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Le sang de Bhutto sur les doigts de Musharraf ?

Quelques heures plus t?t, dans un quartier de la capitale Islamabad, quatre personnes avaient ?galement ?t? tu?es dans des ?changes de tirs durant une r?union ?lectorale de l’ancien Premier ministre Nawaz Sharif (destitu? par le coup d’Etat de l’actuel pr?sident Pervez Musharraf en 1999, mais rentr? au pays le 25 novembre dernier). Selon des t?moins, les coups de feu provenaient d’un b?timent appartenant au parti soutenant le pr?sident Musharraf. Mais le drame s’?tait heureusement produit avant l’arriv?e de Sharif.

A tout juste deux semaines des l?gislatives qui doivent se tenir dans le pays, ces violentes attaques et surtout l’assassinat de Benazir Bhutto tournent le Pakistan dans une spirale infernale. Mais ? qui profite ce dernier crime ? Comme l’affirme Frank Gardner, journaliste ? la BBC et sp?cialiste des sujets de s?curit?, il est encore trop t?t pour faire toute la lumi?re sur la mort de Benazir Bhutto. Il existe cependant actuellement deux th?ories, mais elles demeurent pour l’instant bien vides de preuves.

L’HYPOTH?SE “AL-QAIDA – TALIBANS”

La premi?re th?orie, celle soutenue par le gouvernement pakistanais, voudrait que le meurtrier de Bhutto ait ?t? envoy? par Al-Qaida ou par les Talibans, voire m?me les deux.

Il est vrai que Benazir Bhutto avait ? plusieurs reprises, et encore r?cemment, montrer son engagement contre le terrorisme et en particulier fait part de son intention, si elle ?tait ?lue, d’offrir aux Am?ricains la possibilit? de bombarder les montagnes triballes pakistanaises depuis lesquelles les Talibans et Al-Qaida fomentent des attentats terroristes au Pakistan et dans le reste du monde, mais aussi o? ils forment leurs futurs kamikazes dans des camps d’entrainement secrets.

L’HYPOTH?SE “MUSHARAF – SERVICES SECRETS”

Pervez Musharaf est devenu chef de l’Etat au Pakistan ? la suite d’un coup d’Etat militaire en 1999. Ce militaire autoproclam? Pr?sident a, depuis les attentats du World Trade Center ? New-York, ?t? l’un des alli?s de la Maison Blanche les plus visibles dans la lutte contre le terrorisme. Musharaf avait alors trouv? en George W. Bush le moyen de para?tre comme quelqu’un d’extr?mement respectable aupr?s de la communaut? internationale.

Mais les rumeurs sur des liens entre les services secrets pakistanais et le r?seau terroriste Al-Qaida d’Ossama Ben Laden n’ont eu cesse de se r?pandre. Comme le rapportait le quotidien britannique The Guardian en juillet 2004. Et s’il a un temps promis aux Am?ricains que le tri avait ?t? fait et les brebis galeuses ?cart?es des services secrets, des doutes demeurent.

D’autres doutes concernant son int?grit? et son respect de la d?mocratie sont apparus lorsqu’il d?cida le 3 novembre 2007 de suspendre la Constitution, de d?clarer l’Etat d’urgence, l’arrestation des juges de la Cour Supr?me du pays et d’emp?cher toutes retransmissions TVs, radios et t?l?phoniques, sans oublier l’arrestation de figures politiques dans le pays. Un ?pisode qui offra au monde un autre visage du G?n?ral-Pr?sident : le visage d’un dictateur en puissance.

Le retour de Benazir Bhutto au pays ?tait certainement vu par beaucoup comme un effort de l’Arm?e (et donc de Musharaf, puisque Chef des arm?es) pour isoler les forces religieuses extr?mistes et leurs militants. Mais apr?s son refus de s’allier avec le Pr?sident dans un gouvernement d’alliance nationale et son ?mergence comme la plus puissante candidate aux ?lections de janvier 2008 (et par cons?quent, imm?diate rivale de Musharaf, et non son alli?e), l’on peut s’interroger sur la force des probables ressentiments des partisans de Musharaf, voire de Musharaf lui-m?me, envers Bhutto. Est-ce la une raison suffisante pour vouloir lui faire peur, la faire taire, la tuer ? Peut-?tre.

BHUTTO… KENNEDY…

Les supporters de Benazir Bhutto ne sont pas convaincus par la th?orie du gouvernement accusant Al-Qaida, d’autant que l’ancien Premier ministre, elle-m?me, avait accus? les services secrets pakistanais d’implication dans la tentative d’assassinat d’octobre dernier. Al-Qaida, les Talibans, Musharaf, les services secrets… autant de pistes qui n’aboutiront probablement jamais ? une simple v?rit?. La preuve en est que pratiquement 45 ans apr?s son assassinat ? Dallas, personne ne sait aujourd’hui qui avait ordonn? la mort de John F. Kennedy…

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