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Le retour de la flèche brisée

Il l’a peut-être bien retrouvée, « Sam ».  Au fond de l’eau, comme on s’y attendait.  Un long poisson d’acier, à nez plat, muni d’une queue quadruple.  Une bombe, en réalité.  Une Mark-4, de près de 5 tonnes, proche descendante de la Fat Man de Nagasaki.  Tombée là à 15 mètres de profondeur seulement il y a plus de 75 ans maintenant.  Sam, c’est Sam Smyrichinsky, un pêcheur et un plongeur canadien parti fureter au fond des eaux (il cherchait des concombres de mer) vers Pitt Island, près d’Haida Gwaii, dans les Banks Islands, au pays du « Rangifer tarandus groenlandicus », autrement le Caribou des toundras.  Il vient peut-être de résoudre une belle énigme, avec sa découverte.  Celle liée aux fameuses « broken arrows » (les flèches brisées), le surnom des avions porteurs de bombes nucléaires qui se sont écrasés, et dont le sort a fait l’objet de bien de manipulations, à une époque où il ne fallait pas affoler le public avec ce genre de choses.  Retour sur la flèche brisée numéro 44-92075tombée en 1950 au Canada.

journauxCette fois, on commence non pas en 1950, l’année du crash du bombardier géant, mais il y a quelques années seulement en 2012 exactement.  60 ans auparavant, un autre pêcheur avait retrouvé à la gaffe un bout de parachute dans l’eau, resté coincé à une botte contenant encore un pied humain.  Un morceau du corps d’un des cinq aviateurs qui s’étaient parachutés les premiers de l’appareil en perdition, en tombant dans l’eau : seuls ceux étant sortis du B-36 au dessus des terres avaient survécu.  Les restes avaient été enterrés dans un premier temps sans identification au Jefferson Barracks National Cemetery de St. Louis.  Mais une demande d’une famille effectuée en 2001 avait vu l’exhumation de ses vestiges, et une analyse ADN avait conclu qu’il s’agissait de tout ce qui restait du Staff Sgt. Elbert Pollard, alors âgé de 28 ans, ré-enterré avec les honneurs au San Francisco’s National Cemetery le 26 mai 2012.  Malgré son jeune âge (ici la touchante photo de sa fille unique, Betty Wheeler, tenant son portrait : sa mère n’avait que 20 ans au décès de son père) Pollard était un aviateur aguerri, il avait effectué 13 missions de bombardement durant la seconde guerre mondiale, et avait même été emprisonné 13 mois dans un camp en Allemagne, dans l’énorme  Stalag 7A  près de Moosburg, en Bavière (voir ici pour le détail du camp). Le camp avait été libéré le 30 avril 1945.

« Le briquet volant »

air-and-space-engine-b36-com-500x237L’infortuné Pollard était en effet l’un des 17 membres d’équipage d’un énorme B-36, ce bombardier géant (avec tunnel interne à traineau incorporé pour circuler de l’avant à l’arrière) qui n’a jamais fonctionné correctement, à vrai dire (malgré la propagande US...comme ici dans le film  » Strategic Air Command », aux violons quelque peu envahissants).  Avec lui on était arrivé en effet au maximum de ce qu’on pouvait faire avec des moteurs à explosion, remarquez.  Imaginez donc :affiche il était doté de 6 moteurs, chacun étant constitué d‘une sorte d’épi de maïs de cylindres contenant chacun 4 étoiles à 7 branches, soit 28 cylindres par moteur ! Et au total donc 336 bougies à entretenir pour chaque avion pour les « rampants » (il y avait en effet deux bougies par cylindre) ! En prime, monté en mode pousseur (« reciprocating« ) chaque moteur, noyé dans l’aile épaisse, était un cauchemar à entretenir avec ces tubulures de circulation d’air autour des cylindres eux-mêmes.  Comme il est trop grand pour les hangars de l’époque, l’entretien se faisait dehors… en Alaska par exemple ! Pauvres mécanos ! En prime, trop grand et trop lourd, l’avion était lent (680 km/h maxi, et ce, à vide), et c’est d’ailleurs pourquoi on va lui adjoindre assez vite 4 réacteurs en nacelle comme celles du B-52, qui va vite le détrôner on s’en doute.joufflu Les moteurs, pour ne rien améliorer, prennent régulièrement feu.  Les équipages ont finit par trouver un slogan à ce qui va finir par s’appelle le « briquet volant » (il a eu aussi « le couvert en magnésium » comme surnom) : tout d’abord « six qui tournent, quatre qui brûlent » puis « deux qui tournent, deux déjà cramés, deux enfumés, deux qui suffoquent, et deux autres portés disparus. » le super-bombardier était de fait une calamité volante !! Comme ses moteurs tombaient en panne trop souvent, on ira même jusqu’à transformer un appareil, le B36 N° 44.9203, en camion de dépannage pour emporter deux moteurs dans chacune des larges nacelles accolées à son fuselage, lui donnant un étonnant air joufflu.

La glace qui met le feu

Il y avait aussi un autre défaut de conception aux moteurs, expliquant les incendies en vol : leurs carburateurs, pour être bien refroidis avaient été positionnés à l’avant, près de l’entrée d’air.  Mais les moteurs ne les chauffent pas non plus, et ils avaient une tendance à givrer dès que l’avion arrivait dans de l’air froid…  L’entrée d’air du carburateur obstruée par la glace, augmentait peu à peu la richesse du mélange air / carburant, et l’échappement rejetait alors trop d’essence non brûlée qui mettait ensuite le feu au moteur !degats-b-36  Exactement ce qui va provoquer le crash dont ont parle aujourd’hui.  En fait, le faiseur de Paix (« Peacemaker« , le surnom officiel du bombardier !) était vite devenu un faiseur de veuves (« Widowmaker« , le surnom des pires avions). Il n’eut pas que ça comme déboires, le pauvre : le ciel aussi s’est occupé de lui : un reportage, visible ici, montre également que le 2 septembre 1952, une terrible tornade a endommagé un nombre important d’avions parqués à Columbus, au Mississippi  (près de la moitié des B-36 disponibles !), qui, fragilisés, ont donc été réparés à la sauvette et ont continué cependant à voler (l’un d’entre eux; le 242, sera même transformé en test d’avion nucléaire, le Convair « Crusader » !).  Et ce, au moment où Curtis le May (1) dans sa folie anticommuniste, a décidé de faire voler ses appareils 24 heures sur 24, ce qui représente une prouesse, étant donné les difficultés à maintenir les moteurs de la bête en bon état de marche.  L’appareil qui s’était écrasé au Canada n’avait que 185 heures de vol !

Le crash en Colombie Britannique

L’engin était tellement long qu’on a séparé son équipage en deux groupes distincts dans des compartiments pressurisés, reliés par un tunnel interne (comme le B-29).  Si bien que son évacuation ne pouvait se faire en un seul ensemble de personnel parachuté.  C’était fastidieux et cela nécessitait une excellente discipline d’équipage.  Le 13 février 1950, un B-36 de l’escadrille US 436 du SAC quitte sa base d’Eielson près de Fairbanks en Alaska pour une mission prévue pour 16 heures de vol devant le mener à sa base d’origine de de Carswell à Fort Worth, au Texas.  A bord, ils sont 17 cette fois-là.  Après à peu près 6 heures de vol, il rencontre de l’air glacé à 40 000 pcrewmateieds (12 200 m) et de multiples messages d’alertes d’incendie de moteurs, même quand il descend à 15 000 pieds (4500 m).  Trois moteurs se retrouvent alors en feu sur six !  Tout s’enchaîne vite alors qu’il s’approche de Prince Rupert.  Le chef de bord annonce l’abandon de l’avion alors qu’il est encore au dessus de Queen Charlotte Sound : les cinq premiers parachutés, tombés dans l’eau, ne survivront pas aux températures glaciales.  Parmi eux il y avait eu l’infortuné Pollard, dont on connaît le sort désormais Le Capt. Barry, le leader et l’un des douze survivants, avant de sauter, avait choisi de survoler l’eau pour y balancer sa cargaison : une bombe de type IV, larguée paraît-il avec une tête nucléaire factice (l’avion emportant avec lui toujours la vraie, en ce cas !).  L’équipage aurait eu le temps de voir l’explosion classique déclenchée à son impact, celle de charges imaginées pour que les soviétiques ne s’en emparent pas au cas où l’incident serait arrivé au dessus de l’URSS.  La bombe s’était donc obligatoirement éventrée au contact de l’eau (ce que décrit justement notre pêcheur, qui ignorait son sort avant de la découvritr).  Le radio, le sergent Trippodi, avait laissé l’émetteur de bord fonctionner, l’avion ayant été mis en vol automatique pour aller s’écraser en direction du Pacifique.  Le pilote et le copilote de l’avion, posés en parachute, retrouveront le sergent la tête en bas accroché à un arbre, pendant 12 heures, gravement blessé à la tête et aux épaules.  L’ayant descendu, ils le laissèrent sur place pour aller chercher une équipe de secours canadienne.  L’avion, lui, avait totalement disparu… car au dernier moment, il avait effectué une rotation vers la droite, le ramenant vers les terres canadiennes…

Une découverte qui pose question

map-of-bc-lost-nuke-196x196Il faudra attendre 4 ans pour qu’on le retrouve officiellement et fortuitement, lors d’une expédition de cartographie organisée par les canadiens le 22 juin 1956 : l’Operation Stikine, du Geological Survey of Canada. Le B-36 avait pas mal dévié de sa course (voir ici à droite) et avait fini par se vautrer tout seul, à bout de carburant, sur le mont Kologet, à 1650 mètres d’altitude. Sa découverte allait révéler de bien étranges choses.  En 1998, ” un rapport, « Environmental impact study of crash site of usaf bomber” écrit par Doug Davidge (2) laisse en effet planer pas mal de questions sur ce qui était resté de visible du crash, ou sur ce qu’on avait bien voulu laisser sur place, le site ayant visiblement été visité par des personnes bien au courant de ce qu’ils devaient y trouver… Un compteur Geiger abandonné avait été laissé par ces « visiteurs »: il était en réalité encore rangé dans un container protégé par un coussin d’impact qui avait été parachuté semble-t-il après la catastrophe.

Un site de crash « visité » avant sa découverte !
imagesMais il y a eu plus étrange encore, à cet endroit, comme j’ai déjà pu l’écrire ailleurs : « parmi le matériel qu’ils ont découvert en 1956 a été une boîte non ouverte attaché à un parachute. Le boîtier, identifié avec des marques de l’US Air Force, contenait un compteur Geiger. D’autres débris ont également été trouvés dans les environs. Après avoir étudié l’ épave, les membres de l’équipe de la CGC a spéculé qu’un avion de l’USAF s’était écrasé à proximité ces dernières années et que la boîte contenant les compteurs Geiger est un équipement qui a été parachuté sur le site par une équipe d’enquête de l’USAF. Pour une raison quelconque, le matériel n’a jamais été récupéré. Sur place, les enquêteurs découvrent en effet, quarante ans après, les vestiges du crash, présentant les traces d’un intense incendie. Et d’autres traces : celles d’explosifs apposés notamment sur les vestiges des moteurs : on a détruit sciemment ce qui était resté intact. Le site a été visité discrètement et « nettoyé » par une équipe d’artificiers envoyés par l’Air Force. L’équipe fera une découverte assez sensationnelle ce jour là : une valisette en alucrashmimium (ici à droite), contenant encore 4 des 36 détonateurs nécessaires à une bombe atomique de type ancien ou de type Mk4 ! Les fameux Krytrons. A deux pas, une autre boîte contenant un lot complet d’explosifs même pas utilisés ! Une autre boîte, toujours attachée à son parachute ! Les chercheurs ne concluront certes pas à la présence de radioactivité sur le site…. Les résultats préliminaires de l’enquête de terrain indiquent qu’il n’existe pas de matériels hautement radioactifs sur le site du crash de B-36 sur le mont Kologet. triggerMais on peut quand même mettre en lumière un fait inquiétant : laisser sur place des détonateurs de bombe nucléaires (ici à gauche), par ailleurs vendus des millions de dollars, parfois fort recherchés par des individus (voir ici) relève de la plus totale inconscience ! C’est l’élément-clé de la fabrication d’une bombe atomique, et il manquait 32, dans le boîte !!! La bombe larguée était-elle si factice que ça ? Mais cet accident, qui cachait bien des secrets, ne fut pas le seul, hélas »… avais-je écrit ici dès le 9 juin 2010.

Et ces avions avaient des bombes atomiques à bord !

Le Canada connaîtra d’autres déboires du même tonneau, avais-je aussi rappelé dans le même article : « le 10 novembre 1950, un B-50 en difficultés de moteurs avait largué sa bombe Mk4 au dessus de la rivière St-Laurent au Quebec : la bombe démunie de sa tête explose conventionnellement en l’air, mais répand 45 kg d’uranium appauvri dans le fleuve. Les canadiens apprécient, c’est sûr. Viennent plus tard Palomares et Thulé, dont j’ai déjà abondamment parlé ici aussi. Là aussi, on décontaminera… pressé par le public, au contraire des accidents de 1950 restés pour la plupart inconnus…. Le sous-marin Star III, dépêché sur place, à Thulé, ne retrouvera pas la bombe manquante…. » ;crash-b-36-22-novembre Et il y en a eu d’autres encore, d’accidents liés à l’appareil qui brûle si facilement en vol… le 22 novembre de la même année, un autre B-36 (le 44-92035) effectue des exercices de tirs et des bombardements au dessus de  Matagorda Island. Tout se passe mal ce jour-là  : les canons font tellement vibrer l’appareil que son électronique se dérègle et on n’arrive pas à les faire rentrer dans l’appareil une fois avoir tiré (c’est une des particularités de l’engin).  Deux moteurs sont arrêtés sur l’aile gauche : ils chauffent trop. La soute à bombe se coince et il reste des bombes d’exercices dedans. Le moteur n°5, à droite commence à fumer: il est en train de flamber ! L’ordre d’évacuation est donné. Parmi l’équipage, le Flight Engineer M/Sgt. Edward Farcas aura de la chance : son parachute ne s’étant pas lui-même déclenché en tirant sur la corde le retenant, il l’avait sorti « manuellement » de son sac !  Deux membres d’équipage se tueront avec des parachutes ouverts trop bas.  Au sol, l’avion explosera, avec son kérosène et ses bombes encore en soute.  On ne distinguera que la partie arrière, à la fin de l’incendie. Le B-36 n’est pas un avion maudit, mais pour certains ça en est pas loin…

 

17-equipage-titre

 

L’endroit de la découverte correspond aux archives sur le crash

carte-bombLa bombe larguée au-dessus de Boyle Point, près de Pitt Island (dans « l’Inside Passage » de Vancouver Island) gisait donc éventrée au fond de l’eau depuis 66 ans.  Fait troublant, Sam Smyrichinsky affirme avoir décelé dans les débris au moins un « pit » à savoir le noyau atomique de l’engin (ici à gauche), placé au dernier moment en vol pour rendre la bombe active.  Ça l’a beaucoup intrigué, ce qu’on peut entendre ici sur la prise de son.  Exactement comme « Gadget » et « Fatman » qui en avaient été équipées.  La description exacte, également, du noyau 49-LCC-C d’une bombe de type IV.clip_image004  John Clearwater, dans son livre « Broken Arrow, the world’s first lost atomic bomb », on peut lire ce qui a dû se passer et à quoi on a échappé de peu… « Pour protéger les secrets de la bombe sur cette mission, des documents secrets déclassifiés de la Force aérienne des Etats-Unis indiquent qu’elle a été larguée de 1400 mètres d’altitude. La bombe qui a chuté au nord-nord-ouest de Princess Royal Island en Colombie-Britannique. Des membres d’équipage ont témoigné. Ils ont vu exploser 1.100 mètres au-dessus de l’eau. »Je voulais me débarrasser de ça et la détruire parce que … je ne pouvais voir un (Russe) venir la repêcher du fond », a déclaré le co-pilote Lt. Raymond P. Whitfield Jr.route-b-36 Le capitaine Barry et son co-pilote Ray Whitfield sont en désaccord sur ce qui est arrivé quand ils ont essayé de laisser tomber la bombe. Selon Barry, « Nous nous sommes dirigés sur l’eau à peu près à 9000 pieds (2700 m) et le broken-arrow-lossco-pilote a couru vers les portes de la baie de bombe et a frappé le commutateur de largage et d’abord rien arrivé, donc il a frappé à nouveau et cette fois-ci ça s’est ouvert ». Cependant le, co-pilote, le Lt. Raymond P. Whitfield Jr. se souvient des choses de cette façon: « »les portes de la soute de la bombe bloquaient, donc j’ai commandé le tir manuel et l’arme a été larguée via les portes de soute partiellement ouvertes. » La meilleure version suggère que la bombe Mk-4 qui a été abandonnée au-dessus de l’océan Pacifique a explosé au-dessus de la surface de l’eau. La détonation a détruit toutes les preuves de la bombe. C’était, ou c’est devenu, la procédure d’exploitation standard pour SAC face à la perte possible d’une bombe atomique. Nous avons vu voyons cette procédure répétée en novembre 1950, avec la chute d’une bombe atomique dans le fleuve Saint-Laurent par un bombardier B-50 en détresse lors d’un vol de Goose Bay à Tucson, Arizona. La bombe qui a chuté avait explosé, et l’équipage avait réussi à piloter l’avion à Limestone AFB dans le Maine. »

Les accords pas très nets entre le Canada et les USA

Celle tombée dans le St-Laurent ne sera reconnue que… 50 ans après les faits par l’administration municipale de la petite ville de Saint-André-de-Kamouraska, dans le Bas-Saint-Laurent. On voyait alors qu’elle était tombée au-dessus de Rivière-du-Loup.  Larguée par le B-50 numéroté 46-038 alors en difficulté de moteurs (lui aussi).  La destruction programmée de la bombe sans explosion nucléaire avait néanmoins contaminé la région : 45 kilos d’uranium radioactif s’étaient répandus, avec les 2,2 tonnes d’explosifs déclenchés lors de l’explosion.  Les occupants de l’avion.  La base US de Goose Bay dont était parti l’appareil (qui utilisait les mêmes moteurs que le B-36) pour rejoindre Davis-Monthan dissimulait alors pas moins de onze bombes atomiques de type Mk4 (Mark 4).  Lors de l’incident, pas moins de 17 B-50 devaient participer à un exercice (depuis le 24 août 1950, 65 bombardiers B-29 et B-50 avaient lui domicile à Goose Bay, avec 1400 soldats, la guerre de Corée venant de se déclencher le 25 juin qui précédait  !!!). tentesLe premier ministre canadien de l’époque, Louis Saint-Laurent, grand partisan de l’Otan, qui plus tard enverra des troupes canadiennes en Corée, puis à Suez, avait effectivement donné l’autorisation aux Américains de déployer sur le territoire canadien des bombes atomiques.  Comme prétexte, le public avait appris que la base de Goose Bay était seulement celle des avions « ravitailleurs » des B-50.  Un peu avant en septembre, un de ces B-50 parti de Tucson en route vers Goose Bay s’était écrasé, après avoir connu 3 moteurs en panne sur 4 (le Pratt & Whitney R-4360, moteur maudit ?).  Ci-contre à droite l’équipage entier survivant, avec son camp de fortune fait de parachutes. Au sol, ils avaient marqué dans la neige « 16 OK » pour être secourus. La « coopération » canadienne perdurera, on l’a déjà vu ici, avec les « Lancasters » à feuille d’érable détecteurs de poussière d’explosions atomiques ou de bombardiers russes immobilisés sur la banquise… (lire ici dans « L’Opération Pieds Froids »).

Sam Smyrichinsky est-il bien tombé sur ce vestige de la guerre froide ? Beaucoup de points de sa description semble vouloir le dire.  On en saura bientôt plus; à moins que la marine canadienne aille bien vite repêcher tout ça…et ne nous en parle plus guère après, pour faire oublier le rôle du Canada durant la période… chez CBC Canada, on a déjà choisi un autre thème, en claironnant en titre de façon assez imbécile « UFO? Lost Cold War nuclear weapon? Canada’s navy to investigate object found off B.C. coast ». M’aurait étonné qu’il n’y en ait pas un qui nous réoriente de nouveau vers des crétineries, là… histoire de noyer… la bombe.

(1) lire ici le genre d’individu:

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/assassinat-de-john-kennedy-la-109288

(2) lire ici

http://users.waymark.net/proweb/brokenarrow2.htm

sources :

http://wikimapia.org/15534520/Broken-Arrow-Crash-Site-USAF-B-36-44-92075-Feb-13-1950

sur les « pits »

http://www.bredl.org/sapc/pu_reportiii.htm

The Fat Man’s uranium

sur FatMan

http://blog.nuclearsecrecy.com/tag/plutonium/

liste des « Broken Arrows »

http://www.atomicarchive.com/Almanac/Brokenarrows_static.shtml

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-141204

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-141213

On peut relire aussi :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/atom-heart-fucker-saison-6-les-75643

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/le-rechauffement-climatique-et-la-47070

conclusion de l’article : « selon certains, il manque au moins entre 12 et 15 bombes nucléaires. D’autres parlent de 60 incidents graves. La carte des 15 principaux accidents nucléaires ou pertes connus est ici.« 

http://mentalfloss.com/article/17483/8-nuclear-weapons-us-has-lost

http://io9.gizmodo.com/5664390/5-times-we-almost-nuked-ourselves-by-accident

http://www.npr.org/templates/story/story.php?storyId=18587608

Cette bombe a été annoncée comme « découverte » en février 2015  mais l’article qui l’a évoqué est un simple canular, hélas… (faut vraiment être imbécile pour faire ce genre de choses et laisser comme excuse « for entertainment purposes only ») :

http://www.snopes.com/media/notnews/warhead.asp

Les photos illustrant l’article ont en effet toutes été pompées sur un site allemand ayant évoqué en 2014 le sujet des objets dangereux laissés au fond des mers. Evoquer le faux avec de vraies photos pour la seule gloire du buzz. Quelle crétinerie !

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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A propos de ghostofmomo

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5 Commentaire

  1. avatar

    Et chez Bolloré, avec toujours la même approche approximative :

    http://www.directmatin.fr/monde/2016-11-07/une-bombe-nucleaire-disparue-depuis-1950-retrouvee-au-canada-742088

    c’est du grand n’importe quoi:

    « Une bombe nucléaire Mark IV avait ainsi été chargée à bord, afin de vérifier que l’avion était capable de transporter une telle charge.  »

    le B-36, conçu après le B-29 avait été construit EXPRES pour pouvoir la transporter !!! il vole déjà depuis 4 ans en 1950…

    « Le B-36 s’était écrasé après que ses moteurs ont pris feu, une partie de l’équipage ayant eu le temps de s’éjecter avec des parachutes. Sur 17 personnes présentes à bord, 5 n’avaient pas survécu. Placé en autopilote, l’avion était allé s’écraser en pleine mer. Ses débris n’avaient été retrouvés que trois ans plus tard, mais pas la bombe présente à son bord »

    il s’est écrasé sur terre sur le mont Kologet… les coordonnées sont dans Wikipedia !!!!

    Selon l’armée américaine, la bombe était remplie de TNT mais pas de plutonium, et ne pouvait donc pas provoquer d’explosion nucléaire.

    la bombe contenait uranium ET plutonium.

    le noyau était enfermé dans une « birdcage » comme celle-ci:

    http://www.3084adg.us/capsule_storage_and_maintenance.htm

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    Merci pour toutes ces précisions. La pêche aux ovnis semble compromise:)

  3. avatar

    Pitt Island is not even close to Haida Gwaii, but just south of Prince Rupert.

  4. avatar

    merci de la précision géographique. Thanks !

    aux dernières nouvelles ce n’est pas encore la bombe qui a été vue au fond: : not the good one !

    http://www.telegraph.co.uk/news/2016/11/26/missing-cold-war-nuclear-bomb-remains-mystery-canadian-navy/