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« L’appareil de gouvernement ». Le problème politique de « l’appareil de gouvernement » est le plus important de ceux qui se posent aux sociétés humaine. Souvent, le conflit qui surgit au sein d’une famille se ramène à ce problème. Ce problème est devenu … Lire la suite

LE LIVRE VERT de Mouammar Kadhafi (I)

« L?appareil de gouvernement ».

Le probl?me politique de « l?appareil de gouvernement » est le plus important de ceux qui se posent aux soci?t?s humaine.

Souvent, le conflit qui surgit au sein d?une famille se ram?ne ? ce probl?me. Ce probl?me est devenu tr?s grave depuis l?apparition des soci?t?s modernes. Actuellement, les peuples affrontent ce probl?me persistant, et les soci?t?s supportent nombre de risques et de cons?quences extr?mes qui en r?sultent. Elle n?ont pas encore r?ussi ? lui trouver une solution d?finitive et d?mocratique. Ce Livre vert pr?sente la solution th?orique d?finitive au probl?me de « l?appareil de gouvernement ».

De nos jours, l?ensemble des r?gimes politiques est le r?sultat de la lutte que se livrent les appareils pour parvenir au pouvoir: que cette lutte soit pacifique ou arm?e, comme la lutte des classes, des sectes, des tribus, des partis ou des individus, elle se solde toujours par le succ?s d?un appareil, individu, groupe, parti ou classe et par la d?faite du peuple, donc de la d?mocratie v?ritable.

La lutte politique qui aboutit ? la victoire d?un candidat, avec, par exemple 51% de l?ensemble des voix des ?lecteurs, conduit ? un syst?me dictatorial, mais sous un d?guisement d?mocratique. En effet, 49% des ?lecteurs sont gouvern?s par un syst?me qu?ils n?ont pas choisi, et qui, au contraire, leur a ?t? impos?. Et cela c?est la dictature.

Cette lutte politique peut aussi aboutir ? la victoire d?un appareil ne repr?sentant que la minorit?, notamment lorsque les voix des ?lecteurs se r?partissent sur un ensemble de candidats dont l?un obtient plus de voix que chacun des autres consid?r? ? part. Mais si l?on additionnait les voix obtenues par les « battus », cela donnerait une large majorit?. Malgr? cela, c?est celui qui a le moins de voix qui est proclam? vainqueur, et son succ?s est consid?r? comme ?gal et d?mocratique ! Mais en r?alit? il s?instaure une dictature sous des apparences d?mocratiques.

Voil? la v?rit? sur les r?gimes politiques qui dominent le monde actuel. Leur falsification de la vraie d?mocratie appara?t clairement: ce sont des r?gimes dictatoriaux.

Les assembl?es parlementaires.

Les assembl?es parlementaires sont l??pine dorsale de la d?mocratie telle qu?elle existe actuellement.

L?assembl?e parlementaire est un repr?sentation trompeuse du peuple, et les r?gimes parlementaires constituent une solution tronqu?e au probl?me de la d?mocratie; l?assembl?e parlementaire se pr?sente fondamentalement comme repr?sentante du peuple, mais ce fondement est, en soi, non d?mocratique, parce que la d?mocratie signifie le pouvoir du peuple et non le pouvoir d?un substitut? Le fait m?me de l?existence d?une assembl?e parlementaire signifie l?absence du peuple. Or la d?mocratie v?ritable ne peut s??tablir que par la participation du peuple lui-m?me et non au travers de l?activit? de ses substituts. Les assembl?es parlementaires, en excluant les masses de l?exercice du pouvoir et en usurpant la souverainet? populaire ? leur profit, sont devenues un ?cran l?gal entre le peuple et le pouvoir. Il ne reste au peuple que cette apparence de d?mocratie qu?illustrent les longues files d??lecteurs venant d?poser dans l?urne, leur bulletin de vote.

Afin de mettre ? nu la r?alit? de l?assembl?e parlementaire, il nous faut rechercher d?o? elle vient: elle est soit ?lue dans des circonscriptions ?lectorales, soit constitu?e, dans un parti, une coalition de partis, par d?signation. Mais aucun de ces moyens n?est d?mocratique, car la r?partition des habitants en circonscriptions ?lectorales signifie qu?un seul d?put? repr?sente, selon l?importance de la population, des milliers, des centaines de milliers, ou des millions de citoyens. Cela signifie aussi que le d?put? n?est pas attach? par un lien organique populaire avec les ?lecteurs, puisqu?il est consid?r?, selon la th?se de la d?mocratie classique, comme le repr?sentant de tout le peuple au m?me titre que les autres d?put?s. D?s lors, les masses se s?parent d?finitivement du d?put?, et le d?put? se s?pare d?finitivement des masses. Car d?s qu?il est ?lu, il usurpe leur souverainet? et agit ? leur place? La d?mocratie classique, actuellement dominante dans le monde, rev?t les membres des assembl?es parlementaires d?une respectabilit? et d?une immunit? qu?elle d?nie au simple citoyen.

Cela signifie que les assembl?es parlementaires sont devenues un moyen d?usurper et de monopoliser le pouvoir du peuple; c?est pourquoi il est aujourd?hui du droit des peuples de lutter ? travers la r?volution populaire, en vue d??liminer ces instruments de la monopolisation de la d?mocratie et de la souverainet?, que sont les assembl?es parlementaires, qui usurpent la volont? des masses. Il est du droit des peuples de proclamer un nouveau principe: « Pas de substitut au pouvoir du peuple. »

Lorsque l?assembl?e parlementaire est form?e ? la suite du succ?s d?un parti aux ?lections, elle est l?assembl?e du parti, et non l?assembl?e du peuple, elle repr?sente un parti et non le peuple; et le pouvoir ex?cutif d?tenu par l?assembl?e parlementaire est le pouvoir du parti vainqueur, et non le pouvoir du peuple. Il en est de m?me de l?assembl?e parlementaire au sein de laquelle chaque parti dispose d?un certain nombre de si?ges; les titulaires de ces si?ges sont les repr?sentants de leur parti et non ceux du peuple, et le pouvoir ?manant d?une telle coalition est celui des partis coalis?s et non le pouvoir du peuple. Dans de tels r?gimes le peuple est la proie pour laquelle on se bat. Il est alors abus? et exploit? par ces appareils politiques qui se combattent pour parvenir au pouvoir, pour arracher des voix au peuple tandis que celui-ci s?aligne en files silencieuses, qui se d?roulent comme un chapelet, afin de d?poser des bulletins dans les urnes de m?me qu?il jetterait des papiers dans une poubelle? C?est cela la d?mocratie classique qui domine le monde entier, qu?il s?agisse de r?gimes ? parti unique, de r?gimes bipartites ou multipartites, ou m?me sans parti; ainsi il appara?t clairement que « la repr?sentation est une imposture« .

Quant aux assembl?es qui se forment par la d?signation ou la succession, elles n?ont aucun aspect d?mocratique.

Etant donn? que le syst?me des ?lections des assembl?es parlementaires repose sur la propagande pour attirer les voix, c?est donc un syst?me d?magogique au vrai sens du mot. Il est possible d?acheter et de manipuler les voix alors que les plus pauvres ne peuvent ?tre au coeur des luttes ?lectorales: ce sont toujours et seulement les riches qui gagnent les ?lections !

Ce sont les philosophes, les penseurs et les ?crivains qui se sont fait les avocats de la th?orie de la repr?sentation parlementaire, au temps o? les peuples ?taient ignorants et men?s comme des troupeaux par les rois, les sultans et les conqu?rants? L?aspiration ultime des peuples ?tait alors d?avoir un mandant pour les repr?senter aupr?s des gouvernants. Mais cette aspiration m?me ?tait rejet?e. C?est pour r?aliser cette ambition que les peuples ont p?niblement et longuement combattu. Il n?est donc pas raisonnable que maintenant, apr?s la victoire de l??re des r?publiques et le commencement de l??re des masses, la d?mocratie soit seulement l?apanage d?un petit groupe de d?put?s devant agir au nom des masses. C?est une th?orie surann?e et une m?thode d?pass?e. Le pouvoir doit ?tre enti?rement celui du peuple.

Les plus tyranniques dictatures que le peuple ait connues se sont ?tablies ? l?ombre des assembl?es parlementaires.

Le parti

Le parti est la dictature contemporaine? il est « l?appareil de gouvernement » de la dictature d?une fraction sur l?ensemble. Il est de nos jours le dernier en date des appareils dictatoriaux. Et comme le parti n?est pas un individu, il refl?te une d?mocratie apparente en forgeant des assembl?es ou des commissions, sans compter la propagande ? laquelle se livrent ses membres. Le parti n?est nullement un appareil d?mocratique, parce qu?il se compose des gens qui ont le m?me int?r?ts? ou les m?mes vues? ou la m?me culture? ou font partie d?une m?me r?gion? ou ont la m?me id?ologie? et qui se regroupent en un parti pour assurer leurs int?r?ts ou imposer leurs vues, ou ?tendre le pouvoir de leur doctrine ? la soci?t? toute enti?re.

L?objectif d?un parti est de parvenir au pouvoir au nom de l?ex?cution de son propre programme. Il n?est pas d?mocratiquement admissible qu?un parti gouverne le peuple tout entier car celui-ci est constitu? d?int?r?ts, d?opinions, de temp?raments, d?id?ologies ou d?origines diff?rents.

Le parti est un appareil de gouvernement dictatorial permettant ? ceux qui ont les m?mes conceptions ou les m?mes int?r?ts de gouverner le peuple comme un tout? Or par rapport au peuple, le parti est une minorit?. Former un parti c?est mettre en place l?instrument qui permettra de gouverner le peuple? c?est-?-dire de gouverner ceux qui sont en dehors du parti, car le parti se fonde essentiellement sur une th?orie autoritaire et arbitraire, ? savoir le despotisme de ses membres sur les autres ?l?ments du peuple?

Le parti avance que son arriv?e au pouvoir est le moyen de r?aliser ses objectifs, et que ses objectifs sont ceux du peuple. Telle est la th?orie qui justifie la dictature du parti et qui sert de base ? toute dictature. Quel que soit le nombre de partis, cette th?orie est toujours la m?me. Mieux l?existence de plusieurs partis exacerbe la lutte pour le pouvoir? qui aboutit ? l?an?antissement de tout acquis du peuple, et sabote tout plan de d?veloppement de la soci?t?. C?est cette destruction qui justifie la tentative du parti rival de prendre la place du parti au pouvoir. La lutte des partis, si elle ne se solde pas par la lutte arm?e ? qui est rare ? prend la forme de la critique et du d?nigrement mutuels. C?est un combat qui se d?roule n?cessairement au pr?judice des int?r?ts vitaux et supr?mes de la soci?t?, dont certains membres sinon tous font in?vitablement les frai de la lutte des appareils pour parvenir au pouvoir. Car c?est dans l?effondrement m?me de ces int?r?ts que le parti (ou les partis) d?opposition trouve la preuve de la justice de son argumentation contre le (ou les) parti au pouvoir.

Le parti d?opposition, en tant qu? »appareil de gouvernement » d?sirant parvenir au pouvoir, doit n?cessairement abattre l?appareil en place, et pour ce faire il lui faut en saper les r?alisations et en d?nigrer les projets, m?me si ceux-ci sont profitables ? la soci?t?.

Et c?est ainsi que les int?r?ts de la soci?t?, et ses projets deviennent les victimes de la lutte des partis pour le pouvoir. Certes le conflit n? de la multiplicit? des partis suscite une activit? politique intense mais il n?en demeure pas moins que ce conflit est d?une part destructeur politiquement, socialement et ?conomiquement et d?autre part, se solde toujours par la victoire d?un appareil semblable au pr?c?dent, c?est-?-dire par la chute d?un parti et la victoire d?un autre. Mais c?est toujours la d?faite du peuple? donc la d?faite de la d?mocratie.

En outre, les partis peuvent ?tre achet?s ou corrompus, aussi bien de l?int?rieur que de l?ext?rieur.

A l?origine le parti s??rige en repr?sentant du peuple, puis la direction du parti devient la repr?sentante des membres du parti, puis le pr?sident du parti devient le repr?sentant de la direction. Ainsi le jeu des partis se r?v?le comme un jeu comique et trompeur, bas? sur la caricature d?une d?mocratie au contenu ?go?ste, et fond?e sur le jeu des manoeuvres politiques.

Le syst?me de partis est donc bien l?appareil de la dictature moderne. C?est une dictature sans masque, que le monde n?a pas encore d?pass?, c?est r?ellement la dictature de l??poque contemporaine.

Le Parlement du parti victorieux est le parlement de ce parti; le pouvoir ex?cutif mis en place par le Parlement est le pouvoir du parti sur le peuple; le pouvoir du parti qui est cens? ?tre au service de tout le peuple est en r?alit? l?ennemi jur? d?une fraction du peuple, celle constitu?e par le ou les partis d?opposition et leurs partisans. L?opposition n?est donc pas le censeur populaire du parti au pouvoir; elle guette plut?t son heure pour acc?der elle-m?me au pouvoir.

Selon la th?se de la d?mocratie classique, le censeur l?gitime du parti au pouvoir est le parlement, dont la majorit? des membres appartiennent ? ce parti; c?est-?-dire que la censure est entre les mains du parti gouvernant, et que le pouvoir ?mane du parti censeur; ainsi apparaissent clairement l?imposture, la falsification et la fausset? des th?ories politiques dominant le monde, et dont est issue la d?mocratie classique dans sa forme actuelle.

« Le parti ne repr?sente qu?une faction du peuple, alors que la souverainet? populaire est indivisible. »

« Le parti gouverne ? la place du peuple, alors qu?il ne doit pas y avoir de substitut au pouvoir du peuple? »

Le parti est la tribu des temps modernes? c?est la secte. La soci?t? gouvern?e par un parti unique est en tout point semblable ? celle gouvern?e par une seule tribu ou une seule secte; car le parti, comme cela a d?j? ?t? soulign?, est l?expression des conceptions, des int?r?ts, des id?ologies, des origines, d?un seul groupe de la soci?t?.

Le parti est en fin de compte une minorit?, par rapport au peuple tout entier, tout comme la tribu ou la secte? Cette minorit? a les m?mes int?r?ts ou la m?me id?ologie. De ces int?r?ts ou de cette id?ologie d?coule la m?me conception. Il n?y a pas de diff?rence entre un parti et une tribu sinon le lien de sang, qui a d?ailleurs peut-?tre exist? ? la naissance du parti.

La lutte des partis pour le pouvoir ne diff?re en rien de la lutte des tribus et des sectes pour le pouvoir. Si le syst?me tribal ou sectaire est politiquement rejet? et honni, il doit en ?tre de m?me pour le syst?me des partis, car tous deux proc?dent de la m?me d?marche et conduisent au m?me r?sultat. Pour la soci?t?, la lutte des partis a un effet aussi n?faste et destructeur que la lutte tribale ou sectaire.

La classe.

Le syst?me politique de classe est identique ? celui des partis, des tribus ou des sectes.

Qu?une soci?t? politique soit domin?e par une classe, un parti, une tribu ou une secte, c?est finalement la m?me chose.

La classe, comme le parti, la tribu ou la secte est un groupe de personnes qui partagent les m?mes int?r?ts. Ces int?r?ts communs naissent de l?existence d?un groupe de gens qu?unissent des liens de sang, d?id?ologie, de culture, de lieu ou de niveau de vie. La classe, le parti, la tribu et la secte naissent de causes identiques qui conduisent au m?me r?sultat, c?est-?-dire que des liens de sang, de croyance, d?id?ologie, de niveau de vie, de culture ou de lieu, d?coule une m?me conception pour parvenir ? un m?me but. La forme sociale du groupe se manifeste donc sous l?aspect d?une classe, d?un parti, d?une tribu ou d?une secte, qui mettra en place un appareil dont la d?marche politique sera de r?aliser les vues et les int?r?ts du groupe. Dans tous les cas, le peuple n?est ni la classe, ni le parti, ni la secte?Chacun d?eux n?est qu?une fraction du peuple et n?en repr?sente qu?une minorit?. Lorsqu?une classe, un parti ou une secte domine la soci?t? on se trouve en face d?un r?gime dictatorial. Malgr? tout, la coalition de classes ou de tribus reste pr?f?rable ? la coalition de partis, car ? l?origine le peuple est essentiellement constitu? d?un ensemble de tribus. Il est rare de trouver en effet quelqu?un n?appartenant pas ? une tribu, et tout le monde fait partie d?une classe d?finie. Mais aucun parti (ou coalition de partis) ne peut regrouper tout un peuple et c?est pourquoi il n?est qu?une minorit? face aux larges masses qui n?y adh?rent pas.

Conform?ment ? la v?ritable d?mocratie, il est injustifiable qu?une classe, un parti, une tribu ou une secte ?crase, pour ses int?r?ts propres, tous les autres.

Admettre une telle domination signifie rejeter la logique de la d?mocratie et s?en tenir ? la logique de la force. C?est un acte de dictature contraire aux int?r?ts de toute la soci?t? qui n?est constitu?e ni d?une seule classe, ni m?me des adh?rents d?un seul parti. Une telle attitude ne peut trouver aucune justification. La dictature s?explique en reconnaissant que la soci?t? est bien constitu?e de plusieurs ?l?ments, mais que l?un d?entre eux doit ?liminer les autres afin de rester seul au pouvoir. Une telle action n?est donc pas de l?int?r?t de l?ensemble de la soci?t?, mais uniquement de l?int?r?t d?une seule classe, d?une seule tribu, d?une seule secte, ou d?un sel parti, c?est-?-dire de l?int?r?t de ceux qui prennent le pouvoir car cette mesure discriminatoire est essentiellement dirig?e contre les membres de la soci?t? qui n?appartiennent pas au parti, ? la classe, ? la tribu ou ? la secte qui entreprend cette ?limination.

Une soci?t? d?chir?e par la lutte des partis est en tout point semblable ? celle qui est d?chir?e par la lutte tribale ou sectaire.

Le parti constitu? au nom d?une classe se transforme automatiquement en substitut de cette classe, transformation spontan?e, qui se poursuit jusqu?? ce qu?il devienne l?h?ritier de la classe ennemie ? la sienne.

La classe qui h?rite d?une soci?t?, h?rite en m?me temps de ses caract?ristiques. Cela revient ? dire que si, par exemple, la classe ouvri?re venait ? ?craser toutes les autres classes, elle deviendrait l?h?riti?re de la soci?t?, c?est-?-dire qu?elle deviendrait la base mat?rielle et sociale de la soci?t?. L?h?ritier porte les caract?ristiques de celui dont il h?rite, m?me si ces caract?ristiques n?apparaissent pas ? premi?re vue. Au fur et ? mesure que le temps passerait, les caract?ristiques des classes exclues resurgiraient ? l?int?rieur de la classe ouvri?re. Or, ? telles caract?ristiques correspondent telles attitudes et tels points de vue appropri?s. Ainsi la classe ouvri?re deviendrait peu ? peu une soci?t? ? part ayant les m?mes contradictions que l?ancienne soci?t?.

Les niveaux mat?riel et moral des individus se diff?rencient dans un premier temps, puis les groupes apparaissent et se transforment en m?me temps en classes exactement semblables aux classes abolies, et la lutte pour gouverner la soci?t? reprend. Chaque ensemble d?individus, puis chaque groupe, puis chaque nouvelle classe, tenteront chacun de devenir un « appareil de gouvernement ». La base mat?rielle de la soci?t? est instable parce qu?elle est aussi sociale.

Par ailleurs « l?appareil de gouvernement » provenant de la base mat?rielle unique de la soci?t? pourrait se stabiliser pendant un certain temps. Mais il est vou? ? la disparition d?s que naissent, ? partir de cette m?me base mat?rielle unique, des niveaux mat?riel et social nouveaux.

Toute soci?t? o? se combattent des classes ?tait, auparavant, une soci?t? ? classe unique. Mais cette m?me classe a engendr? d?autres classes, du fait de l??volution in?luctable des choses.

La classe qui d?poss?de les autres afin de monopoliser « l?appareil de gouvernement » ? son profit exclusif finira par constater que cette appropriation agit en son sein comme elle agit dans la soci?t? toute enti?re.

En d?finitive, les tentatives d?uniformisation de la base mat?rielle de la soci?t?, en vue de r?soudre le probl?me du pouvoir ou de mettre fin ? la lutte au profit d?un parti, d?une classe, d?une secte ou d?une tribu, ont ?chou?, de m?me que les tentatives de satisfaire les masses par l??lection de repr?sentants, ou par l?organisation de r?f?rendums; continuer dans cette voie serait perdre son temps et se moquer du peuple.

Le r?f?rendum

Le r?f?rendum est une imposture envers la d?mocratie. Ceux qui disent « Oui » ou « Non n?expriment pas r?ellement leur volont?; mais ils sont b?illonn?s au nom de la conception de la d?mocratie classique et il ne leur est permis de prononcer qu?un seul mot: « oui » ou « non ». C?est alors le syst?me dictatorial le plus dur et le plus r?pressif. Celui qui dit: « non » doit pouvoir en donner la raison et expliquer pourquoi il n?a pas dit « oui »; et celui qui a dit « oui », doit pouvoir justifier ce choix et expliquer pourquoi il n?a pas dit « non ». Chacun doit pouvoir dire ce qu?il veut, la raison de son accord ou de son refus.

Quelle est alors la voie que doivent suivre les soci?t?s humaines pour se d?livrer d?finitivement des ?poques d?arbitraires et de dictature ?

Puisque dans la question de la d?mocratie le probl?me insoluble est celui de « l?appareil de gouvernement », probl?me qui s?exprime dans les luttes de partis, de classes ou d?individus, puisque l?invention des m?thodes ?lectorales et des r?f?rendums n?est qu?un camouflage de l??chec de ces exp?riences; la solution consiste donc ? trouver un « appareil de gouvernement » qui ne soit pas l?un de des appareils en lutte pour le pouvoir et ne repr?sentant qu?une seule faction de la soci?t?. Il s?agit donc de trouver un « appareil de gouvernement » qui ne soit pas un parti, une classe, une secte ou une tribu, un appareil qui soit le peuple tout entier, donc qui ne le repr?sente pas et ne se substitu? ? lui. « Pas de substitut au pouvoir du peuple, « la repr?sentation est une imposture« .

S?il ?tait possible de trouver cet appareil le probl?me serait donc r?solu. La d?mocratie populaire deviendrait r?alit?, et les soci?t?s humaines auraient mis fin ? l?arbitraire et ? la dictature, qui seraient remplac?es par le pouvoir du peuple.

Le « Livre vert » pr?sente la solution d?finitive au probl?me de « l?appareil de gouvernement », il indique aux peuples le moyen de passer de l??re de la dictature ? celle de la d?mocratie v?ritable.

Cette nouvelle th?orie est fond?e sur le pouvoir du peuple, sans substitut ni repr?sentation. Elle r?alise une d?mocratie directe d?une mani?re organis?e et efficace. Elle diff?re de la vieille tentative de d?mocratie directe qui n?a pas trouv? de r?alisation pratique et qui a manqu? de s?rieux en raison de l?absence d?organisation populaire de base.

Les congr?s populaires et les comit?s populaires.

Les congr?s populaires sont l?unique moyen de la d?mocratie populaire.

Tout autre syst?me est une forme non d?mocratique de gouvernement. Tous les r?gimes gouvernementaux qui pr?valent actuellement dans le monde ne seront pas d?mocratiques tant qu?ils n?auront pas d?couvert ce moyen. Les congr?s populaires sont l?aboutissement du mouvement des peuples vers la d?mocratie.

Les congr?s populaires et les comit?s populaires ne sont pas des inventions de l?imagination, dans la mesure o? ils sont le produit de la pens?e humaine qui a assimil? les diff?rentes exp?riences des peuples pour aboutir ? la d?mocratie.

La d?mocratie directe, quand elle est mise pratique, est indiscutablement et incontestablement la m?thode id?ale de gouvernement. Comme une nation, quelle que soit sa population, ne peut ?tre rassembl?e pour discuter, ?tudier et d?cider de sa politique, les soci?t?s sont d?tourn?es de la d?mocratie directe, qui est demeur?e une id?e utopique ?loign?e de la r?alit?. Elle a ?t? remplac?e par de nombreuses th?ories de gouvernement, telles que les assembl?es parlementaires, les coalitions de partis, les r?f?rendums. Toutes ont conduit ? isoler le peuple de l?activit? politique, ? usurper sa souverainet?, et ? confisquer son pouvoir au profit d? »appareils de gouvernement » successifs et en conflit, qu?ils soient individu, classe, secte, tribu, Parlement ou parti.

Le « Livre vert » annonce au peuple la d?couverte du chemin de la d?mocratie directe gr?ce ? un proc?d? novateur.

Puisque l?id?e de l?exemplarit? de la d?mocratie directe faisait l?unanimit? mais qu?il ?tait impossible de la mettre en pratique et puisque la troisi?me th?orie universelle nous pr?sente une exp?rience r?aliste de la d?mocratie directe, le probl?me de la d?mocratie se trouve donc d?finitivement r?solu dans le monde. Il ne reste plus aux masses qu?? lutter pour abattre toutes les formes dictatoriales de gouvernement qui dominent actuellement l?univers et qui sont fallacieusement baptis?es d?mocraties; du Parlement ? la secte, de la tribu ? la classe, du syst?me de parti unique au bipartisme ou au multipartisme !

La d?mocratie n?a qu?une seule forme et une seule th?orie. Les diff?rences et les divergences entre les syst?mes dits d?mocratiques sont la preuve qu?ils ne sont pas d?mocratiques. Le pouvoir du peuple n?a qu?un seul visage et on peut r?aliser le pouvoir populaire que d?une seule mani?re: par les congr?s populaires et les comit?s populaires: « Pas de d?mocratie sans congr?s populaires » et des comit?s populaires partout.

Premi?rement, le peuple se divise en congr?s populaires de base. Chaque congr?s choisit son secr?tariat. L?ensemble de ces secr?tariats forment ? leur tour des congr?s populaires, congr?s diff?rents de ceux de la base.

Puis l?ensemble des congr?s populaires de base choisit des comit?s administratifs populaires pour remplacer l?administration gouvernementale. D?s lors, tous les services publics se trouvent dirig?s par des comit?s populaires responsables devant les congr?s populaires de base, lesquels leur fixent la politique ? suivre et en contr?lent l?ex?cution.

Ainsi l?administration et son contr?le seront populaires et il sera mis fin ? la d?finition d?su?te de la d?mocratie selon laquelle: « La d?mocratie, c?est le contr?le du gouvernement par le peuple. » La d?finition juste qui la remplacera est: « La d?mocratie, c?est le contr?le du peuple par le peuple. »

Tous les citoyens membres de ces congr?s populaires appartiennent, par leurs fonctions ou leurs professions, ? des groupes ou des cat?gories diff?rentes: ouvriers, paysans, ?tudiants, commer?ants, artisans, fonctionnaires, etc. En plus de leur appartenance en tant que citoyens, aux congr?s populaires de base ou aux comit?s populaires, ils doivent constituer des congr?s populaires professionnels qui leur sont propres.

Les probl?mes ?voqu?s par les congr?s populaires de base, les comit?s populaires, les syndicats et les associations professionnelles, prendront leur forme d?finitive au Congr?s G?n?ral du Peuple o? se retrouveront les groupes ex?cutifs des congr?s populaires, des comit?s populaires, des unions syndicales ou professionnelles.

Ce qui est d?battu par le Congr?s G?n?ral du Peuple, qui se r?unit une fois par an, sera soumis ? son tour aux congr?s populaires et aux comit?s populaires, aux syndicats et aux associations. Les comit?s populaires, responsables devant les congr?s populaires de base, commenceront alors de mettre ? ex?cution le programme ainsi ?labor? contrairement aux assembl?es parlementaires.

Le Congr?s G?n?ral du Peuple n?est pas un rassemblement de membres d?un parti ou de personnes physiques mais la rencontre des congr?s populaires de base, des comit?s populaires, des syndicats et de toutes les associations professionnelles.

Ainsi la question de « l?appareil de gouvernement » sera r?solue et m?me temps il sera mis fin aux appareils dictatoriaux. Le peuple deviendra « l?appareil de gouvernement » et le probl?me de la d?mocratie dans le monde sera d?finitivement r?solu.

La Loi de la soci?t?.

Le probl?me de la Loi ? probl?me parall?le ? celui de « l?appareil de gouvernement »- n?a pas encore trouv? sa solution dans les temps modernes, bien qu?il l?ait trouv? ? certains moments de l?Histoire.

Qu?un comit? ou un Parlement l?gif?re pour la soci?t?, cela est injuste et antid?mocratique. Que la loi de la soci?t? soit amend?e ou abrog?e par un individu, une commission ou un Parlement, cela aussi est injuste et antid?mocratique. Quelles est donc la Loi de la soci?t? ? Qui l??labore ? Quelle est son importance par rapport ? la d?mocratie ?

La Loi v?ritable d?une soci?t? est la coutume (tradition) ou la religion; toute autre tentative en dehors de ces deux sources est inutile et illogique.

La Constitution n?est pas la Loi de la soci?t?. La Constitution est une loi fondamentale ?dict?e par l?homme. Elle a besoin d?une source pour se justifier. Le probl?me de la libert? dans les temps modernes r?side en ce que les constitutions sont devenues les Lois de la soci?t?, et que les constitutions ne s?appuient que sur les conceptions des appareils dictatoriaux dominants dans le monde, qu?ils reposent sur un individu ou un parti.

La preuve est la diff?rence d?une constitution ? tout autre. Cette diff?rence d?coule de la disparit? de conceptions des « appareils de gouvernement ». L? se trouve la vuln?rabilit? de la libert? dans le monde contemporain.

Le moyen par lequel les « appareils de gouvernement » cherchent ? dominer les peuples, est consign? dans la constitution. Le peuple est contraint de se soumettre par la force ? des lois d?riv?es de la constitution, qui est elle-m?me issue de l?humeur et des conceptions de « l?appareil de gouvernement ».

La loi des appareils dictatoriaux a remplac? la Loi naturelle.

La loi humaine a remplac? la Loi naturelle et tout crit?re objectif a disparu.

L?homme est le m?me en tous lieux. Sa morphologie et ses instincts sont partout les m?mes. C?est pourquoi la loi naturelle est devenue la loi logique de l?Homme. Puis virent les constitutions, simples lois humaines, qui voient l?homme diff?remment. Leur conception n?a d?autre justification que la volont? des « appareils de gouvernement », qu?il s?agisse d?un individu, d?un parlement, d?une classe ou d?un parti, de dominer le peuple.

Ainsi nous voyons les constitutions changer quand changent les « appareils de gouvernement ». Cela d?montre que la constitution n?est pas une loi naturelle, mais plut?t le produit de l?humeur des « appareils de gouvernement », et qu?elle est ?tablie pour servir leurs int?r?ts.

Voila le danger qui guette la libert? partout o? la Loi v?ritable de la soci?t? est absente et est remplac? par des lois humaines ?dict?es par un appareil de gouvernement en vue de diriger les masses. Pourtant, initialement, la mani?re de gouverner devrait s?adapter ? la Loi de la soci?t?, et non l?inverse.

La Loi de la soci?t? ne peut donc faire l?objet d?une r?daction ou d?une codification. L?importance de la loi r?side dans le fait qu?elle est le crit?re pour distinguer le juste de l?injuste, le vrai du faux, ainsi que les droits des individus et leurs devoirs. La libert? est menac?e tant que la soci?t? n?a pas une loi sacr?e, bas?e sur des r?gles stables et non soumises ? la transformation ou au remplacement d?un quelconque « appareil de gouvernement ». Au contraire, c?est l?appareil qui est tenu de suivre la Loi de la soci?t?. Mais actuellement les peuples, de par le monde, sont gouvern?s par des lois humaines susceptibles d??tre r?vis?es et abrog?es au gr? des luttes des appareils pour parvenir au pouvoir.

Le r?f?rendum constitutionnel n?est pas, en soi, suffisant, car le r?f?rendum est une imposture envers la d?mocratie qui ne laisse la place qu?au oui ou au non. Les peuples sont oblig?s de se soumettre au r?sultat du r?f?rendum en vertu des loi humaines. Le r?f?rendum constitutionnel ne signifie pas que la constitution est la Loi de la soci?t?; il signifie qu?elle est une simple constitution, un simple objet soumis ? r?f?rendum et rien d?autre. La loi de la soci?t? est un patrimoine humain ?ternel. Elle n?est pas la propri?t? des vivants seulement. C?est pourquoi r?diger une constitution et la soumettre ? r?f?rendum des seuls votants est une mascarade.

Les codes r?dig?s par l?homme et issus des constitutions regorgent de sanctions mat?rielles alors que la loi coutumi?re en est ? peu pr?s d?pourvue. La loi coutumi?re ne pr?voit pas de sanctions mat?rielles mais des sanctions morales, seules dignes de l?homme. La religion englobe et absorbe la coutume. La plupart des sanctions religieuses mat?rielles sont renvoy?es au jour du Jugement dernier. La plupart de ses commandements sont des enseignements, des indications et des r?ponses ? des questions. Cette loi m?rite la respect de l?homme.

La religion ne prescrit de sanctions imm?diates que dans les cas o? celle-ci se r?v?lent absolument n?cessaires pour prot?ger la soci?t?.

La religion absorbe la coutume, qui est l?expression de la vie naturelle des peuples. D?s lors la religion est une confirmation de la loi naturelle. Les lois non coutumi?res et non religieuses sont des cr?ations de l?homme contre l?homme. Elles sont par cons?quent injustes parce que d?pourvues de cette source naturelle que sont la coutume (tradition) et la religion.

Qui contr?le la marche de la soci?t? ?

La question est de savoir qui contr?le la soci?t? pour pr?venir une ?ventuelle d?viation par rapport ? la Loi. D?mocratiquement, aucun groupe ne peut, au nom de la soci?t?, pr?tendre disposer seul du droit de contr?le, « La soci?t? est son propre censeur« .

Pr?tendre, pour un individu ou un groupe d?individus, ?tre responsable de la loi, est dictatorial. La d?mocratie signifie la responsabilit? de toute la soci?t? et le contr?le revient donc ? la soci?t? toute enti?re. C?est cela la d?mocratie et elle s?exerce par le biais de l?appareil d?mocratique qui r?sulte de l?organisation de la soci?t? elle-m?me en congr?s populaires de base et de la r?gle populaire d?gag?e par les comit?s et par le Congr?s G?n?ral du Peuple (congr?s national) o? se retrouvent les congr?s populaires de base, les comit?s populaires administratifs, les syndicats, les unions et l?ensemble des autres organisations professionnelles. Selon cette th?orie le peuple est « l?appareil de gouvernement » et le peuple est son propre censeur.

Ainsi se r?alise l?autocontr?le de la soci?t? sur la Loi.

La presse.

Une personne physique a le droit de s?exprimer m?me d?une mani?re incoh?rente. Une personne morale aussi est libre d?exprimer sa personnalit? morale. Mais la premi?re ne repr?sente qu?elle-m?me, et la seconde, que le groupe de personnes physiques qui constituent sa personnalit? morale.

La soci?t? se compose de plusieurs personnes physiques et de plusieurs personnes morales; ainsi lorsqu?une personne physique s?exprime de fa?on irrationnelle, cela ne signifie pas que les autres membres de la soci?t? fassent de m?me. L?opinion d?une personne physique n?engage qu?elle-m?me. L?opinion d?une personne morale n?exprime que les int?r?ts ou le point de vue des individus constituant cette personne morale.

Une entreprise de production et de vente de tabac ne repr?sente que les int?r?ts de ceux qui constituent cette entreprise, c?est-?-dire de ceux qui profitent de la production ou de la vente du tabac, m?me si cela est nuisible ? la sant? des autres.

La presse est un moyen d?expression de la soci?t?, et non le moyen d?expression d?une personne physique ou morale. Logiquement et d?mocratiquement, elle ne peut donc ?tre la propri?t? ni de l?une, ni de l?autre. Dans le cas d?un particulier propri?taire d?un journal, c?est son journal et y exprime son point de vue uniquement. Pr?tendre que c?est le journal de l?opinion publique est faux et sans aucun fondement, parce qu?il n?exprime, en r?alit?, que le point de vue d?une personne physique. Il n?est pas d?mocratiquement admissible qu?une personne physique poss?de un moyen de diffusion ou d?information. Mais il est de son droit naturel de s?exprimer par n?importe quel moyen, m?me si celui-ci est irraisonn?. Par exemple, le journal publi? par l?artisanat est seulement le moyen d?expression de cette cat?gorie sociale particuli?re. Il exprime son seul point de vue et non le point de vue de l?opinion publique. Il en va de m?me pour les autres personnes morales ou physiques de la soci?t?.

La presse d?mocratique est celle que publie un comit? populaire compos? de toutes les cat?gories sociales, c?est-?-dire d?associations d?ouvriers, de travailleurs, de fonctionnaires, d?artisans, etc. Dans ce cas et dans ce cas seulement, la presse ou tout autre moyen d?information est l?expression de la soci?t? tout enti?re et refl?te sa conception g?n?rale; elle sera alors une presse d?mocratique.

Si le corps m?dical professionnel publie une revue, celle-ci ne doit ?tre qu?une revue m?dicale afin qu?elle soit r?ellement l?expression de ceux qui la publient. Si l?ordre des avocats publie un journal, il ne peut ?tre que juridique afin d?exprimer r?ellement le point de vue de ceux qui le publient. Il en va de m?me pour tous les autres groupes sociaux.

Une personne physique a le droit d?exprimer son propre point de vue, mais d?mocratiquement elle ne peut pas s?exprimer au nom des autres. Ainsi, peut ?tre r?solu, d?finitivement, et d?mocratiquement, ce que l?on appelle dans le monde « le probl?me de la libert? de la presse ». Cette question, qui n?a pas fini d??tre d?battue, est n?e du probl?me g?n?ral de la d?mocratie. Elle ne pourra ?tre r?gl?e tant que la crise de la d?mocratie subsistera.

Il n?y a qu?une seule voie pour r?soudre ce probl?me embrouill? de la d?mocratie, c?est la voie de la troisi?me th?orie universelle.

Selon cette th?orie, le r?gime d?mocratique est une construction coh?rente qui repose sur les Congr?s populaires de base, les Comit?s populaires et les Unions professionnelles, lesquels se retrouvent tous ensemble dans le Congr?s G?n?ral du Peuple.

Il n?existe absolument aucune autre conception d?une r?elle soci?t? d?mocratique en dehors de celle-ci.

?Finalement, apr?s l??poque des r?publiques, l??re des masses s?approche rapidement de nous, enflammant les sentiments et ?blouissant les yeux. Mais, autant cette ?re nouvelle est annonciatrice de libert? v?ritable et d?affranchissement des cha?nes des « appareils de gouvernement », autant elle peut s?accompagner d?une ?re d?anarchie et de d?magogie. A moins encore que la d?mocratie nouvelle ne rechute, et que revienne alors le pouvoir d?un individu, d?une classe, d?une secte, d?une tribu ou d?un parti. Tel est la d?mocratie v?ritable d?un point de vue th?orique, mais dans la pratique, ce sont toujours les plus forts qui gouvernent.

LE LIVRE VERT?II

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