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Le livre papier ? l’?re du num?rique

Il y a un peu moins de 10 ans, arrivait en grande pompe le ‘ebook’ – qu’on appelle maintenant livre num?rique ou ?lectronique* – avec son lot d’enthousiasme intellectuel et de craintes alarmistes. Si vous vous souvenez, les ?diteurs s’?taient alors demand? si le livre virtuel n’allait pas peu ? peu pr?cipiter le d?clin du livre papier. « Les livres seront-ils pirat?s ? Les prix vont-ils chuter ? Des m?tiers vont-ils dispara?tre ? »

Reculons un peu dans le temps…Quand la radio s’est fait conna?tre dans les ann?es vingt, on a pr?dit la mort des journaux. Quand la t?l? a fait son entr?e dans les foyers dans les ann?es soixante, on a cru ? la mort de la radio et des journaux. D?s l’entr?e fulgurante d’Internet, on a annonc? la mort des trois ! Pourtant, on constate aujourd’hui que ces m?diums d’information font bon m?nage et se partagent les faveurs du public. Et l’avenir du livre papier dans tout ?a ? Selon moi, il ne saurait ?tre remis en cause et je vais vous dire pourquoi : gr?ce ? Internet, on n’a jamais tant lu et tant ?crit. A travers l’univers fascinant des sites et des blogs, le livre papier continue partout dans le monde ? ?tre r?f?r?, lanc?, comment?, annonc? et vendu.

Le plaisir de toucher un bouquin, l’odeur du papier, de l’encre, et son aspect pratique, constituent autant de raisons pour lesquelles le livre ?lectronique n’a pas r?ussi ? remplacer le livre papier dans le cœur des bibliophiles. Par contre, ce n’est pas parce que la version papier conserve tout son charme que le livre ?lectronique n’a pas d’avenir. Aucune biblioth?que ne peut contenir tous les livres ?crits ou sur le point de l’?tre. Les qualit?s technologiques du livre ?lectronique ont de quoi s?duire l’amateur de lecture : sa m?moire permet de constituer de v?ritables biblioth?ques portatives ; il facilite la prise et l’organisation des notes, la recherche d’occurrences de mots ou d’expressions, la consultation d’un dictionnaire interne, l’impression d’extraits et de pages choisis. Le texte peut ainsi ?tre trait? avec beaucoup de facilit? ? la maison ou au bureau mais aussi en d?placement ou dans les transports. La flexibilit? du livre ?lectronique se pr?te donc particuli?rement bien aux personnes appel?es ? se d?placer souvent, aux ?tudiants, ainsi qu’? tous ceux qui pr?f?rent se nourrir l’esprit dans le confort de leur domicile.

Autres avantages : les ?diteurs en ligne n’ont pas de stocks de livres imprim?s, de gestion des retours et d’?ventuelles op?rations de distribution ? g?rer. En plus d’?viter que plus d’arbres soient coup?s pour la fabrication du papier, on ?conomise sur l’encre, sur le co?t de l’essence des camions acheminant les caisses de livres, et sur le personnel. Les ?conomies ainsi r?alis?es permettent de faire des choix ?ditoriaux plus audacieux, de num?riser non seulement les nouveaut?s, mais ?galement les fonds des ?diteurs, afin de rendre accessibles au public des œuvres qu’on ne trouve plus en librairie traditionnelle. Les livres num?riques ne sont jamais ?puis?s : ils sont ?ternels.

Je suis d’avis que les livres papier coexisteront de plus en plus avec les livres ?lectroniques. Ils sont indubitablement compl?mentaires et deviendront au fil du temps indissociables. Lorsque l’on parlera d’un livre, il aura souvent les deux formes : papier et ?lectronique.

Pour terminer, voici un extrait d’un excellent article de Rapha?l Stainville sur le sujet : « Pour autant, cette r?volution attendue ne signera pas la mort du livre papier. A titre de comparaison, si l’industrie du disque a vu ses ventes s’effondrer, jamais on ne s’est autant arrach? les nouveaut?s. La standardisation prochaine de la litt?rature num?rique va probablement consacrer le grand retour du livre objet, mieux imprim? au d?triment du livre de poche qui, ? moyen terme, semble d?j? condamn?. Quant au m?tier d’?diteur, s’il va conna?tre tr?s probablement quelques turbulences, il ne risque pas de changer radicalement. »

*Le terme « livrel ou livr?l » est utilis? en France.

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5 Commentaire

  1. avatar

    Vous rappelez que : « …les éditeurs s’étaient alors demandé si le livre virtuel n’allait pas peu à peu précipiter le déclin du livre papier. Les livres seront-ils piratés ? Les prix vont-ils chuter ? Des métiers vont-ils disparaître ? »

    Ils se posent évidemment encore les mêmes questions… bien que leurs hésitations se transforment lentement en certitudes… les réponses à ces questions seront toutes « oui ». Pour le meilleur et pour le pire.

    Et comme dans le cas de la radio, de la télévision et du cinéma, les modèles évolueront, au plan éditorial et au plan économique. Certains (plusieurs) trouvent cela effrayant, d’autres (quelques-uns) voit cela comme une opportunité stimulante.

    Parce que si « les médiums d’information font bon ménage et se partagent les faveurs du public », il faut bien admettre qu’on ne fait plus de la télé généraliste de la même façon qu’il y a trente ans. Les formats radiophoniques ont aussi changé avec la radio câblée, la radio satellite et maintenant la balladodiffusion.

    Je crois qu’il n’y a pas de révolution… seulement une évolution — pour qui veut la voir — une transformation, plutôt lente, des métiers et de l’économie de la création musicale, cinématographique, éditoriale, etc.

    En ce sens, s’il est vrai que le livre papier et le livre numérique sont indubitablement liés… et s’il est vrai qu’ils cohabiteront encore sans doute pour de nombreuses années (tant mieux !), il ne m’apparaît pas évident que toutes les oeuvres seront disponibles à la fois sur papier et en format numérique… chaque type de support pourra sans doute se révéler mieux adapté à certains types d’oeuvres.

    Quel beau champ d’exploration culturelle, sociologique, technologique et économique n’est-ce pas ? C’est fascinant !

    Clément Laberge
    http://www.remolino.qc.ca

  2. avatar
    Paul de Montréal

    Quel lecteur portable d’ebook utilisez vous ? avec écran E-Ink ?

    J’aurai titré le livre, le journal, le magazine, les BD à l’heure du ebook. Un peu comme sur un lecteur mp3 flash ou l’on peut écouter un morceau de musique, une conférence, un audio-book ou la radio.

    Le monde de l’édition ne semble pas toujours bien préparé à la révolution qui se prépare.

    Transportez dans sa poche toute une bibliothèque qui pèserait en papier des tonnes est aujourd’hui possible. La bibliothèque large que je vois derrière certaines photos d’intellectuels va vite devenir ringarde ou le signe d’une époque bientôt révolue.

    Alors il y aura toujours des collectionneurs de disque microsillon et de livres papiers. Probablement que le livre d’art ou de photo avec ses belles impressions couleurs a encore de beaux jours devant lui bien qu’il pèse assez lourd.

  3. avatar

    Merci pour votre commentaire. Je trouve votre suggestion de titre intéressante.

  4. avatar

    Merci pour votre commentaire. J’aime, en particulier, lorsque vous affirmez « qu’il n’y a pas de révolution seulement une évolution ». Piste de réflexion intéressante qui m’apporte un éclairage de plus sur la question.

  5. avatar

    Je vous laisse vous rassurer ensemble ou pas ?

    Ceux « qui voit cela comme une opportunité stimulante » ont le bon état d’esprit qu’il vaut mieux avoir quand on traverse une crise.

    L’imprimerie a vécu une lente évolution technologique depuis Gutenberg mais ici on change de support et de possibilités offertes aux lecteurs. Si on ne parle pas de révolution technologique dans l’édition avec l’ère du TOUT numérique alors je mange mon chapeau et on parlera uniquement par euphémisme.