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Le Sexagésimal en image

Mon dernier article ne rendait pas, avec assez d’exactitude, la « tournure » de pensée des Sumériens. J’ai voulu, ici, la préciser en élaborant l’explication.

Pour commencer, voyons comment est expliqué, officiellement, le système sexagésimal :

« Le développement des systèmes de numération mésopotamiens a lieu avant tout dans sa partie Sud, le pays de Sumer, durant la seconde moitié du IVe millénaire av. J.-C. (qui correspond à la période d’Uruk récent). Il est lié à l’apparition d’une société étatique, urbaine, dont la base économique est l’agriculture irriguée encadrée par des institutions (palais, temples) et des domaines sans doute (on en doute?) privés développant des instruments de gestion de plus en plus élaborés ». https://fr.wikipedia.org/wiki/Numération_mésopotamienne

Bon! Au départ, les Sumériens nous rapportent que l’écriture fut inventée par Enmerkar, deuxième roi de la première (sur trois) dynastie archaïque d’Uruk (-3500 av J.C. donc, « pas d’Uruk récent »). Cette donnée fournie par les Sumériens, date d’environ 600 ans après les faits; c’est dire que leur « mémoire » fait certainement défaut, parce que nous, 4,600 ans plus tard sommes assurément plus « exacts » au niveau de ces « faits ».

Plus loin, dans le texte, on se rend compte que l’étude du système de numérotation  mésopotamien est faite à partir du résultat final pour remonter à son origine. Ce qui donne une origine venant de « nulle part » et tout à fait « gratuite ».

Pour bien comprendre la façon de penser sumérienne, il faut bien saisir l’évolution de cette pensée.

Et l’évolution de la pensée sumérienne commence avec leur prise de conscience du cycle lunaire (qui avait été détecté bien avant eux et bien avant leur invention de l’écriture), composée de 15 jours « progressifs », parce que le départ commence avec « rien » (la Lune noire que nous appelons : Nouvelle Lune), suivis de 15 jours « régressifs » qui nous ramène au point de départ.

Voici donc le cycle lunaire qu’ils observaient (qui est, évidemment, le même que nous observons) :

Ce qui, représenté par un cercle, donne les valeurs suivantes au cycle d’un mois:

Notez que cette façon de représenter une observation est foncièrement « scientifique » et non « métaphysique ».

Par la suite, vient le cycle des quatre saisons donnant à l’année « lunaire » les valeurs suivantes :

Ce qui est progressif et régressif, ici, est évidemment la « chaleur » du Soleil.

À partir de ces dessins, on élabore le cycle suivant : la journée de 24 heures:

Ce qui est progressif et régressif, cette fois, est la « clarté » du jour.

Note : Le « Beru » sumérien équivaut à 2 heures.

Suivi du cycle horaire :

Note : C’est ici qu’on découvre le cycle de 3600o.

Suivit du cycle des minutes :

Ici, comme au cycle précédant, tous les nombres sont « progressifs »; mais aux yeux des Sumériens, ce qu’ils percevaient était strictement le « cycle », sans donner d’importance aux chiffres, qui n’étaient que des aspects « secondaires » du cycle.

Voilà donc les cycles de base « confinant » la pensée sumérienne.

C’est là, la « structure » fondamentale de cette pensée sumérienne. C’était une pensée circulaire « englobante ».

Leur mathématique, leur écriture, leurs récits, leur « structure » sociale, leur science, en fait, toute leur civilisation est fondée sur cette « charpente cyclique » du temps. Même le « raisonnement » de leur cerveau suivait cette « structure » géométrique englobante. Encore une fois, pour eux, la valeur numérique était un « qualificatif »; le seul « fait » réel important  était le « cycle ». C’est d’ailleurs pourquoi, notre façon « linéaire » de raisonner a beaucoup de difficultés à saisir le sens exact des informations qu’ils nous ont laissé.

Le cycle sumérien qui suit celui de « l’année terrestre » est celui des « heures cosmiques», d’une durée de 60 fois 60 années terrestres, soit : 3,600 ans.

C’est au « cycle » suivant, qu’on se rend vraiment compte que les Sumérien n’attachaient aucune importance aux nombres et qu’ils donnaient toute la priorité au « cycle ».

Car, ils avaient découvert la « précession des équinoxes » pour laquelle ils avaient calculé une durée de 24,000 ans (nous calculons 25,800 ans). Ils y avaient également remarqué une période « progressive », suivie d’une période « régressive ».

La durée de 24,000 années concordait avec la durée « journalière » de 12 « beru » (24 heures). Ils ont donc divisé cette durée de 24,000 ans en 12 « Beru », composés de 6 périodes « progressives » et 6 périodes régressives ». Ce qui était exactement ce qu’ils observaient dans le cycle « équinoxial ».

Ce dernier « cycle » devint, pour eux, la « journée cosmique » composée de 12 Beru de 2,000 ans chacun (pour nous 2,150 ans) :

Mais qu’en est-il de la valeur numérique de leurs « Puissants » que nous qualifions de « dieux »?

Cette valeur des « dieux » suit exactement la même « structure » :

Note : Enlil et Enki sont fils d’An; Nergal, Ninurta et Nanar sont fils d’Enlil. Les nombres « impairs) sont les épouses de celui qui les précède.

Quand Marduk, fils d’Enki, prendra le pouvoir (vers 2,000 av J.C. époque d’Abraham) à Babylone, toute cette structure sera chamboulée, les femmes en seront évincées et, quelques siècles plus tard, apparaîtront les religions « métaphysiques » des « dieux invisibles » ainsi que les superstitions de l’astrologie.

Voilà donc, l’origine de la numération Sumérienne qui, par la suite, à cause de la technique employée avec le « calame » rond, influencera l’écriture cunéiforme.

Sa perte de compréhension autour de 2,000 av J.C. se rattache à l’épisode biblique de la tour de Babel (où les langues furent « brouillées » par le Seigneur, lire Marduk, empêchant toute compréhension) qui fut ainsi l’origine de nos religions et de l’astrologie. Ce qui nous indique que celles-ci sont des « résidus » mal compris de la science « archaïque » sumérienne.

André Lefebvre

 

Auteur de:

L’Histoire… de l’univers

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 1:  La Science Secrète)

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 2: Le Mystère Sumérien

Le tout dernier livre, paru en novembre 2016 (version gratuite):

Histoire de ma nation

Tous mes livres sont offerts GRATUITEMENT chez:

http://manuscritdepot.com/a.andre-lefebvre.7.htm#menu

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A propos de Andre lefebvre

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    Bon! J’ai fais deux erreurs sur mes dessins:

    1- La partie « régressive » du cycle lunaire est mal distribuée; demi-Lune éclairée du mauvais côté et le 1/4 de Lune devrait suivre la demi-Lune.

    2- Sur le cycle « 1 jours = 2 beru », Midi et Minuit devraient être inversés.

    Je m’en excuse.

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