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Le Qu?bec au 21e si?cle: le pr?sent, le probable et le possible

Image Flickr par Grands parcs Montr?al

Les Notes de Sutton sont r?dig?es par Christian Lamontagne.

Une fen?tre de l?histoire s??tant referm?e derri?re nous, l?exploration de notre identit? montre par o? et comment ?mergent le dynamisme cr?atif et l??lan vital devant les d?fis actuels et ? venir.

Il y a quelques jours, j?ai lu d?une traite La fatigue politique du Qu?bec fran?ais, une s?rie de courts essais de Daniel D. Jacques, publi? en 2008. J?essayais depuis plusieurs mois de mettre la main sur cet ouvrage parce que j?avais l?intuition que les observations du philosophe pourraient enrichir et se croiser avec les miennes. Bien que nous ayons pris des perspectives assez diff?rentes, nous avons bien regard? le m?me objet avec des points de rep?re de m?me nature, ce qui nous m?ne ? des conclusions similaires. La principale est que ?la fen?tre ouverte [vers l?ind?pendance politique du Qu?bec] par l?histoire se referme lentement derri?re nous?.

Dans la conclusion ? son petit recueil, Daniel Jacques a m?me des accents proph?tiques en ayant anticip? la disparition du Bloc Qu?b?cois et l??mergence d?un nouveau regroupement ind?pendantiste visant clairement l?ind?pendance du Qu?bec. Seul le sc?nario envisag? pour le Parti Qu?b?cois ne se r?alise pas tout ? fait comme pr?vu pour le moment, ? cause, entre autres, de l?arriv?e de la Coalition Avenir Qu?bec, mais le mouvement de fond est bien le m?me.

La fermeture de la fen?tre
Pour prendre la pleine mesure de la fermeture de la fen?tre historique, la lecture de la recherche du d?mographe Marc Termote, Perspectives d?molinguistiques du Qu?bec et de la r?gion de Montr?al (2006-2056), publi?e en septembre par l?Office de? la langue fran?aise, permet d?en arriver ? des conclusions g?n?rales fermes, quel que soit le sc?nario pr?cis qui se r?alisera. En 2031 les francophones auront perdu leur majorit? depuis ? peu pr?s dix ans sur l??le de Montr?al, la grande r?gion de Montr?al ne comptera plus que 63?% de francophones alors que le reste du Qu?bec demeurera francophone ? plus de 93?%.? Autrement dit, le Qu?bec sera coup? en deux d?mographiquement, l?avenir du fran?ais est d?j? probl?matique sur l??le de Montr?al et sa force d?attraction est largement compromise dans toute la r?gion montr?alaise. C?est la conclusion explicite de la rigoureuse ?tude de Termote.

Devant cette r?alit?, la realpolitik n?est plus une option mais une n?cessit? politique et une obligation morale.

Ceci signifie en premier lieu de mettre de c?t? la perspective et l?objectif de l?ind?pendance politique. Rien ne nous permet de croire que cette option peut rallier une majorit? de citoyens.? Il semble que cette conclusion soit partag?e aujourd?hui par la plupart des Qu?b?cois. Cela ne signifie pas que l?ind?pendance du Qu?bec ne se r?alisera jamais mais qu?elle ne se r?alisera jamais selon les perspectives avec ?lesquelles elle a ?t? pens?e depuis 1960. Pour le moment, elle ne peut m?me plus ?tre l?objet d?un quelconque sc?nario. Les tendances d?mographiques, qui sont parmi les lourdes, les plus lentes et les plus difficiles ? faire bouger, nous interdisent de penser autrement.

D?autre part, la conjoncture mondiale, que ce soit dans ses dimensions ?conomiques, politiques et environnementales, entra?ne tout le monde dans un s?isme majeur. Est-il possible de penser que cela n?est qu?un mauvais moment ? passer et que les choses vont doucement rentrer dans l?ordre? Et si on essayait de regarder les choses de mani?re vraiment diff?rente?

Les trois niveaux de notre identit?
La r?alit? appara?t toujours sous quatre aspects?: une perspective subjective individuelle (ce que nous pensons et ressentons), une perspective objective individuelle (ce qu?un observateur ext?rieur peut dire de nous en observant notre corps et notre comportement), une perspective objective collective (ce qu?on peut voir de l?ext?rieur?: famille, clans, regroupements, institutions, entreprises, pays, modes de production, etc.) et une perspective subjective collective (comment notre culture, au sens le plus large possible, pense et consid?re les choses).

Ces quatre perspectives sont simplement les quatre dimensions de tout ?v?nement, ph?nom?ne et ?tre vivant. Nos pens?es, notre corps, notre milieu et notre mani?re de consid?rer les choses constituent un tout indivisible dont nous ne pouvons jamais dire qu?une dimension est absente, m?me si nous consid?rons g?n?ralement les ph?nom?nes dans une seule de leurs dimensions.

Ces consid?rations peuvent sembler tr?s th?oriques mais elles sont essentielles pour d?crire et comprendre la situation dans laquelle nous nous trouvons,? comme citoyens qu?b?cois, quelle que soit notre langue, notre communaut? et notre origine. Il sera surtout question, dans ce qui suit, de notre dimension subjective collective.

J?ai re?u de nombreux commentaires, par courriel et sur le blogue, ? la suite de mes deux blogues pr?c?dents sur l?avenir du Qu?bec. Ces commentaires ont tous fait ?tat implicitement, et parfois explicitement, des diff?rents niveaux ou ?couches? de l?identit? des Qu?b?cois ?pure laine?. Le niveau qui d?finit sp?cifiquement la majorit? des Qu?b?cois est, bien s?r, la couche de fond ?canadienne-fran?aise? que nous r?sumons parfois par le mot ?nous?. La seconde, qui? recouvre notre couche de fond, est la couche ?occidentale? de la modernit?, ?caract?ris?e par l?individualisme et le mat?rialisme. La troisi?me est la couche de la postmodernit? qu?on pourrait caract?riser tr?s sommairement par le relativisme et l??mergence d?une conscience plan?taire (repr?sent?e symboliquement par l?image de la Terre vue de l?espace). Il peut exister bien d?autres couches mais celles-l? sont certainement les plus courantes et les plus universelles.

Deux de mes commentateurs ont bien saisi le poids de l?individualisme et du mat?rialisme dans l?esprit de notre ?poque. L?un a dit?: ?Parfois j?ai l?impression qu?il est trop tard, que notre relative prosp?rit? ?conomique et la spiritualit? mat?rialiste qui en d?coule, nous anesth?sient et nous font craindre les cons?quences d?un plongeon dans l?inconnu.?? L?autre?: ?Notre propre culture (occidentale) repose sur des fondements qui sont la n?gation la plus radicale [de la pens?e collective], ? savoir l?individualisme et le mat?rialisme.? La plupart des gens partageront sans doute ces observations sur les caract?ristiques du lieu et de l??poque.

L?identit? ? trois couches des ?pure laine? ne me semble pas contestable?: elle forme les bases de notre culture commune. Cette identit? nous rend sensibles ? trois niveaux de r?alit? et colore la perception que nous en avons. Notre couche postmoderne est sensible ? l?environnement et capable d?appr?cier la diversit? des cultures mais a de la difficult? ? d?terminer son ?chelle de valeurs.? La couche occidentale consomme all?grement et manifeste un individualisme pouss?. Et la couche canadienne-fran?aise tol?re mal d??tre, en pratique, ni?e et malmen?e dans la r?alit? du Canada et des dix provinces. La lutte pour l?ind?pendance politique du Qu?bec ne s?est jamais manifest?e qu?en lien avec la couche ?canadienne-fran?aise?, que ce soit politiquement, ?conomiquement ou culturellement. On peut penser que si cette ?lutte n?a pas abouti au r?sultat souhait?, c?est, entre autres raisons, ?parce que beaucoup de gens n?y retrouvaient pas les niveaux moderne et postmoderne de leur identit?.

Cette grille permet de voir comment et dans quelle mesure les identit?s de nos concitoyens d?origine anglo-saxonne, des membres des Premi?res Nations et des n?o-qu?b?cois de toutes origines diff?rent chacune ? leur fa?on de l?identit? des ?pure laine?.

Et il n?est pas difficile de constater que les membres des Premi?res Nations sont dans une situation passablement plus critique que tous les autres Qu?b?cois?: un pied dans une r?alit? ancestrale n?ayant pas de base ?conomique dans la soci?t? actuelle, un autre dans la postmodernit? qu?ils partagent avec tous, et un troisi?me dans le statut ?autochtone? dont on ne sait pas vraiment quoi faire. S?ils participent et s?int?grent ? la soci?t?, la r?alit? ancestrale dispara?t. Je n?irai pas plus loin sur ce th?me ici, mais il est fondamental de s?y arr?ter et d?y trouver une issue parce que si r?alit? concr?te concerne principalement de petites communaut?s invisibles aux yeux de la soci?t?, le besoin de vivre et d?assumer avec fiert?, au plan symbolique, des identit?s ? plusieurs niveaux, nous concerne tous. Comme Canadiens-fran?ais et Qu?b?cois, nous devrions ?tre particuli?rement sensibles ? cette r?alit?.

Le probable au niveau global
Une question me taraude l?esprit?: comment penser, respecter et donner forme ? nos trois couches d?identit?? C?est une autre formulation de la question que ?Daniel Jacques se? pose, ? la fin de sa r?flexion?: comment nous donner une politique plus r?aliste qu?une improbable ind?pendance politique, en accord avec notre situation historique? ? partir de cet ajustement au r?alisme politique, quelles perspectives s?ouvrent ? nous?

Les trois couches de notre identit? ne sont pas une simple affaire subjective de culture, car elles ont leur contrepartie bien concr?te. Dans les manifestations objectives de notre r?alit? collective, chaque couche ou niveau de ph?nom?nes d?termine certaines probabilit?s dans les couches inf?rieures.

Par exemple, les changements climatiques, la pr?dominance de l?anglais comme langue internationale et la mondialisation de l??conomie (des centres d?appel ? l?exportation des mati?res premi?res) entra?nent certaines probabilit?s au niveau local. Bien concr?tement, au Qu?bec, le plan Nord et l?industrie de l?aluminium, entre autres, illustrent bien notre insertion dans ce niveau global d??changes. Essayer de se mettre ? l??cart de ce niveau de r?alit? produit? des Cor?e du Nord, des communaut?s d?Amish ou hassidiques et, pourrait-on dire, aucune autre perspective d?avenir que la marginalisation. Quant ? l?id?e d??chapper aux changements environnementaux plan?taires?

Autrement dit, l??mergence et l?intensit? du niveau global d??change repr?sentent des forces auxquelles aucune soci?t? ne peut ?chapper. Si vous avez le moindre doute ? ce sujet, voyez comment nous avons v?cu et vivons depuis 20 ans l?influence d?terminante du mode de production et des forces de production, une id?e de Marx, avec l?apparition d?internet et la transformation de la Chine en atelier mondial. La majorit? des habitants de la Terre, et nous plus que d?autres, ressentent et profitent bien concr?tement du mouvement de la grande roue de l?histoire.

Je vais sauter le niveau ?moderne? de notre r?alit? car il est d?j? bien incrust? dans nos habitudes de consommation, notre mat?rialisme, notre individualisme et, aspect un peu trop souvent n?glig?, nos syst?mes politiques d?mocratiques. Nous arrivons donc ? l?identit? canadienne-fran?aise et au contexte local d?abord qu?b?cois, ensuite canadien.

Le possible au niveau local
Le niveau local, s?il ne peut pas ?chapper au mouvement et ? l?influence du contexte global, entretient trois types de relation avec les niveaux sup?rieurs. ?La premi?re relation d?termine certaines caract?ristiques et possibilit?s du niveau sup?rieur. Par exemple, si le Qu?bec ?tait un pays, il participerait ? la d?finition de politiques au niveau international. Mais, pour nous, c?est le Canada qui joue ce r?le, comme on l?a vu avec le sort du protocole de Kyoto. Le deuxi?me type de relation, comme je l?ai montr? plus haut, est passif?: nous ne pouvons ?chapper ? certains effets du niveau global comme les ?changes commerciaux, la langue de communication internationale et l??volution du climat.

Le troisi?me type de relation est la mise en forme locale des contraintes des niveaux sup?rieurs. Pour les pays, les peuples, les r?gions et m?me les villes, c?est ? ce niveau que les forces de niveau sup?rieur prennent leur forme concr?te.

L?exemple actuel de l?Europe, o? les peuples refusent d?abandonner le contr?le de leur destin au niveau ?europ?en?, d?montre assez explicitement que l?uniformisation de toutes les politiques et la disparition des caract?ristiques locales ne sont pas accept?es. Et,? philosophiquement, on pourrait facilement argumenter qu?elles ne sont pas acceptables?: un ?cosyst?me n?est-il pas riche et vivant dans la mesure o? il est compos? d?un grand nombre d?esp?ces? Les membres de l?Union europ?enne refuseront donc que le Parlement europ?en d?termine leurs politiques locales. Au Qu?bec, on a vu r?cemment que l?abandon du registre des armes ? feu et le projet de loi C-10 sur les jeunes contrevenants ont rencontr? une opposition suffisamment unanime pour ne pas rester sans cons?quences politiques ? long terme.

Alors comment l?identit? canadienne-fran?aise et qu?b?coise peut-elle mettre en forme ce avec quoi elle doit composer? Deux mouvements semblent d?j? clairs.

En effet, il est probable que la mise au rancart de l?id?e d?ind?pendance du Qu?bec aura comme premi?re cons?quence? le renforcement des mesures visant l?usage et le rayonnement du fran?ais dans la soci?t? qu?b?coise. Simplement parce que nous y tenons, que c?est notre langue de communication et que notre contexte est particulier. Bien s?r, ces mesures n?auront en elles-m?mes qu?un effet mineur sur les tendances d?molinguistiques ? long terme?car le contexte canadien, nord-am?ricain et mondial est trop lourd. Cependant, il est clair que ce sont des mesures l?gitimes et qu?elles peuvent recevoir un appui passablement unanime dans la soci?t? qu?b?coise.

On peut aussi penser qu?une certaine part des ?nergies consacr?es ? la question nationale sera d?sormais canalis?e dans les d?bats sur l?organisation interne de la soci?t?, comme la r?apparition de la polarit? gauche-droite commence ? le montrer, entre autres sur le syst?me de sant? et le syst?me scolaire, et dans les questions d?environnement. Une autre partie pourra s?investir plus librement dans toutes les activit?s ?conomiques de la soci?t?, des affaires ? la recherche. Et une derni?re, esp?rons-la petite et passag?re, se refermera un peu d?prim?e sur le domaine personnel.

Il y a cependant un aspect de la lutte pour l?ind?pendance du Qu?bec qui me semble essentiel et? qui doit ?tre remplac? par quelque chose de similaire?: ce projet a fait battre le c?ur du Qu?bec pendant au moins 30 ans. Les artistes l?ont chant? et lui ont donn? forme dans leurs ?uvres. Il y avait, dans ce r?ve et cette vision, un dynamisme cr?ateur qui donnait vie et faisait avancer toute une soci?t?.? Peut-on retrouver ce type de dynamisme plut?t que de seulement ??g?rer efficacement?? une soci?t? qui ne sait plus quels sont ses points de rep?re et ses valeurs fondamentales?

Je crois qu?on ne peut r?pondre ? cette question? sans consid?rer les choses sous un angle tr?s personnel. Tout autre type de r?ponse n?est que de la th?orie. Donc, comment puis-je trouver un dynamisme cr?ateur qui ne laisse rien de c?t? ni dans l?ombre?

Il est fondamental, ici, de consid?rer les trois niveaux et les quatre quadrants de notre identit??et de leur donner coh?rence. Sinon, on laisse des choses dans l?ombre ou on les r?prime. Exemples?: si je n?accorde aucune attention aux changements climatiques et ? leur rapport ? mon mode de vie, comment puis-je concevoir les politiques de mon pays concernant l?avenir de la plan?te et r?fl?chir ? mes propres habitudes de vie? Si je n?accorde aucune attention ? la couche canadienne-fran?aise de mon identit?, comment puis-je concevoir les relations avec les Premi?res Nations ou le Canada? Si je me contente de consommer sans accorder la moindre importance ? ma vie int?rieure, comment puis-je dialoguer avec des gens qui pratiquent une religion? Personnellement, je consid?re que je ne peux rien rejeter de la r?alit? et c?est ? cette condition que je retrouve un dynamisme cr?ateur, que je per?ois la continuit? et la coh?rence du monde et que j?y vois ma petite place.

?videmment, je ne peux plus m?identifier ? un seul niveau de ma r?alit?. Selon les ?v?nements et les circonstances, j?en consid?rerai un ou l?autre, mais sans jamais oublier ou nier les autres. Ce type d?identit??int?grale a une caract?ristique fondamentale : elle repr?sente un principe vital, un niveau d?organisation actif, dynamique, cr?atif et autocr?ateur. Si l?on devait construire une identit? ?qu?b?coise? incluant tous les citoyens, francophones, anglophones, n?o-qu?b?cois allophones et membres des Premi?res Nations, pourrait-elle ?tre autrement?

Une phrase d?Arnaud Desjardins, ma?tre spirituel fran?ais r?cemment d?c?d?, me vient ? l?esprit?: ??Regardez tr?s loin ? l?horizon vers quoi vous allez et regardez de tr?s pr?s o? vous posez les pieds, pas apr?s pas.?? Je cite cette phrase totalement hors de son contexte de m?thode d?investigation spirituelle, mais elle me semble tout ? fait pertinente dans la situation pr?sente.

Aucune soci?t? actuelle, o? que nous regardions, ne repr?sente un mod?le id?al convenant ? toutes les autres. Il faudrait, pour cela, qu?elles aient au moins des niveaux similaires de d?veloppement. Mais certaines s?en tirent mieux que d?autres et pr?sentent des caract?ristiques qui favorisent l?harmonie et la coh?sion sociales?: pas trop d??carts de revenus, une grande importance ? l??ducation, une bonne fluidit? sociale, des soins de sant? accessibles ? tous, un r?gime d?mocratique. Il existe d?j? des points de rep?re consensuels et bien document?s, dont ce qu?on appelle les ??d?terminants sociaux de la sant?. Mais le sentiment g?n?ral devant l??tat des choses est celui d?un immense d?sarroi?: les syst?mes locaux sont d?sorganis?s sinon carr?ment en crise, les anciennes alliances ne tiennent plus et nous sommes en train de modifier le climat. Si cela ne s?appelle pas une crise de civilisation, je me demande ce que c?est!

Dans ce contexte, disons que la perte de momentum du mouvement ind?pendantiste appara?t comme un sujet secondaire. D?une certaine mani?re, je crois que la naissance de la CAQ est tout ? fait symptomatique du mouvement g?n?ral qui bouleverse le monde. Mais nous sommes encore ? cent lieues du regard neuf et des perspectives g?n?rales que la situation exige.

* * *

? 62 ans, je me dis que si les circonstances me sont favorables, j?en ai peut-?tre pour une vingtaine d?ann?es. ? cette ?tape de la vie, vingt ans repr?sentent ? peu pr?s l?intervalle d?une grande respiration. On laisse tomber les d?tails, on se concentre sur les vall?es et les montagnes, les fleuves et la mer.? On regarde ? l?horizon vers quoi on souhaiterait aller pendant 100 ans si on avait encore vingt ans et surtout comment on souhaiterait y aller.

Ce que je souhaite et l?esprit dans lequel je le souhaite ont une parent? certaine avec, par exemple, la d?marche du groupe suisse Politique int?grale, n? officiellement en mai 2011.? Quand je parle d?int?grer nos trois niveaux d?identit? et les quatre perspectives de toute chose, ils en fournissent un exemple plut?t unique en ce moment. Pour en avoir une id?e, vous pouvez plonger directement dans diff?rents documents de synth?se de leurs visions et positions. C?est la Suisse et c?est autre chose que le Qu?bec sur le plan local, mais pour le reste, on s?y? retrouve passablement.

* * *

J?arr?te ici cette longue pr?sentation des fondements de ma vision actuelle des choses. Bien s?r, le possible n?y a pas ?t? vraiment abord?. Il me semblait d?abord essentiel de fermer la porte et de regarder la r?alit? en face. La suite des choses rel?ve de la cr?ativit? et du dynamisme collectifs.

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4 Commentaire

  1. avatar

    Article vraiment, très intéressant.

    Par contre, si je fais un parallèle entre moi, qui parle français et mon voisin, qui parle italien, nous échangeons ensemble , en anglais, pour sauver le coût d’un INTERPRÈTE, tout simplement.

    L’anglais ne devient qu’un « outil » pour que nous puissions échanger des idées. Aucun de nous n’aurons jamais la volonté de devenir « Anglais ». Il n’est donc pas question de « changer d’identité »; malgré que nous sommes tous les deux conscient et acceptons, au départ, d’être Canadiens.

    Cependant, lorsque des autorités canadiennes décident de faire des Anglais avec tous les Canadiens, alors là, un problème fait surface et il doit être réglé assez rapidement.

    Même si le Québec devient un pays, il incluera toujours des citoyens d’origine autre que « française »; et le Français, rencontrera les mêmes objections futures que l’Anglais rencontre aujourd’hui. Il ne sera pas plus « honnête » de vouloir faire des « Français » avec tous les Québécois.

    Actuellement, les discussions sur les « identités nationales » ne changent rien au problème de survie que l’humanité traverse. Le problème est l’asservissement de TOUS les individus, quels qu’ils soient, à une oligarchie économique MONDIALE.

    Comment échapper à cette oligarchie, sinon en s’en écartant? Comment s’écarter de cette oligarchie, sinon en établissant notre autonomie économique? Et, enfin, comment éviter d’installer une autre oligarchie en ne changeant pas le système politique qui a établit celle-ci?

    Tout cela me semble assez loin de la simple philosophie.

    Amicalement

    Elie l’Artiste

    • avatar

      Échanger des idées dans une lanque autre que celle des protagonistes (français-italien) est bien là le problème André. De sûcroit dans la langue principale du dominant mondial. (Dominus vobiscum)

      La langue est le véhicule de la culture.
      Je ne peux passer sous silence toute l’implication neurolinguistique* porteuse d’une idée, détournée par une autre langue, une autre culture.

      Pour le reste je suis de ton avis.

      DG

      * la démarche de modélisation, les modèles ainsi construits, mais aussi une certaine « façon de regarder le monde ».

  2. avatar

    « Je ne peux passer sous silence toute l’implication neurolinguistique* porteuse d’une idée, détournée par une autre langue, une autre culture. »

    À ce sujet, j’ajouterais que de posséder une seule langue exerce une influence sur la « structure » du développement neuronal causé par la « structure » de cette langue.

    Maîtriser plusieurs langues ajoute au développement de la structure neuronale de l’individu. Lui donnant la possibilité d’avoir une pensée plus « ouverte » et une « vision » beaucoup plus « large » sur un sujet.

    Mais là, c’est un tout autre sujet, même s’il est complémentaire.

    Amicalement

    André Lefebvre

  3. avatar

    @ CL

    Nous sommes d’accord, à cette distinction près je crois que la fenêtre d’opportunité s’est fermée avec la mort de Daniel Johnson et a été verrouillée à la Crise d »octobre. Plus optimiste que vous, je pense que nous pourrions garder une identité significativement originale et culturellement porteuse en mettant les efforts qu’il faut pour garder un Québec « français » et en renonçant à une indépendance qui n’est qu’un piège à jocrisses.

    Je parlais en ces termes il y a déjà une vingtaine d’années…

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/08/29/un-quebec-au-canada/

    Pierre JC Allard