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http://www.centpapiers.com/ Le journal citoyen du Québec pour la francophonie
21 août 2007 |
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« J’ai le plaisir aujourd’hui de faire part de ma décision de créer au sein du ministère de la défense un Commandement unifié des forces armées pour l’Afrique. » C’est en ces termes que le président américain décidait de la création de l’Africom dans un communiqué publié le 6 février dernier. Il le présente comme étant un moyen qui servira à renforcer la « coopération avec l’Afrique en matière de sécurité et nous offrira de nouveaux moyens d’accroître les capacités de nos partenaires en Afrique. Il nous permettra d’intensifier nos efforts en vue d’apporter la paix et la sécurité aux peuples d’Afrique et de promouvoir nos objectifs communs en matière de développement, de santé, d’éducation, de démocratie et de croissance économique en Afrique. » .
Les belles perspectives telles qu’identifiées par le président américain n’ont, pour l’instant, pas été suffisantes pour convaincre les chefs d’États africains sur une éventuelle acceptation d’hébergement du quartier général de l’Africa Command (Africom).
Les décisions de refus et de méfiance ne se sont pas fait attendre sur le continent africain. C’est d’abord au nord du continent, dans le Maghreb, zone qui est pour l’instant la plus touchée par les mouvements terroristes, que le projet créera les premières réticences. La décision de refus du président libyen, Mouammar Kadhafi, n’a pas surpris grand monde, notamment à cause du froid qui gèle toujours les relations américano-libyennes depuis maintenant des décennies, malgré les quelques tentatives de rapprochements qui ont été notées tout récemment.
Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a aussi décliné l’offre américaine. Cette déclinaison est la conséquence, d’après lui, d’un manque d’information sur l’existence même du projet américain. Aussi, les autorités algériennes accusent n’avoir pas été mis au courant à temps, ce qui leur donnent un argument pour refuser le choix d’Alger comme siège de l’Africom. Et même s’il était informé à temps, il n’est pas certain que le président Bouteflika soit favorable à la proposition, car comme il l’a dit lors d’un entretien avec le journal espagnol ABC : « nous ne sommes pas qualifiés pour décider à la place de l’Afrique ».
Ce refus peut être considéré comme majeur pour des raisons politico-stratégiques. En effet, l’Algérie, en refusant cette offre, semble réitérer son désir de s’affirmer face aux grandes puissances. Rappelons que tout récemment, le président Bouteflika a fait une critique sévère à l’endroit des autorités françaises qu’il accuse d’être atteintes de « cécité mentale ».
Sur le plan stratégique, la présence du GSPC (Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat), qui est devenu depuis janvier 2007 l’Organisation Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), ne facilite pas le choix d’Alger comme siège du commandement. L’acceptation de cette proposition pourrait envenimer la situation déjà préoccupante en Algérie.
Le Maroc, considéré comme le pays le plus proche de Washington, reste aussi défavorable à cette idée. L’Egypte n’a pas été sollicité car elle fait déjà partie du centre de commandement central des États-Unis.
La déception des émissaires de Washington risque de ne pas durer. Apres cet échec au Maghreb, reste à explorer l’Afrique sub-saharienne. Et il est fort probable que cette proposition trouve acquéreur dans cette partie du continent si on considère le poids des décisions de Washington sur un bon nombre de ses alliés africains. Mais pour l’instant la plupart restent méfiants et on se demande bien quels sont les outils de pressions dont Washington dispose dans son armada en cas de refus généralisé. Reste que cette probabilité est très faible et on peut s’attendre à un transfert du commandement, actuellement à Stuttgart, en Allemagne, vers les tropiques d’ici le début des opérations qui sont programmées pour septembre 2008.
Selon certaines sources proches de Washington, la piste de la décentralisation du commandement d’Africom serait à l’étude. Mais ceci ne pourrait toujours pas garantir un accueil favorable au projet si des dispositions ne sont pas prises en vue de dissiper les craintes d’attaques terroristes et d’ingérence politique qui, vraisemblablement, motivent (ou motiveront) la plupart des refus.
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