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Le nouvel An z?ro et le p?ch? d?orgueil

J?sus naquit ? Bethl?em trois ou quatre ans avant le d?but de l??re chr?tienne et son ?uvre fut consacr?e ? tenter de racheter le p?ch? originel. Cet ?v?nement advint peu avant? la mort d?H?rode Ier et le monde occidental en fut transform?, mais, d?un point de vue formel, on attendit presque mille ans et l?initiative d?un moine anglo-saxon vivant au temps de Charlemagne, rest? dans la post?rit? sous le nom de B?de le V?n?rable, et qui ? la mani?re des Romains comptant la date du jour ? partir de la fondation de leur ville, envisagea de dupliquer cette pratique en calculant celle-ci ? partir de la date de naissance du Christ. Apr?s lui, on prit l’habitude de dater l’ann?e en cours ? partir de ce fameux anniversaire. L?apparition de J?sus de Nazareth sur terre marqua donc le d?but d?une nouvelle ?re pour l?Humanit?, mais le d?part effectif du mouvement subit un d?lai trente ans pour cause de vocation tardive, les changements notoires un retard d?un ou deux si?cles en raison du faible d?veloppement des m?dias de l??poque et de l?absence de Facebook, et enfin, comme indiqu? plus haut, la ratification calendaire une attente de plus de huit cent? ans pour des motifs rest?s inexpliqu?s. Il est ? parier que ces regrettables atermoiements ne se reproduiront pas lorsque, d?ici quelques ann?es nous entrerons de plein pied dans l??re de la d?croissance.

Le point de d?part de ce nouvel ?ge sera celui du croisement de la courbe de l?offre et de la demande mondiale de p?trole. En effet, la production d?or noir qui a r?ussi ? satisfaire, gr?ce notamment ? l?Arabie Saoudite, la demande continuellement croissante des pays consommateurs va bient?t devenir insuffisante par suite des effets conjugu? d?une augmentation encore plus grande de la demande mondiale renforc?e par l?app?tit des pays ?mergents, et de la diminution des ressources, nonobstant l?apport de p?troles non conventionnels (schistes, sables, offshore profond, etc?), au demeurant infiniment plus co?teux que ceux extraits des ??champs?faciles?? de Gawhar. Mais, comme pour la naissance de J?sus, cet instant passera inaper?u au moment o? il surviendra, car nombre de paravents seront dress?s devant lui afin de masquer la vraie r?alit? aux yeux d?une population n?ayant d?ailleurs aucune intention d?y souscrire. Cette volont? de cacher, du c?t? des politiques, associ?e au refus d?y croire, du c?t? du peuple, feront ainsi se d?rouler plusieurs ann?es dans l?obscurantisme d?un nouveau dogme, ? l?image du temps qui s??coula entre les premiers travaux de propagande de J?sus et l?av?nement du christianisme.

Mais le parall?le ne s?arr?te pas l??! Le Christ ayant ?t? mandat? sur Terre par le Cr?ateur pour r?parer le p?ch? originel mentionn? plus haut, dans quelques ann?es, c?est Dame Nature en personne qui viendra punir l?Homme pour une autre faute, celle de p?ch? d?orgueil??. Mais si le p?ch? originel ?tait de nature spirituelle, Adam touchant ? l?arbre de la connaissance et du savoir, domaine r?serv? de Dieu et p?chant ainsi par d?sob?issance envers celui qui Sait, mais surtout par outrecuidance de le vouloir mieux conna?tre et, pourquoi pas, se hisser ? son niveau, le p?ch? de l?Homme moderne est de nature ?cologique, instill? par une recherche somme toute similaire car, en s?interrogeant son environnement, l?homme empi?te aussi sur le domaine r?serv? de la nature, voulant objectivement se mettre ? son niveau, voire la dominer.

Contrairement ? une id?e commun?ment r?pandue, le p?ch? de l?homme moderne ne r?side donc pas dans son utilisation controvers?e des ressources naturelles, mais dans le fait qu?il analyse lui m?me sa d?marche dans le m?me temps o? il la poursuit. En effet, ses fameuses actions anthropiques sont en r?alit? sans danger aucun pour la Plan?te qui pourrait survivre sans probl?me ? un hiver nucl?aire prolong? et repartir de plus belle ? partir de deux cafards et trois cancrelats vers un foisonnement de vie encore plus riche que celui que nous connaissons actuellement. Il suffirait pour cela d?attendre quelques milliers d?ann?es, c?est ? dire l?espace d?un battement de paupi?re pour cet astre vieux de 45 millions de si?cles.

La menace de la civilisation industrielle sur la biodiversit?, dont on nous rebat les oreilles, n?est en fait pas plus inqui?tante qu?une brise l?g?re sur un lac tranquille pour une barque de p?cheur, lorsqu?on sait que la Terre a d?j? connu pas moins que six extinctions massives des esp?ces avec chaque fois apparition de nouvelles et r?apparition d?anciennes. A la fin du Cr?tac?, les dinosaures, esp?ce dominante, disparurent pour ne plus r?appara?tre apr?s 160 millions d?ann?es de bons et loyaux services, alors que l?esp?ce humaine n?est pr?sente que depuis 7 millions d?ann?es seulement. Quant ? la pollution, celle de la soci?t? humaine moderne fait p?le figure compar?e aux ?missions de m?thane de ces gigantesques sauropodes qui auraient pu atteindre 520 millions de tonnes par an, chiffre comparable ? celui des ?missions modernes. Et que dire de l??pouvantail du r?chauffement climatique alors que nous savons que la Plan?te a d?j? ?t? beaucoup plus chaude, humide, froide et m?me glac?e selon les ?ges et les temps, en conservant toujours son m?me teint de jeune fille.

Aujourd?hui, le p?ch? d?orgueil humain n?est donc pas constitu? par le fait de puiser dans la dot terrestre, m?me ? un rythme effr?n?, car il est dans la nature de toutes les esp?ces vivantes de suivre le cours de leur instinct sans se pr?occuper des cons?quences sur? la biodiversit?, le climat, la pollution, etc? autant de termes modernes qui consacrent ce fameux p?ch? d?orgueil consistant tout simplement pour l?homme, esp?ce animale ?ph?m?re, ? vouloir r?fl?chir sur ses relations avec la nature, en tirer des conclusions et se targuer de pouvoir infl?chir le cours des choses.

L?homme puise sans compter dans les ressources fossiles, v?g?tales, animales, et alors???. L?homme, pour nourrir une population toujours plus demandeuse, ponctionne la biodiversit? et provoque la disparition de certaines esp?ces, et alors???.. L?homme s?me des papiers gras et des r?sidus d?emballages un peu partout, et alors???. L?homme diss?mine dans l?air des odeurs naus?abondes, et alors???. L?homme fait marcher des usines qui r?chauffent l?atmosph?re (ce qui reste ? prouver), et alors???Tout ceci ne d?range en rien la Plan?te, qui s?en contrefiche et ne menace aucunement la survie ? terme de Dame Nature, qui n?est pas ? un million d?ann?es pr?s?! La v?rit? vraie est que l?homme, en d?gradant ainsi son environnement perd en confort ce qu?il gagne en efficacit?, ce qui lui pose un probl?me insoluble dans la croissance. Et afin de cr?er, pense t?il, une dramaturgie plus en rapport avec sa grandeur, il feint d?ignorer l?essentiel pour battre sa coulpe sur des points de d?tails plus spectaculaires, ? savoir ses maigres atteintes ? l?environnement, et d?tourne une science neutre, l??cologie, ?tudiant l?interaction des ?tres vivants avec le milieu qui les entoure, en une doctrine spiritualo-politique, l??cologisme, qui milite pour la mise en place d?actions visant ? r?duire les effets induits de cette m?me interaction. L?expression couramment entendue de la part de scientifiques plus ou moins ?rudits est en gros celle-ci?: ??nous (sous?entendu nous les hommes, les petits g?nies de l?Univers) avons le pouvoir de d?truire des esp?ces vivantes, mais nous avons ?galement le pouvoir de les prot?ger (sous-entendu de ne pas les d?truire, ou de nous attacher le bras qui les tue, au choix..)??. Et c?est ici, ? ce moment-ci et? dans cette configuration-l? que le p?ch? d?orgueil, insidieux, s?installe?!?..

Car l?homme n?est pas programm? (par la nature) pour pr?voir, mais pour agir, et tel Adam, d?fiant Dieu en grappillant l?arbre de la connaissance du bien et du mal, l?homme industrialis? d?fie la nature en proclamant qu?il la peut la d?faire et la refaire. Ainsi le pouvoir de refaire ou de r?parer prend le pas sur celui de d?faire ou d?ab?mer, et confine au pouvoir absolu, qui est celui de faire tout court. De fil en aiguille, de croissance en d?veloppement, de science en technologie, l?homme civilis? ne se consid?re plus comme simplement le roi des animaux, mais comme le prince de la Plan?te, et, enivr? par son pouvoir de destruction r?ve de ma?triser la gen?se. D?o? son ?cologisme p?cheur, v?ritable offense ? la Divinit? Nature, qui, du haut de sa couche d?ozone se d?sesp?re de voir son rejeton pr?f?r? cumuler les b?vues dans l?exercice de sa mission?:

  1. croire qu?il d?t?riore la Plan?te alors que celle ci en vu d?autres depuis 4,5 milliards d?ann?es,
  2. croire qu?il peut, ou qu?il doit, contr?ler ce qu?il pr?l?ve sur sa dot alors qu?elle ne lui a ?t? livr?e que pour satisfaire ? sa propre jouissance,
  3. r?fl?chir sur son action au lieu de suivre son instinct comme toutes les autres esp?ces,
  4. croire qu?il peut pr?voir ce qui va se passer et modifier en cons?quence son action, alors que sa principale qualit? est l?adaptation ? ce qui arrive (et non la projection dans le futur, sinon cela se saurait depuis longtemps),
  5. etc? etc?.

Bref, l?Homme s?occupe de choses qui ne le regardent pas et le d?passent. Son cerveau, qui fait merveille dans le bricolage inventif, n?est pas pr?vu pour comprendre des notions aussi fondamentales que l?infini ou le commencement, la preuve en est qu?il en est r?duit ? inventer de navrantes sornettes religieuses pour ne pas sombrer dans la neurasth?nie d?valorisante. Il s?engouffre donc en plein dans l?h?r?sie lorsque, par exemple, il s?imagine pouvoir contrer un r?chauffement climatique farfelu qu?il aurait lui m?me g?n?r? en envoyant dans le ciel des millions de panneaux r?fl?chissant destin?s ? filtrer les rayons de l?astre majeur et ?viter ainsi ? la lagune de Venise de s?enfoncer encore un peu plus dans la mer. Ce d?lire de g?o-ing?nierie, derni?r stigmate en date du p?ch? d?orgueil ?cologistique, montre, s?il en ?tait encore besoin, l?errance mentale et le d?sordre spirituel dans nous nous sommes tomb?s.

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