Inscrivez-vous pour participer au site : commentez, rédigez et communiquez !
http://www.centpapiers.com/ Le journal citoyen du Québec pour la francophonie
26 décembre 2010 |
0 commentaire(s) |
vu 1 139 fois Lettre : Annie Landry à Hélier, L’Anse-à-la-Cabane
Îles-de-la-Madeleine
Sur ce thème, se tenait, le jeudi 9 décembre à Cap-aux-Meules, une conférence de M. Jean-Marc Carpentier. Le pétrole, nous le savons, est une formidable énergie, une incroyable richesse. Lors de son exploitation en mer, des calamités peuvent arriver. Ce sont des accidents, nous dit M. Carpentier. Ça n’empêche pas la Norvège, dans la mer du Nord en Europe, d’exploiter le pétrole à fond. Il omet de dire qu’en 2007, il s’est produit là un important déversement. De toute façon, ça fait partie des risques, selon lui.
Devant une telle affirmation, on ne peut s’empêcher de se demander: quelle est l’ampleur ces risques? Le Devoir du 13 mai 2010 rapporte en effet que, dans le golfe du Mexique seulement, entre 2001 et 2007 (sur 6 ans), il s’est produit 1 443 accidents impliquant 23 plateformes pétrolières. Ces accidents ont causé 356 fuites d’huile et occasionné 41 décès. Ces chiffres, bien sûr, ne tiennent pas compte de la récente catastrophe du Deepwater Horizon.
Si nous considérons la planète entière, non seulement le risque zéro n’existe pas mais, selon d’autres sources, les risques seraient plutôt de l’ordre de 20%. Ce n’est pas rien. N’empêche que notre conférencier nous dit que dans le golfe du Mexique, à Terre-Neuve, en Norvège, on l’exploite, le pétrole en mer. Ça se fait, ça marche et c’est payant. C’est si payant qu’en Norvège, par exemple, on a réussi à constituer un fonds de 300 milliards $ afin de dédommager les générations futures pour l’épuisement d’une ressource non renouvelable et l’augmentation des émissions à effet de serre.
M. Carpentier va encore plus loin dans cette logique. Il nous rappelle qu’en septembre dernier se tenait à Montréal le Congrès mondial de l’énergie. Lors de ce congrès, on a parlé des pays en émergence, comme la Chine et l’Inde, qui réclament leur juste part de pétrole. En effet, on prévoit que d’ici peu un milliard de personnes gagneront 10 000$ par an et consommeront du pétrole. Un milliard de personnes disposant de 10 000$ par an, ça fait beaucoup de milliards. La loi de l’offre et la demande ferait que le pétrole deviendrait rare et cher. Quelle opportunité! Si on reprend cette logique d’explosion du marché, il est facile de prévoir qu’un gisement comme Old Harry, à 80 km des Îles-de-la-Madeleine et 100 km de Terre-Neuve, pourrait valoir, dans cinq à 10 ans maximum, des milliers de milliards. Quelle formidable richesse en effet! Peut-être pourrions-nous choisir de mettre cette formidable richesse «en valeur» en la laissant «prendre de la valeur» sur cinq, 10, 15, 20 ans? À l’envers de la Norvège, peut-être pourrions-nous choisir de laisser au fond du golfe, le temps qu’il faudra, ce fonds pour les générations futures. Peut-être les générations qui viennent, justement, sauront-elles mieux que nous exploiter avec ménagement, discernement, équilibre ces ressources non renouvelables, de plus en plus difficiles d’accès, rares et précieuses.
Pour le moment, associé aux changements climatiques, l’inévitable pic pétrolier nous oblige à nous libérer progressivement des énergies fossiles en favorisant l’adoption des énergies renouvelables. Dans le golfe du Saint-Laurent, nous avons des gisements éoliens reconnus parmi les plus importants au monde. Pourquoi ne pourrions-nous pas ériger de gigantesques plateformes éoliennes dans la mer, capables d’alimenter une partie de l’Amérique du Nord qui réclame plus d’énergies renouvelables? De telles éoliennes offshore existent dans la mer du Nord. Ça marche, c’est créateur d’emplois, en somme c’est payant. De plus, ça serait une industrie conciliable avec nos activités de pêche et de tourisme déjà en place. Peut-être pourrions-nous choisir la richesse sans la calamité?
À l’occasion de Noël et du Nouvel An, je nous souhaite à tous un monde où la conscience de notre interdépendance et de la fragilité de notre environnement guident nos choix de développement endurable.
15
vu 10 918 foisTous droits réservés, Cent Papiers 2006-2011 | Roule sous Wordpress