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Le monde de l’?levage aux mains des multinationales

Note perso : tenez, un autre article de fou , c’est la journ?e … j’?tais parti ? lire sur Monsanto et son ?brevet sur les s?quences d?ADN sur les?esp?ces?animales .. si vous vous souvenez bien ?a avait fait le gros buzz sur la?blogosph?re?en 2007 avant, comme d’habitude, ?tre oubli? ( ce qui est d’ailleurs une des caract?ristiques des « r?sistants » du net) …. et je me demandais o? c’?tait rendu … gros gros soupir …

Par exemple, saviez vous que TOUTE la production animale mondiale est entre quatre compagnies ?
( vous vous souvenez que?4 compagnies contr?lent la distribution alimentaire mondiale?)

Saviez vous que ces compagnies fournissent uniquement des codes g?n?tiques pour produire des animaux st?riles hybrides afin de prot?ger leur march? ?Par exemple, dans le march? du poulet de chair et des pondeuses, « pour emp?cher que les multiplicateurs ne commencent ? produire leurs propres souches pures, leur faisant ainsi concurrence, les s?lectionneurs ne fournissent aux multiplicateurs que des poulets?m?les?de lign?e?m?le?et des poulets femelles de lign?e femelle. En clair, le multiplicateur est oblig? ? chaque g?n?ration de retourner chez le s?lectionneur afin de s’approvisionner en stock ; l’?leveur, lui, doit retourner chez le multiplicateur pour acheter ses poulets ? engraisser. » M?me principe que pour les semences hein ?

Connaissez vous le terme « r?tr?cissement g?n?tique  » ? 75%?du lait dans le monde proviennent de races ? haut rendement hybrides qui sont devenues g?n?tiquement tr?s similaires : 3,7 millions de vaches Holstein ?produisent ce lait aux ?tats-Unis ?issues en fait de 60 animaux au d?part …117 millions de cochons?ont ?t? ?lev?s aux Usa juste en 2012 , tous issus de 60 individus au d?part qui ont fourni le code g?n?tique …

Et quand on sait en plus qu’aux ?tats-Unis, 95% de l?alimentation des animaux de ferme est d?origine transg?nique ( donc fourni par le m?me Monsanto qui vend les codes g?n?tiques aux 4 compagnies productrices de base) , pour le Br?sil et l?Argentine, le pourcentage est respectivement de 70% et 100%.Pas pour rien qu’on est rendu?des?Tchernobyl sur deux pattes?..

Lisez donc cet article, dat? de 2008 …. j’y aie rajout? entre les *** les mises ? jour que j’ai trouv? … si vous lisez ce blog comme du monde, vous comprendrez vite ..

Le monde de l’?levage aux mains des multinationales :

Quasiment ignor?e du grand public, l’industrie mondiale de l’?levage est soumise ? un processus extr?mement rapide de concentration. Les reprises et les accords de coop?ration entre entreprises se multiplient et la technologie ?volue rapidement. Les demandes de brevets concernant le mat?riel g?n?tique s’envolent et d’autres strat?gies d’appropriation sont d?ploy?es avec ardeur. Au c?ur d’une ?volution qui ressemble ?trangement ? celle qu’a connue le march? mondial des semences, le secteur de la s?lection animale, d?sormais re-baptis? ? g?n?tique de l’?levage ? , est devenu le nerf de la guerre pour l’industrie et poursuit sa domination sur le monde de l’?levage. Avec leur opportunisme habituel, les g?ants de l’agro-industrie comme Monsanto arrivent sur le terrain

Comme beaucoup des secteurs de l’agriculture, l’?levage industriel a subi des changements radicaux au cours de la derni?re d?cennie. La prolif?ration des accords de libre-?change, multilat?raux comme bi-lat?raux, a provoqu? une augmentation inou?e du commerce international des produits de l’?levage.

Les importations de viande bon march? ont inond? les march?s des pays du Sud. Quoique, dans beaucoup de ces pays, les petits exploitants assurent jusqu’? un tiers de la production ?conomique nationale, ils ont re?u tr?s peu de soutien public pour r?sister ? cette invasion. Incapables de faire le poids, beaucoup ont ?t? ruin?s. De nombreux paysans africains ont ainsi perdu leur gagne-pain, quand l’Union europ?enne a d?vers? chez eux sa poudre de lait, puis ses d?coupes de poulet de mauvaise qualit?. Des milliers de petits producteurs de poulet ont fait faillite durant la ? crise du poulet ? en 1999- 2000 aux Philippines, quand d’?normes quantit?s de volailles bon march? ont ?t? import?es des ?tats-Unis.

Aujourd’hui, dans de nombreux pays d’Asie et d’Am?rique latine, les petits exploitants sont oblig?s d’accepter des accords contractuels extr?mement d?favorables pour fournir des mati?res premi?res bon march? aux grands transformateurs de viande et de lait. Dans la plupart des cas, les petits exploitants re?oivent leurs souches, les aliments et les services v?t?rinaires de la soci?t? qui ach?te leur production. Les politiques gouvernementales soutiennent en g?n?ral ce syst?me d’?levage industriel, en lui accordant d’importantes subventions et des exemptions fiscales, tout en imposant des r?glementations sanitaires qui favorisent l’?levage industriel au d?triment des petits producteurs.

Ces changements ?conomiques, qui ont des cons?quences consid?rables, ont ?t? facilit?s par une r?volution technologique qui permet aux entreprises industrielles de prendre le contr??le de tout ce qui concerne l’?levage. Dans l’?levage de volailles, l’une des innovations cl?s fut l’introduction du poulet hybride dans les ann?es 40 par le Pr?sident des ?tats-Unis Henry A.Wallace. En appliquant les principes qu’il avait utilis?s pour d?velopper le ma?s hybride, il d?couvrit que le croisement de deux lign?es diff?rentes [l’une portant des traits femelles comme la prolificit?, c.-?-d. le nombre de petits, et l’autre des traits m??les, comme la croissance musculaire] augmentait habituellement la productivit?. C’est ce qu’on appelle la ? vigueur hybride ? .

L’industrie de la volaille alors ?mergente a exploit? au maximum cette nouvelle technologie pour d?velopper des lign?es de poulets qui, une fois crois?es, ?taient sens?es maximiser les qualit?s recherch?es. Cela signifiait produire des poules pondeuses qui donneraient beaucoup d’?ufs et des poulets ? r?tir qui grossiraient rapidement et donneraient beaucoup de viande blanche et tendre. On d?veloppa ?galement d’autres produits, des aliments concentr?s et des m?dicaments v?t?rinaires entre autres, pour rendre l’?levage industriel viable et maximiser la production. Aujourd’hui l’?levage industriel fournit ? peu pr?s les deux-tiers de la production mondiale de poulets ? r?tir et environ la moiti? des ?ufs.

Pour satisfaire l’?norme potentiel du march? qu’avait ouvert la technologie des hybrides, la s?lection, la multiplication et l’engraissement sont devenues l’objet de trois industries diff?rentes : les multiplicateurs ach?tent les poussins produits par les s?lectionneurs et vendent la prochaine g?n?ration aux ?leveurs qui vont les engraisser. Pour s’assurer la d?pendance des paysans, les s?lectionneurs ont int?gr? un ?l?ment qu’on pourrait d?crire comme une sorte de ? serrure biologique ? : La vigueur hybride ne dure qu’une seule g?n?ration, ce qui veut dire que les hybrides doivent ?tre sans cesse s?lectionn?s ? partir de souches pures. Pour emp?cher que les multiplicateurs ne commencent ? produire leurs propres souches pures, leur faisant ainsi concurrence, les s?lectionneurs ne fournissent aux multiplicateurs que des poulets m?les de lign?e m?le et des poulets femelles de lign?e femelle. En clair, le multiplicateur est oblig? ? chaque g?n?ration de retourner chez le s?lectionneur afin de s’approvisionner en stock ; l’?leveur, lui, doit retourner chez le multiplicateur pour acheter ses poulets ? engraisser.
La concentration de l’industrie de l’?levage du b?tail s’est ?galement acc?l?r?e dans les derni?res ann?es. Il n’existe pas encore de lign?es hybrides dans ce domaine, mais l’ins?mination artificielle, introduite dans les ann?es 40, est tr?s utilis?e. Cela permet ? un taureau ? hautes performances d’avoir jusqu’? un million de descendants. La plupart des ?leveurs laitiers ach?tent le sperme de ces taureaux ? hautes performances. M?me quand un ?leveur a la chance de d?velopper un taureau de classe internationale, c’est habituellement une grande entreprise qui g?re la commercialisation du sperme. Environ deux-tiers du lait dans le monde proviennent de vaches ? haut rendement. Ce sont des vaches qui ont ?t? soigneusement s?lectionn?es d’apr?s quelques crit?res tr?s clairs : maximiser la quantit? de lait qu’elles produisent et sa teneur en mati?res grasses, et faire en sorte que l’assimilation de leur alimentation soit le plus efficace possible.

La dur?e de vie de ces animaux est d?sormais r?duite ? trois ou quatre ans ; les ?leveurs laitiers ont donc besoin de remplacer leurs b?tes bien plus souvent qu’auparavant.

La concentration de l’industrie de l’?levage de porcs ne doit son ralentissement qu’? un probl?me technique : l’ins?mination artificielle chez les porcs ne marche pas aussi bien qu’avec le b?tail. Si elles sont ins?min?es avec du sperme congel?, les truies ont en moyenne 10% moins de port?es et chaque port?e compte un porcelet de moins que si du sperme frais avait ?t? employ?. C’est pour cette raison que des verrats vivants ?taient utilis?s jusqu’? tr?s r?cemment, ce qui a facilit? la survie des associations et des coop?ratives d’?leveurs porcins. Cependant, leurs jours semblent compt?s : Les grandes entreprises sont en train d’imposer des restrictions sur l’ins?mination par verrat vivant, sous pr?texte qu’elle augmente le risque d’infection. Les lign?es hybrides sont aussi tr?s communes dans l’?levage porcin, et l? encore, on observe la s?paration entre s?lectionneurs, multiplicateurs et engraisseurs. Le principe de la ? serrure biologique ? , avec ses lign?es m?les et femelles, est de plus en plus appliqu?. On d?veloppe aussi des lign?es de truies avec de plus grands ut?rus, ce qui signifie qu’elles sont capables de donner naissance ? plus de petits qu’on transf?re dans les m?res au stade d’embryons.
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Ajout 1:

Monsanto passe aux porcs brevet?s

En 2005, un chercheur de Greenpeace a d?couvert que Monsanto cherchait ? obtenir des brevets non seulement sur des m?thodes de s?lection porcine, mais aussi sur des troupeaux r?els de porcs et leur descendance, quoique aucun des proc?d?s employ?s par Monsanto n’ait impliqu? de modification g?n?tique. Pour r?v?ler l’ampleur des ambitions de Monsanto, Greenpeace a fait des recherches sur 30 porcs de 9 races diff?rentes et trouv? qu’ils poss?daient tous une combinaison g?n?tique qui, selon la sp?cification du brevet, serait consid?r?e comme une invention de Monsanto. Cela pouvait avoir des cons?quences consid?rables : ? Si ces brevets sont accord?s, Monsanto pourra l?galement emp?cher les s?lectionneurs et les ?leveurs d’?lever des cochons dont les caract?ristiques sont d?crites dans la description du brevet ou les forcer ? payer des royalties, affirmait Christopher Then, le chercheur de Greenpeace. ? C’est un premier pas vers le genre de contr?le des multinationales sur le domaine animal que Monsanto exerce, avec l’agressivit? qu’on conna??t, sur certaines lign?es de c?r?ales et de l?gumes. ? [1]
Les critiques du public qui ont suivi cette r?v?lation de Greenpeace ont forc? Monsanto ? ?dulcorer sa demande de brevets, mais le g?ant de la biotechnologie n’a pas ?t? perturb? outre mesure. Monsanto a fait une douzaine d’autres demandes de brevets relatifs ? la s?lection porcine. PIC, qui appartient maintenant ? Genus Plc, a ?galement d?pos? une s?rie de demandes de brevets. Ce genre d’?volutions a pouss? Greenpeace et beaucoup d’autres organisations de la soci?t? civile ? r?clamer une refonte compl?te de la Loi europ?enne sur les brevets, afin de faire interdire les brevets portant sur les animaux et les plantes non OGM et leurs g?nes.
Monsanto a essuy? d’autres revers temporaires. Il ?tait par exemple parvenu ? un accord avec l’entreprise JSR Genetics, dont le si?ge est au Royaume-Uni, afin de devenir le distributeur exclusif de son verrat ? Genepacker ? . Probablement parce que Monsanto manquait d’exp?rience en s?lection animale, cet accord n’a pas ?t? tr?s fructueux.

En septembre 2007, Monsanto a vendu Monsanto Choice Genetics ? une entreprise am?ricaine, Newsham Genetics. Cependant, Monsanto a l’intention de poursuivre sa recherche en g?n?tique porcine, qui est la partie la plus importante et potentiellement la plus rentable de ses op?rations porcines. Il a sign? un contrat de recherche de trois ans en collaboration avec Newham.

Monsanto a d?j? d?velopp? la carte g?nomique la plus exhaustive de l’industrie porcine : elle comprend plus de 6 000 associations de marqueurs g?nomiques de performance porcine.

1. Greenpeace International, ? Monsanto files patent for new invention: the pig ?http://www.greenpeace.org/international/news/monsanto-pig-patent-111

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Ajout 2 ?:

En fait, tout internet a gueul? en 2008 , mais a oubli? de mentionner qu’en 2009, ben Monsanto a gagn? haut la main , ?le brevet a ?t? accept??par l’Office des Brevets Europ?ens (EPO) ? Munich .

Rappel :?Monsanto, profession : empoisonneur depuis 50 ans

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La r?volution de la g?n?tique
Les premi?res innovations, telles les hybrides et l’ins?mination artificielle, sont maintenant supplant?es par une autre transformation technologique qui pourrait avoir des cons?quences d’une port?e encore plus consid?rable : la r?volution de la g?n?tique. De nouvelles technologies, comme le clonage et le transfert de g?nes, prennent de plus en plus d’importance. Le g?nie g?n?tique est appliqu? aux volailles depuis les ann?es 80 et des oiseaux transg?niques ont souvent ?t? cr??s en laboratoire. Mais cette technologie n’a pas encore ?t? utilis?e dans la production commerciale de volailles, en raison surtout d’une r?sistance consid?rable dans le public. La viande d’animaux clon?s n’est plus tr?s loin de nos assiettes, maintenant que la FDA (service du gouvernement am?ricain responsable de la surveillance des aliments et des produits de sant?) a donn? son accord en janvier 2007 et que l’UE a annonc? qu’une proc?dure sp?cifique pour la commercialisation de cette viande ? clon?e ? ne serait pas n?cessaire.
La s?lection d’hybrides et la s?paration s?lection/multiplication/engraissement qu’elle entra?ne ont renforc? le pouvoir des s?lectionneurs et favoris? la concentration des ?levages industriels. Ce proc?d? de concentration a ?t? extr?mement rapide : aujourd’hui il ne reste que quatre s?lectionneurs (voir tableau no1) dans le secteur du poulet, alors qu’ils ?taient onze en 1989. Le nombre des entreprises qui fournissent le stock g?n?tique pour les pondeuses au niveau mondial a chut? de fa?on encore plus ?vidente : il est pass? de dix ? deux au cours de la m?me p?riode. Actuellement, partout dans le monde, les paysans qui veulent produire des ?ufs, des poulets, des canards ou des dindes ? l’?chelle commerciale sont oblig?s d’acheter leur mat?riel g?n?tique ? cette poign?e de s?lectionneurs.
L’un des grands acteurs du march? du poulet est le groupe allemand Eric Wesjohann (EW Gruppe), le leader mondial de la g?n?tique dans le domaine des pondeuses, des poulets et des dindes. Avec 4 000 employ?s, il op?re dans 15 pays (en particulier l’Allemagne, la Pologne, les ?tats-Unis, le Canada , le Br?sil, le Japon et l’Afrique du Sud). Il a plus de 35 filiales, dont l’une, Aviagen, est le plus grand s?lectionneur mondial de poulets ? r?tir et de dindes. Le groupe EW fournit le mat?riel g?n?tique pour 68% des ?ufs blancs et 17 % des ?ufs bruns. Le reste du mat?riel g?n?tique pour les ?ufs bruns provient presque enti?rement (65%) de l’entreprise hollandaise Hendrix Genetics, qui est ?galement l’un des leaders en g?n?tique dans le domaine des poulets et des porcs.
Tableau n?1 : Les acteurs principaux sur le march? mondial de la s?lection animale
Domaine g?n?tique
Rang sur le march? mondial
Soci?t?-m?re
Filiales
Pondeuses (?ufs blancs)
1 (68% du march?)
Erich Wesjohann Gruppe (Allemagne)
LohmannlTierzucht, Hyline, H&N
2 (32% du march?)
Hendrix Genetics (Pays-Bas)
ISA, Hendrix
Pondeuses (oeufs bruns)
1 (60? 65% du march?)
Hendrix Genetics
ISA, Hendrix
2 (17% du march?)
Erich Wesjohann Gruppe
Lohmann Tierzucht
Poulets
1
Erich Wesjohann Gruppe
Aviagen
2
Groupe Grimaud (France)
Hubbard
3
Tyson (?tats-Unis)
Cobb-Vantress
4
Hendrix Genetics
Hybro
Dindes
1
Erich Wesjohann
Aviagen, British United Turkeys
2 (34% du march?)
Hendrix Genetics
Hybrid
3
Willmar (?tats-Unis)
Canards
1
Groupe Grimaud
Grimaud
2
Cherry Valley (?tats-Unis)
Porcs
1
Genus Plc (Royaume-Uni)
PIC
2
Hendrix Genetics
Hypor, Pigs Online
3
Pigture Group (Pays-Bas)
Topigs
4
Danish Meat Cooperative
Dandbred
B?tail
1
Genus Plc
ABS
2
Koepon (Pays-Bas)
Alta
Aquaculture
1
Genus Plc
Syaqua


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Ajout 3 ?:
Les choses ont rapidement chang? depuis 2008, la moiti? des noms mentionn?s ci dessus ont ?t? absorb? par d’autres compagnies ?….une recherche sur internet m’apprend que ? Monsanto a vendu Monsanto Choice Genetics ? une entreprise am?ricaine, Newsham Genetics ( poss?dant les compagnies Aveltis, Porfimad, Seretal, Ceb, Elpor,Prestor, Cirhyo, Agrial, Sirepp et Apo ) , qui a elle m?me soudainement ?t? absorb? par Choices Genetics, qui a elle m?me ?t? achet? par Grimaud … ci dessous les activit?s de Grimaud (?source?):
?
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Vous avez remarqu? que ce sont eux aussi qui fournissent?le march? du vaccin?… Ils viennent justement de fusionner avec Intercell pour cr?er le plus grand groupe europ?en?Valneva?.

Rappel :
Overdose d?antibiotiques dans l??levage industriel
B?tail Blues


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L’int?gration verticale
Au d?part, l’int?gration s’est faite verticalement, les s?lectionneurs et les transformateurs de viande devenant une puissante entreprise unique. Tyson Foods Inc., la plus grande entreprise de transformation du poulet et de la viande rouge, fut l’une des premi?res ? choisir cette voie. Cette entreprise g?ante compte 120 000 employ?s, atteint un chiffre d’affaires de 25 milliards de dollars US et fournit ? peu pr?s 25 % de la consommation am?ricaine de poulet, b?uf et porc. Conscient de l’importance strat?gique de la s?lection animale, Tyson a, en 1994, rachet? Cobb-Vantress, la plus vieille entreprise de s?lection des ?tats-Unis, qui fournit des souches de poulets ? r?tir. Cobb-Vantress occupe aujourd’hui le 3? rang mondial dans ce secteur.
L’int?gration verticale touche aussi les s?lectionneurs de l’industrie porcine. Smithfield, qui produit environ un quart des porcs et produits porcins aux ?tats-Unis, a, en 2006, pris une participation dans la soci?t? ACMC, un s?lectionneur porcin dont le si?ge est au Royaume-Uni.
Tous les s?lectionneurs ne sont pas des multinationales. Topigs, par exemple, est une soci?t? de s?lection porcine dont le si?ge est aux Pays-Bas; organis?e de fa?on coop?rative, elle appartient ? 3 000 ?leveurs porcins. La coop?rative ?tait autrefois une forme d’organisation tr?s r?pandue chez les ?leveurs porcins des pays du Nord, jusqu’? ce que la privatisation, encourag?e dans beaucoup de pays, ne favorise la prise de pouvoir des multinationales.

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Ajout 4 :

D?truire les esp?ces v?g?tales pour en avoir le monopole
Pour certains la plan?te est une marchandise comme une autre
Comprendre le pourquoi de la crise alimentaire

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L’int?gration horizontale
Plus r?cemment, un processus d’int?gration horizontale est en train de s’ajouter ? celui de l’int?gration verticale. En 2005, Genus Plc, un s?lectionneur dont le si?ge est au Royaume-Uni (? l’origine ABS Global, la plus grande entreprise de g?n?tique bovine du monde, qui vend environ 10 millions de doses de sperme dans plus de 70 pays), a achet? Sygen, une des plus grandes entreprises de s?lection de porcs et de crevettes, en m?me temps que sa filiale PIC, la plus grosse entreprise de s?lection de porcs au monde. PIC (Pig Improvement Company ou la soci?t? d’am?lioration du porc) vend chaque ann?e 2 millions de reproducteurs, contr?le environ un tiers du march? am?ricain et un dixi?me du march? europ?en. Un g?ant de la g?n?tique a ainsi ?t? cr??, qui rassemble les plus grosses entreprises de s?lection de b?tail, de porc et d’aquaculture. L’int?gration horizontale est en plein essor. En 2007, Hendrix Genetics, l’un des leaders dans le domaine g?n?tique concernant pondeuses, poulets et porcs, a rachet? les op?rations de s?lection appartenant ? Nutreco, le plus grand producteur europ?en d’aliments compos?s et d’aliments pour poisson. Nutreco avait auparavant fait son int?gration verticale, en rachetant d’importants s?lectionneurs de dindes, de poulets et de porcs.
Ce processus d’int?gration horizontale est m? par des progr?s technologiques r?cents. Les transnationales ont bien compris qu’on peut appliquer les principes de la technologie g?n?tique ? tout l’ensemble de l’agriculture et que cette technologie, ?tay?e par un syst?me rigide de brevets, va les aider ? asseoir leur puissance partout dans le monde.

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Ajout 5 :

Contr?ler le premier maillon de la cha?ne alimentaire : les semences

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Ce processus am?ne de nouveaux acteurs sur le march? de la g?n?tique de l’?levage. Ainsi en 1998, Monsanto a acquis DeKalb Genetics Corporation, avec son secteur de s?lection des porcs. Apr?s avoir lanc? Monsanto Choice Genetics, une filiale sp?cialis?e en g?n?tique porcine, Monsanto a ensuite sign? un accord avec Metamorphix, une entreprise de recherche en g?n?tique, ce qui lui a donn? acc?s ? tout le g?nome porcin jusqu’alors disponible (voir encadr? 1). Il est fort probable, tout comme on l’a vu avec les pondeuses (deux entreprises), les poulets (quatre entreprises) et les dindes (trois entreprises), que, dans un avenir relativement proche, seules quelques compagnies auront la mainmise sur l’offre mondiale de porcs hybrides.
Ces ?normes compagnies g?n?tiques sont tr?s prudentes quant aux strat?gies qu’elles d?veloppent pour prot?ger leurs b?n?fices. En 2007, Genus Plc a annonc? que la compagnie avait encore progress? dans la?« r?duction des risques ? aff?rents ? ses op?rations, soulignant que 70% de ses affaires en aux ?tats-Unis et en Europe s’appuient maintenant sur un syst?me de royalties et que 90% de la production est confi?e ? des sous-traitants. En d’autres termes, les multinationales sauvegardent leurs b?n?fices : leur r?le se limite ? fournir du mat?riel g?n?tique, en ayant recours ? des contrats qui garantissent le paiement quelles que soient les circonstances, transf?rant donc la totalit? du risque financier ? ceux qui font vraiment de l’agriculture, c’est-?-dire principalement des agriculteurs sous contrat.
Quelles innovations techniques ? l’avenir ?
Le rythme des changements s’accro?t sans cesse. Comme nous l’avons mentionn? plus haut, la technologie qui permet de modifier g?n?tiquement les poulets existe d?j?. En effet, Avigenics, une compagnie pharmaceutique am?ricaine, affirme qu’elle fabrique des poulets g?n?tiquement modifi?s depuis plus de quatre ans. Probablement parce qu’une grande majorit? du public europ?en consid?re cette technologie comme risqu?e et inutile, le groupe EW et sa filiale, Aviagen, ont tous deux clam? bien haut qu’ils n’avaient pas l’intention de s’en servir. On peut toutefois s’attendre ? ce que les autres entreprises europ?ennes, dont certaines (telles l’entreprise hollandaise Hendrix Genetics ou le groupe fran?ais Grimaud) sont rest?es tr?s discr?tes sur le sujet, s’engouffrent dans le secteur. Ceci s’applique aussi ? Cobb-Vantress.
L’un des secteurs o? la modification g?n?tique va sans doute conna?tre un grand essor est celui de la pisciculture. La mise sur le march? d’un saumon transg?nique qui prendrait deux fois moins de temps pour atteindre la taille vendable qu’un saumon normal est pr?vue pour 2009. De tr?s nombreuses esp?ces de poissons, le saumon, la truite, le bar et le turbot pour n’en citer que quelques-uns, peuvent d?sormais ?tre produits dans des ?levages et sont en train d’?tre adapt?s ? la production industrielle. Il est probable que ce secteur sera bient?t domin? par des multinationales de la biotechnologie comme Genus Plc.

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Plusieurs entreprises de s?lection bovine sont en train de mettre au point la technologie qui permettra de trier le sperme, augmentant de cette fa?on de 50 ? 85% la chance d’obtenir des veaux du sexe voulu. Beaucoup d’?leveurs laitiers sont int?ress?s par la possibilit? d’avoir des veaux femelles et sont pr?ts ? payer nettement plus pour du sperme d?j? tri?. Ce genre de technologies va aussi acc?l?rer les activit?s de s?lection des grandes entreprises, et s’ajoute aux autres technologies utilis?es couramment, telles que le transfert et la s?lection d’embryons.

A partir de l’ins?mination artificielle du b?tail, des recherches ont ?t? men?es pour essayer de conserver le mat?riel g?n?tique relatif ? l’?levage, non seulement le sperme mais aussi les ovocytes (cellules de l’?uf) et les embryons. Contrairement aux semences de plantes, le mat?riel g?n?tique provenant des animaux d’?levage ne peut survivre hors du corps de l’animal et doit donc ?tre conserv? ? l’?tat congel? (cryoconservation). L’une des raisons qui explique le d?veloppement de telles technologies est qu’il est n?cessaire de conserver le mat?riel g?n?tique provenant de races menac?es d’extinction.
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Ajout 7 :
L’?levage menace les habitats littoraux en Asie *
La croissante rapide de la production animale et son impact sur l’environnement ne sont nulle part plus ?vidents qu’en Asie de l’Est et du Sud-Est. Dans les ann?es 90, la production de porcs et de volailles a presque doubl? en Chine, en Tha?lande et au Vietnam. En 2001, ces trois pays repr?sentaient plus de la moiti? des porcs et le tiers des poulets du monde entier. Il n’est donc pas ?tonnant que ces m?mes pays aient subi aussi une augmentation rapide de la pollution li?e ? la concentration des ?levages intensifs. Les exploitations de porcs et de volailles concentr?es sur les r?gions c?ti?res de la Chine, du Vietnam et de la Tha?lande apparaissent comme une source majeure de la pollution en mer de Chine m?ridionale. Sur une bonne partie d’un littoral tr?s peupl?, la densit? des porcs exc?de 100 animaux au kilom?tre carr? et les terres agricoles sont surcharg?es d’un gigantesque surplus de nutriments.
La pollution par les engrais qui proviennent de la terre a provoqu? des invasions d’algues en mer de Chine m?ridionale, le long des c?tes de Hong Kong et de la Chine du Sud. Ces changements affectent les habitats de nombreuses formes de vie, car la mer de Chine m?ridionale abrite d’importantes populations de poissons, d’invert?br?s, de mammif?res marins et d’oiseaux de mer. Les cons?quences de la pollution sur la biodiversit? r?gionale risquent d’?tre consid?rables. Pour n’en prendre qu’un exemple, depuis 2002, des masses de plus en plus importantes de m?duses g?antes atteignent les c?tes japonaises tout au long de l’ann?e et constituent un obstacle s?rieux aux campagnes de p?che. Ces esp?ces proviennent de la mer de Chine orientale, o? elles prolif?rent gr?ce ? l’essor du zooplancton qui r?sulte lui-m?me de l’eutrophisation due ? la pollution venant des terres et du d?clin des stocks de poisson.
L’impact de la baisse de qualit? de l’eau de mer littorale dans l’un des ?cosyst?mes marins peu profonds qui affiche l’une des plus grandes diversit?s biologiques au monde, les mers d’Asie orientale, va bien plus loin que des invasions d’algues et des effets secondaires sur la cha?ne alimentaire. Les fragiles habitats c?tiers sont menac?s, en particulier les r?cifs de corail et les plantes marines qui sont des r?servoirs irrempla?ables de biodiversit? et le dernier refuge de beaucoup d’esp?ces en voie de disparition. Ce sont les r?gions littorales aujourd’hui menac?es de la mer de Chine m?ridionale qui ont fourni jusqu’? pr?sent un habitat ? 45 des 51 esp?ces mondiales de pal?tuviers, ? presque toutes les esp?ces de corail connues et ? 20 des 50 esp?ces de plantes marines qu’on conna?t. De surcro?t, cette r?gion est le centre mondial, pour ce qui est de la diversit?, des coraux hermatypiques, avec plus de 80 genres connus dont quatre semblent ?tre end?miques. Elle abrite un nombre record de mollusques et d’esp?ces de crevettes et contient ?galement une grande diversit? de homards (taux d’end?misme exceptionnel).
* Extrait de Livestock’s Long Shadow – Environmental Issues and Options, par la FAO, Rome 2006, pp.211-212.
Les cons?quences sociales et environnementales
Dans leur course ? la productivit?, les entreprises se sont concentr?es sur une poign?e de races de bovins, de porcs et de volailles. Quoique les races ? haut rendement puissent permettre des augmentations substantielles dans la production d’?ufs, les quantit?s de lait, la teneur en mati?res grasses du lait et les taux de croissance, ces avanc?es ne sont r?alisables que si les animaux re?oivent de grandes quantit?s d’aliment hautement ?nerg?tiques et sont ?lev?s dans des conditions id?ales de temp?rature, de services v?t?rinaires et de bios?curit?, bref tout un arsenal de syst?mes de gestion et de technologies destin?es ? contr?ler parfaitement l’hygi?ne de tous les intrants dans un ?levage industriel, afin d’?viter l’infection. Les petits exploitants, qui n’ont ni le capital n?cessaire ni les moyens d’acc?s aux r?seaux de commercialisation, sont incapables de lutter contre un tel syst?me de production. Une option leur est ouverte et leur permet au moins de survivre : devenir ?leveur sous contrat, m?me si cela signifie qu’ils seront mal pay?s, qu’ils supporteront des risques ?lev?s et qu’ils s’exposent ? se laisser enfermer dans une sorte de servage moderne. (cf. Seedling Jan. 2008, « Contract farming in the world’s poultry industry »).
En m?me temps, cette concentration des entreprises sur quelques races seulement signifie que les populations d’animaux ? haut rendement sont devenues g?n?tiquement tr?s similaires. Les g?n?ticiens des populations maintiennent que pour ?viter la consanguinit? et maintenir la diversit? g?n?tique, il faut, pour chaque race, cent individus qui ne soient pas apparent?s. Pourtant, pour de nombreuses races industrielles de b?tail et de cochons, ce qu’on appelle la ? taille effective de la population ? a atteint des niveaux dangereusement bas. Prenons la production porcine : environ 42% de la production mondiale de porcs est industrielle et utilise cinq races dominantes : le Large White, le Duroc, le Landrace, le Hampshire et le pi?train). Selon la FAO (l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), 66% des m?res des porcs europ?ens en engraissement sont des croisements de Large White et de Landrace. Aux ?tats-Unis, la ? taille effective de la population ? n’est plus que de 74 pour les Hampshire et 61 pour les Duroc.
La situation n’est gu?re diff?rente dans le domaine de la production du b?tail. Pr?s des deux-tiers du lait dans le monde proviennent de races ? haut rendement. La s?lection constante pour obtenir des traits d?sirables (quantit? de lait, taux de mati?res grasses, gain de poids et assimilation des aliments) a provoqu? un r?tr?cissement g?n?tique excessif : Bien qu’il y ait eu 3,7 millions de vaches Holstein ? produire du lait aux ?tats-Unis en 2004, la population ? effective ? n’?tait en fait que de 60 animaux. La v?ritable diversit? dans les ?levages de volailles n’est pas connue, les s?lectionneurs n’?tant pas oblig?s de r?v?ler les informations g?n?tiques qui sont consid?r?es comme secret commercial. La FAO pense que la plupart des souches commerciales sont issues de quatre races.
La s?lection intensive pour obtenir des traits d?sirables est ? l’origine des probl?mes en cascade qui affectent bien des fili?res industrielles de s?lection de bovins, de porcins et de volailles. Tandis qu’on s?lectionne en vue d’une meilleure productivit?, d’autres traits, tels la vitalit? ou la fertilit?, sont perdus. Ainsi, des dindes ? large poitrine ont ?t? d?velopp?es pour fournir les filets et escalopes r?clam?s par les supermarch?s. Pour cette raison, elles sont incapables de s’accoupler naturellement et on doit avoir recours ? l’ins?mination artificielle. Leur poids excessif provoque aussi des probl?mes squelettiques. Pour contrer ce probl?me, les s?lectionneurs ont choisi des traits destin?s ? am?liorer la r?sistance ? la marche et la force des pattes, en oubliant que ces traits ?taient li?s ? d’autres caract?ristiques, comme la combativit?. Ces dindes sont maintenant devenues beaucoup trop agressives pour l’environnement confin? dans lequel elles sont ?lev?es.

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Ajout 8 :

Modifications g?n?tiques : 10 signes que notre monde ressemble ? un mauvais film de science-fiction

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Parmi les autres probl?mes engendr?s, la vuln?rabilit? croissante aux maladies est particuli?rement inqui?tante. Ce n’est pas vraiment surprenant, si l’on songe que non seulement la r?sistance ? la maladie en tant que trait a ?t? n?glig?e dans la s?lection intensive, mais aussi que des milliers d’animaux tr?s similaires d’un point de vue g?n?tique sont ?lev?s dans des conditions de tr?s grande promiscuit?. On estime que 10 ? 15% des b?n?fices de la production de volailles sont perdus ? cause des maladies. Les esp?ces locales et les parents sauvages, on le sait, sont porteurs de certaines maladies, sans toutefois en ?tre affect?s. Aussi les r?glementations comme l’abattage forc?, qui ont ?t? mises en place pour prot?ger la production animale industrielle, constituent-elles une vraie forme de discrimination envers les esp?ces locales. Des fonds publics consid?rables sont requis pour contr?ler les maladies, sans parler des assurances que les ?leveurs de certains pays sont maintenant tenus de payer.
Tandis que la production industrielle, avec son choix limit? de races, se r?pand de par le monde, les races locales, elles, sont en train de dispara?tre. Sur les 8 000 races document?es par la FAO, on estime qu’une dispara?t chaque mois, alors qu’il n’en disparaissait qu’une par an au si?cle dernier. D?j? 20% des races sont menac?es. Tr?s peu de travail de d?veloppement a ?t? accompli au cours des derni?res d?cennies concernant les races du Sud. Celles-ci ont souvent ?t? crois?es avec des races du Nord, sans essayer de sauvegarder des lign?es pures.
De s?rieux probl?mes environnementaux sont apparus, tels la contamination de l’eau et du sol, et les co?ts de transport de vastes quantit?s d’alimentation animale sur de longues distances. On entend souvent l’argument selon lequel l’?levage industriel permet de sauvegarder la for?t tropicale, parce que ces animaux ont une capacit? accrue d’assimilation des aliments, ce qui signifierait que la production de chaque unit? de viande a n?cessit? une moindre quantit? d’alimentation. Mais il est facile de r?futer cet argument : Les syst?mes de production locale s’appuient sur une alimentation locale et utilisent rarement les concentr?s import?s, qui sont souvent ? base de soja ; or c’est la culture de ce soja qui provoque la destruction de la for?t tropicale, en particulier dans le bassin de l’Amazone. Qui plus est, les esp?ces locales ont de multiples avantages, fournissant ainsi fumier et moyen de transport et servant de ? banques ? sabots ? (un terme invent? par l’ONG indienne ANTHRA). Ces races sont ?galement capables de s’adapter ? leur environnement et contribuent m?me ? sa durabilit?.
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Ajout 9?:
?La transformation de la pampa
La pampa, prairie humide du Nord de l’Argentine, a ?t? le site de l’une des plus dramatiques transformations d’un paysage par des plantes allog?nes introduites par les animaux. Cette histoire a ?t? document?e tr?s t?t. Dans son Origine des esp?ces (1872), Darwin remarquait en effet que ? le cardon europ?en et un grand chardon sont maintenant les [plantes] les plus communes sur toute la plaine de La Plata, recouvrant des lieues de surface, ? l’exclusion quasiment de toute autre plante. ? M?me en Uruguay, il trouva ? des surfaces de plusieurs milles couvertes d’une masse de ces plantes piquantes que ni homme ni b?te ne peut p?n?trer. Dans ces plaines vallonn?es, l? o? pousse ce vaste couvert v?g?tal, rien d’autre ne peut vivre. ? Ces paysages ?taient probablement apparus en moins de 75 ans.
En 1868, Von Schuldi pensait que le cardon ?tait arriv? en Argentine dans la peau d’un ?ne. De nombreuses esp?ces botaniques immigrantes sont sans doute arriv?es autrefois avec les animaux d’?levage et pendant 250 ans, ces plaines furent utilis?es comme p?tures, mais jamais labour?es de fa?on extensive. Le cardon et le chardon ne furent finalement ma?tris?s que par les labourages extensifs de la pampa ? la fin du dix-neuvi?me si?cle.
Cependant, ce n’?tait pas, loin s’en faut, la fin des invasions de plantes li?es ? l’?levage. La transformation de la pampa en terre agricole fut men?e par des paysans immigrants qu’on encouragea ? faire pousser de la luzerne pour pouvoir ?lever encore plus d’animaux. Cette transformation a grandement accru les possibilit?s pour les plantes allog?nes de s’introduire sur ces nouveaux terrains et de s’y ?tablir. Vers la fin du dix-neuvi?me si?cle, plus de 100 plantes vasculaires ?taient list?es comme non-natives pr?s de Buenos Aires et en Patagonie. Marzocca (1984) fait une liste de dizaines de plantes allog?nes qui sont officiellement consid?r?es comme des ? plaies de l’agriculture ? en Argentine.
Tandis que la transformation massive de la v?g?tation argentine se poursuit, la mondialisation du secteur de l’?levage a provoqu? r?cemment une autre r?volution dans la pampa. En quelques ann?es seulement, le soja est devenu la culture majeure du pays. En 1996, un soja g?n?tiquement modifi? avec un g?ne qui lui permettait de r?sister aux herbicides a ?t? introduit en Argentine. A l’arriv?e de ce soja GM, le soja couvrait six millions d’hectares ; il en couvre actuellement 15,2 millions, plus de la moiti? des terres arables de l’Argentine. Les effets du taux de d?forestation actuelle exc?dent ceux des premi?res vagues d’expansion agricole (ce qu’on a appel? les ? fi?vres ? du coton et de la canne ? sucre). En m?me temps, la culture intensive du soja provoque une r?duction s?v?re de la fertilit? du sol. Altieri et Pengue estimaient qu’en 2003 la culture du soja avait pr?lev? dans le sol argentin un million de tonnes d’azote et environ 227 000 tonnes de phosphore, l’?quivalent d’une valeur de 910 millions de dollars US, si ces ?l?ments devaient ?tre remplac?s par des engrais min?raux.
* Extrait ?dit? par l’auteur, tir? de Livestock’s Long Shadow, – Environmental Issues and Options, FAO, Rome 2006, p.201.

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Conclusions
Au cours des derni?res ann?es, l’industrie de l’?levage a ?t? affect?e par une ?norme vague de concentration, et le clonage, le transfert de g?nes et autres technologies ?mergentes, en particulier l’?volution des droits de propri?t?s, vont probablement encore acc?l?rer cette concentration. Ces d?veloppements ne vont pas dans l’int?r?t du public et ne feront qu’exacerber les probl?mes associ?s aux races ? haute performance, ? la production industrielle et aux vastes sommes d’argent public d?pens?es pour combattre les maladies animales, et aggraver la pollution de l’environnement, les maladies humaines li?es au r?gime alimentaire et la question du bien-?tre animal.

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