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Le po?le ? moules

 

Je ne pense pas que l?on puisse comprendre quelque chose ? la vie si on n?a pas une petite id?e de l?Histoire. On l?enseigne si peu qu?un ?l?ve ?tait certain que l?internet existait en 1973? C??tait ?crit dans le livre d??mile Ajar, ?La vie devant soi?. Il a d? lire le livre plusieurs fois?. La vie est toujours devant soi. Mais pour en faire quelque chose de bien, il faut la voir ? travers la vie derri?re soi. Dans la culture de l?instantan?it?, rien n?a de sens, sinon les ego bomb?s, torsad?s,

Mieux encore, ma grand-m?re n?avait pas l??lectricit?, mais son internet fonctionnait au bois? Elle devait allumer le po?le pour parler ? quelqu?un sur Skype? En fait, c??tait si compliqu? qu?elle pr?f?rait aller chez le voisin jouer aux cartes.

Mais ? quoi sert-il de dire ?a? Ce qu?on aime, c?est le pr?sent. L?ignorance c?est de croire que tout a chang?. Oui, tout a chang?? Les connaissances, les vraies, servaient ? la vie. Elles ?taient concr?tes et utiles. Le progr?s, c?est d?avoir pass? ? une belle et color?e culture de l?inutile, de la consommation de ce qui passe. Bref, la culture du fugitif.

Une maison sans fondation?

***

Moult moules?

Ce ?que la plupart des gens sont en train de devenir est ???subtilement??,?un moule. Oui un moule. Ils ach?tent un moule de ??personnalit?. Un moule de carri?re. Un moule? Press?s comme des citrons. Robotis?s. Le moule, c?est l?avenir? Alors, le pass? ne sert plus ? rien. Le pass?, c?est comme les vieux: il n?a plus de valeurs. C?est un d?chet? C?est une biblioth?que, mais une biblioth?que comme celle des nazis: ? br?ler, ? cendrer.

Jadis, l?artisan fabriquait de ses mains, avec lenteur, dans sorte de ??paisibilit? quasi religieuse, ?l? ?o? le temps et les respires est proche de la ?m?ditation. Il ?vivait dans une ?pri?re li?e ? son travail. Travailler ?tait un acte spirituel? Un acte difficile, dur physiquement? ?Ce n??tait pas paradisiaque. Mais dans un certain sens, c??tait au rythme des saisons, des vents, du matin, du soir, et l?on savait dormir sans avoir appris?

Ce que j?essaie de tenter de faire saisir, de prendre conscience, est que ces soci?t?s soi-disant ?volu?es sont revenus ? un esclavage astucieux, mais bien camoufl?. Autrement dit: la civilisation actuelle ne peut pas produire de citoyens dans lequel les valeurs seraient sup?rieures et ??profondes??. Au contraire, le but d?un monde strictement livr? ? la marchandisation ne peut produire qu?un citoyen teint? de marchandisation. ?Il est marchandise sans le savoir?

Le moule est le chemin le plus court pour ??r?ussir?? sa vie dans un monde totalitaire, dans lequel on ameublit et fige tout citoyen dans le but seul du profit pour le profit. Le credo martel? est de vous faire croire que vous allez r?ussir selon la recette de LEUR r?ussite.

Dans un environnement psychosocial falsifi? et martelant la valeur de l?individualisme, ce bain social et plan?taire, le liquide amniotique dans lequel baignent les ??futurs?? citoyens, ne peut produire un individu d?une certaine ??qualit?. Car l?environnement n?est plus de qualit?. ?La horde des barbares raffin?s ne peut et ne veut pas d?un citoyen ??pensant?? mais d?un citoyen pens?.

D?s lors, m?me dans le meilleur des mondes et des intentions, puisqu?on se nourrit de cet ?tang barbouill? et brass? de plus en plus chaque jour, c?est un art que d??chapper ? l?appel du moule.

La facilit??

Le syndrome du moule c?est de se fier ? l??tat pour faire quelqu?un de vous.

Et plus le ??monde?? bouille, plus la marmite a tendance ? sauter. C?est triste et navrant de se rendre compte que nous payons une famille de sculpteurs qui n?on rien ?? voir avec la Vie.

Mais nous sommes l?che d?acheter les moules.

L??tat n?est pas un artisan, c?est une usine?

Ga?tan Pelletier

2 novembre 2014

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    Le désordre et la confusion sont en place, l’asservissement presque total et les quelques soubresauts qui pourraient (avec beaucoup d’imagination) nous faire croire à de possibles changements ont tous un point commun: un contrôle accru (de gré ou de force) sur nos vies et nos conditions de vie. Les contraintes sont nombreuses. Il suffit d’en prendre conscience.

    Toute liberté (celle pondue pour nous) sera de plus en plus soumise. Je crains de toute façon que nous ayons perdu depuis longtemps le véritable sens du mot liberté. Elle est devenue le symbole passif d’opposition aux mesures austères et aussi esclavagistes, desquels elle conteste les droits (ou l’absence de droits) dont elles usent en se référant à ses propres droits qui lui ont été consentis par ceux-la même qui font pression sur elle, alors que par définition elle n’a pas à s’y mesurer, encore moins à se limiter à des droits et ultimement ne doit pas se les laisser dicter.

    Les droits sont des mesures de société. La liberté, par définition, ne peut être soumise à aucune mesure, encore faut-il se rappeler de quoi elle est faite, ce qu’elle représente et ce qu’elle signifie.

    Elle se définit donc uniquement par ses droits maintenant, ce qui est trompeur et inutile. Cette liberté a donc échoué en se définissant par le regard des oppresseurs et elle porte faussement le nom de liberté.

    La liberté ce n’est pas un droit, ni un choix, c’est un état et nous avons laissé encadrer un état, une manière d’être, comme on empêche de sourire sur une photo passeport en forçant le naturel à ne plus l’être par décision.

    J’avais demandé à une commis d’épicerie de joindre un poivron vert à ma commande (faite par téléphone). Elle semblait embêtée et m’a fait répéter: Un seul poivron? Je lui ai confirmé que oui… j’en désirais un seul car je n’avais besoin que des graines qu’il contenait pour faire pousser d’autres poivrons et qu’un seul poivron en contenait suffisamment. Ah… me dit-elle, je ne savais pas qu’on pouvait faire pousser les poivrons de cette manière… Humains moulés. C’est triste quand on y pense.

    Cette lacune sera bientôt beaucoup plus généralisée, la connaissance liée aux éléments de liberté (l’autonomie étant incontournable) subit la même courbe que la notion de liberté elle-même: elle est en chute libre.

    Le moule répond à tous les besoins… auquel il veut bien répondre (il nous oblige peu à peu à renoncer à toute forme d’autonomie) et force un lessivage des notions naturelles d’instinct, de curiosité et de liberté essentielles à tout individu, tout en le forçant à vivre en contradiction avec lui-même puisqu’il est en perpétuel combat d’adaptation entre sa nature utile à lui-même et celle utile au moule. Vivre en contradiction a pour effet de pétrifier l’individu en défiant les notions de logique qui lui permettraient une meilleure perception du merdier au moyen duquel on l’oblige à participer à sa mise en esclavage et ultimement à sa reddition au moule. On peut donc parler d’abrutissement. C’est de cette adaptation maintenant que nous tentons d’obtenir plus d’avantages en en appelant des droits et libertés … et en confondant notre état d’esclave avec celui d’homme libre… auquel on a consenti le droit de revendiquer, lequel n’a aucune incidence sur le moule, sauf qu’il crée l’illusion de ne pas s’y sentir trop à l’étroit… jusqu’à quand est un autre débat:)

    Pathétique: Faire appel à ses droits c’est être le prisonnier victime d’une erreur de jugement, emprisonné, privé de liberté, qui obtient le droit de fumer une cigarette. Peu à peu il s’emploie à s’approprier ce droit de façon définitive alors qu’il suffit qu’on le relâche pour qu’il n’ait aucun combat à faire. Il n’y aurait donc que l’emprisonnement (terme qui désigne de façon générale toute mesure impliquant la soumission) qui puisse conférer des droits… et en présence de droits on peut extrapoler qu’il y a absence de liberté.

    C’est dérangeant comme constat, mais il faut perdre quelques illusions si l’on veut pouvoir s’affranchir d’un moule mental odieusement trafiqué et cesser d’avaler toutes les formules qui nous privent de liberté.

    Article inspirant:) Merci.

    Elyan