ce a quoi le vice est m?l?. ?

? La r?ussite est une chose qui ne conna?t pas le repos : elle se stimule elle-m?me. Elle d?range le cerveau, et de plus d?une mani?re; elle attise des passions diverses : chez l?un, l?esprit de domination; chez l?autre, l?inclination au plaisir. Ceux-ci, elle les enfle d?orgueil; ceux-l?, elle les amollit, les aplatit enti?rement. ? Tel pourtant porte bien sa r?ussite. ? Comme on porte bien le vin. Ne te laisse donc pas persuader par ces gens que celui-l? est heureux qui se voit assi?g? de tout un monde. Ils s?empressent autour de lui comme autour du r?servoir que l?on ?puise en troublant le fond. ?

? Dans l?homme pareillement, ce qu?il faut vanter, c?est ce qui est de l?homme m?me. Il a un beau personnel d?esclaves, une belle maison, des terres ?tendues, des capitaux productifs : rien de ceci n?est en sa personne, mais ? l?entour de sa personne. Vante chez lui ce qui ne peut ?tre ni ravi ni donn?, ce qui est le propre de l?homme. Son propre, demandes-tu, quel est-il? L??me et, dans l??me, une raison parfaite; l?homme est un ?tre dou? de raison. ?

? Il ne voyait pas qu?en mettant les autres en p?ril, il s?y pr?cipitait lui-m?me. Il ne voyait pas combien lui aurait co?t? l?objet de ses convoitises, m?me si cet objet n?avait pas ?t? superflu. Ainsi donc, ces objets que nous recherchons, vers lesquels nous nous tirons ? grand travail, la chose que nous devrions saisir du regard, c?est qu?ils ne contiennent aucun avantage, ou plus d?inconv?nients que d?avantages. Ceci est superflu; cela ne vaut pas tant. Mais notre vue ne plonge pas ? fond, et il nous semble qu?on a gratuitement ce qui co?te bien cher. Voici qui laisse notre stupidit? pleinement para?tre : nous pensons que seul s?ach?te ce contre quoi on verse de l?argent; nous disons gratuit ce contre quoi on se donne en paiement soi-m?me. Ce que nous ne voudrions pas acheter, s?il nous fallait c?der par contre-?change notre maison, quelque propri?t? d?agr?ment ou de rapport, nous sommes tout pr?ts ? l?acqu?rir moyennant anxi?t?, moyennant du risque, moyennant le sacrifice de notre honneur, de notre libert?, de notre temps. Tellement chacun ne met rien ? plus vil prix que soi. ?

? ? Tu auras moins d?argent. ? Eh bien moins de tracas. ? Ton cr?dit diminuera. ? Eh bien l?envie aussi. Fais le tour de ces faux biens qui nous entra?nent ? la folie, que nous perdons avec tant de larmes : tu sauras que ce n?est pas le dommage qui afflige, mais l?id?e d?un dommage; ces disparitions-l?, on ne les sent pas, on les rumine. Qui se poss?de n?a rien perdu; mais combien sont-ils qui ont le bonheur de se poss?der? ?

? (?) la qu?te du superflu entra?ne toujours grande d?pense de temps ?

? Je jugerai d?eux non sur leur emploi, mais sur leur moralit?. De sa moralit? chacun est l?artisan; pour les emplois, le sort en dispose. ?

? La pire folie est de juger un homme soit sur l?habit, soit sur la condition, qui n?est qu?un habit jet? sur nous. ? Il est esclave. ? Mais c?est peut-?tre une ?me libre. ? Il est esclave. ? Lui en ferons-nous grief? Montre-moi qui ne l?est pas. Tel est asservi ? la d?bauche, tel autre ? l?avarice, tel autre ? l?ambition, tous sont esclaves de l?esp?rance, esclave de la peur. ?

? Nul ne comprend qu?il est avare, qu?il est cupide. ?

? ?carte-toi tous les embarras; sois enti?rement ? la sagesse. Nul ne parvient jusqu?? elle surcharg? d?affaires. ?

? Prends qui tu voudras de ces pr?tendus heureux, qui tra?nent ou portent tant de richesses, et tu les verras ? qui tremblent pour leur compagnie et pour leur fardeau ?. ?

? Ventre affam? ne co?te gu?re; ce qui co?te, c?est le ventre ambitieux. ?

? Ne croyons pas ces gens qui se disent trop pris par les affaires pour s?adonner ? l??tude. Ils font les occup?s, exag?rent leurs tracas, somme toute se tracassent eux-m?mes. ?

? Pour se faire riche, le m?pris des richesses est la plus courte voie. ?

? Oui, tout ce que le hasard tient sous son arbitraire est esclave, l?argent, la vie du corps, les honneurs, choses imb?ciles, inconsistantes, p?rissables et d?une possession incertaine. ?

? Ne renvoyons pas aux heures de loisir la philosophie : en faveur de la philosophie faisons-nous du loisir. Nous devons, n?gligeant tout le reste, nous accrocher ? cette science pour laquelle le temps est trop court, m?me si la vie se prolonge, apr?s les ann?es d?enfance, jusqu?aux bornes les plus recul?es de l?existence humaine. Autant vaut, en quelque sorte, rompre commerce avec la philosophie qu?en interrompre l??tude. Elle ne se maintient pas, sachons-le, au point o? on l?a laiss?e : tout comme un ressort qui, tendu ? l?extr?me, rebondit en arri?re, elle revient ? son point de d?part, n??tant plus soumise ? une pression continue. Il faut se d?fendre contre les occupations; ne pas les d?ployer en s?ries, mais leur faire vider le terrain. Non! Point d?instant mal propice ? cette philosophie dont d?pend notre salut. Pourtant, combien de gens oublient de s?y livrer dans les conjectures m?mes qui en motivent l??tude. ?

? Ajoute que de ces hommes en charge aucun ne consid?re le nombre de gens qu?il surpasse, mais celui des personnages qui ont le pas sur lui. Ils sont moins satisfaits de laisser une masse de comp?titeurs derri?re eux que chagrin?s de voir devant eux un rival. C?est le vice constant de l?ambition, de ne pas regarder derri?re elle. Au reste, l?ambition n?est pas la seule passion qui ne se fixe jamais. Chacune se comporte de m?me : son point d?arriv?e n?est toujours qu?un point de d?part. (?) ainsi le bienfait de la paix actuelle, encore qu?il s??tende ? tous, touche plus profond?ment ceux qui en savent bien user. (?) La folle avidit? des mortels, avec ses distinctions de possession et d?exclusive propri?t?, croit que rien n?est ? elle de ce qui est bien de tous. En revanche, le sage estime que rien n?est mieux ? lui que ce qu?il a en partage avec tous les hommes. (?) Mais ces biens indivisibles, la paix, la libert?, ils appartiennent aussi int?gralement ? chacun qu?? tous. ?

? Elles ne nous tombent jamais assez vite, ces gr?ces du sort qui irritent nos d?sirs, que peu obtiendront, que tous esp?rent. ?

? (?) la grandeur d??me qui n?acquiert son relief qu?en m?prisant comme des broutilles tout ce que le vulgaire ambitionne comme tr?s grand. ?

? Mais, l? o? l?on se demande ce qu?est l?homme de bien et o? on apprend ? le devenir, personne ou presque sur les bancs et ces gens passent aux yeux de la foule pour n?avoir rien de bon ? faire, on les traite de p?dants, de fain?ants. Puiss?-je encourir pareille d?rision! Il faut entendre sans s??mouvoir les criailleries de l?ignorance. ?

? La sagesse n?est pour personne un don du hasard. L?argent te viendra de lui-m?me; les honneurs te seront d?f?r?s, peut-?tre verras-tu cr?dit et dignit?s s?accumuler sur toi. La vertu ne te tombera pas du ciel. Ce n?est pas non plus au prix d?une l?g?re peine, d?un mince labeur qu?on en acquiert la connaissance. Mais ce labeur vaut d??tre fourni quand il assure d?un seul coup la possession de tous les biens, car il n?est qu?un seul bien qui est l?honn?te. Tu ne trouveras rien de v?ritable, rien d?assur? dans tout ce qui a la faveur de l?opinion. ?

? Ainsi, cela seul est bien, ? quoi est sensible une ?me non seulement parfaitement raisonnable, mais g?n?reuse et bien n?e. Tous les autres avantages sont choses inconsistantes, changeantes; et c?est pourquoi leur possession s?accompagne d?inqui?tude. ?

? Affranchis-toi premi?rement de la crainte de la mort, qui nous impose son joug, ensuite de la crainte de la pauvret?. Si tu veux savoir ? quel point elle n?est pas un mal, compare la physionomie du pauvre et celle du riche. Le pauvre rit plus souvent et plus franchement. L?inqui?tude, ici, n?atteint jamais le fond de l??tre. S?il lui vient quelque souci, c?est un l?ger nuage qui passe. Chez ceux que l?on appelle les heureux, la gaiet? n?a rien que de factice : un cruel chagrin leur gangr?ne le coeur, d?autant plus cruel qu?ils n?ont pas le droit, ? ces instants de se r?v?ler mis?rables et qu?au milieu des ennuis qui les d?vorent, il faut qu?ils jouent leur r?le d?heureux. (?) On peut en dire autant de tous nos snobs en liti?re, qui planent sur les t?tes et dominent la foule. Leur f?licit? ? tous porte un masque : ils te feront piti?, si tu le leur arraches. (?) Si tu veux te jauger au plus juste, mets ? part argent, maison et rang; consid?re l?homme int?rieur. ?

? Nous quittons la voie du bien, attir?s par l?argent, les honneurs, la puissance, par tous ces agr?ments auxquels nos pr?jug?s conf?rent une valeur, objets de rebut pour qui les prise intrins?quement. ?

? Le repos sans l??tude, c?est la mort, c?est la mise au tombeau d?un vivant. ?

? Posidonius a selon moi mieux r?pondu, quand il a dit que les richesses sont cause de maux, non parce qu?elles-m?mes font le mal, mais parce qu?elles excitent ? le faire. Autre est la cause efficiente qui produit directement et n?cessairement le dommage; autre, la cause ant?c?dante. C?est cette cause plus ?loign?e que les richesses mettent en jeu : elles enflent le coeur, elles enfantent l?orgueil, suscitent l?envie et nous ?garent ? tel point que le renom d?homme riche, m?me s?il doit ?tre dommageable, nous remplit d?aise. Or, l?impeccabilit? doit ?tre la marque de tous les vrais biens : ils sont purs, ne corrompent pas le coeur, ne le troublent pas. Non, ils l?exaltent, ils l?agrandissent, mais sans enflure. Les vrais biens donnent de l?assurance; les richesses, de l?impudence. Les vrais biens inspirent la grandeur d??me; les richesses, l?insolence. Et qu?est-ce que l?insolence? Une contrefa?on de la grandeur. ?

? Des soins bien simples assurent le n?cessaire; c?est pour les jouissances que l?on s?impose tant de travail. (?) Nous sommes nativement faits pour les choses toutes pr?tes : c?est notre d?go?t des choses faciles qui nous fait rencontrer la difficult? partout. ?

? Or, le luxe est entr? en conflit avec la nature, le luxe qui chaque jour s?aiguillonne lui-m?me, grandit dans la suite incessante des si?cles et fait de l?intelligence une auxiliaire de nos vices. Il s?est port? d?abord vers le superflu, puis vers le pernicieux, pour livrer finalement l??me au corps et la vouer au service de sa concupiscence. Toutes ces industries, qui entretiennent dans la cit? une circulation intensive ou le bruit, travaillent pour le compte du corps. (?) tant nous sommes loin de cette mod?ration naturelle, qui borne le d?sir ? s?outiller du n?cessaire. Maintenant, c?est se classer parmi les rustres et les mis?rables, que de vouloir simplement ce qui suffit. ?

? les riches, moins satisfaits, eux, de ce qu?ils poss?dent qu?attrist?s de ce qu?ils voient ? autrui. ?

? Ne crois pas que soit jamais heureux quelqu?un dont le bonheur d?pend de sa prosp?rit?. C?est se priver d?une base solide que de prendre son contentement en ce qui vient du dehors. Toute joie ainsi entr?e s?en ira; mais celle qui na?t de son propre fonds est s?re et solide; elle s?accro?t, accompagne notre marche jusqu?au bout. Quant ? ces autres objets tant admir?s du vulgaire, ce ne sont des biens que pour un jour. ? Eh quoi! ne peut-on y trouver profit et plaisir? ? Nul ne le conteste, en admettant, toutefois, qu?ils d?pendent enti?rement de nous, non pas nous, d?eux. Tout ce qui rel?ve de la Fortune n?apporte du fruit, de l?agr?ment que si leur possesseur se poss?de lui-m?me et ne devient pas la chose de ce qui lui appartient. ?

? On fait bien des sermons sur le m?pris de l?argent; on enseigne aux hommes, au moyen de discours fort longs, qu?ils doivent placer leurs biens en eux-m?mes, non dans leur patrimoine, que celui-l? est opulent qui s?est accommod? de la pauvret? (son lot) et s?est fait riche de peu; mais les ?mes sont bien plus fortement touch?es, pour avoir entendu des vers comme ceux-ci : ? Le moins pauvre des hommes est celui qui d?sire le moins. ? ? Vouloir ce qui suffit, c?est avoir ce qu?on veut. ? ?

? Moraux ou immoraux selon le salaire qu?on nous en donne, nous suivons la pente du bien tant qu?il offre un espoir d?aubaine, pr?ts ? faire volte-face le jour o? des crimes promettront plus. Le culte admiratif de l?or et de l?argent, nos parents nous l?ont enseign?; inculqu?e ? des ?tres encore tendres, la cupidit? s?est implant?e et a grandi avec nous. Et d?s lors la soci?t?, divis?e ? d?autres ?gards, est sur ce point unanime : c?est cela qu?on id?alise, c?est cela que l?on souhaite aux siens; quand l?on se pique de reconnaissance envers les dieux, c?est cela, tenu pour le principal bien de la terre, que l?on va leur consacrer! Bref notre moralit? est tomb?e si bas que pauvret? entra?ne injure et opprobre; m?pris?e du riche, odieuse au pauvre. ?

? ? Est-il riche? c?est la question que se pose tout le monde. Homme de bien? Nul n?y pense. On ne demande pas : d?o? et comment lui vient l?argent qu?il a? mais : qu?est-ce qu?il a? En tous pays, tant vaut la bourse, tant vaut l?homme. Que faut-il avoir, dis-tu, pour ?tre d?shonor?? ne rien avoir. Riche, je tiens ? vivre; pauvre, ? mourir. ? L?argent, souveraine f?licit? de l?homme! ?

? Car jamais la cupidit? n??chappe au ch?timent, encore qu?elle trouve en elle-m?me expiation suffisante. Combien de larmes elle tire de nous, que d?efforts! Combien elle est mis?rable par tout ce qu?elle n?a pas; combien, par tout ce qu?elle a acquis! Joins ? cela les pr?occupations quotidiennes, torture proportionn?e pour chacun ? son avoir. C?est peine plus atroce de garder la possession que de l?acqu?rir. Comme ils g?missent tous des pertes d?argent qui sont grandes et que leur imagination grandit encore. Enfin, ? supposer que la Fortune n?op?re chez eux nulle soustraction, pour eux un manque ? gagner est toujours une perte. On en r?p?te pas moins : c?est un riche, un heureux. Et l?on souhaite d?acqu?rir autant que lui. ? J?en conviens. Mais quoi? est-il condition pire ? tes yeux que d??tre propri?taire du Malheur et de l?Envie? Si, avant de souhaiter de s?enrichir, on avait demand? leur avis au riches; avant d??tre candidat aux honneurs, questionn? les ambitieux et ceux qui sont arriv?s au sommet des distinctions, on aurait souhait? tout plut?t que cela. Mais, en attendant, l?on ne condamne ses premiers souhaits que pour en former d?autres. Car il n?est pas d?homme que sa prosp?rit?, f?t-elle venue au pas de course, satisfasse jamais. On se plaint et de ses projets et de son avancement et l?on pr?f?re toujours la situation qu?on a quitt?e. Voici donc l?avantage, le plus important qui soit ? mes yeux, que la philosophie t?assurera : ? nul moment tu ne seras m?content de toi-m?me. Ce qui te m?nera jusqu?? cette f?licit?, tellement solide qu?elle pr?vaut contre toutes les temp?tes, ce ne sera pas l?heureuse contexture de la phrase et la douceur coulante du discours. Que les mots aillent comme ils leurs pla?t, pourvu que l??me garde son harmonie, qu?elle reste grande, insoucieuse des pr?jug?s, s?applaudissant justement de ce qui lui vaut le bl?me d?autrui; car elle jugera de ses progr?s par ses actes et ne s?estimera savante que dans la mesure o? elle sera libre du d?sir comme de la crainte. ?

? Est-il homme en effet qui, apr?s la r?ussite, se soit jamais content? d?un succ?s qu?il estimait trop beau pour lui dans la p?riode du d?sir? La prosp?rit? n?a pas, comme pense l?homme en ses app?tits, une belle hauteur, mais tr?s petite; c?est pourquoi elle ne satisfait personne. Tu crois fort ?lev?s ces objets o? tu aspires parce que tu rampes loin d?eux; mais pour qui arrive aupr?s, ils sont bien bas. Ou je me trompe fort, ou cet homme cherche ? monter encore; ce que tu prends, toi, pour un sommet, n?est qu?un palier pour lui. Nous souffrons tous du m?me mal : l?ignorance du vrai. Sur la foi de rumeurs mensong?res on se laisse emporter vers ce qu?on prend pour le bonheur. Et puis des maux r?els, des profits irr?els (ou bien au-dessous de ce que l?on aura escompt?), voil? ? l?objet une fois atteint apr?s mainte et mainte ?preuve ? l??vident r?sultat. Cependant la masse admire ce qui de loin lui en impose : ce sont les choses paraissant bonnes au vulgaire qui passent pour consid?rables. ?

? En effet, cher Lucilius, entre poss?der vraiment et ne pas sentir le manque, il n?y a aucune diff?rence. Dans les deux cas, le r?sultat est le m?me : ne pas vivre dans les tourments. ?

? Lequel te semble pr?f?rable, d?avoir beaucoup ou d?avoir ? sa suffisance? Qui a beaucoup d?sire davantage; preuve qu?il n?a point encore assez. Qui a ? sa suffisance a obtenu ce qui jamais n?est ?chu au riche, le terme du d?sir. (?) Ce qui suffit n?est jamais peu; et ce qui ne suffit pas n?est jamais beaucoup. ?

? Jamais l?argent n?a fait un riche, loin de l?!? Chez tous il imprime un plus ardent amour de l?argent. Tu veux en savoir la raison? Plus on a, plus il s?av?re possible d?accro?tre son avoir. ?

? La pr?tendue f?licit? des riches vise ? impressionner le public; l?homme que nous avons soustrait ? l?influence du monde, ? celle de la Fortune, trouve en lui-m?me son bonheur. Quant ? ceux-l? chez qui une pauvret? fort affair?e usurpe le nom de richesse, ils ont la richesse comme on dit que nous avons la fi?vre, alors que c?est elle qui nous a. On emploie souvent le tour inverse : ? La fi?vre le tient. ? Il faut dire de m?me : un tel, la richesse le tient. ?

? Pour notre survie, tout est pr?t, ? port?e de main; pour nous procurer des raffinements, tout est mis?re et tracas. ?

? La gloire est illusoire et inconstante, changeante comme le vent. La pauvret? n?est un mal que si l?on se d?bat contre elle. ?

? Ne te juge heureux que le jour o? toutes tes joies na?tront de toi; o?, en voyant les objets que les hommes s?arrachent, convoitent, devant lesquels ils montent la garde, tu ne trouveras rien qui soit digne, je ne dis pas de tes pr?f?rences, mais simplement de ton d?sir. Je vais te donner en deux mots une formule qui te fera mesurer ton progr?s et prendre bient?t le sentiment de ta perfection : tu auras la part qui te revient, le jour o? tu r?aliseras que les plus malheureux des hommes sont les heureux. ?

? Cherchons quelque chose qui ne se d?t?riore pas de jour en jour et ? quoi rien ne puisse faire obstacle. Et quelle est cette chose? C?est l??me, j?entends une ?me droite, bonne et grande. (?) Cette ?me peut tomber dans le corps d?un chevalier romain, comme dans le corps d?un affranchi, d?un esclave. Qu?est-ce qu?un chevalier romain, qu?est-ce qu?un affranchi, un esclave? Des noms issus de l?orgueil et de l?injustice. ?

Comme S?n?que, je ne suis pas contre la richesse. Le probl?me majeur c?est ce qu?il faut g?n?ralement faire pour l?obtenir. Le riche exceptionnel est celui qui est spirituel, humain, g?n?reux, celui qui s?est enrichie sans nuire aux autres, ni ? lui-m?me, ni ? la nature, qui a fait ce qu?il aimait, sans s??puiser et ayant beaucoup de temps libre. En connaissez-vous? Pas moi.

Max Weber, dans L??thique protestante et l?esprit du capitalisme, d?montre bien que l??thique capitaliste est une ?thique hypocrite. ? travers ? l??thique ? de Benjamin Franklin (qui repr?sente bien ? l??thique ? capitaliste), il en d?montre l?absurdit?, deux mots qui ne peuvent pas aller ensemble puisque une ?thique de l?argent et du profit m?ne ? la malhonn?tet?, ? l?hypocrisie, ? la haine et ? la corruption.

? Franklin donne au demeurant ? toutes ses admonitions morales une tournure utilitariste : l?honn?tet? est utile parce qu?elle donne du cr?dit, de m?me que la ponctualit?, l?ardeur ? la besogne et la temp?rance ? c?est pour cela qu?elles sont des vertus. D?o? il faudrait par exemple conclure que lorsque l?apparence de l?honn?tet? rend les m?mes services, celle-ci est suffisante, et qu?un surplus inutile de vertu ne pourrait appara?tre, aux yeux de Franklin, que comme une d?pense improductive et condamnable. C?est un fait : en lisant dans son autobiographie le r?cit de sa ? conversion ? ? ces vertus ou les pages o? il d?montre l?int?r?t de pr?server strictement l?apparence de l?humilit?, ou de taire consciencieusement ses m?rites personnels lorsqu?on veut jouir de la reconnaissance de tous, on ne peut qu?en conclure que pour lui, les vertus ne sont des vertus que dans la mesure o? elles sont concr?tement utiles ? l?individu et que l?exp?dient de la simple apparence est suffisant d?s lors qu?il rend le m?me service ? une d?duction qui s?impose en effet d?un point de vue strictement utilitariste. ? (7)

C?est par ce genre de justification ? ?thique ? que les capitalistes se f?licitent de leur bont? d?exploiter des gens. J?ai d?j? entendu la phrase suivante : ? Qu?est-ce que ?a fait que les entrepreneurs en construction et leurs acolytes soient corrompus, puisqu?ils donnent des jobs? ? Autrement dit, pourquoi bl?mer les criminels qui donnent des jobs, puisqu?ils permettent l?exploitation et l?esclavage? Sous-entendu : car la personne qui n?est m?me pas esclave devra mourir de faim. Autrement dit encore : vive le travail des enfants, vive les contrats pour meurtre, car ils donnent des jobs aux enfants (avec des salaires d?risoires qui les maintiennent en esclavage) et aux tueurs-?-gages. La l?galit? du travail n?a plus aucune importance ici, car la corruption (ill?gale) est dite juste quand elle permet de donner des jobs, donc de favoriser l?esclavage.

Continuons :

? Ajoutons surtout que le summum bonum de cette ? ?thique ?, l?obligation de gagner de l?argent, toujours plus d?argent, en proscrivant avec la derni?re s?v?rit? toute jouissance imm?diate (…) (est) pr?sent? comme une fin en soi, il transcendait absolument le ? bonheur ? ou l? ? utilit? ? individuelle et apparaissait comme un objectif proprement irrationnel. L?homme est tributaire du profit qui devient la finalit? de sa vie : ce n?est plus le profit qui est subordonn? ? l?homme, comme un moyen destin? ? satisfaire ses besoins mat?riels. Tout bonnement impensable d?un point de vue na?f, ce renversement de l?ordre que l?on pourrait dire ? naturel ? est manifestement un leitmotiv du capitalisme : ceux qui n?ont pas ?t? touch? par son souffle ne peuvent le saisir. (…) Dans l?ordre ?conomique moderne, le gain d?argent ? dans la mesure o? il s?effectue par les voies l?gales ? est le r?sultat et l?expression de l?assiduit? au m?tier et c?est cette assiduit? qui est v?ritablement l?alpha et l?omega de la morale de Franklin. (…) C?est un fait : cette id?e sp?cifique du m?tier comme devoir, aujourd?hui si commune et cependant si peu ?vidente en r?alit? ? cette obligation dont l?individu se sent et doit se sentir investi ? l??gard du contenu de son activit? ? professionnelle ?, qu?elle qu?elle soit (peu importe en particulier qu?une saisie na?ve l?identifie ? l?exploitation pure d?une force de travail ou ? celle de possessions et de biens ? d?un ? capital ? -) -, c?est cette id?e qui est caract?ristique de l?? ?thique sociale ? de la culture capitaliste et joue en un certain sens pour elle un r?le constitutif. ? ?-8

Sachant que le capitalisme est une aberration, il est n?cessaire d?alimenter le moins possible un tel syst?me. Pour cela il est pr?f?rable de ne pas travailler dans ce syst?me en ?tant plus pr?s de la nature et en travaillant de fa?on non d?clar?, hors du syst?me. Nous avons avantage ? consommer le moins possible et acheter local et artisanale, ? ?viter de faire affaire avec les banques, les assurances, les multinationales, la bourse et les placements de toutes sortes. Rechercher l?enrichissement comme la priorit? absolue, comme la plupart des gens, est nuisible ? soi-m?me et aux autres. Pas surprenant que nous vivions dans un monde domin? par la haine, la violence et les guerres. Les gens sont ennemis dans la course aux richesses et la jalousie des gagnants et des perdants fait le reste. Car ce syst?me doit n?cessairement avoir des perdants, et en majorit?, il y a peu de ma?tres et beaucoup d?esclaves. La moiti? de la population mondiale vit avec moins de 2$ par jour. Ce n?est pas la majorit? des riches exploiteurs qui vont d?cider tout d?un coup d??tre g?n?reux. Comment une soci?t? peut-elle accepter que certains individus s?enrichissent plus que des pays entier? Sans partage de la richesse ce ne sera que rivalit?, violence, guerre et haine. Les gens acceptent les aberrations du syst?me (guerres, pauvret?, maladies, etc.) en continuant de l?alimenter, par int?r?t personnel mal compris en r?alit?.

? Un ?tat d?esprit comme celui qui s?exprime dans les citations de Benjamin Franklin et qui rencontra l?approbation de tout un peuple aurait ?t? proscrit dans l?Antiquit? comme au Moyen-?ge : on aurait vu en lui l?expression de l?avarice la plus grossi?re et d?une mentalit? particuli?rement indigne, comme c?est encore souvent le cas aujourd?hui chez tous les groupes sociaux qui sont le moins impliqu?s dans l??conomie capitaliste sp?cifiquement moderne ou le moins adapt?s ? celle-ci. ? (9)

Il y a un passage de Weber qui laisse penser que la mentalit? capitaliste est d?riv? de la pens?e talmudique, car ce livre sacr? juif explique qu?il y a une morale int?rieure entre juifs, et une autre ext?rieure envers les non-juifs. Celle-ci permet tout les crimes, alors que celle-l? les proscrit.

? Le profit sans scrupules, qui ne se plie ? aucune norme, a exist? en tous lieux et ? toutes les ?poques de l?histoire, partout o? il a pu s??panouir d?une mani?re ou d?une autre. Comme la guerre et la piraterie, le commerce libre et non r?glement? a pu s?imposer sans entraves dans les rapports avec les ?trangers et ceux qui ?taient ext?rieurs ? la communaut? : la ? morale ext?rieure ? autorisait ce qui ?tait proscrit dans les rapports ? entre fr?res ?. (10)

La v?rit? est que le peuple ne travaille que parce qu?il est pauvre. D?o? la n?cessit? pour le syst?me capitaliste de cr?er la pauvret?. Pour cela il est aussi n?cessaire d?offrir moins de jobs que la population a besoin, ainsi les salaires resteront toujours bas. Pour vendre cette forme d?esclavage, le capitalisme avait besoin d?une fausse morale o? le travail est une vocation au-dessus de la morale traditionnelle d?amour et de partage. Un bon exemple de cela ce sont les compagnies. Cette cr?ation capitaliste est l??quivalent d?un psychopate : elle ne recherche que le profit au d?triment de l?environnement naturel et des ?tres humains. Le documentaire Corporation d?veloppe longtemps cette id?e :

http://www.youtube.com/watch?v=0ZmQ-YL63fM

Le travail comme vocation nous rend tout autant psychopate, car si le travail est aussi v?n?r?, peu importe lequel, alors c?est bien de produire des armes pour la guerre quand c?est notre travail, de polluer, de ruiner notre sant? et celles des autres, de tuer ou de rendre les gens malades, etc. Ce fondement du capitalisme est une grande folie qui court ? notre perte, autant moralement, spirituellement, que physiquement, individuellement et collectivement. Le travail dans un syst?me capitaliste est donc une catastrophe pour l?humanit?.

De m?moire, je me souviens avoir vu qu?il n?y a seulement que 40% de la population qu?b?coise qui travaille (en comptant tout le monde, les enfants, ?tudiants, retrait?s, ch?meurs, assist?s sociaux, parents aux foyers, SDF, etc.). Et il n?y a pas assez de jobs pour ce 40%. La preuve que les gouvernements veulent maintenir les demandeurs d?emplois en plus grand nombre que le nombre d?emplois disponibles, afin de maintenir les salaires bas, est l?immigration. Pourquoi les gouvernements font-ils entrer des immigrants, alors qu?ils n?y a m?me pas assez de jobs pour tout le monde? Diviser pour mieux r?gner. Sur le nombre d?emplois disponibles, j?estime ? 5% les emplois de qualit?s, en ?tant g?n?reux. Ce sont des emplois ?thique, ce qui est rare.

En conclusion, se soumettre ? n?importe quel travail juste parce qu?il faut travailler est ali?nant, nuisible ? soi et ? la soci?t?, autant par le malheur qu?il cause ? l?esclave et par cons?quent ? ses proches, m?me s?il veut souvent se faire croire qu?il est libre et heureux de travailler ainsi, que par la violence qu?il produit souvent envers les autres et envers l?environnement. Sans oublier que tous les domaines du travail sont corrompus ? un certain niveau. Le travail nous rend paresseux sur l?essentiel : la recherche du bonheur, de l?amour, du plaisir de notre corps, de la sant?, du sens de la vie et de faire les activit?s qui y sont associ?es. La revenu de base et la technologie pourraient permettre aux peuples de seulement travailler par plaisir, sinon de ne pas travailler. Sur la quantit? d?emplois qui existent sur la Terre, je connais tr?s peu d?emplois valorisant, utile ? soi et aux autres sans ?tre exploit?, ni nuire ? l?environnement naturel. Il y a plusieurs m?decines alternatives, la production et la vente d?alimentation naturelle et biologique, les produits naturels, certains cours, certains livres, etc. mais sans plus. Je d?fie mes lecteurs d?en trouver d?autres que nous pourrons d?cortiquer afin de v?rifier si c?est bel et bien le cas.?

Les riches et le peuple soutiennent pourtant un syst?me pernicieux qui leur est nuisible, par ignorance et ?go?sme. L?amour universel, le bien commun et la vertu sont des sujets qu?ils consid?rent insignifiants et nuisibles par rapport ? l?orgueil de la r?ussite sociale de s?enrichir ? n?importe quel prix, de monter dans l??chelle sociale, d?acqu?rir du pouvoir sur les autres. Les gens pr?f?rent les plaisirs superficiels, mat?riels, magasiner, consommer, para?tre plut?t que d?aimer, de partager et d??tre libre de leur temps. Ils pr?f?rent la comp?tition plut?t que la coop?ration et l?harmonie. Ils veulent ?tre meilleurs que les autres sur des choses ext?rieures et futiles. Ils veulent ?tre admir?s plut?t que d?aimer.

Personne n?est m?chant volontairement, mais seulement par ignorance et souffrance. Ignorance que dans l?invisible, ?nerg?tiquement, tout est interreli?. Ainsi faire du mal aux autres c?est faire son propre mal, car on vit dans la peur d??tre d?couvert, de subir la contre-violence, de perdre son pouvoir. On ne profite donc pas de la satisfaction int?rieure de faire ce qui est juste et sens?, de la tranquillit? d?esprit, de l?amour et du bonheur partag? avec l?ensemble de l?humanit?. La peur et l?absence de liens authentiques nuisent ? la sant?. Les gens qui font du mal ? d?autres ne peuvent pas avoir des relations d?amour v?ritables avec leurs proches, car l?amour ne d?pend pas de la personne aim?e, mais de notre capacit? ? aimer. Il part de l?int?rieur vers l?ext?rieur. Le capitalisme rend les gens psychopates ? l?image des compagnies et entreprises capitalistes.

S?n?que et Thoreau nous expliquent que la richesse incite au vice, au mensonge, ? l?hypocrisie, ? la corruption et rend malheureux sous le masque de la r?ussite et du bonheur. Weber d?montre la fausse ? ?thique ? capitaliste qui nous fait v?n?rer le travail l?gal, m?me s?il est immoral, comme ?tant la vertu supr?me, ind?passable. Les juges et les politiciens se font appeler ? honorables ? pour nous donner l?impression que le pouvoir, la richesse et la vertu vont n?cessairement ensemble, alors que c?est g?n?ralement le contraire.

NICOLAS BEAUDIN

***************

(1) Onfray, Michel, La sagesse tragique, ?d. Librairie G?n?rale Fran?aise, p. 98.
(2) Amiel, Anne, 50 grandes citations philosophiques expliqu?es, ?d. Marabout, p.103
(3) Ibid. P. 105
(4) Ibid. P. 106
(5) Thoreau, Henry David, La d?sob?issance civile, ?d. TYPO, pp. 34-35.
(6) ? Lorsqu?une ?me est g?n?reuse, c?est-?-dire caract?riellement port?e ? acqu?rir la sagesse, le ? travail ? (la peine qu?elle prend pour acqu?rir celle-ci) la fortifie : l?exercice de la tension accro?t sa capacit? de se tendre. Au contraire, une ?me non-g?n?reuse, qui poursuit une r?ussite sociale, a beau se tendre dans le travail : ce travail, en lui procurant de vaines occupations (?tre fonctionnaire imp?rial) ou en exer?ant ces occupations, n?aboutit qu?? la plonger davantage dans cette carri?re de ? fou ?. ?
(7) Weber, Max, L??thique protestante et l?esprit du capitalisme, ?d. Flammarion, pp. 40-41.
8 ?Ibid. pp. 41 ? 43.
(9) Ibid. p. 45.
(10) Ibid. pp. 46-47.

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2 Commentaire

  1. avatar

    Dernier paragraphe percutant M. Beaudin, j’apprécie.

    Plus le peuple s’éveille et risque de fomenter la révolte, plus l’État transfert son aide à mieux-vivre en aide à plus-travailler.
    Le balancier gauche-droite qui tient l’esclave en laisse.

    DG

    • avatar

      Bonsoir Denis,

      Merci pour le compliment. L’économie est l’instrument de contrôle par excellence, à travers le travail et l’argent. C’est là où la soumission de la masse est la plus forte. C’est le fléau majeur qui va à l’encontre du bonheur humain. C’est donc l’éveil économique qui serait le plus utile à l’humanité.

      Cordialement,

      Nicolas