23 mars 2008 |
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Dans son mandat, Radio-Canada doit, et je cite son préambule : la société Radio-Canada, à titre de radiodiffuseur public national, devrait offrir des services de radio et de télévision qui comportent une très large programmation qui renseigne, éclaire et divertit .
Il est aussi dit, à l’alinéa ii : (la programmation de la société devrait à la fois) refléter la globalité canadienne et rendre compte de la diversité régionale du pays, tant au plan national qu’au niveau régional, tout en répondant aux besoins particuliers des régions.
Dans ce contexte, il est impératif que Radio-Canada puisse offrir, à TOUS les Canadiens, une information qui éclaire (c’est écrit dans le mandat) sur les réalités politiques, historiques, économiques et socioculturelles du Canada. Ce principe, violé allègrement par toutes les directions du grand chiffon, prend des allures de cavale depuis le vol du référendum de 1995, notamment avec M. Rabinovitch, l’actuel dirigeant et fédéraliste hargneux dont la qualité du français parlé et écrit est une honte pour tous les francophones de ce pays.
En effet, la règle implicite que tous les décideurs appliquent dans la boîte est celle qui est contenue dans la liste noire de Rabinovitch : tous les noms associés au mouvement indépendantiste ne peuvent et ne doivent pas venir sur les ondes radio-canadiennes pour promouvoir leurs idées, des faits historiques indéniables et leur perspective qui va à l’encontre de la vision de la majorité, laquelle est fédéraliste, multiculturelle, bilingue (pour qui ?), atomisée, post-moderne et pour qui le Québec n’est qu’une composante de plus à se fondre (marginalisée) dans la logique de la langue commune unique (l’anglais).
Le congédiement injustifié de Normand Lester parce que ses livres noirs sur le Canada anglais violaient le principe de neutralité imposé aux journalistes du grand chiffon en était un bon exemple. Idem pour François Parenteau à l’émission radiophonique animée par Joel Le Bigot. Deux indépendantistes notoires liquidés pour leur appartenance au mouvement souverainiste, ce qui n’a pas été le cas de la journaliste Christine St-Pierre dont la prise de position nette et publique en faveur de la présence militaire canadienne en Afghanistan lui a valu, de la part de son employeur, une réprimande symbolique de deux semaines au purgatoire, une candidature libérale et un poste de ministre dans le cabinet Charest.
En violation directe et répétée avec son mandat, le Société se donne impunément le droit d’écarter du débat public l’option politique de plus de 50% de la population qui, en 1995, ont voté Oui au référendum volé sur l’avenir politique du Québec.
Le soufflet à Bourgeois
C’est dans ce contexte de guerre larvée que Patrick Bourgeois, journaliste et tête dirigeante des éditions Le Québécois, vient de subir le soufflet de la Société démagogique Radio-Canada, plus précisément à la radio de Christiane Charette la semaine dernière.
Invité à parler de son nouveau brûlot, Québec bashing, Morceaux d’anthologie, Bourgeois reçoit l’invitation d’en parler à l’émission de Mme Charette. Heureux mais surpris, Il fait une heure d’auto pour se rendre dans les studios de RC à Matane. Il se prépare, entre en studio et attend qu’on lui donne le “cue” pour débuter l’entrevue avec l’animatrice. Tout va bien. Les techniciens vérifient le son, s’assurent de la qualité de la transmission et entendent l’animatrice défiler les invités.
Bourgeois étant le premier en lice, on l’invite à s’installer vers 9hrs pour entrer en ondes à 9hrs 08. Première surprise, le nom de Bourgeois n’apparaît pas dans la liste des invités annoncés par l’animatrice. Autre surprise, jamais Christiane Charette ne débute l’entrevue avec Bourgeois. Furieux, l’auteur se fait dire, au téléphone par Bruno Guglielimineti qui est le réalisateur de l’émission Christiane Charette en direct, que le sujet abordé est trop dense, qu’il ne peut être traité en sept minutes seulement et que, conséquemment, il faudrait en faire un débat contradictoire avec d’autres invités ultérieurement.
La mascarade, qui ne leurre personne, veut nous dire deux choses : que Radio-Canada est incapable de supporter les responsabilités liées à son mandat en reflétant la diversité (réelle) du Canada ; que la société d’État prouve, une fois de plus, que son rôle véritable est d’orienter les consciences vers le statut quo par la censure, la rhétorique mensongère, le biais idéologique et la désinformation au profit de la majorité anglophone.
Les Québécois indépendantistes paient aussi des impôts, vivent dans ce pays depuis 400 ans, adhèrent et pratiquent la politique selon les règles démocratiques avec (trop) de zèle et ont le droit, conséquemment, d’obtenir et de diffuser l’information pertinente qui circule dans un pays qui se réclame pompeusement d’être ouverte, tolérante et démocratique.
Parce que vivre en démocratie implique la connaissance avérée de faits factuels, historiques, politiques, socioculturels et économiques, des discussions ouvertes et honnêtes sur des sujets controversés tels l’indépendance du Québec, la racisme canadien-anglais, l’histoire du génocide culturel des francophones du Canada à l’extérieur du Québec, etc.. Ce que refuse systématiquement de faire la Société d’état en bâillonnant la parole indépendantiste, laquelle doit aussi retentir sur les ondes publiques canadiennes pour faire contrepoids au délire patriotique, avilissant, démagogique et hypocrite des Rick Mercer, Don Cherry et autres Georges Strombolopoulos (The Hour) d’un Canada anglais qui ignore et méprise, eux aussi , le Québec dont ils ne savent rien.
Liste des références :
1- CBC
2-Philpot, Robin, Le référendum volé, Montréal, Les Intouchables, 2005
3- Courriel de Patrick Bourgeois révélant l’histoire
Cher complice en rédaction
J’ai appris que vous vouliez interrompre votre collaboration à Cent papiers. Je le regrette. Je crois que vous en êtes l’un des piliers. Vous écrivez bien, vous dites des choses intéressantes et vous vous manifestez avec la fréquence qui vous fait désirer sans vous laisser oublier. Il en faudrait plus comme vous.
L’avenir est à ce que des gens comme vous s’expriment et soient entendus. Ne croyez-vous pas que ce que vous dites soit plus important que l’emballage qu’on lui offre ? Si vous croyez que la couverture que vous donne Cent-papiers est insuffisante, pourquoi ne pas simplement la compléter par des publications ailleurs. Rue 89, Agoravox… ?
Ce que vous ne publiez pas ici signifie seulement que des gens qui vous auraient lu ne vous liront pas, sans rien ajouter ailleurs à la diffusion des idées que vous voulez promouvoir.
Je vous invite en toute cordialité à revoir cette décision et j’irai, comme toujours, lire tout ce que vous nous ferez le plaisir de publier ici avec nous, les autres comploteurs pour un monde meilleur
Pierre JC Allard
(Ceci est un “billet ouvert”, que je mettrai aussi en ligne sur le fil “Salle de rédaction de Cent papiers)
13:16, le Dimanche 30 mars 2008Bonjour Pierre,
D’abord merci pour ces bons mots. Provenant d’un homme aussi courtois, cultivé et intelligent, le compliment que vous me faites fait doublement plaisir.
Ensuite, j’aimerais dire que CP n’est pas une finalité, seulement une plate-forme citoyenne comme les autres, qui se comporte de plus en plus comme la vesion Internet La Presse ou le JdeMtl. Ce qui ne me convient pas du tout.
Je persiste et je signe mon commentaire précédent concernant l’orientation de CP. Le traitement réservé au texte, que je peux aisément appuyer de preuves journalistiques tangibles, confirme cette réalité. Que Niquet réplique par l’insulte ne fait que confirmer mes prétentions.
Si ce site ne peut offrir la visibilité nécessaire au contenu journalistique controversé, alors c’est qu’il cherche une niche dans le mainstream. Et je ne m’associe pas avec des gens dont la préoccupation principale (finalité) est de faire de l’argent en s’acoquinant aux élites politiques.
Olivier Asselin, journaliste de combat du début du siècle, avait coutume de dire qu’un vrai journaliste ne cherche que la vérité, pas la richesse ou la gloire.
Je ne reviendrai malheureusement pas sur ma décision. Je vais écrire pour des sites dont le contenu est davantage engagé politiquement. Je pense ici à Vigile, Laut’journal, Le Citoyen, etc., des publications pour lesquelles je sens un souffle de professionnalisme et un respect qui ne se trouvent pas toujours à CP, notamment chez Niquet.
En terminant, je vous invite également à faire le saut à Vigile.net, un site dédié aux affaires québécoises qui publie les textes de rédacteurs-journalistes avec tout le respect requis aux citoyens engagés que nous sommes.
Au plaisir de poursuivre cette discussion avec vous mon cher Pierre.
Cordialement,
Kristian Bolduc
17:13, le Jeudi 3 avril 2008Je suis étonné que M. Bolduc n’ait pas mentionné que M. Bourgeois a eu l’occasion de présenter son livre chez Mme Charette aujourd’hui .
Je regrette moi aussi que ce contributeur ait décidé de ne plus écrire ici, mais je ne voudrais pas que CentPapiers ouvre ses portes à la propagande. C’est le mot qu’a utilisé M. Bourgeois pour qualifier ce qu’il écrit. D’ailleurs, « la nouvelle » à l’effet que Radio-Canada avait commis « l’impair » d’annuler l’entrevue avec l’auteur de « Québec bashing » a été reprise sur plusieurs sites (1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7), ce qui me fait dire que les espaces pour véhiculer « le message » ne manquent pas. J’ai fait le tour de ces sites et aucun ne mentionne le passage de M. Bourgeois à Radio-Canada aujourd’hui…
« En politique, il vaut mieux avoir tort avec ses amis que raison avec ses adversaires* », semble-t-il. En tout cas, en entendant parler M. Bourgeois du P.Q., c’est cette parole qui m’est venue à l’esprit. Je ne crois pas à cette façon de faire de la politique « engagée ».
* Édouard Herriot (Notes et Maximes, p.25, Hachette, 1961).
20:18, le Jeudi 3 avril 2008M. Asselin,
Je n’ai pas transféré l’information du passage de M. Bourgeois à l’émission de Mme Charette parce que j’ignorais justement son passage. Je ne sais pas sous quelle forme l’entrevue a été faite. Seulement, les raisons pour lesquelles il avait été tassé sont suspectes lorsqu’elles proviennent du grand chiffon.
A-t-il été invité pour débattre avec d’autres invités ? Était-ce une entrevue classique ? Le réalisateur de l’émission, Bruno Guglielmineti, lui avait pourtant promis ce type de débat pour faire passer la pilule. Étant donné que je n’écoute jamais l’hystérique qui anime l’émission, je ne suis pas au fait de tous les détails qui entourent sa dynamique.
En ce qui a trait à la propagande, vous admettrez avec moi que ce terme, galvaudé de toutes parts, doit être utilisée avec diligence. Propager des idées (sens littéral et originel du terme) ou orienter le débat de façon à trier et moduler des informations, il faudrait s’entendre.
Que pensez-vous que CP fait en ouvrant ses portes aux politiciens provinciaux ??????? Que pensez-vous que fait La Presse (et ses autres publications québécoises) tous les jours ????? De la propagande (deuxième définition) enrobée d’une objectivité journalistique très douteuse. Objectivité inexistante, de toute façon. Parole de André Pratte qui, en mars 2005 lors d’un colloque à l’université de Montréal, a dit (j’étais dans la salle) : que La Presse impose un cadre éditorial fédéraliste et néo-libéral aux employés.
Sommes-nous dans la propagande ici ??? Edward Bernays, auteur de Propaganda, donne une définition assez claire de la propagande : propager des idées dans l’intérêt de ses clients, qu’ils soient politiques, économiques ou culturels, pour que leurs intérêts prédominent en fin de compte. Ce que veut dire que seul le résultat compte.
Mais il est certain, pour terminer avec le contentieux Charette-Bourgeois, que les grands bruits provoqués par - disons - cet impair diplomatique, ont aidé la direction du grand chiffon à ajuster le tir.
Bien à vous,
Kristian
PS : Ne pas confondre la lutte pour l’indépendance nationale avec un de ses véhicules, le PQ. Je suis personnellement indépendantiste et anti-PQ depuis le départ de M. Jacques Parizeau, en 1995. Le PQ n’est qu’un instrument parmi tant d’autres pour faire la lutte politique nécessaire. Pas une église, pas un leader, seulement un instrument ramolli par ses nombreuses luttes passées.
21:19, le Jeudi 3 avril 2008M. Bolduc,
Vous avez raison de dire que le terme « propagande » peut vouloir dire plusieurs choses et son contraire. Je me suis démêlé sur l’utilisation de ce terme en écoutant Normand Baillargeon chez Patrick Masbourian. À l’origine, le livre que vous citez, « Propaganda » ou « Comment manipuler l’opinion en démocratie » et M. Bourgeois n’a pas le monopole du style, j’en conviens…
Ce qui m’a vraiment surpris dans l’attitude de M. Bourgeois chez Mme Charette réside dans le fait qu’il a été décidé de ne faire aucune place à la diversité d’opinions dans le journal qu’il dirige. Il a donc utilisé le mot « propagande » dans le bon contexte, en accord avec la définition de Edward Bernays ; seul les intérêts de sa cause compte !
Pour ce qui est du P.Q. et de la position de M. Bourgeois, j’avais cru comprendre que M. Falardeau était d’accord avec le virage sur le référendum. Il m’avait semblé l’entendre dire sur RDI en direct du parquet du récent conseil national qu’il « cautionnait » la démarche de Mme Marois. Puisque que M. Falardeau est le mentor de M. Bourgeois (entendu chez Mme Charette cette A.M.), son attitude envers le P.Q. a de quoi étonner, vous ne trouvez pas ?
Merci de votre explication sur le fait de ne pas avoir rapporté que M. Bourgeois avait eu « son entrevue ». Il est bien possible qu’il n’ait pas avisé tout « son monde » que la deuxième tentative chez Mme Charette avait été « la bonne ».
22:01, le Jeudi 3 avril 2008Bonjour Mario,
J’ai finalement écouté l’entrevue de M. Bourgeois (que je ne connais pas personnellement) à Christiane Charette. Vous avez cependant tort de dire qu’il y avait quelques problèmes avec l’ouverture de M. Bourgeois aux débats contradictoires dans son journal.
Je comprends parfaitement sa volonté d’offrir une vitrine exclusive aux idées souverainistes. Gesca possède plusieurs publications qui poussent toujours dans le même sens (fédéraliste et de droite) ; le journal de Montréal n’a pas de ligne éditoriale digne de ce nom depuis le décès de Bourgeault et la démission de Lise Payette, deux personnages qui incarnaient la voix souvernainiste avec Franco Nuovo qui vient de démissionner officiellement aujourd’hui.
Ce n’est quand même pas Richard Martineau qui peut incarner l’orientation idéologique de ce journal. Et on ne parle même pas des médias anglophones, trop biaisés dans leurs prétentions universelles pour constater les dégâts commis envers les francophones du pays (économiques, culturels, sociaux et politiques) depuis 1822.
À la radio et à la télévision, les idées associées au camp souverainiste sont marginalisées ou discréditées (lire, à ce sujet, Il ne faut pas toujours croire les journalistes de Mario Cardinal et Médias et démocratie, le grand malentendu de Anne-Marie Gingras, deux livres importants, tout comme celui que Patrick Bourgeois a consacré au sujet).
Normand Lester, journaliste ayant fureté 30 ans dans le grand chiffon, affirmait ce matin sur les ondes du 98,5 que la série sur René Lévesque a été bâclée essentiellement pour deux raisons : un budget restreint accordé pour un personnage historique honni au Canada anglais ; conséquemment, la justification d’un budget considérable qui offrirait une visibilité humaine et positive de M. Lévesque semble impossible, toujours selon Lester, dans les bureaux de Toronto du grand chiffon.
Ils avaient peur de la réaction puérile et raciste des Canadiens anglais, disait encore M. Lester. Et sans défendre M. Bourgeois, je pense qu’il est important de dire que sans le brouhaha provoqué par le soufflet, M. Bourgeois n’aurait probablement pas été réinvité à l’émission.
Deux raisons me poussent à penser de cette façon. D’abord, le grand chiffon n’a pas l’habitude de traiter ses invités de façon aussi cavalière ; ensuite, on a invité Marc Laurendeau pour débattre avec lui. Ça sentait l’improvisation et la mauvaise foi, surtout celle de M. Laurendeau.
Pour le reste, je suis assez d’accord avec vous.
Kristian
17:01, le Vendredi 4 avril 2008Vous devez être connecté pour publier un commentaire.




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