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Le Parti Conservateur et la nouvelle politique du changement

Dans un certain anonymat m?diatique, la haute sph?re de la fonction publique est en train de subir un chamboulement comme ne se rappelle aucun analyste politique encore en fonction. Tout cela depuis la prise du pouvoir du parti conservateur du Canada en janvier dernier. Le personnel vis? ? Les sous-ministres. Un mouvement qui en dit beaucoup sur le nouveau gouvernement en place.

Ces haut fonctionnaires, qui se retrouvent ? la position la plus d?licate, et la plus haute de l’?chelle de la fonction publique, voient soudainement leur pr?carit? d’emploi augmenter de fa?on drastique.

Le poste de sous-ministre se retrouve, strat?giquement, ? la fronti?re entre la sph?re politique (le cabinet du ministre) et la sph?re publique (le minist?re et ses employ?s). Barri?re ? l’ing?rence politique, ce poste plus que complexe et d?licat est paradoxalement celui le plus instable de la profession. Au gr? du Conseil Priv? et du bureau du Premier ministre, le poste peut, sans avertissement, se retrouver entre les mains d’un grand fonctionnaire qualifi? qui pourra le perdre le lendemain si les vents d?cident de changer de direction.

Malgr? ces incertitudes, une certaine continuit? a ?t? assur?e dans les derni?res d?cennies o? les nominations dans ces postes se sont souvent r?v?l?es ?tre des gens exp?riment?s dans le domaine couvert par leur minist?re. Pourtant, c’est exactement le contraire en ce qui concerne le Parti Conservateur. Depuis que Stephen Harper est ? la t?te du pays, les choses ne sont plus les m?mes.

Lawrence Martin notait, dans le Globe and Mail la semaine derni?re, ce ph?nom?ne inqui?tant : “When you live in a world where options aren’t necessary, I suppose you don’t need much of a bureaucracy” ?crivait-il en citant un haut-fonctionnaire qui venait de se faire montrer la porte en r?f?rence ? la politique s?v?re et lin?aire du Premier ministre. Effectivement, les choses commencent ? ?tre inqui?tantes.

La plupart de ces changements ont vis? des sous-ministres ?tiquet?s comme n’ayant pas d’agenda politique, agissant de fa?on ind?pendante pour le bon fonctionnement de leur minist?re. En remplacement, des employ?s plus en ligne avec les objectifs conservateurs. Autrement dit, des gens qui ne discuteront pas les ordres du bureau du ministre, des ordres qui viendront, eux, directement du bureau du Premier ministre. Un endroit o? l’omniscience semble parfois d?border.

Mais voil?, c’est la nouvelle fa?on de fonctionner ? Ottawa. Le danger guette aujourd’hui tout sous-ministre qui ne se plierait pas au gouvernement nouveau, o? prime l’id?e Harper, qui doit trouver refuge dans toutes les interstices du pouvoir et de ses organes.

Le danger ici est ?vident. En ouvrant ainsi les portes des minist?res, on donne la chance ? des id?es, parfois partisanes, qui ne seront pas n?cessairement vot?es au Parlement, de trouver leur chemin dans des programmes et services des minist?res qui, eux, n’auront mot ? dire sur leur impl?mentation, leur grand patron n’?tant que la courroie de transmission d’une direction qui n’est pas n?cessairement dans les meilleurs int?r?ts des citoyens.

L’importance d’en discuter est donc une urgence ? laquelle il faut tous, en tant que citoyen, s’attarder car c’est la l?gitimit? de nos institutions qui est mise en cause dans cette affaire.

Il faudrait d’ailleurs rappeler ? monsieur Harper que c’est en pr?chant exactement le contraire qu’il peut aujourd’hui s’asseoir aux tables en tant que Premier ministre du Canada.

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  1. avatar

    Et faudra être supris quand un nouveau scandale des commandites (ou toutes autres choses) arrivera…