• Le Président tchadien, Idriss Deby Itno, une victime

    5 février 2008 | 5 commentaire(s) | 367 affichage(s)

    Il est né, Idriss Deby, en 1952 à Berdoba près de Fada, il ne s’agit pas de Fada au Burkina Faso, mais Fada du Tchad, il est membre de l’ethnie Zaghawa, proche de l’ethnie Toubou. Il est président du Tchad depuis le 1er décembre 1990, date à laquelle il a chassé du pouvoir, avec l’appui de la France, son ancien compagnon d’armes Hissène Habré après une période de lutte armée à partir du Soudan. Dans l’objectif d’avoir les plus Grandes faveurs ancestrales, Idriss Deby prend le nom de son père et devient Idriss Deby Itno. Réélu le 3 mai 2006 pour un troisième mandat avec 64,67 % des suffrages exprimés. Selon la presse internationale, le fils d’Idriss Deby Itno, Brahim Deby, qui était destiné à la succession de son père au pouvoir, est assassiné le 2 juillet 2007 en France, à Courbevoie.

    Voici une excellente biographie d’Idriss Deby Itno selon Afrique Express
    « Idriss Deby Itno est né en 1952 à Berdoba à côté de Fada dans le nord-est du Tchad, d’un père berger. Musulman de l’ethnie Zaghawa, il est plus précisément Bilieda (les habitants de la région de Bilia), un sous groupe des Bideyat, lui-même sous groupe de la grande ethnie des Zaghawas que l’on trouve des deux côtés de la frontière tchado-soudanaise Après avoir passé son baccalauréat, il a fait l’école d’officiers de N’Djaména, puis obtient en 1976 une licence de pilote professionnel en France. De retour au Tchad, il collabore avec Hissein Habre, entré en rébellion en mars 1980, contre Goukouny Weddeye, après l’éclatement du Gouvernement national de transition (Gunt) formé cinq mois plus tôt. Hissein Habre nomme alors Idriss Deby commandant en chef des Forces Armées du Nord (FAN). Le 7 juin 1982, Habré entre dans N’Djamena avec Deby à ses côtés poussant Goukouny Weddeye à s’exiler en Algérie. Promu colonel, il se rend en France où il suit les cours de l’Ecole de guerre inter-armées (1986-1987). De retour au Tchad, il est nommé conseiller d’Habré pour la défense et la sécurité. En 1989, rien ne va plus entre Habré d’une part, et Deby de l’autre, mais aussi son cousin Hassan Djamous qui l’a remplacé au poste de commandant en chef et son demi-frère Ibrahim Itno, ministre de l’Intérieur. Accusés de complot, les trois hommes prennent la fuite. Tandis que Djamous est tué, Idriss Deby réussit à gagner la Libye, puis le Soudan, où il créé en mars 1990 le Mouvement patriotique de Salut (MPS), mouvement rebelle. Le 1er décembre 1990, ses forces s’emparent de N’Djaména et chassent Habré qui se réfugie au Sénégal. Il est porté à la présidence du  » Conseil d’Etat  » dès le 4 décembre 1990, puis  » désigné  » par le MPS, président de la République le 28 février 1991 après l’adoption d’une Charte Nationale qui accorde tous les pouvoirs au président et reporte à 30 mois l’instauration du multipartisme Investi président, il promet la tenue d’une Conférence nationale ayant pour tâche principale l’élaboration d’une nouvelle Constitution Mais Deby traîne des pieds et rien ne se passe. Le président français, François Mitterrand, dépêche alors, en juin 1992, Christian Quesnot, son chef d’état-major particulier, qui arrive à N’Djaména avec dans ses bagages plusieurs  » conditions  » au maintien de la présence militaire française dans le cadre de l’opération Epervier : réduction des effectifs de l’armée, tenue de la Conférence nationale, puis formation d’un gouvernement de transition, libération des prisonniers politiques, respect des droits de l’homme, reprise en main de l’administration financière de l’Etat.
    Deby, qui sait qu’il n’a pas les moyens de contrer les ambitions de la Libye sans l’aide militaire de la France, a compris le message et la Conférence nationale de réconciliation se tiendra du 15 janvier au 7 avril 1993. La Conférence nationale adopte une Charte de transition, chargée de régir le pays jusqu’à la mise en place d’institutions démocratiques, après l’adoption d’une nouvelle constitution par référendum. Entre temps, Deby est promu général de corps d’armée le 21 février 1995. Il remportera les deux élections présidentielles pluralistes de1996 et de 2001, deux scrutins farouchement contestés par ses opposants. En juillet 2003, il est hospitalisé à l’hôpital Américain de Neuilly sur Seine en France. Le 26 mai 2004, le parlement entièrement dominé par son parti le MPS, adopte une modification constitutionnelle qui supprime la limitation des mandats présidentiels, auparavant fixée à deux. Le projet de révision a été intégralement adopté, à main levée, par 123 voix pour, 0 contre et une abstention, les députés de l’opposition ayant refusé de voter en quittant l’hémicycle. Son goût pour le maintien au pouvoir est sans doute lié à une nouvelle donne pour le Tchad : depuis octobre 2003, le pétrole coule en direction du port de Kribi au Cameroun »

    Aujourd’hui, Idriss Deby Itno est encerclé par une bande de rebelles pro-soudanais dans la capitale tchadienne. N’Djamena attend, toute fébrile, une confrontation entre armée et rebelles, a rapporté Jeune Afrique, l’Intelligent. Pourquoi n’a-t-il pas quitté le palais rose pour une destination africaine ou française ? Est-ce une expression de ses qualités militaires ? Idriss Deby, va-il perdre son fauteuil ? Telles sont des questions qui méritent des réponses.

    La rébellion contre Itno

    Dans son article Deby Itno contre Deby Itno, paru à J.A., Christophe Boisbouvier soulignait que l’opposition non armée avait appelé au boycottage de la présidentielle du 3 mai prochain. Les rebelles font tonner le canon dans l’est du pays. Le chef de l’État sortant fait front. Le 3 mai (2006) prochain, on va voter au bruit du canon, disait un commerçant de N’Djamena sur un ton désabusé, avait rapporté Jeune Afrique, l’Intelligent.

    Lire l’extrait de Faso presse, qui elle-même le tient de Le Monde et d’AFP :
    « ….Plus grave, son clan se lézarde à la faveur de la guerre civile qui embrase le Darfour voisin. Son entourage lui reproche de ne pas soutenir ses « frères » zaghawa de la province soudanaise. Le malaise gagne l’armée et, en mai 2004, le pouvoir du président, que l’on dit gravement malade, vacille sous le coup d’une tentative de coup d’Etat militaire. A partir d’octobre 2005, les désertions d’officiers et les défections de proches s’accélèrent et vont grossir les rangs d’une rébellion de plus en plus menaçante, qu’il accuse le Soudan d’armer. Malade et fragilisé par un conflit qui l’oppose à la Banque mondiale sur la gestion des pétrodollars, Idriss Deby échappe à un nouveau coup d’Etat le 14 mars qui sera suivi d’une nouvelle tentative des rebelles qui échoueront aux portes de N’Djamena en avril. Ce n’est que partie remise, la rébellion installée au Soudan s’organise et de vient de plus en forte. Des combats, auxquels il participe, font des centaines de morts en novembre et en décembre 2007 avec les différentes factions dans l’est du pays. Celles-ci concluent une alliance en décembre et réussissent, à partir de leur bases soudanaises, à traverser le Tchad et en cinq jours d’est en ouest pour investir N’Djamena, la capitale symbole du pouvoir »

    Qui veut déloger Itno du palais rose ?

    Depuis les rééditions militaires dans son propre camp, le président tchadien, tantôt déjouant un assaut sur N’Djamena, la Capitale, tantôt dénonçant avec virulence l’implication de son homologue, Omar El Béchir du Soudan, dans la guerre qui l’oppose aux factions rebelles en quête de son pouvoir, Fauteuil présidentiel devenu juteux depuis que l’Or noir coule du Tchad au Cameroun voisin.

    Il est clair que les ennemies d’Idriss Deby Itno viennent de l’intérieur comme de l’extérieur : il s’agit du Soudan en la personne d’Omar El Béchir en complicité avec l’empire chinois. Il s’agit de Deby lui-même, qui dans sa mauvaise gestion a fini par créer une atmosphère difficile à gérer et dangereux pour lui-même et les ses proches. Mais peut-on reprocher à un homme qui a pris le pouvoir de mal gérer son pays alors que le pouvoir a toujours été conquis au Tchad par les armes. Curieux, le pouvoir au Tchad vient toujours du Soudan. Deby pourra-il démontrer le contraire à Omar El Béchir ?

    Pourquoi déloger Itno ?

    Déloger Deby revient à changer le contrat d’exploitation de l’Or noir tchadien. Les rebelles étant soutenues par le soudan dont 85% du pétrole s’exporte vers la Chine, il est clair que la Chine, au vue de ses besoins énergétiques, a crucialement envie de mettre son grappin sur le pétrole du Tchad. Si Deby quitte le pouvoir, l’Or noir tchadien ne va plus couler vers le Cameroun mais vers le Soudan. L’objectif de la chine est d’obtenir du pétrole mais celui d’Omar El Béchir est de se venger de l’Homme qu’il avait aidé et soutenu contre son ancien ami, Hissène Habré, lui-même compagnon d’arme de Deby Itno.

    La France souffle le chaud et le froid pour faire partie du consortium qui exploite le pétrole tchadien, un consortium jusqu’à présent Américaine et Malaisienne. Comment Itno a-il osé défier la Françafrique en excluant les firmes françaises de son juteux butin de guerre ? Deby a-il oublié les années 1989 où il était dans le maquis ? Où il ne portait pas de beaux costumes ! Le faite que Deby est assiégé donne du crédit à tout chantage de la part de la France. Qu’est ce qu’un homme assiégé ne donnera pas pour éviter la honte à l’africaine ? Tout. Il est clair que la France n’a pas intérêt que Deby soit délogé du palais rose, elle a juste besoin qu’il comprenne que sans la France, Deby n’est rien. La potion politique des hommes d’affaires français fera de nouveau ses preuves aux jeux de la communauté internationale, et contre la volonté des peuples africains.

    Deby n’a pas intérêt à quitter le palais rose, car il sera probablement déféré comme Hissène Habré devant les tribunaux internationaux. Il a sûrement peur du syndrome Taylor. Je pense que tous les dictateurs africains craignent ce syndrome.

    Les puissances étrangères et l’Or noir tchadien

    Trois puissances étrangères sont en jeux au Tchad, il y’a la France, qui ne faisant pas partie du Consortium pétrolier qui exploite au Tchad utilise la voie du chantage pour s’insérer. Il y’a le Soudan en complicité avec l’empire pékinois. Enfin, nous avons les États-Unis qui peut-être soutienne Deby Itno, étant donnée leur présence dans le consortium. Il s’agit, probablement, encore d’un combat France/USA pour du pétrole africain. Il est certain que Deby restera au pouvoir, mais pas pour servir le Tchad, ni lui-même, mais juste pour servir des intérêts internationaux, et lorsqu’il deviendra inutile, comme Mobutu, il sera simplement jeté, si possible piétiné dans les rue de la belle N’Djamena. L’ingratitude, l’ingratitude.

    Idriss Deby Itno est victime des pétrodollars. Les choses étaient beaucoup plus calmes avant la découverte de l’Or noir tchadien. Qu’il s’en aille ou non, cela ne changera en rien le bien être des tchadiens et tchadiennes. Tant mieux pour lui s’il peut rester…

    Je vous suggère de lire l’article « Tchad : bataille France/USA pour le pétrole » de LEBLOGFINANCE.

    D’AFP, Le Monde, Afrique Express, l’encyclopédie libre Wikipedia, Faso presse, Wikipedia, etc.

  • 5 commentaires

    • leuk

    Ne surtout pas négliger le fait que Débit est un dictateur sanguinaire qui tyrannise ses populations depuis des années…
    Ne pas oublier aussi la corruption qui ronge ce pays depuis des années aussi.
    Alors, la recette est simple, faites le parallèle aussi avec le Kenya, les rebelles ce sont des populations qui en ont marre. c’est tout. et puis un dictateur arrivé au pouvoir par coup d’État évincé par un autre coup d’État, ce n’est vraiment pas un scénario si nouveau en Afrique…
    Alors, les pays étrangers et la manne pétrolière, je veux bien croire, mais dites-moi si un seul africain est content de son dirigeant…pétrole ou pas pétrole…
    S’ils avaient la possibilité, toutes les populations africaines se transformeraient en rebelles dès demain…
    P.S. Attention aux fautes d’orthographe, et aux très très longues citations, ça alourdit beaucoup votre article.
    Bien à vous

    • Delwinde-Hermann Tapsoba

    C-Delwinde-Hermann Tapsoba

    Bonjour Cher Monsieur,

    Je suis content de votre analyse. Permettez-moi d’apporter d’autres idées à votre brillante intervention sur CentPapiers, la plateforme québécoise du journalisme citoyen.

    Le fait que les populations africaines cherchent à renverser leurs dirigeants à la moindre occasion peut être analysé en deux points.

    Le premier est que la plupart des pays sont sous dictature. Je suis donc d’accords avec votre analyse si je considère cet aspect.

    Cependant, ces dictatures sont voulus par certains occidentaux car elles permettent de rendre nos présidents indésirables à nos yeux et de maintenir la pression sur eux pour piller les abondantes ressources africaines que sont les minerais et les hommes qualifiés que nos économies ont mis tant d’années à former et qui constituent une main d’œuvre moins chers pour les pays riches car ces pays n’ont rien investi dans leur formation.

    Ce que les africains doivent faire pour corriger le système c’est d’adopter la démarche contraire, c’est-à-dire ne pas chercher systématiquement à destituer les dictateurs mais les corriger pour qu’ils adoptent de bons comportements, peut-être même aller jusqu’à garantir une non poursuite après avoir quitté le pouvoir.

    Le syndrome Taylor est une mauvaise chose pour l’Afrique car il ne permet pas à certains dictateurs qui, fatigués par l’exercice du pouvoir, ne peuvent oser quitter ou instaurer une vraie démocratie qui conduirait à la perte de ce pouvoir temporel.

    Je n’encourage pas les dictatures en Afrique, mais si les peuples tchadiens sortaient dans la rue pour soutenir Débit, quelle intérêt aura-t-il à rester longtemps au pouvoir ou à ne pas développer le pays ?

    Je pense que cette chasse aux dictateurs instaurée par l’occident ne sert que ses propres intérêts.

    Merci bien pour me signaler les fautes dans mon article, merci.

    • Delwinde-Hermann Tapsoba

    Les citations dans l’article que vous dites êtres longues sont très utiles pour moi. Il faut souvent reconnaitre l’importance des autres presses. Je suis sûr que CentPapier ne s’y oppose pas.

    Que sera une presse sans les autres.

    • Delwinde-Hermann Tapsoba

    Je suis content de la stabilité de mon pays. Je ne suis pas intéressé à renverser des hommes sans être sûr de mieux faire, chose incertaines.

    Il est inutile de remplacer une dictature par une autre…Il est toujours inutile de renverser une dictature, ce qu’il faut c’est instaurer des contrepouvoirs…

    • Delwinde-Hermann Tapsoba

    Voici un nouvel article sur l’evolution de la situation au Tchad.

    Idriss Deby Itno n’est pas un petit soldat de rang

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