Accueil / A C T U A L I T É / Le mur- la psychanalyse ? l’?preuve de l’autisme

Le mur- la psychanalyse ? l’?preuve de l’autisme

 

15 novembre 2011

Bonjour,

Je me permets de commenter au sujet du documentaire Le Mur-la psychanalyse ? l??preuve de l?autisme. http://www.autistessansfrontieres.com/lemur-site-officiel.php

Avant de dire quoi que ce soit, j’aimerais souligner que je suis agac?e et choqu?e autant par les propos d?un des psychanalystes interrog?s dans ce documentaire que par la d?marche de la r?alisatrice du film et par la mani?re, certainement pas p?dagogique, que ce suppos? ??documentaire?? est pr?sent? sur plusieurs sites web.

J?aimerais pr?ciser ?galement que mes propos sont ? prendre pour ce qu?ils sont?: ceux provenant d?une personne tout ? fait ordinaire, qui ne connait ni la psychanalyse, ni l?autisme. Pr?tendre connaitre un ou l?autre, peu de personnes le peuvent. En effet, l?autisme est un trouble d?une grande complexit?. Quant ? la psychanalyse, peu de gens peuvent vraiment pr?tendre comprendre ce que c?est r?ellement, autant dans la mani?re qu?elle est pratiqu?e en g?n?ral que dans ses th?ories.

Les propos m?prisants de Jacqueline Scheffer
? l?endroit des victimes d?inceste paternel

?

Tout d?abord, j?aimerais communiquer mon profond d?go?t lorsque j?ai entendu les propos de la psychanalyste Jacqueline Scheffer. Voici ce qu?elle dit, et qu?on peut entendre dans le documentaire?:

??l?inceste paternel? ?a fait pas tellement de d?g?t, ?a rend la fille un peu d?bile ,mais? l?inceste maternel? ?a fait de la psychose, c’est-?-dire des f.. c?est la folie. IL peut pas y avoir d?inceste maternel d?un gar?on avec sa m?re sans qu?il y ait un ?norme trouble mental. C?est pas possible?.. avec le p?re, l?inceste est un inceste secondaire? l?inceste v?ritable c?est l?inceste maternel, c?est de p?n?trer la m?re. Les gar?ons qui p?n?trent leur m?re ils sont psychotiques. Alors que la fille non,? les filles, on a beaucoup d?exp?riences de filles avec de l?inceste paternel? qui se d?brouillent pas trop mal. Bon on ne peut pas dire que ?a va tr?s bien, il y en a qui sont tr?s tr?s mal, il y en a qui sont moins mal, pis il y en a qui se d?brouillent eux, autrement. Ce que je disais un peu d?bile. Mais c?est tr?s diff?rent??.

Pour entendre ces paroles de Jacqueline Scheffer, il faut visionner ? partir de la 14e minute de la deuxi?me partie du documentaire?: http://www.autistessansfrontieres.com/lemur-site-officiel.php

M?me si je peux comprendre que ce que voulait peut-?tre dire Jacqueline Scheffer c?est que l?inceste maternel vis-?-vis du gar?on est bien plus grave en terme de cons?quences sur le d?veloppement de l?enfant que l?inceste paternel sur la fille, je suis absolument renvers?e par son manque total de nuance et de sensibilit? ? l??gard de la souffrance, r?elle, des femmes qui ont d?j? ?t? viol?es par leur p?re. Dire que ??l?inceste paternel, ?a ne fait pas tellement de d?g?t, ?a rend la fille un peu d?bile??, fait deux choses?: ?a minimise la souffrance de la victime, en plus de m?priser cette derni?re.

Il faut non seulement entendre les mots de Jacqueline Scheffer, mais aussi voir son visage sur le vid?o quand elle les prononce, pour r?aliser le manque de compassion et de respect qu?elle a envers les femmes qui ont d?j? ?t? viol?es par leur p?re, ces femmes ??un peu d?biles??. Elle prononce le mot d?bile avec un l?ger sourire et avec une mimique de visage d?montrant une absence d?empathie. Juste le mot d?bile ? l?endroit de ces femmes qui ont ?t? viol?es par leur p?re, c?est un m?pris envers ces femmes. Le mot d?bile est un mot p?joratif, et je suis choqu?e, outr?e, d?go?t?e, que ce mot a ?t? prononc? non seulement par une psychanalyste, mais par une psychanalyste de grande renomm?e, une psychanalyste qui a m?me d?j? re?u le prix Maurice Bouvet en 1986.

J?aimerais souligner par contre que, en d?pit de cela, je remarque sur le visage de Jacqueline Scheffer une sensibilit? ? l??gard de la souffrance des femmes qui ont ?t? victimes d?inceste paternel, lorsqu?elle dit?: ??Alors que la fille non,? les filles, on a beaucoup d?exp?riences de filles avec de l?inceste paternel? qui se d?brouillent pas trop mal. Bon on ne peut pas dire que ?a va tr?s bien, il y en a qui sont tr?s tr?s mal, il y en a qui sont moins mal??.

Jacqueline Scheffer nous parle de trois cons?quences de l?inceste paternel chez la fille?: celles qui vont tr?s tr?s mal, celles qui vont moins mal, et celles qui se d?brouillent autrement (les d?biles). Elle d?montre de la compassion pour celles qui vont tr?s tr?s mal et celles qui sont moins mal, mais pour les ??d?biles??, elle n?en d?montre point. Et m?me si elle fait montre de compassion envers celles qui vont tr?s tr?s mal, ceci est en quelque sorte att?nu? par sa premi?re phrase qui dit que ??l?inceste paternel, ?a ne fait pas tellement de d?g?ts??.

J?aimerais ajouter ?galement que, par contre, Jacqueline Scheffer est loin de minimiser la souffrance du gar?on qui a ?t? victime d?inceste maternel. Elle parle du gar?on qui a p?n?tr? sa m?re? Mais c?est extr?mement rare il me semble?. Alors que des p?res qui p?n?trent leurs filles, c?est relativement fr?quent dans notre soci?t?.

Je suis contente que ce documentaire ait pu d?montrer au public ce que pense une psychanalyste de renomm?e.? On peut se demander combien de psychanalystes manquent de la plus ?l?mentaire empathie envers une victime de viol de la part de son propre p?re. C?est sans compter le nombre de psychanalystes qui font du d?ni ? l??gard de cette r?alit? concr?te, pour laisser entendre que les souvenirs d?abus ne sont que des fantasmes. Il faut lire ce qu?a ?crit la d?funte Alice Miller ? ce sujet, une chercheuse sur l?enfance et ex-psychanalyste?: ??la psychanalyse vise ? culpabiliser le patient pour « ?pargner » les parents, ? le faire s’accuser d’avoir des fantasmes l? o? il a ?t? abus? dans son enfance?; en d’autres termes, la psychanalyse veut rendre le patient responsable de ce qu’il a subi, notamment par ses parents?.

Alice Miller raconte dans un de ses livres l?histoire v?ridique d?une m?re qui a surpris en flagrant d?lit le p?re de sa fille qui abusait sexuellement cette derni?re. En bonne m?re qu?elle ?tait, elle a pris la d?cision imm?diate de payer ? sa fille des consultations en psychoth?rapie. ?Apr?s le premier rendez-vous avec une psychanalyste, sa fille est sortie en pleurant du bureau en disant quelque chose qui ressemblait ? ceci ?: ??maman, je ne veux pas retourner voir cette dame. Elle dit qu?elle va m?aider ? trouver pourquoi j?ai le fantasme d?avoir fait l?amour avec papa et pourquoi je veux lui faire du tort??.

Il ne faut certes pas g?n?raliser? ces cas isol?s ??d?abus?? de la part de psychanalystes ? l?ensemble de l?approche des psychanalystes. Mais on a le droit de se m?fier. Beaucoup de psychanalystes ont caus? des immenses torts ? des clients. ?Mais cela ne veut pas dire que la psychanalyse n?a pas aid? bon nombre de gens, ni que les psychanalystes sont tous incapables de faire la diff?rence entre un fantasme et la r?alit?. Il ne faut pas jeter le b?b? avec l?eau du bain avec la psychanalyse et les psychanalystes.

Une propagande anti-psychanalyse

Je me demande quels sont les liens exacts qu?entretien Sophie Robert avec l?organisation Autistes sans fronti?res.

Quand je lis, sur le site web Psychomedia, que ??L’association Autistes sans fronti?res et Ocean Invisible Production pr?sentent un documentaire, Le mur: La psychanalyse ? l’?preuve de l’autisme, qui est une « v?ritable d?monstration par l’absurde de l’inefficacit? de l’approche psychanalytique de l’autisme », je me questionne sur les liens entre les deux organisations. Je me demande si Sophie Robert a contribu? ? la fa?on qu?autistes sans fronti?res a pr?sent? le documentaire.

On ne peut accuser d?embl?e Sophie Robert, la r?alisatrice du documentaire, de la fa?on que son film est pr?sent? sur le web et sur le site d?autistes sans fronti?res, car il n?est pas forc? qu?elle ait souhait? que son film soit ainsi pr?sent? au public. Mais je me questionne sur la d?marche de Sophie Robert, sur sa bonne foi de pr?senter un r?el documentaire, et non un film de propagande antipsychanalyse.

Voici la mani?re que l?organisme ?autistes sans fronti?res? a pr?sent? le film sur son site web?:
??Depuis plus de trente ans, la communaut? scientifique internationale reconna?t l?autisme comme un trouble neurologique entra?nant un handicap dans l?interaction sociale. Tous les autistes pr?sentent des anomalies dans une zone du cerveau, le sillon temporal sup?rieur, identifi?e en l?an 2000 par le Dr Monica Zilbovicius, psychiatre ? l?INSERM. H?las, en France la psychiatrie qui reste tr?s largement domin?e par la psychanalyse, ignore r?solument ces d?couvertes. Pour les psychanalystes, l?autisme est une psychose, autrement dit un trouble psychique majeur r?sultant d?une mauvaise relation maternelle. Sophie Robert a r?alis? une longue enqu?te aupr?s d?une trentaine de p?dopsychiatres-psychanalystes afin de d?montrer par l?absurde (de l?aveu m?me des principaux int?ress?s !) l?inefficacit? de la psychanalyse comme traitement de l?autisme?? .

J?ai visionn? tout le documentaire. Je ne vois pas dans ce documentaire une preuve ? l?effet que les psychanalystes tournent le dos aux neurosciences, comme il est insinu? sur le site web d?autistes sans fronti?res, et comme l?insinue Sophie Robert dans une entrevue. De plus, Bernard Glose (un des psychanalystes interrog?s dans le documentaire) avait ?crit en 2009?: ??je persiste ? penser que l?origine des troubles envahissants du d?veloppement r?pond fondamentalement ? un ensemble de causes multiples et variables selon chaque enfant, d?o? la n?cessit? de recourir ? une approche multidimensionnelle, une approche qui associe de mani?re adapt?e ? chaque cas, diverses mesures d?aide appartenant aux trois registres du soin, de l??ducation et de la p?dagogie??. r?f?rence?: Comme si l?autisme ?tait contagieux. http://www.balat.fr/Comme-si-l-autisme-etait.html

L?autisme est un trouble complexe. Il n?est pas plus scientifique pour un psychanalyste de pr?tendre que l?autisme est caus? uniquement par la relation m?re enfant, que pour quiconque de d?clarer, en 2011, que l?autisme est caus? uniquement par un dysfonctionnement c?r?bral.

Certains psychanalystes diront qu?ils s?int?ressent ? la souffrance de l?enfant autiste et qu?ils tentent de comprendre son monde int?rieur. Cela ne revient pas ? dire qu?on tente de comprendre la cause du trouble, mais qu?on tente, tout simplement, de comprendre le monde int?rieur de l?enfant, qui souffre beaucoup. ?C?est ce dont parle Bernard Glose dans le texte cit? plus haut?: ??personnellement, je pense que certaines techniques ?ducatives sp?cialis?es peuvent ?tre les bienvenues, que certaines r??ducations (orthophonique ou psychomotrice) sont, ? un moment ou ? un autre, toujours n?cessaires, mais que les psychoth?rapies psychanalytiques ont encore une place importante ? tenir, moins pour ?clairer sur la cause intime de l?autisme, que pour nous aider ? mieux comprendre le monde interne de ces enfants dont les souffrances sont immenses, et dont les progr?s eux-m?mes ne vont pas sans faire surgir des angoisses qui doivent ?tre contin?ment ?labor?es pour ne pas freiner l??volution des enfants, et pour leur permettre de s?adapter ? leurs nouveaux fonctionnements. Je plaide donc, encore une fois, pour une approche r?solument multidimensionnelle de ces pathologies si douloureuses.??

Autistes sans fronti?res n?est pas scientifique
dans sa d?marche.

Sur le site web Autistes sans fronti?res, il est ?crit?: ??Depuis plus de trente ans, la communaut? scientifique internationale reconna?t l?autisme comme un trouble neurologique entra?nant un handicap dans l?interaction sociale. Tous les autistes pr?sentent des anomalies dans une zone du cerveau, le sillon temporal sup?rieur, identifi?e en l?an 2000 par le Dr Monica Zilbovicius, psychiatre ? l?INSERM. H?las, en France la psychiatrie qui reste tr?s largement domin?e par la psychanalyse, ignore r?solument ces d?couvertes.??
http://www.autistessansfrontieres.com/

Contrairement ? ce que laisse entendre autistes sans fronti?res, il n?y a pas de preuve qu?un trouble neurologique ? lui seul est la cause de l?autisme.? Le fait qu?on a d?couvert que le lobe temporal sup?rieur est atteint chez tous les autistes ne prouve pas que ce d?faut soit ? l?origine du trouble. ?Pour tenter d?illustrer mon propos, je vais tout d?abord donner un exemple. Il est reconnu en science que le stress augmente le taux de cortisol dans le corps, ce qui induit une diminution de la r?ponse immunitaire. Une diminution de la r?ponse immunitaire peut r?sulter en une maladie physique. Quelle est la cause premi?re de la maladie dans cet exemple, la diminution de la r?ponse immunitaire, ou le stress??

De plus, comme le dit tr?s bien la Dr. Monica Zilbovicius sur le vid?o pr?sent? sur le site autistes sans fronti?res?: ??le fait que beaucoup plus de gar?ons que de filles soient atteints d?autisme ne plaide pas n?cessairement en faveur d?une origine g?n?tique. Il est possible qu?il existe des interactions hormonales avec le cerveau, une vuln?rabilit? du cerveau du gar?on avec certains facteurs de stress??.

Par ailleurs, il ne faut pas s??tonner de constater des diff?rences entre les cerveaux de personnes atteints d?autismes et ceux des personnes non autistes. Il est tout ? fait pr?visible que le cerveau d?un autiste ne fonctionne pas de la m?me fa?on que le cerveau d?un non-autiste, puisque l?autiste ne fonctionne pas de la m?me mani?re. De m?me qu?on peut observer une diff?rence dans le fonctionnement et la circulation sanguine du cerveau d?une personne qui lit par rapport ? une personne qui dort ou une personne qui parle. Notre cerveau s?active donc diff?remment selon les activit?s que l?on fait, durant le jour. Aussi, si une certaine anomalie du cerveau chez un autiste expliquerait sa difficult? dans ses interactions sociales, rien ne nous explique pourquoi l?anomalie physique a eu lieu, ou si vous pr?f?rez quelles sont les causes de cette anomalie physique. A ma connaissance, personne n?a r?solu ce myst?re.

Il y a la piste g?n?tique qu?il ne faut ?certainement pas n?gliger. En effet, les ?tudes sur les jumeaux ont fait ressortir une haute concordance de diagnostic d?autisme entre les deux jumeaux monozygotes.? J?ai lu des pourcentages de concordance variant de 30% ? 90% selon les ?tudes. Mais il faut se garder de sauter aux conclusions, avant d?avoir contr?l? la variable environnementale de la gestation. En effet, les jumeaux qui ont ?t? ?tudi?s ont tout de m?me connu le m?me environnement (ou presque) f?tale. Or, un f?tus est encore plus fragile que peut l??tre un nouveau-n?. Et on sait que le cerveau d?un nouveau-n? est mall?able et sensible ? son environnement.

References :
1. Suzanne Steffenburg, A Twin Study of Autism in Denmark,

Finland, Iceland, Norway and Sweden J. ChiU Fsycltel. Psyckiat. Vol. 30, No. 3, pp. 405-416, 1989 http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1469-7610.1989.tb00254.x/pdf)

2. A. Bailey et coll. Autism as a strongly genetic disorder: evidence from a British twin study Psychological Medicine (1995), 25 : pp 63-77 http://journals.cambridge.org/action/displayAbstract;jsessionid=0513C761529E633713C8902BC0980F8D.journals?fromPage=online&aid=5025556

3. F?d?ration qu?b?coise de l?autisme. ?tiologie de l’autisme infantile: une revue des progr?s g?n?tiques et neurobiologiques (r?sum?)
http://www.autisme.qc.ca/TED/recherche/etiologie/etiologie-une-revue-des-progres-genetiques.html

4. Wikipedia. Heritability of autism http://en.wikipedia.org/wiki/Heritability_of_autism#Twin_studies

Il faut penser aussi aux nouvelles d?couvertes de l??pig?n?tique qui dit qu?une pr?disposition g?n?tique de trouble n?est pas une promesse de ce trouble. Au contraire, il faut que l?environnement permette le d?clenchement (mettre le bouton ? ON) du g?ne li? ? ce trouble. Sans l?environnement pour le d?clencher, il n?y a pas de manifestation de la tendance g?n?tique.

Ajoutant ? cela l?exemple de la ?schizophr?nie.?Comme il est ?crit sur Wikipedia?:???La part de l’h?r?dit? varie selon les ?tudes et les patients, car il est difficile de s?parer les effets de la g?n?tique et de l’environnement. Chez de vrais jumeaux, dans le cas d’une personne atteinte de schizophr?nie, son jumeau a 40?% de risque de d?velopper la maladie aussi. Ceci n’implique pas obligatoirement une cause g?n?tique, car les jumeaux pourraient avoir ?t? expos?s in utero aux cons?quences immunitaires d’une infection virale (ou d’un vaccin) de la m?re ou ? un facteur environnemental. N?anmoins, il est d?montr? que le risque d’?tre atteint est sup?rieur si un parent proche est ?galement atteint (risque de 6,5%)?? http://fr.wikipedia.org/wiki/Schizophr%C3%A9nie

Pour terminer d?illustrer mon propos ? l?effet qu?il est hasardeux en 2011 d?affirmer que l?autisme est caus? par une anomalie c?r?brale, ?je vais vous pr?senter un texte paru sur le site web psychomedia. Je n?ai pas l?habitude de pr?senter des ?tudes dont je n?ai pas moi-m?me lu l?article original. J?invite les lecteurs ? le faire eux-m?mes, tout comme je le ferai en mon temps. Il est ?crit dans cet article?:

??Le stress survenant t?t dans la vie provoquerait des modifications g?n?tiques qui influenceraient les r?actions et les comportements futurs, selon une ?tude publi?e dans la revue Nature Neuroscience.

Christopher Murgatroyd, de l’Institut de psychiatrie Max Planck de Munich (Allemagne), et ses coll?gues ont stress? des souris naissantes en les s?parant de leurs m?res trois heures par jour pendant 10 jours, ce qui repr?sente un stress relativement l?ger.

Les souris ayant ainsi ?t? « abandonn?es » ?taient, toute leur vie, moins capables de composer avec les situations stressantes et elles avaient une moins bonne m?moire.

Ces effets ?taient caus?s, explique Dr Murgatroyd, par des changements ?pig?n?tiques (1). Lors du stress, les souris produisaient des niveaux ?lev?s d’hormones du stress. Ces hormones alt?raient ensuite l’ADN d?tenant le code de l’hormone vasopressine qui est impliqu?e dans les r?actions au stress et les comportements sociaux. « Cela laisse une marque permanente au g?ne de la vasopressine », explique Murgatroyd. « Il est ensuite programm? pour produire des niveaux ?lev?s de cette hormone (…). »

Quand les souris adultes recevaient une substance qui bloquait les effets de la vasopressine, leur comportement revenait ? la normale.

Selon le professeur Hans Reul, chercheur en neuroscience ? l’Universit? de Bristol, ces r?sultats repr?sentent un apport tr?s pr?cieux pour la compr?hension des effets ? long terme du stress au d?but de la vie. « Il y a de fortes indications que les adversit?s telles que l’abus et la n?gligence durant l’enfance contribuent au d?veloppement de troubles psychiatriques comme la d?pression », dit-il. Des m?canismes ?pig?n?tiques, tels que ceux d?crits dans cette ?tude, peuvent contribuer ? l’expliquer.

R?f?rence?: Psychomedia. Le stress t?t dans la vie modifie des g?nes et les comportements adultes http://www.psychomedia.qc.ca/stress/2009-11-10/le-stress-tot-dans-la-vie-modifie-des-genes-et-les-comportements-adultes

Autre exemple. La science tend ? d?montrer le pouvoir de la m?ditation. On observe une diff?rence entre les cerveaux des m?ditants de longue date et les cerveaux des non m?ditants.? http://www.passeportsante.net/fr/Therapies/Guide/Fiche.aspx?doc=meditation_th

Des ?tudes tendent ? prouver que les m?ditants ont un meilleur syst?me immunitaire, ont des meilleurs capacit?s cognitives, et? ressentent plus de joie.? On peut raisonnablement penser que c?est le fait de m?diter qui change le cerveau, ce qui change le niveau de bien-?tre.

?galement sur le site web de l?universit? de McGill ont peut lire qu?une ?tude d?imagerie c?r?brale montre ?une meilleure r?gulation du syst?me nerveux v?g?tatif par des r?gions c?r?brales frontales (comme le cortex cingulaire ant?rieur) chez les personnes ayant m?dit? par rapport ? celles qui ont seulement relax?. Ce qui d?montre, encore une fois, le pouvoir de l?environnement sur le cerveau.? http://blog-lecerveau.mcgill.ca/blog/2010/11/01/la-meditation-peut-diminuer-le-stress-et-augmenter-lattention/

post scriptum du 27 novembre 2011 :

Je voudrais que les lecteurs sachent que, depuis que j’ai ?crit ce texte, ma vision du documentaire a ?volu?. Il m’apparait de plus en plus ?vident que la r?alisatrice du documentaire a eu une d?marche malhonn?te envers non seulement les psychanalystes interrog?s, mais envers le public.? Beaucoup d’entre vous sont d?j? au courant qu’une action en justice est men?e par trois des psychanalystes. Je suis tr?s int?ress?e de connaitre la suite des ?v?nements judiciaires. Il y aurait une audience le 8 d?cembre prochain.
http://autismeinfantile.com/wp-content/uploads/LAffaireLeMurVSLesPsychanalystes-01.pdf

http://www.psychomedia.qc.ca/autisme/2011-1107/documentaire-le-mur-3-psychanalystes-saisissent-un-tribunal

http://www.parlons-droit.fr/trois-psychanalystes-portent-plainte-contre-film-portant-autisme-message-37007881.html

Sophie Robert a-t-elle trahi les propos des psychanalystes, c’est ce que la justice tentera de d?montrer, ou est suppos?e faire ? tout le moins. C’est difficile pour les internautes de le savoir, puisque nous n’avons pas? ?cout? les entrevues dans leur totalit?. Tout le monde sait que des propos pris hors de leur contexte peuvent d?former la r?alit?. ?Et tout le monde peut ?tre pris au pi?ge par des personnes mal intentionn?es, car nous faisons tous? l?erreur de mal nous exprimer, ou de mal nuancer nos propos.

Un argument que je soul?ve pour dire qu’? mon avis, Sophie Robert a trahi,?d?lib?r?ment,?les propos des 27 psychanalystes qu?elle a interrog?s, et d’avoir par cons?quent trahi le public, concerne les propos de Jacqueline Scheffer au sujet de l’inceste. Ce qu?elle a dit au sujet de l?inceste ne concerne absolument pas l?autisme?!

Sophie Robert nous dit, dans une entrevue,?que son suppos? documentaire avait pour but d’informer le public au sujet de la pens?e des psychanalystes sur l’autisme. http://www.dailymotion.com/video/xm3p3i_reaction-de-trois-psychanalystes-sophie-robert-october-28-2011-regional-france-3_news

Sophie Robert a dit dans cette entrevue ??mon travail c?est d?exposer leurs points de vue. Je suis documentariste, je fais un film avec le mat?riel qu?on me donne.? Et donc, ce ? quoi je m??tais engag?e? aupr?s des psychanalystes c?est d?exprimer leur point de vue, clairement, voil?, c?est ce que j?ai fait. Alors apr?s chacun peut en tirer ses conclusions

Aussi, d?s le d?but de son film, on entend dire Sophie Robert?: ??Depuis plus de trente ans, la communaut? scientifique internationale? reconnait l?autisme comme un trouble neurologique entrainant un handicap? dans l?interaction sociale. Tous les autistes pr?sentent des anomalies dans une zone du cerveau, le sillon temporal sup?rieur, identifi? en l?an 2000 par le docteur Monica Zilbovicius. En France, la psychiatrie, qui est tr?s largement domin?e par la psychanalyse, ignore r?solument ces d?couvertes. Pour les psychanalystes, l?autisme est une psychose, autrement dit un trouble psychique majeur, r?sultant d?une mauvaise relation avec la m?re??

Comme je l?ai d?j? mentionn?, il n’y a absolument aucun rapport entre l’inceste et l’autisme dans les propos de Jacqueline Scheffer. Si l?intention de Sophie Robert ?tait d?informer le public sur le sujet de l?autisme et son lien avec la psychanalyse, et d?exposer le point de vue des psychanalystes sur ce sujet, comment Sophie Robert a-t-elle pu choisir ces propos de mme Scheffer sur l?inceste, qui ne nous avance absolument en rien sur le sujet de l?autisme??! ?Il est bien ?vident que beaucoup de personnes na?ves ou moins intelligentes qui visionneront le ?documentaire? penseront ???a y est, les psychanalystes disent tous que l?autisme est une psychose qui n?a aucune cause physique, et en plus ils croient que l?inceste maternel est la cause de l?autisme??.

Tout me porte ? croire que Sophie Robert et Jacqueline Scheffer ont eu une longue discussion, et que le sujet de leur discussion s’est ?gar? de l’autisme. Tout me porte ? croire que Sophie Robert cherchait n’importe quelle phrase qui pouvait salir la r?putation des psychanalystes, et ce, m?me si leurs propos ne concernent m?me pas le sujet de l’autisme!

J?aimerais aussi donner la voix au p?diatre Aldo Naouri, un des 27 psychanalystes interrog?s dans le film. On peut lire son commentaire qu?il a fait publi? sur le site web Autistes sans fronti?res.? Il? a ?crit?:?? ??Je proteste v?h?mentement contre l’usage que Sophie Robert a fait de propos recueillis aupr?s de moi, faisant de moi un praticien solidaire de la mani?re dont la psychanalyse pense l’autisme. Je suis p?diatre et j’ai souscrit rapidement aux m?thodes de r??ducation qu’on d?couvrait. Pour leur donner une plus grande audience, j’ai fait publier d?s 2004, sous un pseudonyme, ? une de mes patientes m?res d’autiste, un livre relatant les r?sultats obtenus par la r??ducation (Tamara Morar : ma victoire sur l’autisme (Odile Jacob, 2004). J’aimerais que ce message d’indignation figure sur votre site. Merci?? http://www.autistessansfrontieres.com/lemur-site-officiel.php

J’esp?re que justice sera rendue dans cette affaire. Je crois que la d?marche de Sophie Robert a ?t? malhonn?te et perverse.? J’esp?re, le cas ?ch?ant, que le suppos? documentaire soit interdit de publication. ? moins bien s?r que je me trompe et que sa d?marche ait ?t? loyale et rigoureuse, ce qui ne semble pas ?tre le cas.

28 novembre 2011. voir texte? ‘Un film sur l?autisme et la psychanalyse suscite la pol?mique?:
le documentaire ??le mur?? ?frappera-t-il un mur au tribunal’
http://www.centpapiers.com/un-film-sur-l%E2%80%99autisme-et-la-psychanalyse-suscite-la-polemique-le-documentaire-%C2%AB-le-mur-%C2%BB-frappera-t-il-un-mur-au-tribunal/87999

 

 

lire ?galement :

Film Le mur?:? Appel au dialogue et

mise au point de psychanalystes

http://www.centpapiers.com/film-le-mur-appel-au-dialogue-et-mise-au-point-de-psychanalystes/90101

Commentaires

commentaires

A propos de

avatar

Check Also

Ce capitalisme qui doit tout à La Réforme

La Réforme a cinq siècles. Elle a transformé l’économie européenne et a largement contribué à ...

17 Commentaire

  1. avatar

    Une autre avenue devrait être étudiée, mais je doute qu’elle ne le soit jamais.

    Cette avenue pourrait commencer par établir une statistique du nombre d’enfants autistiques chez les vaccinés versus les non-vaccinés.

    Ce serait une base objective d’analyse raisonnable, à mon sens.

    Amicalement

    Elie l’Artiste

    • avatar

      Vous avez raison, pour étudier l’autisme, il faut être ouvert à la possibilité de plusieurs causes diverses. Je ne connais pas assez ce domaine pour m’avancer par contre.

      Peut-être même qu’un jour, des études démontreront qu’une carence en vitamine D contribue à l’étiologie de l’autisme ? Le fait que la plupart des cellules de la plupart des tissus du corps humain ont des récepteurs de vitamine D permet de le suggérer.

    • avatar

      Nathalie,

      Il y a beaucoup de documentations démontrant le lien entre la vaccination et l’autisme. Je crois que la femme de l’acteur américain Jim Carrey a écrit un livre à ce propos, car son enfant est autiste.

      Voici un documentaire qui traite de ce lien, « Silence, on vaccine » :

      http://www.youtube.com/watch?v=cGCHgkAz2eg

      Les autres parties sont dans la colonne de droite.

      Cordialement,

      Nicolas

  2. avatar

    J’aime beaucoup votre article.

    D’abord vous y avez bien campé Alice Miller.

    Puisque vous démontrez encore une grande capacité d’analyse et de synthèse sur des sujets complexes, je vous suggère de prendre connaissance de ce que Hamer qualifie de constellation schizophrénique pour expliquer ce qu’est la « maladie mentale ».

    http://www.germanique-nouvelle-medecine.com/

    Il faut acheter Le Legs, une brique de 800 pages, ou contacter François Leduc, actuellement poursuivi par le syndic des médecins, conseillé compétent : tout_est_parfait@bell.net

    J’ai compris que tout est causé par un choc qui s’imprime dans le cerveau et se manifeste dans un organe.

    Ce qui revient à dire que l’Artiste avec sa suggestion ci-haut a raison :toutes les vaccinations, chocs, sont des attaques du territoire de l’enfants. Le bras choisi déterminera l’hémisphère de l’engramme qui répercutera un « cancer » sous trois formes : tumeur, ulcère ou diminution de fonctionnememt. Et en plus il y a la « merde » contenue dans la « dose ».

    Ce qui revient à dire aussi que les victimes d’inceste, le choc, seront affectées différemment selon qu’elles sont garçons ou filles et en plus selon l’hémisphère biologique dominant.

    Enfin, il serait à peu près temps que la médecine hallopathique deviennent holistique.

    Tout cela me fait penser à ceux qui tentent d’identifier l’animal à la noirceur en examinant qui la queue, qui le nez, alouette.

    Et ces parents, non-coupables et non-responsables.
    Mettons l’école à contribution.

    gaiagenaire@hotmail.fr

  3. avatar

    Article très intéressant .
    Qui pointe le dérapage de certains qui se prétendent psychanalystes , alors qu’ils sont pour le moins parfaitement dérangés .

    Rappelons que beaucoup qui se disent psychanalystes ont entrepris une thérapie par rapport à leurs troubles personnels …

    Et encore , il y a aussi des « psychanalystes » de papier , ceux qui ont lu mais n’ont aucune pratique personnelle .

    Ceux là sont particulièrement dangereux .

    Pour en revenir à l’article il semble incroyable de catégoriser les souffrances liées à l’inceste .

    Et la démonstration de l’auteur donne peut être une piste par rapport à sa problématique : elle pas folle , lui psychotique…

    La folie fait peur : que ne ferait on pas pour ne pas se penser fou ….

    La psycho pathologie laisse à penser que les choses sont beaucoup plus complexes ( et que l’être humain passe par exemple par une phase psychotique « normale » d. Ce sont les fixations pour des raisons X et Y qui par la suite produisent la maladie mentale .
    Mais objectivement quand on regarde autour de nous , bien difficile de dire qui est fou qui ne l’est pas …Je pense par exemple à certains dirigeants, certains chefs et autres .
    Quant à l’autisme , là encore quand on est honnête bien difficile d’affirmer que c’est un état entièrement génétique ou acquis à travers des vulnérabilités et dysfonctionnements précoces…
    Tk.

  4. avatar

    Article très intéressant .
    Qui pointe le dérapage de certains qui se prétendent psychanalystes , alors qu’ils sont pour le moins parfaitement dérangés .

    Rappelons que beaucoup qui se disent psychanalystes ont entrepris une thérapie par rapport à leurs troubles personnels …

    Et encore , il y a aussi des « psychanalystes » de papier , ceux qui ont lu mais n’ont aucune pratique personnelle .

    Ceux là sont particulièrement dangereux .

    Pour en revenir à l’article il semble incroyable de catégoriser les souffrances liées à l’inceste .

    Et la démonstration de l’auteur donne peut être une piste par rapport à sa problématique : elle pas folle , lui psychotique…

    La folie fait peur : que ne ferait on pas pour ne pas se penser fou ….

    La psycho pathologie laisse à penser que les choses sont beaucoup plus complexes ( et que l’être humain passe par exemple par une phase psychotique « normale » dans sa toute première enfance , celle du « moi tout » ).

    Ce sont les fixations pour des raisons X et Y qui par la suite produisent la maladie mentale .

    Mais objectivement quand on regarde autour de nous , bien difficile de dire qui est fou qui ne l’est pas …Je pense par exemple à certains dirigeants, certains chefs et autres .

    Quant à l’autisme , là encore l’honnêteté veut qu’il est bien difficile d’affirmer que c’est un état d’origine entièrement génétique ou acquis à travers des vulnérabilités et dysfonctionnements précoces…

    Tk.

  5. avatar

    J’ai également vu ce documentaire. La question du Trouble envahissant du développement est très près de moi puisque deux membres de ma famille en sont diagnostiqués. Je ne partage pas entièrement votre avis. N’eut été de l’approche de la réalisatrice le débat n’aurait pas cours.

    Le choix éditorial qu’elle a privilégié était son droit. Je le respecte. Il a éveillé les consciences. Et encore aujourd’hui, ici même au Québec, nous avons ce débat sur l’intégration des enfants autistes ou diagnostiqués TED dans les classes dites normales.

    Beaucoup de chemin à parcourir. Beaucoup trop.

    Pierre R. Chantelois

    • avatar

      Bonjour M. Chantelois,

      Merci pour votre commentaire. Je suis contente qu’un parent d’enfant autiste s’exprime avec respect pour réagir à mon opinion. Si, comme vous dites, grâce à ce film, un véritable débat a lieu sur la question, il est vrai que le film aura au moins contribué à cette bonne chose. Mais je soutiens quand même qu’on peut lancer un débat avec une démarche honnête et rigoureuse.
      Je constate toutefois, jusqu’à maintenant, qu’il y a peu ou pas de débat sur internet, en tout cas du côté de parents d’enfants autistes qui sont très en colère, voir haineux à l’égard non seulement des psychanalystes, mais envers toute personne qui se questionne sur la démarche de la réalisatrice. Je l’ai constaté en tout cas sur le mur Facebook de soutien à la réalisatrice dans le cadre de la poursuite judiciaire. http://www.facebook.com/psychanalyseautisme/posts/270131663038571?notif_t=share_comment

      Peut-être est-ce parce que ce sont les esprits les moins ouverts et les plus tordus qui se manifestent, et que les autres restent silencieux ? Dommage, car ces autres sont ceux qui pourraient permettre un débat.
      Sur ce mur Facebook, après qu’ils aient lu ce texte, on m’a traité de tous les noms, insulté de maintes façons, et sauté grossièrement à des conclusions à mon sujet. Par exemple :
      « après il faudra vous expliquer et nous expliquer pourquoi vous avez fait perdre autant d’argent à l’État et comment réparer ces préjudices que vous nous avez fait subir ! Mme Roussy, vous êtes une honte ambulante ! »
      « Si ça se trouve c’est même pas elle qui écrit mais elle doit invoquer les sans esprits de la psyckk disparus et faire tourner les tables et s’agiter avec un plumeau dans le derrière en criant « esprit es-tu là ? » et l’esprit de lui répondre « Mais non idiote, tu vois bien que je suis sans esprit ! » Et elle continue et ne comprend pas ! mdr ! »
      Voilà à quoi on a affaire sur la page de soutien à Sophie Robert : de la haine et de la colère qui aveuglent au point de ne plus voir clair. Pas de débat possible. Et je crois que le film a attisé leur colère encore plus, à cause de la façon qu’il a été fait, et de la manière qu’il est présenté sur la jaquette du DVD. Mais, comme vous dites, le film aura peut-être contribué à un débat, on peut l’espérer. Je l’espère, car je suis convaincue qu’effectivement il y a beaucoup de souffrance du côté des enfants autistes et de leurs parents.
      Le film m’a permis en tout cas de réaliser l’ampleur de problème des parents qui sont très en colère. Il semble y avoir un réel problème de relation entre ces derniers et les personnes qui sont responsables de la prise en charge de l’autisme de leur enfant, en France. Comment l’enfant pourra être aidé sans bonne relation entre ses parents et les autres personnes qu’il côtoie ? Il faut faire quelque chose, et vite. Mais il y a la façon de le faire, et ce n’est ni la haine qui va régler le problème, ni la propagande anti-psychanalyse.
      Quant à l’administratrice de la page Facebook de soutien, qui je crois connait personnellement la réalisatrice, elle a sauté aux conclusions à mon sujet. Elle m’a écrit que, puisque j’étudie en psychologie, j’ai donc suivi des cours de psychanalyse (je n’en ai jamais suivi un seul jusqu’à maintenant), et que j’avais nécessairement un parti pris : « etudiante en psychologie : vous avez donc eu des cours de psychanalyse . vous n’etes pas vraiment neutre. ce qui explique votre parti pris. vous etes conditionnée à ce que l’on vous a appris ». Raisonnements grossièrement fallacieux de sa part. Premièrement, on peut avoir terminé un baccalauréat en psychologie sans avoir suivi un seul cours en psychanalyse. Deuxièmement, les étudiants en psychologie apprennent plusieurs approches de psychothérapie et leur formation contribue à une ouverture d’esprit sur toutes les approches. Troisièmement, une personne qui a étudié plus en profondeur l’approche psychanalytique peut tout de même être ouverte d’esprit pour les autres approches. Tout être humain est appelé à avoir cette ouverture d’esprit, à être objectif.
      Enfin bref, merci de votre réponse courtoise et respectueuse. J’invite d’autres parents d’enfants autistes à faire de même.

  6. avatar

    Madame Roussy

    Que vous ayez ou non étudié en psychologie vous avez droit d’exprimer votre opinion. Et c’est erreur de vous en faire reproche. Comme je vous l’ai indiqué, vous avez exposé un point de vue avec conviction et il nous appartient de vous dire si nous partageons entièrement, partiellement ou si nous éprouvons un désaccord avec ce dernier. Je vous incite à poursuivre votre démarche et à approfondir cette question de l’autisme tant chez les enfants que chez les jeunes adultes.

    En terminant il serait intéressant d’analyser les deux approches, France-États-Unis, et d’en dresser un inventaire des bienfaits et des inconvénients.

    Merci de votre répoonse

    Pierre R. Chantelois

  7. avatar

    Bonjour Nathalie,

    Concernant la psychanalyse, il y a les excellents travaux de Michel Onfray sur le sujet, il a beaucoup étudier la psychanalyse. Voici le lien d’une de ses entrevues, à la télévision, sur Freud et la psychanalyse freudienne. En résumé freud est un charlatan et la psychanalyse freudienne n’a jamais rien guérit personne en dehors de l’effet placebo.

    http://www.dailymotion.com/video/xf1b2f_michel-onfray-vs-freud-chez-ruquier_webcam

    Les autres parties sont en bas de l’image.

    Voici le lien de ses conférences à l’Université populaire de Caen, dont voici les synopsis auxquels sont rattachés une conférence audio d’une heure. L’année 8 porte sur Freud. L’année 9 porte surtout sur les psychanalystes freudo-marxistes (Wilhelm Reich, Otto Gross et Erich Fromm) qu’il apprécie beaucoup. Il ne rejette donc pas tout ce que la psychanalyse a apportée. Lacan est freudien et très critiqué, entre autres parce qu’il est incompréhensible, malgré qu’il domine la psychanalyse française.

    http://upc.michelonfray.fr/intervenants/michel-onfray/archives-synopsis/

    Voici le lien pour les conférences audios sur la psychanalyse :

    http://www.franceculture.fr/personne-michel-onfray.html

    Ces informations permettent d’avoir une opinion éclairée sur la psychanalyse sans avoir besoin de lire l’abondante littérature psychanalytique.

    Cordialement,

    Nicolas

    • avatar

      Bonjour Nicholas,

      Je vais répondre à cette phrase que vous avez écrite : « psychanalyse freudienne n’a jamais rien guérit personne en dehors de l’effet placebo ».

      Si la psychanalyse n’a jamais guérit personne en dehors de l’effet placebo, je vous répondrais alors qu’aucune autre approche en psychothérapie n’a réussi à le faire non plus. Ce que je veux dire c’est que des études ont démontré que l’approche n’est pas tellement importante en psychothérapie, en comparaison à d’autres variables. ?L’implication et la détermination du patient : dans une proportion de 40 %.
      ?La qualité de l’alliance thérapeutique entre le patient et le thérapeute : 30 %.
      ?La confiance en l’efficacité du traitement (incluant l’effet placebo) : 15 %.
      ?La spécificité de l’approche thérapeutique privilégiée : 15 %.

      voici une page intéressante pour débuter les recherches sur ce sujet :
      Passeport Santé, Psychothérapies. http://www.passeportsante.net/fr/Therapies/Guide/Fiche.aspx?doc=psychotherapies_th

      L’effet dodo : toutes les psychothérapies fonctionnent
      Des centaines de recherches menées depuis quelques dizaines d’années, et regroupées en synthèses d’études et en méta-analyses, ont démontré sans équivoque que la psychothérapie peut contribuer à traiter efficacement plusieurs problèmes psychologiques comme la dépression, le trouble panique, l’anxiété, les troubles de l’alimentation et divers troubles de la personnalité1,3-7,20,27.

      Qui plus est, le recoupement de ces études a permis de conclure que toute psychothérapie bien menée, peu importe la technique particulière utilisée, a de fortes chances de donner de bons résultats. Cette hypothèse a été présentée pour la première fois en 1976 dans une étude intitulée Comparative studies of psychotherapies : is it true that « everybody has won and all must have prizes »? (Études comparatives des psychothérapies : est-ce vrai que « tout le monde a gagné et que chacun doit recevoir un prix »?)8. Le sous-titre de l’étude provient du livre Alice au pays des merveilles, de Lewis Caroll, dans lequel le dodo, l’oiseau-juge, déclare que tous ceux qui ont participé à la course ont gagné

      Pourquoi ça marche?
      haut Que la majorité des psychothérapies bien menées puissent être efficaces ne signifie pas pour autant que toutes les psychothérapies soient équivalentes pour tout le monde. On a effectué beaucoup de recherches pour savoir quels pourraient être les fameux « facteurs communs » présents dans l’ensemble des psychothérapies, et dans quelle mesure ils en déterminaient le succès. La plupart des experts s’entendent aujourd’hui sur les 4 éléments qui seraient primordiaux pour prédire l’issue d’une thérapie, et sur leur importance relative10-15 :

      ?

      Les facteurs communs semblent donc plus importants que les facteurs propres à une approche ou à une autre. Cela ne signifie pas que le choix de la technique soit secondaire. En effet, si celle-ci ne correspond pas aux attentes du patient, cela pourra avoir une incidence négative sur son implication personnelle, sur la qualité de l’alliance thérapeutique et sur la confiance ressentie, réduisant d’autant les chances de succès

    • avatar

      « En résumé freud est un charlatan et la psychanalyse freudienne n’a jamais rien guérit personne en dehors de l’effet placebo. »

      De sorte que « guérir » par l’effet placebo, ça ne compte pas.

      Brillant! 😉

      Amicalement

      Elie l’Artiste

    • avatar

      « En résumé freud est un charlatan et la psychanalyse freudienne n’a jamais rien guérit personne en dehors de l’effet placebo. »

      De sorte que « guérir » par l’effet placebo, ça ne compte pas.

      Brillant! 😉

      Amicalement

      Elie l’Artiste

    • avatar

      André L’Artiste,

      Qui a écrit que l’effet placebo ne comptait pas? C’est toi qui saute à cette conclusion sans que rien ne te permette de le faire. Ce que j’ai écrit voulais dire ce que j’ai écrit et non pas ce que je n’ai pas écrit.

      Brillant! 😉

      Amicalement,

      Nicolas

  8. avatar

    Le paradoxe de l’acceptation et du changement

    Laurent Danon-Boileau a choqué plusieurs personnes
    par ces phrases qu’il a dites en entrevue pour le film Le mur :
    «Avec un enfant autiste, j’en fais très peu »
    « Le point fondamental de mon attitude en tant qu’analyste c’est le fait d’abdiquer l’idée d’une progression ».

    Et si ce n’était pas si bête cette méthode ? Et si, d’être juste présent avec l’enfant, et de l’accepter tel qu’il est, de n’attendre rien de lui, ça pouvait contribuer à transformer sa relation au monde ?

    Cette façon d’agir avec un enfant autiste me fait penser à l’enseignement de grands hommes et penseurs tels que Krishnamurti, Thich Nhat Hanh et Svâmi Prajnânpad. Ils ont donné ou donnent cet enseignement : voir et accepter ce qui est, sans vouloir changer quoi que ce soit. De même, le psychologue humaniste Carl Rogers, cet éminent psychologue, a déjà dit : « le paradoxe curieux est que lorsque je m’accepte comme je suis, alors je peux changer ».

    Voici une citation de Jiddu Krishnamurti :
    «Pouvons-nous donc susciter, dès l’âge le plus tendre, un sentiment de bien-être, de sécurité totale, de sorte que vous ne vous efforciez plus d’être ceci et pas cela ? Car dès l’instant où vous luttez intérieurement, il y a conflit, et pour surmonter ce conflit, la discipline s’impose. Si l’on aime, la discipline est superflue, n’est-il pas vrai ?….Cela veut dire, en fait, que l’éducateur et l’élève doivent avoir une immense confiance réciproque, sinon nous créerons forcément une société aussi répugnante et destructive que celle d’aujourd’hui. … Si l’accès à cette éducation authentique était possible dès le plus jeune âge, il en résulterait un état dénué du toute contradiction, la coercition et la discipline deviendraient inutiles, car on agirait en s’impliquant de tout son être, librement et complètement. Le besoin de discipline ne se manifeste que face à une contradiction».

    Voilà de belles paroles de penseurs, qui ne veulent peut-être rien dire, sauf si on a déjà expérimenté dans sa vie le pouvoir de cet enseignement. Un grand nombre de personnes de ce monde l’ont expérimenté, et on n’a pas besoin d’être psychanalyste pour y croire.

  9. avatar

    Après un long silence, voici, enfin, des réactions de quelques psychanalystes interrogés dans ce film.

    Vous pouvez lire «ALERTE AUX MÉCONNAISSANCES CONCERNANT LA PSYCHANALYSE ET L’AUTISME» à cette page : http://www.balat.fr/IMG/pdf/fichierglobal2011-1-.pdf

    On peut y lire la réaction des professeurs DANON BOILEAU,DELION,et GOLSE, membres de la CIPPA. Ces derniers figurent dans le film controversé.

    La CIPPA est la Coordination Internationale entre Psychothérapeutes Psychanalystes s’occupant
    de personnes avec Autisme. La CIPPA, comme on peut lire sur le document, est une association qui réunit des psychothérapeutes de formation psychanalytique, des professionnels, Membres Associés, qui s’attachent à promouvoir la complémentarité des traitements psychodynamiques et psycho éducatifs de l’autisme.

    Parmi les objectifs de la CIPPA, on peut lire :
    « L’articulation entre les psychanalystes et les autres professionnels impliqués
    dans le traitement de l’autisme ». Tout le contraire de ce que laisse entendre Sophie Robert dans le film, qui affirme que les psychanalystes rejettent les découvertes des neurosciences. En fait, ce sont les personnes qui soutiennent ce film qui semblent définitivement vouloir à tout prix rejeter la facette psychologique de l’autisme, et adopter l’idée que l’autisme est un trouble neurologique. Pas de toute là-dessus, la question est réglée, l’autisme est un trouble d’origine neurologique, point final. Ces personnes veulent éliminer le doute de leur esprit. J’aimerais cite la dernière phrase du livre « L’autisme aujourd’hui » de Michel Lemay, pédopsychiâtre et spécialiste de l’autisme :

    « Dans ce moment tout à fait privilégié où courant psychodynamiques, études cognitivistes et comportementales, recherches biologiques, champs systémiques se rencontrent inexorablement en créant chez maints pédopsychiatres une crise identitaire salutatire, l’autisme nous rappelle une vérité essentielle : c’est par le doute que nous avançons ».

    Dans le document de la CIPPA, on peut y lire Pierre Delion et Laurent Danon-Boileau qui s’exprime à propos du doute, que Sophie Robert et toutes les personnes qui la soutiennent dans ce film (principalement des parents d’enfants autistes enragés?) trouvent insupportable, et qu’ils veulent éliminer à tout prix. Le doute exprimé par les psychanalystes dans ce film est présenté d’une manière qui voulait les rendre ridicule aux yeux d’un public qui ne cherchera pas à chercher un sens au-delà d’une fascination créée par des images. Comme dans la période de la fausse pandémie H1N1, lorsque les gens (surtout les Québécois), fascinés par les cas de décès présentés dramatiquement aux nouvelles de la télévision, se sont laisser embarquer dans une panique.

    J’aimerais rappeler cette expression : « L’ennui dans ce monde, c’est que les idiots sont sûrs d’eux et les gens sensés pleins de doutes. »

    Si on ne peut supporter le doute dans le dossier de l’autisme, on est obligé de se raconter des histoires, des histoires qui n’aideront certainement pas les enfants autistes.

    Jacqueline Berger, mère de jumelles autistes, parle elle aussi de doute dans son essai « sortir de l’autisme ». Voici des extraits de son livre :

    « Néanmoins, de cette rumeur de connexions neuronales, de flux sanguin, de cryptage moléculaire, de protéines, d’assemblage d’acides aminés, de dissection de tissus cérébraux, de zones cervicales activées ou non, naît une vision de l’autiste comme être défectueux sur le plan organique. Aujourd’hui, on ne sait toujours par localiser le défaut, mais l’addition des hypothèses a cristallisé cette ‘vérité scientifique’»

    « Il n’est plus grand monde pour se demande si l’on n’inverse pas les causes et les conséquences, si l’on n’additionne pas des carpes et des lapins. Intellectuellement, le monde dans lequel nous vivons est déterministe, il n’Y a plus de place pour le doute.
    Et si les lésions observées, les dysfonctionnements photographiés par IRM, le manque de telle molécule ou le trop-plein de telle autre n’étaient que les conséquences des états autistiques? Qui entend-on encore poser la question? »

    « toujours est-il que le doute n’atteint plus l’esprit de l’opinion publique. Que l’état autistique précoce puisse induire des modifications organiques croissantes au fur et à mesure que l’enfant grandit, entraver les processus de développement de certaines régions du cerveau, créer des perturbations par rapport aux flux neuronaux habituels…, n’effleure apparemment plus la cervelle commune. Lautisme a pour cause un ratage organique. Point final. L’énigme n’est pas résolue, mais elle est liée au matériau de l’individu »

  10. avatar

    « la plupart des psychiatres ont pour unique solution de tenter de faire une psychanalyse à leurs patients.  »

    Non, non, non… Ne les excusez pas, Magali, en pensant qu’ils n’auraient pas le choix.

    Ils ont au moins le choix d’accepter ou de refuser une « prise en charge », même si la pression sociale ou parentale est forte.
    Car il s’agit avant tout d’être honnête envers l’enfant et ses parents et ça, y’a rien de plus facile quand on considère l’enfant comme une personne et non comme une « pathologie » ou une « maladie » et ses parents comme eux-mêmes des personnes capables de gérer leurs propres problèmes.
    En d’autres termes: quand on n’infantilise pas à outrance les personnes qui viennent vers vous avec une demande de les « aider. »

    Votre enfant et vous et son père savez ce que vous voulez.
    Comment pourrais-je le savoir mieux que vous?

    BJP