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Le socialisme Dans le règlement des conflits (opposant) travail/salaire, c’est-à-dire les relations entre patrons et travailleurs et entre propriétaires et producteurs, d’importants progrès ont été accomplis. La réduction des heures de travail, la rémunération des heures supplémentaires, les divers congés, … Lire la suite

LE LIVRE VERT de Mouammar KADHAFI (2)

Le socialisme

Dans le r?glement des conflits (opposant) travail/salaire, c?est-?-dire les relations entre patrons et travailleurs et entre propri?taires et producteurs, d?importants progr?s ont ?t? accomplis.

La r?duction des heures de travail, la r?mun?ration des heures suppl?mentaires, les divers cong?s, la reconnaissance d?un salaire minimum garanti, la participation des travailleurs ? la gestion et aux b?n?fices de l?entreprise, l?interdiction des licenciements arbitraires, la S?curit? Sociale, le droit de gr?ve, la r?glementation du travail, figurent en g?n?ral dans la plupart des l?gislations contemporaines. Des changements non moins appr?ciables ont ?t? obtenus dans la mutation du droit de la propri?t? avec l?apparition de certains syst?mes qui ont, soit limit? les revenus, soit transform? la propri?t? priv?e en propri?t? d?Etat.

Et malgr? tous ces progr?s, certes non n?gligeables, et les rem?des apport?s ? l?am?lioration du sort des travailleurs, le probl?me reste pos? fondamentalement ? l??chelle mondiale, m?me s?il est devenu moins aigu que par le pass?.

Bien que la notion de propri?t? ait subi de profondes modifications en ?voluant de l?extr?me droite ? l?extr?me gauche, et en prenant diverses formes interm?diaires, les producteurs demeurent des salari?s.

Pour modifier la nature du salaire, les exp?riences n?ont pas ?t? moins nombreuses, mais les r?sultats se r?duisent aux avantages obtenus par les travailleurs, d?fendus par les syndicats et garantis par les l?gislations.

La situation d?gradante des travailleurs au lendemain de la r?volution industrielle a ?volu? et bien qu?avec le temps, ouvriers, techniciens et employ?s ont conquis des droits, qui dans le pass? semblaient utopistes et inaccessibles, aucune r?ponse satisfaisante n?a ?t? propos?e pour r?soudre le principe du salariat.

Certes, de nombreuses r?formes ont ?t? apport?es, mais elles sont plus proches de la charit? que d?une v?ritable reconnaissance des droits des travailleurs.

Pourquoi les travailleurs per?oivent-ils un salaire ?

Les travailleurs per?oivent un salaire parce qu?ils ont effectu? une op?ration de production pour le compte d?un tiers qui les paye dans ce but. Il n?ont pas l?usufruit de leur production, et ont ?t? contraints d?y renoncer moyennant salaire. Or, la r?gle ?quitable est: ??Celui qui produit dispose de sa production??. Quelles que soient les am?liorations apport?es au salaire, le salari? reste une sorte d?esclave d?un ma?tre qui le paie, ou plut?t il est un esclave temporaire et cet esclavage est bas? sur le fait qu?il fournit un travail en contrepartie du salaire que lui verse un patron, un individu, voire un gouvernement.

Car l?entreprise publique comme l?entreprise priv?e, n?accorde ? ses employ?s que des salaires assortis de diverses aides sociales comparables ? l?aum?ne accord?e par les riches.

A la diff?rence de l?entreprise priv?e dont le revenu revient au propri?taire, le revenu de la propri?t? publique devrait revenir ? l?ensemble de la collectivit?, travailleurs compris.

Cela serait juste si on ne retenait que l?int?r?t de la soci?t?, en faisant abstraction de celui des travailleurs, et ? la condition que dans cette soci?t?, la propri?t? soit monopole d?Etat et que le pouvoir y soit exerc?, non par une classe, un parti, ou un ensemble de partis, une secte, une tribu, une famille, un individu ou par une forme quelconque de repr?sentation, mais par le peuple tout entier par le biais des congr?s populaires, des comit?s populaires et des syndicats.

La propri?t? pourrait bien changer de mains, le r?sultat serait le m?me: le travailleur demeure un salari? tant qu?il n?a pas ?t? r?tabli dans son droit sur sa propre production, et que celle-ci continue ? ?tre d?tourn?e au profit de la ??collectivit? ou de l?employeur.

La solution finale ? ce probl?me consiste ? abolir le salariat, par la lib?ration de l?homme de l?asservissement dans lequel celui-ci le maintient.

Il faut retourner ? la loi naturelle qui a organis? les rapports humains bien avant l?apparition des classes, des gouvernements et des l?gislations positivistes.

La loi naturelle est en effet le crit?re, la r?f?rence et la source unique des rapports humains. Elle a donn? naissance ? un socialisme naturel fond? sur l??galit? des facteurs de production et a assur? la r?partition ? peu pr?s ?quitable des produits de la nature entre les individus. L?exploitation de l?homme par l?homme et la constitution par un individu d?une fortune d?passant ses besoins, constituent une entorse ? la loi naturelle et l?amorce d?une perversion et d?une d?viation dans la vie de la soci?t?, ainsi que le signe avant-coureur d?une soci?t? d?exploitation.

En analysant les facteurs de production, on se rend compte qu?ils ont toujours ?t? compos?s de facteurs essentiels: les mati?res de production, les moyens de production et les producteurs.

L??quit? dict?e par la loi naturelle veut que chaque composant qui participe ? la production en ait sa part, car si on ?limine l?un d?entre eux, il n?y a pas de production.

Le fait que chaque ?l?ment joue un r?le essentiel et indispensable, lui conf?re une ?galit? naturelle. Celle-ci doit se traduire au niveau de la r?partition de la production. Ce principe d??galit? doit s?appliquer ? tous les facteurs de la production: s?ils sont deux, la part de chacun correspondra ? la moiti? du total, s?ils sont trois, au tiers. Il ne peut y avoir pr??minence d?un ?l?ment sur l?autre car cela aboutirait ? transgresser la loi naturelle et ? porter atteinte au droit d?autrui.

De l?application de cette loi naturelle ? la r?alit? historique ou contemporaine, on peut d?gager l?enseignement suivant:

A l?origine, la production artisanale ?tait compos?e de deux ?l?ments: la mati?re de production et le producteur (Par producteurs, on d?signe des travailleurs. Ce terme comme ceux de prol?taires ou d?ouvriers ne correspond plus ? la r?alit?, car parall?lement ? l??volution des sciences et techniques, on assiste ? un changement quantitatif et qualitatif de la classe ouvri?re qui tend ? diminuer ).

Un troisi?me ?l?ment est apparu: le moyen de production, utilisant d?abord l??nergie animale puis la machine.

Parall?lement, on assiste ? une transformation des mati?res premi?res: de simples et bon march? ? celles plus ?labor?es et donc plus ch?res. L?homme lui-m?me voit sa condition chang?e: de simple manoeuvre ? celle d?ing?nieur ou de technicien, la masse des ouvriers c?dant progressivement la place ? des groupes limit?s de techniciens.

Ces mutations entra?nent des modifications qualitatives et quantitatives et n?ont pas pour autant modifi?, quant au fond, les facteurs de production en tant qu??l?ments indispensables au processus productif.

Ainsi, par exemple, le minerai de fer, un des facteurs de production de tous temps, ?tait jadis utilis? artisanalement avec des moyens primitifs, pour fabriquer un couteau, une hache ou une lance. Il est aujourd?hui trait? dans les hauts fourneaux pour ?tre, sous le contr?le d?ing?nieurs et de techniciens, usin? et transform? en machines et v?hicules de tous genres. De m?me, le cheval, le mulet ou le chameau font place ? des machines puissantes et complexes.

L?outil, quant ? lui, a suivi la m?me ?volution, de l?objet rudimentaire de l??ge de pierre aux ?quipements modernes les plus sophistiqu?s.

C?est d?ailleurs cette constante qui rend in?vitable le retour ? la loi naturelle pour r?soudre d?finitivement le probl?me ?conomique. Ceci est d?autant plus vrai, que dans le pass?, toutes les tentatives ayant ignor? cet aspect se sont sold?es par des ?checs complets. Toutes les th?ories qui ont ?t? ?labor?es n?ont abord? le probl?me ?conomique que sous l?angle de la propri?t? de l?un des facteurs de production ou de celui des salaires.

Le seul vrai probl?me de la production n?a jamais ?t? r?solu. A tel point que la caract?ristique commune ? tous les syst?mes ?conomiques instaur?s dans le monde est la n?gation du droit du travailleur ? sa production, que celle-ci soit pour le compte de la soci?t? ou pour celui de l?entreprise priv?e.

Comme cela a ?t? dit pr?c?demment, l?entreprise industrielle fonctionne gr?ce ? trois facteurs: mati?res premi?res, moyens de production et travailleurs.

La production est le r?sultat obtenu par les travailleurs qui utilisent le mat?riel pour transformer les mati?res premi?res. Ainsi les produits finis pr?ts ? la consommation ou ? l?utilisation, ont parcouru un processus qui n?aurait pu avoir lieu sans les mati?res premi?res, les usines et les travailleurs. Si un des ?l?ments manque, il y a blocage. Sans mati?res premi?res l?usine ne pourrait fabriquer, sans usines les mati?res premi?res resteraient ? l??tat brut, sans travailleurs l?usine ne pourrait fonctionner.

L??gale importance des trois facteurs implique une r?partition ?gale du produit obtenu. C?est en fonction de cette r?gle naturelle que le produit sera partag? en trois parts ?gales, r?parties entre les trois facteurs de production.

Ce syst?me a l?avantage de prendre en consid?ration non seulement l?entreprise, mais ?galement les producteurs et les consommateurs.

Dans l?agriculture, le principe est le m?me. Mais s?il n?y a que deux ?l?ments: l?homme et la terre, la r?partition du fruit du travail devra se faire entre les deux seuls facteurs participant effectivement au processus de production. En cas d?utilisation de moyens m?caniques, le produit sera r?parti comme dans l?industrie, entre la terre, l?agriculteur et la machine.

Ainsi sera mis en place un syst?me socialiste r?gissant la production en appliquant cette loi naturelle.

Si la machine remplace aujourd?hui l?homme, les travailleurs, certes de moins en moins nombreux, restent n?anmoins indispensables pour faire fonctionner le mat?riel et l?entretenir. Ce changement quantitatif a ?t? accompagn? par un changement qualitatif r?sultant des progr?s techniques, rempla?ant peu ? peu l??nergie humaine par la machine. Une telle ?volution n?a pas ?t? sans modifier profond?ment la vie ?conomique et sociale du monde du travail. Lentement les masses prol?taires et ignorantes ont diminu?. Parall?lement de plus en plus de travailleurs acc?dent au savoir et ? la technique pour devenir techniciens, ing?nieurs ou savants.

Une des cons?quences in?luctables de ce changement sera l??limination progressive des syndicats ouvriers traditionnels qui c?derons la place ? des syndicats de techniciens ou d?ing?nieurs.

Les progr?s scientifiques sont un acquis de l?humanit? et le processus est irr?versible.

Un autre effet indirect sera certainement la fin de l?analphab?tisme. On assistera ? la disparition progressive de la main-d?oeuvre non qualifi?e, mais l?homme avec ses qualit?s naturelles restera un ?l?ment fondamental du processus productif.

Les besoins

Tant qu?il d?pendra d?autrui pour assurer ses besoins, l?homme n?aura pas acquis sa compl?te libert? et restera exploit? et asservi. Ce probl?me r?el, source permanente de luttes et de conflits, subsistera tant qu?une partie de la population voudra contr?ler l?autre.

Le logement est un n?cessit? pour l?homme et sa famille. Il ne doit appartenir ? personne d?autre qu?? lui. Un homme n?est pas libre quand il habite une maison lou?e.

En mati?re de logement, la politique suivie par les Etats a consist? ? r?glementer la location en bloquant ou en augmentant les loyers. La seule solution radicale et d?finitive est l?accession ? la propri?t?. Dans la soci?t? socialiste, nul ne peut ?tre ma?tre des besoins de l?homme. Personne ne peut dans cette soci?t?, b?tir un logement autre que pour lui-m?me et ses h?ritiers.

La maison de l?individu ?tant un de ses besoins fondamentaux, nul ne peut construire dans le but de louer.

Le revenu constitue un autre besoin essentiel. Il ne peut donc, dans la soci?t? socialiste, ?tre un salaire, pas plus qu?il ne peut ?tre une aum?ne.

Il n?y a pas de salari?s dans la soci?t? socialiste, il y a des associ?s; le revenu appartient ? l?individu et il l?emploie comme il l?entend pour satisfaire ses besoins. C?est la part qui lui revient d?une production dont il est l?un des ?l?ments indispensables. Ce n?est pas un salaire vers? en contrepartie d?une production faite au profit d?un tiers.

Le moyen de transport est ?galement un besoin essentiel de l?individu et sa famille. Il ne doit pas appartenir ? une autre personne. Dans la soci?t? socialiste, nul ne peut poss?der des v?hicules de location, car cela aboutirait ? se rendre ma?tre des besoins des autres.

La terre

La terre n?est la propri?t? de personne. Chacun a le droit de l?exploiter par son travail d?agriculteur ou d??leveur dans les limites de ses possibilit?s et de ses besoins durant toute sa vie, ainsi que celle de ses h?ritiers. Il ne peut cependant utiliser lui-m?me une autre personne salari?e ou non pour travailler cette terre.

La terre est immuable, tandis que ceux qui l?exploitent passent avec le temps. Ils peuvent changer de m?tier et de capacit?. C?est pourquoi la terre sur laquelle se succ?dent les g?n?rations ne peut faire l?objet d?une appropriation.

Le but de la nouvelle soci?t? socialiste est d??difier une collectivit? heureuse parce que libre. Ceci ne peut se r?aliser que par la satisfaction des besoins mat?riels et moraux de l?homme, en lib?rant ces besoins de la domination d?autrui.

La satisfaction des besoins devra se faire sans l?exploitation ni l?asservissement d?autrui sinon, cela serait en contradiction avec la finalit? de la nouvelle soci?t? socialiste.

Dans cette nouvelle collectivit?, l?homme aura le choix de travailler, soit ? son compte pour assurer la satisfaction de ses besoins mat?riels, soit participer ? une entreprise socialiste o? il partagera le produit r?alis?, ou encore effectuer un service public pour la collectivit? qui lui garantira, en retour, ses moyens d?existence.

L?activit? ?conomique dans la soci?t? socialiste nouvelle sera productive, visant la satisfaction des besoins de l?homme. Elle ne sera ni improductive, ni orient?e vers le profit en vue d?une th?saurisation st?rile exc?dant la satisfaction des besoins. Une telle orientation n?aura plus cours dans une soci?t? r?gie par les nouvelles r?gles socialistes.

Le but l?gitime de l?activit? ?conomique des individus devient la seule satisfaction des besoins de l?homme.

Le corollaire est donc que chaque individu ne peut pr?lever plus qu?il ne lui faut sur les biens de la soci?t?, car la richesse dans le monde et dans chaque soci?t? ?tant limit?e, ? un moment ou un autre, il en prendrait in?vitablement une partie ? ses semblables. Par contre, chacun a le droit ? l??pargne sur sa propre production, mais sans avoir recours ? l?effort d?autrui par l?exploitation des besoins des autres membres de la soci?t?.

Cette r?gle fondamentale doit ?tre rigoureusement respect?e si l?on veut ?viter qu?une fraction de la population en exploite une autre. Il ne sera plus possible de r?aliser des b?n?fices sur le travail d?autrui et d?augmenter l??pargne individuelle au-del? des besoins, car cela se ferait aux d?pens des autres, et deviendrait de l?exploitation.

Le travail salari?, outre qu?il asservit l?homme, lui enl?ve aussi toute motivation, car le producteur y est un homme ??en location?? et non un associ?.

L?homme travaillant pour son propre compte est autrement plus d?vou? dans sa t?che productive, car il est motiv? par le fait qu?il compte sur son propre travail pour la satisfaction de ses besoins naturels.

L?homme qui travaille dans une entreprise socialiste en y ?tant associ? est ?galement plus motiv?, car une part de la production lui revient pour assurer ses besoins.

Le salari?, quant ? lui, est d?pourvu de telles motivations. De ce fait, le salariat se trouve dans l?impuissance de r?soudre le probl?me de l?accroissement et du d?veloppement de la production. Celle-ci repose en effet sur les ?paules du salari? et se trouve expos?e ? une perp?tuelle d?t?rioration, au niveau des produits, ou celui des services.

Quelques exemples illustrant les cas d?un travail salari? pour le compte de la soci?t?, d?un travail salari? pour le compte d?un int?r?t priv?, et celui du travail non salari?:

1) Premier exemple:

a) Le cas d?un travailleur qui produit 10 pommes pour le compte de la soci?t? qui lui octroie une pomme en contrepartie de sa production. Cette pomme satisfaisant compl?tement ses besoins.

b) Un travailleur produit 10 pommes pour le compte de la soci?t? qui lui octroie une pomme en contrepartie de sa production. Cette pomme ne satisfaisant pas les besoins de ce travailleur.

2) Deuxi?me exemple:

Le travailleur produit 10 pommes pour le compte d?un individu et ne per?oit en ?change qu?un salaire ?quivalent ? moins du prix d?une seule pomme.

3) Troisi?me exemple:

Un travailleur produit 10 pommes pour son propre compte.

Il r?sulte de ces exemples:

– Dans le cas a) du premier exemple: le travailleur n?augmentera pas sa production, car quoi qu?il fasse pour l?augmenter il n?obtiendra qu?une pomme pour la satisfaction de ses besoins. C?est pourquoi les forces laborieuses travaillant pour le compte de la soci?t? sont automatiquement et continuellement moroses.

– Dans le cas b) du premier exemple: le travailleur n?est pas motiv? par la production, parce qu?elle se fait au profit de la soci?t?, sans qu?il obtienne en contrepartie ce qui est n?cessaire ? la satisfaction compl?te de ses besoins. S?il continue ? travailler, c?est parce qu?il est contraint de se soumettre aux conditions g?n?rales du travail qui pr?valent dans la soci?t?.

– Dans le deuxi?me exemple: le travailleur ne se soucie pas de la productivit? et se contente de travailler pour un salaire qui ne satisfait pas enti?rement ses besoins. Dans ce cas, ou bien il se met ? la recherche d?un autre patron pour lui vendre sa force de travail ? un meilleur prix, ou bien il est contraint de poursuivre son travail pour subsister.

– Le troisi?me exemple quant ? lui constitue le seul cas o? le travailleur produit sans contrainte et sans morosit?. La soci?t? socialiste ne permet pas une production sup?rieure ? la satisfaction des besoins de l?individu qui l?effectue, ni que cette production se fasse par l?interm?diaire ou sur le dos d?autrui. Les entreprises socialistes oeuvrent pour la satisfaction des besoins de la soci?t?. De ce fait, le troisi?me exemple illustre la situation la plus saine de production ?conomique, puisque dans tous les cas, y compris les pires, cette production se poursuivra pour la subsistance.

Il n?est qu?? citer pour preuve le fait que la production dans les pays capitalistes se trouve concentr?e et accumul?e entre les mains d?une minorit? de poss?dants oisifs qui exploitent les prol?taires ? produire pour survivre.

Cependant, le ??Livre Vert?? ne r?sout pas les seuls probl?mes de production mat?rielle, mais aspire ? frayer le chemin vers une solution globale des probl?mes de la soci?t? humaine, afin d?assurer la lib?ration mat?rielle et morale de l?individu, ainsi que son bonheur.

Autres exemples:

Supposons que la richesse d?une Soci?t? soit de 10 unit?s et que sa population soit ?galement de 10 unit?s: la part de chacun sera de 1/10e, soit une unit?. Lorsqu?un membre de cette population d?tient plus d?une unit?, c?est au d?triment d?un autre qui, lui, ne disposera de rien. C?est ce qui explique qu?il y ait des riches et des pauvres dans les soci?t?s d?exploitation.

Si cinq membres de cette population poss?dent chacun deux unit?s de la richesse, cela signifierait que les cinq autres membres de cette m?me population ne poss?dent aucune partie de la richesse commune et que, par cons?quent, la moiti? de la population est priv?e de son droit. L?unit? suppl?mentaire d?tenue par chacun des premiers devant revenir en fait aux cinq autres.

Par ailleurs, si la satisfaction des besoins d?un individu dans cette soci?t? ne n?cessite qu?une unit? de la richesse, celui qui d?tiendrait plus d?une unit? usurperait, de ce fait, le droit des autres membres de la soci?t?. Il s?agirait l? d?une th?saurisation qui se fait aux d?pens des besoins d?autrui. C?est ce qui explique d?une part l?existence d?accapareurs de richesses et, d?autre part, de d?munis qui recherchent une part de la richesse et qui n?obtiennent rien. Il s?agit l?, de toute ?vidence, de vol et de pillage sous couvert d?une l?gislation injuste d?exploitation, en vigueur dans ce type de soci?t?s.

La richesse qui reste disponible une fois les besoins satisfaits devrait, au contraire, revenir ? tous les membres de la soci?t?. Quant ? l??pargne, les individus peuvent la faire en pr?levant sur leurs seuls besoins, sinon cela aboutirait ? une atteinte aux droits de la collectivit? sur sa richesse.

Le fait d??tre entreprenant et d?avoir un savoir-faire n?autorise pas pour autant la mainmise sur des parts d?autrui.

Cependant, l?homme entreprenant peut tirer profit de ses qualit?s pour la satisfaction de ses besoins propres et pour l??pargne effectu?e sur ces m?mes besoins.

De m?me les handicap?s et les d?ficients mentaux ont eux aussi droit ? la m?me part de la richesse que les autres membres de la soci?t?. La richesse de la soci?t? est comparable ? un organisme d?approvisionnement ou ? un entrep?t qui fournit quotidiennement aux hommes de quoi suffire ? leurs besoins. Ceci ?tant, l?homme est libre soit de consommer la totalit? de sa part, soit d??conomiser sur celle-ci en utilisant ses comp?tences et son savoir-faire pour se constituer une ?pargne.

Par contre, utiliser ce savoir-faire pour pr?lever plus que sa part sur le ??stock d?approvisionnement?? collectif est ind?niablement un vol caract?ris? effectu? aux d?pens de la Soci?t? ainsi qu?une atteinte ? l?int?r?t g?n?ral.

Dans la nouvelle soci?t? socialiste, les in?galit?s dans la d?tention de richesses ne sont pas tol?rables.

Dans le cas des personnes travaillant dans un service public, la soci?t? leur octroie une part ?quivalente ? leurs services, pr?lev?e sur la richesse nationale. Cette part varie en fonction des services rendus par chacun d?eux.

C?est l? une nouvelle exp?rience qui vient couronner de magnifiques exp?riences historiques de la soci?t? humaine, et qui parach?ve la lutte de l?homme pour sa libert? et son bonheur, la satisfaction de ses besoins et le rejet de l?exploitation. Elle met d?finitivement un terme au despotisme par une r?partition ?quitable de la richesse de la soci?t? dans un monde o? chacun travaillera pour la satisfaction de ses propres besoins, sans faire travailler quelqu?un d?autre pour soi, et sans ?tre lui-m?me employ? par un autre. C?est l? une th?orie de la lib?ration des besoins pour la lib?ration de l?homme.

La soci?t? socialiste nouvelle n?est autre qu?une cons?quence dialectique d?coulant des rapports d?injustice existant dans le monde. Elle donne naissance ? une solution naturelle qui est, d?une part, la propri?t? priv?e destin?e ? satisfaire les besoins de l?homme sans utiliser d?autres hommes, et d?autre part, la propri?t? socialiste au sein de laquelle les producteurs sont associ?s ? la production et ? son partage, rempla?ant ainsi la propri?t? priv?e dont la production n?appartient pas aux salari?s.

Celui qui poss?de la maison que vous habitez, la voiture dans laquelle vous vous d?placez et qui assure votre salaire pour votre subsistance, s?approprie en fait votre libert?, ou du moins une partie de celle-ci.

Or, la libert? est indivisible.

Pour assurer son bonheur, l?homme doit ?tre libre et il ne peut l??tre qu?en ?tant ma?tre de ses besoins.

Celui qui est ma?tre des besoins d?un autre lui dicte sa loi, l?exploite et pourrait le r?duire ? l?esclavage et ce, en d?pit de la l?gislation qui pourrait lui interdire.

Les besoins incompressibles et indispensables ? la vie, du v?tement ? la nourriture, de la voiture au logement doivent ?tre prot?g?s et en aucun cas appartenir ? un tiers, ils constituent une propri?t? priv?e et sacr?e. Une location d?appartement permettrait ? un propri?taire de s?immiscer dans votre vie priv?e et de s?octroyer des revenus suppl?mentaires et cela m?me lorsque ce propri?taire est la collectivit?.

Le propri?taire dispose alors de votre libert? et vous privera de votre bonheur. C?est comme si vous louiez un habit dont le propri?taire est susceptible un jour de vous l??ter en pleine rue et vous laisser nu.

De m?me le propri?taire du v?hicule que vous conduisez pourrait intervenir et vous abandonner sur le bord de la route.

Enfin, le propri?taire du logement que vous habitez, a la possibilit? de faire de vous un sans-abri.

Il serait ridicule de pr?tendre r?soudre les probl?mes d?coulant des besoins de l?homme par des mesures juridiques, administratives ou autres.

C?est sur ces besoins essentiels que la soci?t?, conform?ment ? des lois naturelles, s??difie et prend racine.

Le but de la soci?t? socialiste est dans le bonheur de l?homme qui ne peut se r?aliser qu?une fois sa libert? mat?rielle et morale acquise. La concr?tisation de cette libert? d?pend de la libre disposition par l?homme de ses besoins solennellement consacr?s.

Cela signifie que vos besoins ne devraient ?tre en aucun cas la propri?t? d?un autre ni susceptibles de vous ?tre subtilis?s par une quelconque partie de la soci?t?. Autrement, vous vivrez dans l?inqui?tude, ce qui vous priverait de votre bonheur et ferait de vous un homme sans libert?, parce que vivant sous la menace d??ventuelles interventions ext?rieures visant vos besoins essentiels.

Du fait des th?ses ?conomiques contradictoires qui s?affrontent actuellement dans le monde et en raison des rapports d?injustice d?coulant du salariat, rest?s ? ce jour sans solution, le renversement des soci?t?s contemporaines fond?es sur le salariat appara?t comme ?tant in?luctable, tout comme l?instauration de soci?t?s d?associ?s. La puissance des syndicats de travailleurs dans le monde capitaliste est apte ? changer les soci?t?s capitalistes, de soci?t?s de salariat en soci?t?s d?associ?s.

L??ventualit? de l?av?nement de la r?volution pour la r?alisation du socialisme commence par la r?cup?ration par les producteurs de la part qui leur revient de leur production.

L?objet des gr?ves ouvri?res ne sera plus la revendication d?augmentation des salaires, mais pour l?association dans la production. Cela se fera, t?t ou tard. Le ??Livre Vert?? ouvre la voie.

L??tape finale sera atteinte lorsque la soci?t? socialiste nouvelle parviendra au stade de la disparition du profit et de la monnaie. Cela se fera par la transformation de la soci?t? en une soci?t? enti?rement productive et lorsque la production atteindra le stade de la pleine satisfaction des besoins mat?riels des membres de la soci?t?. A cette ?tape finale, le produit dispara?tra de lui-m?me et on se passera de la monnaie.

Admettre le profit ?quivaut ? admettre l?exploitation. Car ? partir du moment o? on l?admet, rien ne peut plus le limiter.

Les mesures tendant ? limiter, par les divers moyens, le profit, sont des tentatives r?formistes et non radicales, et sont inaptes ? emp?cher l?exploitation de l?homme par l?homme.

La solution finale est dans l?abolition du profit. N?anmoins, le profit ?tant le moteur du processus ?conomique, il ne peut ?tre aboli par d?cret mais plut?t par l??volution m?me de la production socialiste, c?est-?-dire une fois satisfaits les besoins mat?riels de la soci?t? et des individus. C?est donc par cette recherche de plus de profits qu?on aboutira ? la disparition finale du profit.

Les domestiques, qu?ils soient salari?s ou non, repr?sentent encore aujourd?hui un des types de l?esclavage. Ce sont m?me les esclaves des temps modernes.

La nouvelle soci?t? socialiste ?tant fond?e sur l?association dans la production, et non sur le salariat, la loi socialiste naturelle ne peut s?appliquer aux domestiques qui ne produisent pas et ne fournissent que des services. En effet, les services ne sont pas g?n?rateurs de biens mat?riels.

C?est pourquoi cette cat?gorie de personnel a d? travailler dans de mauvaises conditions moyennant un salaire ou toute autre forme de r?mun?ration. Ainsi, les domestiques situ?s au bas de l??chelle socio-?conomique parmi les salari?s, m?ritent d??tre lib?r?s en priorit? de la soci?t? du salariat, soci?t? d?esclaves.

La troisi?me th?orie universelle annonce la lib?ration d?finitive des masses du joug de l?injustice, du despotisme, de l?exploitation et de la domination politique et ?conomique, et l?av?nement de la soci?t? de tous les hommes. Chacun y sera libre. Tous seront ?gaux dans la d?tention du pouvoir de la richesse, et des armes, pour que la libert? triomphe totalement et d?finitivement.

Le ??Livre Vert?? trace la voie de l??mancipation des masses, salari?s ou domestiques, et ainsi se r?alisera la libert? de l?homme.

Pour les domestiques, il est indispensable de lutter pour les lib?rer de leur situation d?asservissement en les int?grant dans la production o? ils deviendront des associ?s et b?n?ficieront de parts selon leur travail.

Les habitants d?une maison assureront eux-m?mes leur m?nage. En cas de n?cessit?, on n?aura plus recours ? des domestiques salari?s ou non, mais ? des fonctionnaires assurant les t?ches de m?nage et qui b?n?ficieront de l?avancement dans leurs fonctions et jouiront des garanties sociales et mat?rielles comme tout fonctionnaire.

LE LIVRE VERT III

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