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LE R?LE DE PLUS EN PLUS ESSENTIEL DU CR?DIT DANS LE CAPITALISME

ROBERT BIBEAU:

Lecture estivale 2

Ce mercredi (24.07.2013) nous poursuivons la publication d?une ?uvre remarquable de Monsieur Tom Thomas, ?conomiste de son ?tat, analysant la derni?re grande crise syst?mique du mode de production capitaliste-imp?rialiste. Les causes de l?effondrement fantastique de 2008, jusqu?? l?impossibilit? de la reprise ?conomique et industrielle ? rien ne vous sera ?pargn? de la mis?re des riches et de leurs plumitifs. Mais ? la fin de la s?rie vous comprendrez l?in?luctabilit? de l?effondrement de ce mode de production aux trois instances concomitantes et diff?rentes ?conomique-politique-id?ologique. Cette semaine ?Le r?le de plus en plus essentiel du cr?dit dans le capitalisme?.? Cette lecture n?est pas facile car le savoir s?acquiert par l?effort.

Bonne lecture et ? mercredi prochain.

Robert Bibeau,? Marxiste-L?niniste

 

Tom THOMAS

La crise. Laquelle?? Et apr?s??

2009

Chapitre 2

 

LE R?LE DE PLUS EN PLUS ESSENTIEL DU CR?DIT DANS LE CAPITALISME

 

Depuis son origine le cr?dit a toujours accompagn? le capitalisme. Son r?le y est devenu de plus en plus important au fur et ? mesure de son d?veloppement. Aujourd?hui, le capitalisme s??croulerait imm?diatement si la masse des cr?dits venait ? se contracter s?rieusement et durablement. C?est bien pourquoi les Etats ont imm?diatement d?vers?s des milliers de milliards de dollars et d?euros en 2008-2009 pour sauver le syst?me du cr?dit.

Il y a longtemps que le d?veloppement des ?changes marchands et plus encore l?accumulation capitaliste ne peuvent plus se contenter de l?usage de la seule monnaie m?tallique?et cela parce que sa quantit? est limit?e, ses co?ts de fabrication sont ?lev?s, sa circulation est lente et dangereuse. Ces d?fauts ont tr?s vite oblig? les ?changistes ? utiliser d?autres moyens, tels les monnaies fiduciaires et scripturales ?mises privativement par eux. Ainsi en est-il, par exemple, de la lettre de change, du billet ? ordre, du billet de banque, etc. Ces monnaies ?mises selon l?ampleur de leurs ?changes constituaient, comme toute monnaie, des titres de cr?ance, en l?occurrence priv?s[1]. C?est pourquoi elles sont souvent appel?es ??monnaies de cr?dit??. Sous ses formes scripturales le cr?dit a pu se d?velopper ? grande ?chelle, contribuant puissamment ? stimuler les ?changes et ? acc?l?rer l?accumulation du capital. Rappelons en effet, bri?vement, quatre effets principaux du cr?dit?:

1?) Acc?l?ration de la rotation du capital. La rotation du capital est le temps pour que ce capital parcourre son cycle de valorisation. Le cr?dit permet de relancer un cycle de valorisation en permettant de racheter les conditions de la production avant que le cycle pr?c?dent ne soit termin?, c?est-?-dire avant d?avoir vendu la marchandise et r?cup?r? l?argent et m?me avant que sa fabrication ne soit termin?e. Le capitaliste peut ainsi acheter les conditions de la production sans avoir ? les payer imm?diatement, son capital initial servant de garantie ? l?emprunt. De m?me, il peut vendre sans que le client n?ait l?argent et, par l?, aussi raccourcir la dur?e du cycle. L?acc?l?ration de la rotation du capital (dont le cr?dit n?est d?ailleurs pas le seul moyen) est alors un puissant facteur de d?multiplication des profits puisqu?un m?me capital qui parcourre deux fois son cycle de valorisation au lieu d?une fois dans un m?me temps double le profit

2?) Concentration du capital. Avec le d?veloppement de l?accu?mu?lation, le cr?dit devient le moyen indispensable pour mobiliser des masses d?argent de plus en plus importantes n?cessaires ? l?achat de moyens de production de plus en plus imposants et puissants. Il permet donc de concentrer le capital en rempla?ant la petite propri?t? personnelle ou familiale par les soci?t?s par actions. Toutes les entreprises g?antes qui constituent l?essentiel du capitalisme moderne sont ainsi enti?rement fond?es sur le cr?dit que leur consentent les actionnaires et autres types de cr?anciers[2] ainsi que sur les cr?dits qu?elles-m?mes o? les banques consentent aux acheteurs. D?s que cette masse de cr?dit s??croule, parce que sa valorisation n?est plus possible, tout le syst?me s??croule.

 

3?) Mobilit? des capitaux. Le syst?me du cr?dit facilite la mobilit? des capitaux, ce qui est un autre facteur important de l?accumulation. Sous cette forme financi?re, ils peuvent se d?placer rapidement d?une branche de la production ? une autre, d?un pays ? un autre, et se porter l? o? les espoirs de profits sont les plus importants. Le petit ou moyen capitaliste ?tait attach? ? son capital mat?rialis? qu?il lui fallait vendre pour pouvoir investir ailleurs. Le capital sous forme financi?re se d?place et s?investit o? il veut.

4?) Egalisation des taux de profit. Les d?placements ais?s et rapides de la forme financi?re du capital non seulement facilitent l?exten?sion de l?aire de valorisation des capitaux et sont un facteur d?augmen?tation des profits, mais ils facilitent aussi l??galisation des taux de profit, laquelle est indispensable ? la reproduction du capital. En effet, sans cette ?galisation, il n?y aurait pas de d?veloppement de l?ensemble de la production puisque les branches dans lesquelles les profits seraient trop bas ne se d?velopperaient pas, provoquant ainsi des p?nuries de mat?riaux n?cessaires aux autres. C?est donc gr?ce ? cette mobilit? des capitaux que le d?veloppement de la production capitaliste, bien que non planifi? consciemment, peut ?tre relativement ?quilibr?, ce que Marx appelait ironiquement ??la beaut? de ce syst?me??.

Acc?l?ration de la rotation et concentration accrue du capital, mobilit? des capitaux et mondialisation, tout cela, que le cr?dit permet et organise, est le d?veloppement historique du capitalisme. Pour que le mouvement se poursuive, l?accroissement du cr?dit est indispensable. Mais bien ?videmment ce d?veloppement a aussi ?t? celui de toutes les contradictions internes qui lui sont inh?rentes et notamment celles qui se r?sument dans le ph?nom?ne de suraccumulation ? sous-consommation ?voqu? dans le premier chapitre.

En effet, revenons-y? encore une fois pour y voir le r?le du cr?dit. Comme il a ?t? dit ci-dessus, ce r?le est d?une importance primordiale dans le d?veloppement de moyens de production de plus en plus perfectionn?s et efficaces. Ce d?veloppement des forces productives a abouti ? des hausses consid?rables de la production?; il a permis de produire en masse des marchandises de plus en plus diverses et l?accroissement de la productivit?? en a abaiss? la valeur unitaire. Ce r?le a ?t? n?glig? par nombre d????experts?? plut?t obnubil?s par l?accroissement des seuls cr?dits ? la consommation. Pour eux, il ne s?agirait que ??d??pargne??, pas de cr?dit. Comme si cette ?pargne, quand elle se repr?sente dans un titre quelconque (action, obligation, ou autres, des plus sophistiqu?s jusqu?au simple livret A), n??tait pas un titre de cr?ance, une avance d?argent contre promesse ou espoir de r?mun?ration, bref du capital financier. C?est l? d?ailleurs la d?nomination contemporaine des titres de cr?dit?; nous y reviendrons au chapitre 3.

Beaucoup ne voient donc la crise que comme une ??crise des d?bouch?s?? qui aurait ?t? momentan?ment masqu?e par une hausse inconsid?r?e du cr?dit ? la consommation (cr?dits immobiliers notamment, mais aussi cartes bancaires, cr?dits ??revolving?? et autres). Ils ne voient pas que la production a pareillement ?t? gonfl?e par le cr?dit. Or, r?p?tons-le, on ne peut pas s?parer de la sorte la sous-consommation de la suraccumulation du capital sous forme de moyens de production et de marchandises. On ne peut pas davantage nier la n?cessit? qui s?est impos?e au capital, via ses Etats, de doper par le cr?dit ??facile?? et abondant l?ensemble des phases de son proc?s de valorisation. Si? les ??experts?? ne voient la crise que comme un probl?me de d?bouch?s gonfl?s artificiellement par le cr?dit, c?est parce que c?est seulement au moment de la r?alisation, qu?ils peuvent voir si et de combien le capital engag? a ?t? valoris?. C?est pourquoi, ils ne comprennent la crise que comme une disproportion entre une insuffisance de pouvoir d?achat relativement ? la production et non? comme une baisse du taux de profit, un ??manque?? de sur-travail. Ils pr?conisent en cons?quence la relance de la consommation. Mais puisqu?il s?agit aussi pour chaque capitaliste de d?fendre ses profits, aucun n?augmente les salaires. Mais chacun le pr?conise pour les autres afin qu?il puisse leur vendre ses propres marchandises et exporter. Alors tous recherchent la solution par le biais d?une relance du cr?dit, ce qui revient ? reproduire et ? relancer les ??exag?rations?? de la finance qu?ils condamnaient la veille. Observons que le capital, ne florissant que dans la ??croissance?? de la production, il n?envisage jamais de r?soudre cette disproportion par une r?duction des surcapacit?s. Mais, cela, la crise l?y am?ne quand m?me, et ? grande ?chelle, qu?il le veuille ou non. Par l?, se trouve un des moyens de la vraie solution pour le capital puisqu?il ne peut plus s?en sortir ni par l?augmentation des salaires, ni par celle du cr?dit.

 

?tant bien ?tabli que l?extension du cr?dit ? la consommation ne doit pas faire oublier celle du cr?dit dans la production en g?n?ral, on peut remarquer qu?elle a effectivement ?t? consid?rable depuis les ann?es 50. Elle a atteint une sorte de paroxysme depuis le d?but du 21?me si?cle. D?abord il s?agissait? d?accompagner les hausses de la production induites par les progr?s du machinisme (productivit?). Puis, dans les ann?es 2000, l?extension du cr?dit ? la consommation a ?t? un effort d?sesp?r? pour surmonter la crise d?j? l? dans les ??fondamentaux?? ainsi qu?en t?moigne? l?effondrement de 2000-2001. La relance aussi massive qu?artificielle de la consommation dont ses pairs font maintenant grief ? son principal organisateur, Mr. Greenspan, alors patron de la FED? adul? par eux s?est termin?e par la surproduction immobili?re et les cr?dits ??subprimes

Cette gigantesque ??bulle?? de cr?dits ? la consommation a ?t? tellement d?crite et comment?e qu?on peut se contenter ici d?en rappeler quelques chiffres significatifs. Par exemple aux USA, ??la consommation des m?nages ?quivaut aux deux tiers de l??conomie am?ricaine??[3]. Laquelle est essentiellement bas?e sur le cr?dit puisque l?endettement des m?nages US ? fin 2007 s??tait ?lev? jusqu?? 140% de leur revenu brut disponible. Il en est all? de m?me pour les m?nages espagnols. Ce fut pire pour les britanniques et les hollandais qui battirent des records avec un endettement ?? 170%[4]. Quant aux m?nages fran?ais, ils s?en sortent un peu mieux dans la mesure o? ils ne sont endett?s qu?? hauteur de 74,4% de leurs revenus ? la fin de l?ann?e 2008[5]

Dans le m?me temps l?augmentation du cr?dit aux entreprises via les Bourses et autres institutions financi?res ?tait stimul?e par divers syst?mes d?avantages fiscaux, ainsi que par les aides consenties directement par les Etats aux entreprises (subventions, r?duction de charges, financement ?tatis? de la formation et de la reproduction de la main d??uvre, et m?me d?une partie des salaires, etc.). Toutes ces mesures permettaient aux investisseurs d?accro?tre leurs profits, stimulaient l?achat de titres de cr?dit, des actions notamment, et rendaient les bourses euphoriques. Mais ces aides pesaient ?videmment sur les budgets des Etats d?j? mis ? mal par les baisses d?imp?ts et ?taient donc elles-m?mes financ?es ? cr?dit en l?occurrence par l?augmentation de la dette publique. De sorte que celle-ci s?ajoutait aux dettes priv?es pour constituer un puissant dopant ? la reproduction du capital. Ainsi, ??? la veille de la crise dite du subprime, la dette totale am?ricaine repr?sentait 350% de la richesse produite??[6]. En France, la seule dette publique repr?sentait 21% du PIB en 1980 contre plus de 70% fin 2008. Et les 100% sont en vue pour 2010 au plus tard. Bien s?r, les autres pays n??chappent pas ? cette explosion des dettes publiques.

Un syst?me de production qui ne peut se reproduire qu?en augmentant sans cesse une masse monstrueuse d?endettement (de cr?dit), ne peut ?videmment que finir par s??crouler comme un ch?teau de cartes. En effet, la masse de plus-value produite n?augmente ?videmment pas en proportion et il arrive qu?elle ne peut plus permettre de verser la r?mun?ration attendue (dividendes ou int?r?ts) par tous ces capitaux que pr?tendent ?tre cette masse de titres de cr?ance (actions, obligations, et autres titres ainsi que leurs multiples ??produits d?riv?s??). En m?me temps, la? masse salariale s?effritait sous l?effet des augmentations de la productivit?, de la mondialisation, du d?mant?lement des ??acquis sociaux?? du rapport de production fordiste et finissait par rendre nombre de consommateurs incapables de rembourser leurs cr?dits. Comme souvent, c?est ? partir d?un probl?me de consommation c?est-?-dire de r?alisation de la production que la crise appara?t. Et donc elle appara?t alors comme crise du capital financier due ? l?insolvabilit? des consommateurs puisque cette consommation ?tait enti?rement soutenue par le cr?dit. Ce fut bien le cas avec la crise dite des ??subprimes??. Mais ce n??tait que la m?che qui a mis le feu aux poudres. En effet, puisque le syst?me s?est ?croul? de tous c?t?s, c?est bien que la suraccumulation ?tait partout?: en moyens de production, en marchandises, en capital-argent, etc.

Ce qui appara?t concr?tement aujourd?hui ? mais c??tait bien ?vident depuis longtemps ? c?est que le cr?dit, comme l?argent en g?n?ral, ne cr?e rien. Il dope, il stimule, il acc?l?re la valorisation et l?accumulation du capital. Mais la m?me contradiction suraccumulation ? sous-consom?mation qui pousse ? l?abaissement du taux de profit reste ? l??uvre et s?aggrave. Certes le d?veloppement du cr?dit constitue bien une contre-tendance ? cette baisse. Il permet de la surmonter un temps par les effets que nous avons cit?s au d?but de ce chapitre. Mais en m?me temps plus il contribue ? acc?l?rer l?accumulation du capital, plus il acc?l?re aussi l?aggravation des contradictions du capital. ??L?effet de levier??, l?effet d?multiplicateur du cr?dit joue comme un dopant?; il finit par ruiner d?autant plus qu?il a d?abord stimul?.

Le d?veloppement massif du cr?dit a correspondu ? un d?veloppement tout aussi massif de la suraccumulation de capital sous toutes ses formes. Mais comme la crise a ?clat?, ? l?instar des grandes crises pr?c?dentes, comme crise du syst?me financier, les commentateurs l?ont en g?n?ral catalogu?e?: crise due ? l?exc?s de cr?dit, aux ??exag?rations?? du capital financier et de ses repr?sentants. Ils en ont fort bien fait le constat. Mais ils n?en ont pas vu la cause. Partant ainsi de faux diagnostics, ils ont imagin? de fausses solutions. Par exemple, ils ont pr?tendu pouvoir r?soudre le probl?me par une r?glementation ?tatique qui supprimerait ces exag?rations en encadrant les ?missions de cr?dit, en ??moralisant?? les pratiques des financiers, voire aussi pour certains par une augmentation du pouvoir d?achat des salari?s afin que ceux-ci puissent consommer davantage tout en s?endettant moins?! Comme il s?agit des analyses les plus r?pandues, et qui plus est comme elles paraissent frapp?es au coin du bon sens tout en d?bouchant sur des solutions inop?rantes ou inapplicables, il convient d?examiner ce fameux ??capital financier?? rendu seul ou principal responsable de tous les maux, et de voir quel a ?t? son r?le dans la crise. Cela permettra de comprendre ce qu?on peut attendre des propositions de contr?le ?tatique faites ? son ?gard.

 


[1] ? La ??vraie?? monnaie d?Etat diff?re de ces monnaies en ce qu?il s?agit, dans ce cas, d?une cr?ance sur la richesse sociale dont la valeur est, en principe, mieux garantie, puisque l?Etat peut augmenter ses ressources par l?imp?t, ou en ?mettant de la monnaie, quitte ? en d?valuer la valeur nominale. Divers m?canismes permettent de transformer la monnaie de cr?dit priv?e en monnaie d?Etat.

[2] ? Observons incidemment que leurs dirigeants (capitalistes actifs, en fonction) n?engagent plus que l?argent des autres. Le scandale de leurs bonus, de leurs parachutes dor?s, des stock-options et des autres moyens d?enrichissement ne r?side pas seulement dans les montants pharamineux qu?ils s?octroient, mais aussi dans le fait qu?ils ne courent aucun risque sur leurs fortunes personnelles, contrairement aux capitalistes d?antan qui pouvaient se retrouver ruin?s, courant un risque personnel qui ?tait cens? justifier leurs profits. Le capitaliste moderne, quant ? lui, ne risque de ruiner que les salari?s et les ?pargnants?!

[3] ? Le Monde Diplomatique, d?cembre 2008, p.13. Comme dans beaucoup d?autres pays, le cr?dit s?est port? essentiellement sur l?immobilier dans les ann?es 2000. ??40% des emplois cr??s aux Etats-Unis entre 2001 et 2007 l?ont ?t? dans le b?timent???.. ??Dans les pays industrialis?s il (l?immobilier) figure au premier rang de la consommation des m?nages, qui y consacrent en moyenne entre 20 et 30% de leurs revenus??. Mais le cr?dit concerne aussi la consommation courante. Rien que sur leurs cartes de cr?dit, ??pr?s d?un tiers des am?ricains ont ainsi cumul?s plus de 10.000 $ de dettes chacun.??

[4] ? Chiffres cit?s par P. Artus dans Les Echos 22.01.09, et dans Globalisation? op. cit.

[5] ? Le Figaro, 20.05.09.

[6] ? Le Figaro, 19.12.08

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