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Le syndrome Das Boot : je te flotte, tu me coules

 

Das Boot

Dans le port de La Rochelle, ? l?automne 1941, la flotte sous-marine allemande se pr?pare ? appareiller dans la liesse g?n?rale. Officiers et matelots f?tent leur d?part, mais le commandant de l?U-96 reste calme, en retrait, dans l?appr?hension du combat. Le capitaine Philip Thomsen, ivre, et qui f?te sa derni?re d?coration, vient parler dans un micro. Il commence par tenir des propos acides sur le chancelier Hitler, puis, sentant qu?il est all? trop loin dans sa critique, se met ? « salir » Churchill par le biais d?une pirouette.?Das Boot

Le Net, c?est la fraternit??

C?est comme partout dans nos vies?: des liches-culs, des g?nies, des zartistes, des gens honn?tes, mais des sous-mariniers capitaine qui coulent des bateaux.

Les chantres de la fraternit? mielleuse y taillent leur place ?et s?enfuient. Pie encore, ils restent.

Plusieurs luttent contre le courant mondialiste des victoires du coulage ??de l?Europe, de l?anti-am?ricanisme d?nonc?, c?est une soci?t? de voleurs de banques, de pays, etc. Mais en dessous, les grands pourfendeurs ne sont souvent pas mieux?: ils agissent comme eux.

Si l?individualisme caract?riel et empoisonn? de nos soci?t?s a vu le jour de par une culture bien ??populaire?? ? incluant le syst?me d??ducation?goebelien, les marteaux pilons de l?USA, sa d?bilit? propag?e sur toute la plan?te, nous vivons tous sous le joug d?une action subconsciente. De l?, l?apparition du missionnaire-dieu, qui joue avec des pions de chair et d??mes. Les deux ?tant soud?s?

Le net est loin d??tre propre?

? Aujourd?hui, certains ?voquent le ? descenseur social ? pour exprimer la pr?carisation g?n?ralis?e que conna?t notre soci?t?. Mais, quitte ? filer la m?taphore, celle qui nous para?trait la plus ad?quate ? la situation que nous vivons serait celle d?un ascenseur en apesanteur, dont le logiciel serait devenu fou et qui serait capable de vous propulser au dernier ?tage comme de plonger ? la cave, sans aucun moyen de contr?le. ??lacauselitteraire.fr

La faute de l?abb? Mouret ( Zola )

« Voyez-vous, lorsqu?on vit tout seul, on finit par voir les choses d?une dr?le de fa?on. Les arbres ne sont plus des arbres, la terre prend des airs de personne vivante, les pierres vous racontent des histoires. Des b?tises, enfin. Je sais des secrets qui vous renverseraient. »

« Albine riait sur le seuil du vestibule. Elle avait une jupe orange, avec un grand fichu rouge attach? derri?re la taille, ce qui lui donnait un air de boh?mienne endimanch?e. Et elle continuait ? rire, la t?te renvers?e, la gorge toute gonfl?e de gaiet?, heureuse de ses fleurs, des fleurs sauvages tress?es dans ses cheveux blonds, nou?es ? son cou, ? son corsage, ? ses bras minces, nus et dor?s. Elle ?tait comme un grand bouquet d?une odeur forte. »

« J?embrasse l?arbre, l?arbre vous envoie mes baisers. (?) Je suis grande comme les arbres, toutes les feuilles qui tombent sont des baisers. »?Extrait

Les missionnaires sont nombreux, mais ils coulent parfois dans l?hypocrisie ? ce petit sous-marin de l??me ? pour en fin de compte tenter de d?truire tout ce qui flotte. Le bateau est confondu au bateau. On ne sait plus qui est sous l?eau ou sur l?eau.

? qui donc se fier?

Aujourd?hui, lire LA FAUTE DE L?ABB? MOURET est bien ennuyant?: Zola peut ?crire 40 pages sur la course des deux amants dans un domaine en fleurs.

Mais le MELS du Qu?bec songe ? couper court aux romans en les r?tr?cissant ? leur plus fam?lique histoire. On songe ? les r?sumer? La patience n?a plus de patience? Elle s?est perdue dans la vitesse des texto et autres gadgets ? doigt?s charmants?: c?est la magie moderne. Les miroirs des civilis?s qui sont aval?s par la techno.

Le bon, la brute et le truand

Gageons que sans nous en rendre compte, nous sommes tous devenus ??western??. Le Net est rempli de cowboys. Ils se tricotent des lassos de savoirs et essaient de vous pi?ger.

L?intello-cowboy.

Le vacher par excellence.

Alors, comme ?a, insidieusement, nous sommes sans doute devenus un peu trop ??lonesome cowboy??. Solitaire, marginal, affirm?, solidaire mais ?dans son coin. Participatif dans l?immobilit?.

L?Art a au moins l?avantage des ?crits surfac?s, vite pondus comme si tout le monde ?tait aux trousses de tout le monde.

Bo?te ? pi?ge, parfois, o? la technique d?passe les rapports harmonieux.

Alors, le manipulateur de techniques devient le ??plus savant??, le ??plus sage??, coul? dans sa machine.

Fondu.

L?humain consomm?

Le Net risque de n??tre qu?un objet parmi tant d?autres pour la r?volution?personnelle. Les pontifes du Net sont que trop souvent des utilisateurs de citoyens en mal d??tre, qui participent sans le savoir ? une lutte qui peut s?av?rer ?inutile.

Les luttes fratricides viennent de na?tre en format ?lectronique.

Alors, peut-?tre qu?aller s?enfermer au fond des bois et ?crire sur? de l??corce de bouleau n?est pas si ??individualiste??. Il y a l? un beau monast?re, dodu de chants d?oiseaux, de myst?re, de silence.

Personne ne risque d??tre surveill? par les ?tats-Unis.

Il doit bien y avoir 2 millions d?articles sur la surveillance ?tasunienne? Mais il y aura un autre scandale pour 2 autres millions d?articles ?

Dans un monde d?hypocrisie et d?honn?tet?, on ne sait plus si les bateaux sont en surface ou serpentent sous ce grand oc?an ?lectronique.

Parfois, on ne sait plus pour ??quoi?? on se bat, ni pour ??qui??.

La cause n?a souvent plus d?importance.

Toujours le jeu de la foule admirant la lutte du lion contre les brebis dans l?ar?ne. Les brebis n?ont pas choisi leur r?le. Ils ont cru en leur r?le.

Dans la grande fraternit? du net, comme ailleurs, c?est toujours le m?me combat?: le bateau et le sous-marins en sont que les repr?sentations subconscientes de notre pouvoir. En fait, le cerveau humain est un Das Boot qui s?ignore.

C?est le dilemme du ??je te flotte, tu me coules??.

Le Net est une mer virtuelle.

Il en est qui se trompent de cible. Id?ologie et foi.

La connaissance humaine est r?sum?e dans les ?uvres litt?raires. Sauf qu?on pr?f?re r?p?ter.

Comme disait un ?crivain qu?b?cois?: ??Tout a ?t? dit, mais pas par MOI??.

Bref, il arrive parfois, que trop souvent, ? vouloir lutter contre les ombres, les grands cach?s imb?ciles se coulent entre eux.

Et tout le monde consomme de vieux plats.

Je n?y ?chappe pas?

Il n?y a pas que la nourriture qui soit fast-food.

Ce que nous gobons tous, en lisant, risque d??tre mauvais pour la sant? mentale de certains.

Comme disait un ami?: ??Let go??.

La ??saveur?? de certains sites est si douteuse qu?on ne sait plus si c?est pour vous faire flotter, vous couler, ou simplement vous laisser d?river?

?ditions Virgule

?Ga?tan Pelletier

14 juillet 2013

Tout peut ?tre reproduit en partie ou en entier, en indiquant honn?tement la provenance de l?article.

L?URL de cet article est:?http://gaetanpelletier.wordpress.com/2013/07/14/le-syndrome-das-boot-je-te-flotte-tu-me-coules/

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