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Le kidnapping du Phocéa (6) : après le yacht, le jet privé et son long périple

On est donc là, au départ du Vanuatu du Phocéa, après huit mois de galère et de tergiversations, racontées dans les épisodes précédents.  Un départ qui s’est fait sans les frères Saken, venus sur place pour à la fois s’emparer du navire (je ne vois pas d’autre mot) et empocher des passeports diplomatiques aimablement fournis par les autorités du pays, montés à bord pour leur remettre.  Les deux lascars ne sont donc plus à bord du bateau.  Ils ont déjà monté, dès le 17 janvier 2013, dans un avion, et pas n’importe lequel comme on va le voir, et pas pour repartir en Thaïlande non plus.  C’est encore une fois le hasard des recherches qui m’a fait découvrir cette deuxième incroyable histoire, incluse dans la première.  Dans mes recherches sur le MH370, j’étais en effet tombé par pur hasard sur une autre étrange affaire passée totalement inaperçue à ce jour.  Celle d’un autre appareil fou, traversant l’Atlantique pour se poser en urgence au Mali, alors qu’il avait déposé un plan de vol pour retourner au Bahamas (d’où il était parti !) et qui filait ensuite dans l’autre sens sur 9 000 km pour se poser aux Maldives, y restait quelque temps pour ravitailler, et repartait se poser plus de 8 000 km plus loin en Papouasie Nouvelle-Guinée (PNG), alors que le plan de vol déposé n’avait pas prévu cet endroit pour atterrir.  Tout cela, sans qu’aucun radar ou qu’aucun pays traversé ne songe à lui demander ce qu’il faisait en l’air !  En prime, ce n’était pas un petit jet d’affaires, mais un Boeing 737 VIP, un des plus onéreux au monde en location, un engin de cinquante tonnes transportant… deux passagers seulement (devinez lesquels !) !  Récit de l’incroyable périple du beau Boeing bleu et blanc ici-même…

boeingNous sommes ce jour là le 17 janvier 2013, vers 22h30, quand un Boeing 737 immatriculé N111VM d‘International JetClub Limited, installé à Farnborough (et rachetée depuis par Hangar 8 plc), bien reconnaissable à ses bandes bleues peintes sur le fuselage, atterrit à l’aéroport international de Port Moresby en Papouasie-Nouvelle-Guinée.  Jusque là rien d’étonnant : la jet-set est en vadrouille, pense-t-on.   A bord d’un superbe appareil, visible ici au décollage à Genève en février dernier.   A part que ce soir-là, aucun Boeing 737 n’était prévu pour atterrir à cet endroit !  L’avion s’est manifestement invité à l’aéroport à la dernière minute  !  Emoi et désorganisation totale, au moment de recevoir l’encombrant arrivant.  A bord de l’avion « VIP » vide de passagers, resté parqué en bout de piste comme le montre la photo ci-contre, avec ses sept occupants seulement, ainsi que les deux pilotes à bord, Ricardo Alfredo « Rick » Velez (pilot-in-command ou PIC), un pilote américain de Gresham (Ontario) aguerri (il est licencié depuis 1997, avec 10 500 heures de vol), comme pilote principal (présenté aussi comme « ayant mené de vastes opérations aériennes internationales pour le Ministère de la Défense et l’Agence de Renseignements, c’est à dire la CIA »  (1) !!!) et le vétéran anglais John Rowe comme second (Second In Command ou SIC) un stewart, une hôtesse, un ingénieur électricien et des télécoms et… les deux seuls passagers, des personnes présentées comme des millionnaires, les deux frères Vu Anh Quan Saken, le plus jeune étant Charles Henry, un « great martial arts expert » (adorant poser avec des hommes en armes), le plus âgé étant Pascal, deux individus revendiquant la nationalité du Vanuatu (autrefois les Nouvelles-Hébrides).  Ces deux-là, on les connait bien comme l’ont montré les épisodes qui précédaient, ce qui rend le vol fort suspicieux, donc.

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Un incroyable périple

vol-bamakoEtrange vol et étranges passagers, deux seulement à bord de ce gros avion (à gauche la liste de ses occupants), qui sont même détenteurs de passeports diplomatiques du pays tout en étant d’origine vietnamienne, des habitués de la jet set, mais aussi des personnes soupçonnées d’être des trafiquants de drogue qui seraient connus d’Interpol selon la presse du Vanuatu.  Etrange apparition, mais également et surtout étrange trajet effectué par l’appareil : les frères Saken venaient en fait de décoller quelques heures auparavant du Mali, en Afrique de l’Ouest, pour voler ensuite vers les Maldives, pour y faire escale et ravitailler en essence (2) puis ils s’étaient ensuite dirigés vers la Papouasie-Nouvelle-Guinée, pour se poser enfin à Port Moresby, tout cela dans un vol qui semble bien avoir été décidé au tout dernier moment, personne n’ayant vu de plan de vol nul part (on en retrouvera bien un à Bamako, comme le montre la photo, mais affichant une tout autre destination de retour !).  Mais quelqu’un de haut placé au Vanuatu y avait pallié… entre temps !  serval-6f8b9Un beau méli-mélo dont il convient de dénouer ici-même les arcanes !  Pour un sacré périple : de Bamako aux Maldives il y a 9000 km en ligne droite, et 8300 km de Gan à Port Moresby, toujours en ligne droite !!! Plus de 17 000 km au total effectués sans plan de vol défini, on croît rêver !!!  L’avion avait au départ décollé de Dallas, aux Etats-Unis avant de se poser à Nassau, au Bahamas, où les deux frères étaient mali-amabassadormontés à bord !!!  On notera que l’arrivée au Mali, le 17 janvier 2013, se passait au moment même du début de l’opération militaire Serval décidée par la France (3).  A Bamako, où avait été détenu Eric Vernet, mis en cause dans l’affaire du fameux Boeing 727 incendié d’Air Cocaïne premier du nom, en 2009… avec son ami Devesa, ex policier ripou espagnol et assassin relâché par le pouvoir d’ATT, président suspecté par la DEA de protéger ouvertement les trafiquants (4)… Depuis ATT a fui le pays pour se réfugier au Sénégal.  Dans les innombrables photos laissées sur le net par l’ineffable Pascal Saken, l’une d’entre elles est peut-être bien la clé de sa visite éclair au Mali.  Celle où il rencontre un malien connu, appelé Cheickna Keita. saken-mine-or Celui-ci n’est autre en effet que l’ambassadeur du Mali… au Brésil (photo ici à gauche).  La femme de Pascal est d’origine brésilienne, rappelons-le. L’ambassadeur lui aurait-il facilité la tâche au Mali ?  Pourquoi donc cette visite à la mine ??? A quoi rimait-elle donc ???  Est-ce parce que le propriétaire précédent s’appelait Mamadou Keita ?  Et pourquoi donc un ambassadeur malien résidant au Brésil aurait-il fait le voyage au pays pour poser « en tenue civile » (il est ici à l’extrême droite en polo rayé) avec lui devant les fouilles de la minuscule mine de Nara Gold, celle dont Pascal Saken serait devenu le propriétaire, selon ses dires ???  Aurait-on tout simplement aussi oublié que Cheickna Keita était aussi le  conseiller diplomatique du précédent chef de l’Etat, à savoir Amadou Toumani Touré (« ATT »), noyé jusqu’au coup dans l’affaire du Boeing 727 incendié en plein désert, ayant fait escale… au Brésil, avant sa traversée de l’Atlantique ?

Encore une interférence venue de… Bruxelles !

moresbi-0e40cEt ce n’est pas tout : peu de temps avant que le Boeing n’arrive à l’aéroport de Jackson, à Port Moresby, les fonctionnaires du pays avaient pourtant reçu une drôle de correspondance, totalement inhabituelle, de la part de l’ambassadeur du Vanuatu à Bruxelles (???) demandant l’autorisation express d’atterrir pour les frères Saken, à la date indiquée, « pour une réunion sur place avec le ministre des Affaires étrangères venu du Vanuatu », nommé Albert Carlot, avait rapporté un forum.  Précision importante : « un commentateur anonyme de ce blog dit que contrairement à ce que nous avons rapporté hier, Vu Anh Quan et son frère Charles Henry n’ont commencé leur association avec le Vanuatu qu’ il y a deux ans, et ne sont pas du Vanuatu, ni d’origine vietnamienne, mais de France »… Exact, pour leurs parents, l’aîné des deux frères s’appelant réellement Pascal Vu Anh Quan Saken…(son beau frère, nommé Fabrice Queguineur, a débarqué en 2010 pour le rejoindre au Vanuatu comme on a pu le dire précédemment).  L’arrivée inopinée du Boeing de location en Papouasie avait laissé tout le monde perplexe : ce n’est pas tous les jours en effet qu’un Boeing déboule ainsi sur un aéroport alors qu’il n’est pas invité… « La police a confirmé que, après 10h30 dans la nuit du 17 janvier, les douanes les a alertés qu’un Boeing 737 suspect avait atterri. Les drapeaux rouges ont été levés plus haut lorsque les deux personnes appelées les « Saken Brothers » ont débarqué avec deux grands sacs et ont dit qu’ils allaient personnellement nettoyer l’avion ».  Drôle d’attitude en effet pour deux prétendus millionnaires, de se transformer en agent de surface pour avions, à peine posé : « Une heure après que l’équipage de cabine et les pilotes ont quitté l’aéroport, ils sont revenus avec des sacs à ordures en plastique prétendant qu’ils voulaient nettoyer la cabine de l’avion. Cela a convaincu les deux membres de la police et du renseignement militaire que des sacs d’argent étaient encore à bord de l’avion « , indique un enquêteur local.  Des sacs de billets ???  Les fameux prétendus millionnaires seraient-ils en froid avec la loi pour agir ainsi ?  Des sacs contenant de l’argent, ou les fameux passeports ?  Ou autre chose encore ?  Où donc avaient-ils pu les ramasser ?  Au Cap-Vert, à Bamako, ou aux Maldives ?

Une drôle d’arrivée et de drôles d’exigences
pascalsaken1Retour au Boeing fantôme de Papouasie et à ses deux seuls passagers. L’imbroglio est alors à son comble en PNG (Papouasie Nouvelle-Guinée), avec l’arrivée inopinée du Boeing : « les autorités de l’aviation du pays ont rejeté la demande de l’équipage pour dormir à bord lors de son escale. Les policiers ont vite appris que les activités douteuses des frères Saken ne faisaient pas seulement au Vanuatu, mais dans le monde entier. Le bureau d’Interpol basé à Manille, et d’autres organismes qui ont fournis en renseignements, y compris sur le fait que les frères ont été impliqués dans de la drogue et le commerce des armes, dans des pays où les révoltes et des insurrections sont monnaie courante. Les enquêtes de police et les entrevues ont révélé que les frères Saken, le ministre des Affaires étrangères Calot et leurs gardes du corps ont été impliqués dans des activités répréhensibles« .  Bizarrement pourtant, l’appareil va pouvoir repartir, aprèboeing_bleu-ffc31s le versement d’une simple amende, ce qui va en surprendre plus d’un  : « les seuls amendes versées cependant, ont été sur l’atterrissage illégal de leur avion, sans aucune connaissance préalable des autorités respectives, y compris de l’immigration et des douanes, selon l’autorité de l’aviation civile ».  Un avion s’était posé sans aucune autorisation préalable ni plan de vol, deux de ses passagers avaient eu un comportement douteux… et on en serait resté là ?  Fallait-ils qu’ils soient puissants, les deux frères… pour autant intimider les politiques de deux pays différents !

Un peu plus de détails

0a74647Après coup, dans le calme, on décortiquera un peu mieux l’événement. « La visite avait pourtant été prévue par Kapi Maro, du bureau PNG à Bruxelles (ici à gauche), qui avait écrit une lettre le 11 Janvier 2013 et l’avait envoyé à Samuel Pulup, le Directeur général du Department of Foreign Affairs & Trade de Nouvelle-Guinée. Maro a indiqué que le bureau a reçu une demande du bureau du Vanuatu à Bruxelles, détaillant les modalités de voyage des deux diplomates et de bureau pour vérifier et approuver la demande pour les frères Sekan qui ont voyagé sur les passeports diplomatiques des Nations Unies, émis au Vanuatu.  C’est là que tout le voyage a commencé.   Le jeudi 17 Janvier, l’avion privé, numéroté NIIIVM (nota : c’est N111VM) avec les deux Saken, trois membres d’équipage, dont une femme et le pilote (il y avait eu 5 personnes en fait en plus des 2 frères), a voyagé 22 heures pour se rendre à l’aéroport international de Jackson de Port Moresby, avec un atterrissage à 20h15″ (on ne cite pas ici l’arrêt aux Maldives dans ce document).  On notera que sur le document visible ci-dessous, l’annonce est tout juste dans les temps, et qu’elle indique bien qu’Alfred Carlot, ministre alors des affaires étrangères se rendra sur place lui aussi pour rencontrer les frères Saken venus en avion VIP (ici le document complet) :

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« Selon les informations fournies au journal Post-Courier, l’avion appartient à International Jet Club Limited, une société basée au Royaume-Uni, il a effectué un vol originaire de Dallas (il a en fait décollé de Nassau, au Bahamas, après Dallas), vers le Cap-Vert puis le Mali, à Bamako, et a ensuite décollé vers Gan, aux Maldives (en photo ci-dessous), et enfin à Port Moresby. Le journal Post-Courier a été alerté une heure après que l’avion ait atterri – essentiellement parce que les membres de l’Airport Operation (les douanes et l’immigration) ont été pris au dépourvu. Ils avaient remballé et étaient sur le point de partir, quand l’avion a atterri et a roulé jusqu’à l’aire de stationnement » (ils n’étaient donc pas au courant de son arrivée (5).

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La visite impromptue d’Alfred Carlot (« le retour »)

thumb22011307b563carlotSur place, à Port Moresby, on avait retrouvé un personnage désormais bien connu, venu en express du Vanuatu… Encore lui !!! « Selon les informations fournies par le personnel d’exploitation d’aéroport de Jackson, des gardes du corps de l’équipe sont arrivés mercredi à partir de Hong Kong sur un vol commercial.  Le Ministre des Affaires étrangères du Vanuatu Alfred Carlot (ici à gauche) et le secrétaire des affaires étrangères sont arrivés jeudi matin via Brisbane.  Sur le même vol avec eux il y avait le ministre des Affaires étrangères de la PNG, Rimbink Pato (ici à droite à l’ONU), et le ministre des entreprises appartenant à l’Etat, Ben Micah ».  Un autre pays semblant s’intéresser de près à l’affaire : « l’ambassade des États-Unis est également responsable pour le gouvernement de Vanuatu. pato-7e8a2Il est en même temps accrédité auprès du Gouvernement de Vanuatu de sorte qu’ils ont quelques affaires à faire avec l’ambassade des États-Unis « , dit-elle au Post-Courier. Un journal qui s’étonne des faits et de la présence de tels ministres : « le Post-Courier, avec l’aide du Vanuatu Daily Post, a contacté le gouvernement du Vanuatu. Les fonctionnaires du Premier ministre Sato Kilman ont relayé un message comme quoi ils n’étaient pas au courant de la visite du ministre des Affaires étrangères Alfred Carlot en Papouasie-Nouvelle-Guinée ».  Dans cet étrange pays, des ministres s’envolent sans préciser où à leurs subordonnés !  Bref, le vol de dernière minute visait haut, très haut.  Que pouvait donc transporter le Boeing VIP qui vaille une telle peine et une telle réunion ministérielle d’urgence ???  Pourquoi avoir fait près de 20 000 km précipitamment ? Et pourquoi être passé par le Mali alors en plein chaos, avec l’armée française juste débarquée pour y remettre de l’ordre ???

Des questions passionnantes, tant ce vol s’avérait étonnant à plein d’égards.  Un vol qui semblait avoir totalement échappé à la surveillance radar de plusieurs pays, lui aussi.  Un Boeing de 50 tonnes dans les airs pendant plus de 20 heures, sur plus de 19 000 km, sans que l’on sache où… voilà qui pose autant question, il me semble, qu’un B-777 disparu dans l’Océn Indien avec 239 personnes à bord.  Voilà un avion bien joli, ma foi, mais aussi bien mystérieux.  Nous verrons demain, si vous le voulez bien… ce qu’il en a pu être de ce fort étrange parcours.

 

 

blair-aircraftNota :  marge du dossier, on peut aussi noter qu’International Jet Club gère aussi un autre avion bien distinctif : un Bombardier Global Express XRS noir aux filets dorés G-CEYL construit en 2006 à 800 000 livres (1,2 million de dollars) la location mensuelle.  Le Telegraph a estimé qu’un vol Londres-Bangkok à son bord revient à 90 000 livres. L’avion appartient au millionnaire Richard Caring, propriétaire de restaurants et de boutiques d’habillement huppés en Angleterre habitant dans un château surnommé  le “Versailles of Hampstead”,  généreux donateur du parti de Tony Blair.  Ce dernier en ayant fait son « Air Blair One », visiblement… Caring traîne aussi derrière lui une belle casserole, celle des SwissLeaks.  Il était en effet tranquillement sorti en septembre 2005 de sa banque suisse avec dans sa valise 2,7 millions d’euros en petites coupures… pour quoi faire, ça on ne sait pas exactement.

(1) « Alors que Rick continuait à être commandant de bord sur Lear Jet 25/35 pour National Jets  en mai 2008, un BBJ (Boeing Business Jet) que National Jets gèrait pour un client a attiré son attention. Rick rêvait un jour de voler sur ce bel avion. En juin 2004, la motivation, le dynamisme, la passion et l’ambition de Rick l’ont poussé à obtenir un second emploi à Miami Air International, où il a acquis une qualification de type 737, devenant premier officier, qualifié pour être commandant de bord. L’expérience de Rick à Miami Air International comprenait des opérations dans le monde entier, non prévues dans la Partie 121. Il a effectué de nombreuses opérations aériennes internationales pour le ministère de la Défense et l’Agence du renseignement. Rick a volé pour les grandes équipes sportives professionnelles, les grandes sociétés, et pour les grandes compagnies aériennes. Rick a obtenu les qualifications LRN, RVSM, NOPAC, CEPAC et de 180 minutes ETOPS. Rick est également capitaine de croisière APC qualifié ».

(2) le rayon d’action du Boeing VIP est normalement de 6200 miles nautiques soit 11 480 km. L’arrêt aux Maldives était donc obligatoire.

(3) « À partir de la nuit du 10 au 11 janvier 2013, des éléments des forces spéciales sont engagées dans la région de Mopti puis sont rapidement renforcées par la projection à Bamako par avions C-130 Hercules et C-160 Transall de 200 militaires du 21e RIMaprélevés sur le dispositif Épervier, basé au Tchad ainsi que d’un peloton de légionnaires du 1er REC d’Orange12. La montée en puissance des effectifs de l’armée de terre se poursuit avec le déploiement d’une compagnie du 2e RIMa, stationné à Auvours, qui rejoint Bamako au cours du week-end du 12 au 13 janvier. Parallèlement, un renforcement des moyens aéromobiles de l’ALAT est décidé avec l’acheminement à partir du d’hélicoptères d’attaque Tigre HAP, offrant des capacités de protection supérieures aux Gazelle mises en œuvre par le COS12. Les moyens terrestres se voient également renforcés par l’acheminement en partie assuré par des avions C-17 Globemaster III mis à disposition par la Royal Air Force d’engins de type véhicule de l’avant blindé (VAB) et de chars légers de type ERC-90 Sagaie et AMX-10 RC, en provenance du Tchad et de France ». Le Boeing VIP s’est posé au milieu des Transall et des Hercules !

(4) Devesa est bien un assassin : « 22 août 2010. Un gros 4 x 4 heurte un portail en sortant en trombe d’un entrepôt, à l’est de Bamako. Son conducteur ne prend pas la peine de constater les dégâts… Dépêchés sur place, les hommes du commissaire Abdoulaye Sow sont intrigués par une flaque de sang. Miguel ángel Devesa explique, en présence de ses deux lieutenants, qu’en ce mois de ramadan ils ont tué un agneau. En fait de mouton, c’est une tête humaine, placée dans un sac plastique, et un corps démembré à la tronçonneuse, qu’ils découvrent cachés derrière des sacs de ciment. Les restes d’un certain Juan Carlos Soto Garcia, un Colombien surnommé Johnny et porteur d’un faux passeport ukrainien, en fait le financier du groupe. Toujours selon la presse malienne, Devesa joue alors son va-tout et promet une petite fortune (14 millions de francs CFA, soit plus de 20.000 €) aux policiers pour étouffer l’affaire. En vain. La prison de Bamako attend le trio. À l’origine de l’exécution, une question de gros sous. Querelle sur le partage de l’argent de la drogue du Boeing d’ »Air Cocaïne »? Tout le monde y pense, mais comment le prouver? » On notera que le gars découpé en morceaux possédait lui aussi un faux passeport… ukrainien (ce qui évoque des détails parus dans les articles précédents)…

(5) le 22 janvier, il était aperçu par un spotteur sur l’aéroport de Bangkok Don Muang, en partance pour… Phuket : la fin du « trip » n’était pas nécessairement Jackson-Port Moresby… c’est sur l’aérodrome de Don Muang qu’était atterri un Ill-76 4L-AWA bourré d’armes en provenance de la Corée du Nord, un avion affrêté par le 4 décembre 2009 par SP Trading, via Vicam, (et Air West (en Georgie) une société enregistrée en Nouvelle-Zélande, mais dont le siège était au Vanuatu. La directrice de Vicam, s’appelant Lu Zhang, son directeur Leo Doro Basil Boe, avait une adresse à Port Vila, au Vanuatu.  On découvrira après que la directrice de la boîte  « était âgée de 28 ans et c’était… une ancienne employée d’un Burger King d’Auckland ! » Derrière elle se trouvait GeoffreyTaylor, un néo-zélandais installé au Vanuatu, tranquille gestionnaire de fonds de pensions  (voir épisode précédent) !!!

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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A propos de ghostofmomo

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  1. avatar

    C’est une histoire de dingue quand même… c’est quand même louche de savoir qu’il y avait plus de 2 millions en cash dans l’avion…

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