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Le kidnapping du Phocéa (5) : une escroquerie sur les terres, pour commencer

On semble l’avoir déjà oublié, mais cette longue saga a commencé non pas avec un yacht ‘capté », mais avec des terres à vaches… spoliées.  Voilà qui relativise un peu l’histoire, en effet.  Des terres situées au Vanuatu et objet de la convoitise effrénée d’investisseurs immobiliers, prêts à bétonner les côtes aussi rapidement qu’on a pu le faire jadis en Corse, avant que l’Etat ne décide d’y mettre le holà (entre deux plasticages).  Au cœur de cette véritable escroquerie, une dame, devenue ministre et surnommée « madame 15% », une appellation dont on comprend très vite l’origine (elle serait russe, cette origine, voici encore de quoi surprendre : avec en toile de fond le forcing pour faire reconnaître un pays désireux d’entrer dans l’orbite de Moscou !!!).  C’est fou ce que cette histoire détricote, quand on tire un peu sur un de ces fils…

Tout avait commencé par une escroquerie, mais sur des terres

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Revenons d’abord à l’installation sur place, au Vanuatu, du fameux beau-frère Fabrice Queguineur, pour expliquer qui ils sont, ces impétrants.  C’est déjà tout un poème en effet, démarré par ce qui est bien une escroquerie aux terres agricoles, au départ, avait raconté le Vanuatu Digest dès le mois d’août 2012  : « Peu de temps après, il (Fabrice Queguineur) s’installe, et commence à diriger son entreprise laissée quelque peu en sommeil, Agari Capital Management Ltd, créée en 2006 comme un fonds offshore d’investissement pour quelques opérations. La société ressemble à une arnaque classique dirigée par deux hommes. Elle était située au Mall de Vila, et ses installations partagées avec un autre présumé « investisseur » (c’est le fameux « Pascal », justement).  « Le projet d’élevage de Pacifique Amazonie, décrit dans l’article de lundi dans le Daily Post, est venu au grand jour après que Pascal ait été présenté par M. Queguineur à sa belle-mère, Te Moli Venaos Saken Goiset, qui y louait des terres et des vaches pour une année ».  Des terres en herbe à devenir terres à plantations, bien plus juteuses, on connaît la musique, en agriculture, là-bas comme ici.  En France on a fait la même chose.

Un boursicoteur en fait, au CV bien gonflé

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On retrouvait le beau frère en 2011 avec un projet s’appelait QCP Partners, où notre homme se présentait alors avec une belle étiquette (on y trouvait le mot magique « Microsoft ») : « Auparavant, Fabrice était directeur chez UBS Investment Bank à Londres, Royaume-Uni, où il était en charge des ventes d’actions américaines pour les marchés français, belge et luxembourgeois » (UBS, et sa sinistre réputation sur les marchés, celle de son trader fou Kweku Adoboli ; le « Kerviel d’UBS ») « Jusqu’en 2005, M. Queguineur était un gestionnaire de portefeuille international de Groupama Asset Management, une filiale de la société d’assurance française Groupama avec 75 milliards de dollars en dépôts.  Il y avait un rôle d’investisseur actif dans des actions américaines et japonaises, et co-gérait 750 000 000 dollars (bigre !), investis dans les marchés.  po_box-875dfIl était également le gestionnaire de portefeuille d’Actions Monde Techno, un fonds de technologie 60 millions de dollars »… Re-Bigre !  Avait-on affaire à un Jérôme Kerviel bis expatrié au Vanuatu ??? Etrange rappel en effet, et étrange expatriation !  Disposant seulement d’un vague »diplôme de Paris-Panthéon Assas »  comme l’indiquait son répertoire ???  En 2008, on l’avait déjà croisé.. au Luxembourg, nommé alors « co-head » (avec Damien Dumont) d’Athamas Hedge Fund,  » qui annonçait vouloir « focaliser ses investissements sur les défis énergétiques et environnementaux du 21eme siècle » avait-on pu lire.  Dans un beau langage de bois de banquier sans le sou !

La création à la chaîne de coquilles vides

Athamas, le fils du vent , voilà qui aurait du mettre la puce à l’oreille !!!  Son co-équiper se vantant alors de gérer un milliard de dollars (un autre Kerviel, mazette, il y en a partout !) !!!  On le croisait encore en 2011 au Vanuatu, toujours à tenter de vendre de l’Agari :  « Selon Queguineur et Manhire, la GFC (crise financière mondiale) qui a commencé il y a près de trois ans exactement, le 16 Septembre 2008, suite à la faillite de Lehman Brothers, est toujours avec nous et la situation économique mondiale actuelle est tellement mauvaise que nous pourrions bien nous retrouver dans une crise pire que la « Grande Dépression » de 1929 ! ».  Etrangement encore, le voilà qui réapparaît aujourd’hui sur un site d’investisseurs, appelé « Financial Planner », une énième coquille vide comme ses autres sites, tous désespérément creux aujourd’hui.

Au Vanuatu, un fonctionnement tribal qui permet tous les abus

thi_tham_groiset-02706Le Vanuatu est un minuscule état, plus petit que le Vatican, qui a conservé un fonctionnement tribal derrière la façade démocratique.  Une famille gère en fait le pays.  Où ça se complique, dans la famille Saken c’est avec la chef suprême Te Moli Venaos Mol Saken Goiset (dite « Thi Tam ») et ses rapprochements fort surprenants avec une mafia venue de très, très, loin, de Russie et de Lettonie comme on l’a déjà entrevu.  Historiquement, c’était le 15 février 2009 dans son village de Lemakara à Sulphur Bay, que le chef coutumier Isaa Qwan lui avait remis tous ses pouvoirs (une première pour une femme) en déclarant : « je donne le nom coutumier de Nanumian Swerenao au chef Moli Fenaos, qui dorénavant prendra les rênes de notre mouvement afin de nous engager dans des projets de développement que nous attendons depuis longtemps ».  Ce jour là, Thi Tam Goiset avait hérité de la direction de 26 chefferies différentes formant le pays : c’était désormais l’équivalent d’une présidente, ou d’une reine, intronisée par le chef suprême des tribus.  Or le 23 mai 2011, en effet, avec deux hommes politiques locaux, elle avait publié une étonnante déclaration de reconnaissance pour les gens de l’Abkhazie, alors à peine née comme pays indépendant.  Surprise générale, jusqu’à l’ONU !!!

Les étranges liens avec l’Abkhazie, qui avait tant besoin de reconnaissance

serment-3-b5a3cUn bien étrange rapprochement en effet : « une semaine plus tard, le gouvernement du Vanuatu a présenté ses condoléances à l’Abkhazie sur le décès du président S.Bagapch (cf : il est mort le  à Moscou). Le Vanuatu a assuré le gouvernement de l’Abkhazie que les bases jetées par feu le Président à établir des relations politiques et économiques entre les États continueraient à prospérer. Le même jour, dans une interview à Russia Today Maxim Gvinjia, le ministre abkhaze des Affaires étrangères, a annoncé que la nation du Pacifique de Vanuatu avait reconnu l’indépendance abkhaze et avait établi des relations diplomatiques avec l’Etat. Selon les Abkhazes, la note diplomatique établissant des relations diplomatiques a été signée le 23 mai 2011, en même temps que la signature d’un régime de voyages sans visa entre les deux pays« … l’ambassadrice itinérante, Thi Tam Saken Goiset (en photo ici prêtant serment) est alors aussi devenue par là même ambassadrice itinérante du Vanuatu à Moscou… !!!  Ça s’expliquait donc : le 26 août 2008 la Russie avait été le premier pays à reconnaître l’Abkhazie et un autre territoire séparatiste pro-Moscou, l’Ossétie du Sud, juste après la guerre à la Géorgie menée le mois précédent.  Mettant alors en furie les Etats-Unis, partisans de l’intégrité du territoire Géorgien.  Trois ans plus tard, en mai 2011, c’est le ministre des affaires étrangères du pays, Alfred Carlot, qui annonçait que son pays avait accordé à l’Abkhazie sa reconnaissance (mais pas à l’Ossétie du Sud, on ignore toujours pourquoi !). Une belle cacophonie, en réalité, puisque son propre ambassadeur à l’ONU du Vanuatu, Donald Kalpokas, avait alors affirmé le contraire !!! Qu’espéraient en retour Carlot et Saken Goiset, c’est bien tout le mystère... résolu le 23 mai 2013 seulement, avec la démission exigée et obtenue de la fameuse Thi Tam Goiset, remplacée sur le champ par un nouveau ministre des affaires étrangères, Edward Natapei.  Le 3 avril, son passeport lui avait même été confisqué, fait plutôt rare pour une diplomate !!!  Qu’avait-elle pu faire pour mériter pareille infâmie ?  Vendre son pays à la découpe, manifestement, aux plus offrants, c’est ce qu’on allait découvrir !

Apparition d’un autre personnage : un letton, ambassadeur d’Abkhazie et… pseudo avocat

gulbris-48f2bAux îles Fidji voisines, un autre personnage avait lui aussi dû renoncer.  Le 12 avril (2012), Thi Tam Saken Goiset avait été précédée par l’ambassadeur d’Abkhazie, prié lui de quitter précipitamment sa maison aux iles Fidji voisines, incité plutôt vertement à prendre ses cliques et ses claques.  Un ambassadeur qui était letton d’origine, celui-là : « devenu directeur de Gulbis & Partners Fidji Limited, et carrément installé dans les bâtiments du gouvernement, à Suva, au Fidji a été vu embarqué par un camion de l’armée et contraint de quitter le pays parce qu’il étaziz-10558ait désormais une « menace perçue pour la sécurité nationale de Fidji », en dépit de son annonce de l’organisation et de l’aide apportée à la récente visite du ministre russe des Affaires étrangères de Fidji, ainsi que d’être un grand ami du colonel Mohammed Aziz de l’armée fidjienne » avait-on pu lire (le dénommé Aziz, ici à droite, étant fort tenté par un coup d’Etat sur place), l’article le chargeant davantage encore un peu plus loin : « on pense que le clou de l’œuvre de Gulbis basé à Fidji avait été l’aide qu’il avait donnée à une entreprise de construction privée dans une bataille juridique longue et laborieuse avec le Fiji Island Revenue and Customs (les douanes locales)… Gulbis avait pu plaider leur cause devant le tribunal dans lequel l’entreprise de construction privée avait finalement gagné.  Juris Gulbis semblait être un « ami » du régime et avait utilisé son siège au conseil d’administration de Transparency International à Fidji pour s’acoquiner avec lui. Même s’il était ambassadeur de l’Abkhazie, Juris soulevait les sourcils en officiant en tant que président de la Société royale du Commonwealth à Fidji, pour célébrer le Jour du Commonwealth, alors que Fidji avait été suspendu du Commonwealth (en 2000). Il est entendu que Juris a été transporté en Nouvelle-Zélande pendant que ses homologues locaux emballaient encore son bureau. » Transparency International, la seule association pouvant critiquer le pouvoir au Vanuatu, avait hébergé en son sein… une véritable traîtrise, par celui qui profitait de sa position pour aider les politiciens corrompus du pays, avertis par lui de ce que faisait Transparency International !!!  Décidément, rien ne nous sera épargné durant cette longue enquête !

Une association de filouterie caractérisée

Juris Gulbis (à ne pas confondre avec le président actuel de la principale firme de téléphonie lettone) ayant donc été le principal allié du Vanuatu de Thi Tam Kassen Goiset… contre les actions des douaniers trop entreprenants, surtout ! Lorsque notre fameux Pascal aura été cerné par la presse et que des rumeurs sur son fichage à Interpol commenceront à circuler, c’est le vieil ami de la famille Saken, Juris Gulbis, qui prendra sa plus belle plume pour écrire aux policiers…. un Gulbis parti se réfugier juste après… au Vanuatu, quel hasard !  Idem pour le journal Le Figaro, qui se fera aussi leurrer qu’Agoravox en retirant un texte sur le Phocea, suivant une plainte signée… Gulbis, toujours le même, se présentant comme « avocat » pour demander le retrait d’un article sur « Pascal »… or lors de son éviction des Fidji, on constatera un fait amusant sur sa nationalité bizarrement acquise au Vanuatu : «  la Loi sur la citoyenneté (chap. 112) ne reconnaît pas l’adoption des adultes, mais encore, la demande de M. Gulbis a été accordée sur la base des documents indiquant qu’il a été adopté par le Mouvement Nagriamel au Vanuatu et qu’il lui a été donné le nom de Juris Gulbis Saken »… Et hop, un Saken de plus !  Juge et partie, sa plainte ne pouvait qu’être nulle, pourtant, mais ça le Figaro n’était pas allé le vérifier !  Un Gulbis à qui on reproche aujourd’hui en effet d’avoir acquis une fausse citoyenneté : « le grand chef Tari Buluk de Fanafo (village considéré comme le siège du Nagriamel, fondé à la fin des années 1970 par le charismatique Jimmy Stevens), avait alors vivement démenti cette notion d’adoption, affirmant ne rien connaitre de ce letton, qui se prévaut aussi du titre d’ambassadeur d’Abkhazie pour la région Asie-Pacifique« . « L’adoption est une grande chose. Lorsque nous parlons de l’adoption de quelqu’un alors tous les chefs devraient se réunir pour assister à cette cérémonie. « A déclaré le chef Buluk ». On était bien dans un cas patent d’usurpation de droits, ce qui pour un avocat prétendu est un sommet !!!  Gulbis, prétendu ambassadeur « adopté » et demandant le retrait de textes sur le net (et l’obtenant, c’est ça le plus risible !)… expliquant les magouilles auxquelles il avait lui-même participé, on croît rêver !!! gulbis-avionIl risque gros, aujourd’hui, s’il remet les pieds dans le pays, en tout cas : « dans le cadre de la même enquête portant sur l’octroi de la citoyenneté vanuatuane, dans certains cas à des personnes n’étant arrivées que très récemment dans cet État, une dizaine d’autres individus, dont deux Néo-zélandais et d’autres Chinois, ont aussi été interpellés. lls doivent depuis répondre de chefs d’accusation allant de faux et usage de faux, de fausses déclarations et de corruption sur des fonctionnaires locaux. Arrivé à Vanuatu en 2008, il avait obtenu la citoyenneté fin 2010 »... Or le 20 novembre 2010, justement, on retrouvait un bel avion en partance pour Riga, la patrie de Gulbis, via le Bourget, là encore saisi au vol par un spotteur.. qui avait noté « Wells Fargo » comme appartenance à ce moment là.  On en reparlera plus loin de cet avion, si vous le voulez bien.  Car ce n’était pas n’importe lequel, et encore moins un avion de ligne ordinaire…

Une présentation mirifique d’un projet vaseux

goiset2-8c2bcMais bien avant ça, sur place, il avait été question d’agriculture, la base même du pays avec la pêche, avec l’ineffable beau-frère Fabrice Queguineur, …. « A son arrivée en 2010, en envisageant déjà de changer les droits sur le bétail et les pâturages le longs des plantations, sans jamais une seule mention de propriétaires coutumiers » rappelait le Journal, il disait que « notre mission est de vous aider à découvrir une vie prolifique dans « l’Amazonie du Pacifique ».  Notre société, basée dans la République de Vanuatu, et possédée par deux hommes d’affaires de premier plan dans l’île : le Dr Anh Quan Saken Pascal et M. Jeffrey Manfrey (qui semblait être un alias inconnu) qui s’engagent [sic] dans la production et la vente de produits agricoles dans le monde entier. Notre objectif est de conduire l’agriculture au Vanuatu et à exporter nos produits vers la Chine et le Japon. Nos installations agricoles, sur nos 5 fermes : Onatou, Coepi, Solway, Bertholetta Excelsia, et Malanu, disposent [sic] d’une surface totale de 1200 hectares de terres arables et qui augmenteront d’ici la fin de 2012. Au cours des 5 dernières années, notre pays a connu une croissance économique forte. L’excellente performance globale de la croissance n’a pas été accompagnée par les exportations de produits de base. Si la croissance est d’être une base plus large et durable, il doit contenir une portion de volet agricole beaucoup plus importante. La croissance durable est mieux réalisée par le développement des marchés des produits de niche ». Le site continuant plus loin à décrire les sites de plantation « d’une manière à la fois enfantine et dans un anglais approximatif, d’une manière amateur, qui n’arriverait pas à tromper les investisseurs sérieux » remarquait le journal du Vanuatu. « Retour en 2010 avec la montée en flèche des prix des produits de base en raison de la crise financière mondiale, c’était devenu un mouvement difficile à cibler les investisseurs à risques ».  Bref, on n’avait pas affaire à un pro, loin de là.  « A cette époque, M. Queguineur a également fourni des services pour terminer le projet de M. Hawkes, en faisant la promotion d’une éco-station qui devait être érigée autour d’Eton, et qui par la suite s’est avérée être une chaîne de Ponzi » (le promoteur cité, Bill Hawkes s’était suicidé plus tard dans sa voiture à Havannah Harbour)

Une fraude déjà ancienne

stall-2-13ef4« Les investisseurs avaient été accueillis avec des cocktails lors du lancement du projet au Grand« , note le journal, plutôt sarcastiquement.  La déconfiture et la chute des financiers avait commencé avec l’arrestation de Brian Francis Fox, un australien parti s’installer au Vanuatu pour travailler avec Hawkes.  « M. Fox travaillait chez Hawkes Law au Vanuatu, dont le site internet indiquait qu’il était « la plus ancienne firme comptable internationale connectée au Vanuatu, après avoir commencé ses opérations en 1970.  » La société a été connue sous le nom de Peat Marwick Mitchell & Co, puis KPMG, et depuis 2002 en tant que Hawkes Law, un cabinet indépendant avec une relation de correspondant avec KPMG ». Pour frauder, Fox avait créé tout un réseau sur internet : les policiers avaient relevé pas moins de 69 sites différents faisant appel à des dépôts financiers !  Ils promettaient 150% de retours des investissements !!  82 millions de dollars avaient fondu dans l’affaire !!!

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Une fraude qui se termine en désastre financier (et en suicide pour l’un d’entre eux)

Ce fut un désastre financier de grande ampleur, au final, ce projet : « le projet de Bill Hawkes était une station touristisque au village de Eton, au sud-est d’Efate. L’entreprise était gérée par NuEra Developments. Le bail du terrain avait été acheté pour 65 millions de vatu, bien que les propriétaires coutumiers disent qu’ils n’en ont rien vu de cet argent. Un ou deux quatre étoiles pour le développement du tourisme étaient prévus. Il devaient être appelés Bleu Lazuli et Spa. Bill Hawkes récemment avait demandé au gouvernement de permettre à ces projets d’obtenir des « vacances fiscales ». Plusieurs millions de livres ont déjà été souscrites au Royaume-Uni où la société est devenue insolvable, et elles ont été mises sous séquestre. Aujourd’hui encore, aucun travail n’a été coa_vendre-89a06mmencé au Vanuatu. Le Serious Fraud Office du Royaume-Uni a conclu que la compagnie a trompé les investisseurs avant qu’elle ne devienne insolvable. Elle est maintenant sous séquestre au Royaume-Uni »…. un schéma pyramidal classique était à sa base, système qui n’enrichit que ceux qui se placent eux-mêmes aux sommet de la pyramide, comme on le sait.  Un schéma qui ne peut pas tenir longtemps, on le sait aussi : « à la fin de 2011, quand Pascal a rappelé l’argent investi dans le projet agricole » (c’était en effet lui le second investisseur), « pour des raisons inconnues, tout d’un coup Agari Capital Management a fermé son bureau de Vila Mall. Comme cela peut arriver avec des escroqueries. M. Queguineur a disparu, éventuellement en partant à l’étranger sur son passeport français ».  Disparu… sur un territoire pas si lointain que ça.  On peut le voir ici en Nouvelle Calédonie surfant sur du Iggy Pop… et « Lust for life« .  Après avoir surf sur les rentrées bancaires, le voilà tentant de dompter les vagues du Pacifique !

 

Madame 15% finalement évincée

doveaitUne fuite véritable suivie par la presse locale : »Le Vanuatu ne reconnaît pas la double nationalité, » notait avec ironie le Vanuatu Daily Aujourd’hui, notre ex-trader s’est donc réfugié en Nouvelle-Calédonie… On connaîtra enfin en 2013 le fin mot de l’histoire et la raison de l’éviction express de l’ambassadrice itinérante surnommé « Madame 15% » : « Mme Goiset a fait l’objet d’une controverse concernant le montant des commissions qu’elle aurait perçues à partir des accords de financement qu’elle décrochait à l’étranger »… elle avait annoncé en mars 100 millions de dollars d’investissements au Vanuatu par l’Abkhazie (à 15% cela représentait un beau pactole !).  La « reconnaissance » de l’Abkhazie n’avait rien eu de politique:  cela avait été un deal financier, tout simplement !!!  Parmi les éléments retrouvés la condamnant, on pouvait voir des traces de vente du territoire national… notamment pour un « Blue Water Resort », à Efate, pour 1,7 million de dollars: un autre projet touristique, signé par degatsl’incontournable Gilbert Dinh Van Than, plus simplement appelé sur place « Dinh Van Than« , l’ancien dirigeant de Doveair (cf l’avion russe Tupolev 134 ici à droite, vu aussi au Soudan) et qui rêvait de créer Vanuatu Airways.  Or Thi Tam est en fait… sa propre sœur !!!  Pascal Qan Saken étant cité à l’occasion en bénéficiant même d’un jugement favorable à son égard : le 22 février 2013, « elle était même poussée à rendre un camion à Pascal Saken et lui verser une indemnisation suite à une plainte pénale à propos de la falsification de l’acte de cession pour le camion. Goiset avait été inculpé de faux en vertu des articles 140 et 141 du Code pénal, les frais financiers la menaçant 10 à 15 ans de prison ». Le camion ?  Vous vous souvenez ce qui nous avait déjà intrigué lors du premier communiqué de l’arrivée du Phocéa (voir épisode 1).  Saken récupérait ce jour-là son propre camion, celui qu’il avait fait amener pour décharger le Phocéa !!!  Que pouvait-on donc transporter à bord d’aussi lourd qui nécessitait un « camion » ?  Que transportait donc le Phocéa en provenance des Tonga ? Le premier « fameux » Blue Water Resort, les première huttes-hôtel, avaient été revendues à un financier australien, Richard Kontos, fort lié à la Seventh Day Adventist Mission, qui les a laissées ensuite pourrir sur place.

Aujourd’hui, tout est laissé à l’abandon.  Pire encore, bien sûr depuis le passage de l’ouragan Pam, qui a tout dévasté sur son passage… et a réduit à néant les espoirs de tourisme de masse envisagé, pour quelques années encore.  Il faudra rebâtir d’abord ce qui a été fracassé (ci-dessous les épaves des bateaux de Port Vila, et là le port des yachts lui aussi dévasté).  Pour ce qui est de la reconnaissance de l’Abkhazie, elle a été dénoncée avec force en mars 2013 par Johnny Koanapo, à ce moment-là ministre des relations extérieures du Vanuatu, puis en juin de la même année ce fut au tour de président géorgien  Mikheil Saakashvili de faire pression pour faire de même.  Mais en mars 2015, lors d’une visite de Sato Kilman à Moscou, le flou est revenu : le Vanuatu avait besoin d’aide après le cyclone, et l’Abkhazie offrait bien entendu ses services pour se réhabiliter.  Voilà qui tombait pile !  Son successeur, Joe Natuman a réédité le rejet, mais Kilman revenu une nouvelle fois au pouvoir continue depuis à rester flou… sur le sujet.

 

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Apparition d’un nouveau venu

Pour revenir au Phocéa, toujours coincé au Vanuatu depuis près de 8 mois maintenant, une dernière péripétie était apportée le Vanuatu Daily le 25 février 2013 avec l’arrivée d’un autre personnage, dont l’importance va devenir cruciale puisque c’est par lui que le sésame autorisant le Phocea à repartir sera obtenu : « Guy Benard (orthographié Bernard parfois par des journaux) a des nouvelles de choc pour commencer les bulletins de la radio VBTC d’aujourd’hui. Il a dit qu’Anh Quan Saken a acheté le registre maritime du Vanuatu Maritime Authority, qui n’existe plus réellement en fait (en 2005, il avait été demandé sa dissolution en raison d’un nombre trop important de fraudes à l’enregistrement de bateaux, justement : ça date de longtemps ces coups foireux !). « Benard affirme que Anh Quan Saken a transféré 18 millions de VT au compte bancaire de Thi Tham Goiset Saken à Hong Kong pour acquérir ce registre. L’ancien VMA (Vanuatu Maritime Authority) est censé avoir enregistré le yacht, or la signature de l’ancien patron de la VMSA (Vanuatu Maritime Safety Administration), John Less Napuati, a été utilisée. Napuati est à la recherche d’une action en justice en la matière pour effacer son nom, alléguant la fraude et la contrefaçon. Benard était conseiller technique sous Napuati à l’époque de la VMA et il dit que la fausse documentation est l’œuvre de Thi Tham Goiset Saken et de son mari. « Il y a beaucoup d’autres personnes jouant un rôle dans l’histoire », affirme Benard. Et maintenant le public suspecte le pire en vue de la conspiration gouvernementale du silence en la matière »… Un bel imbroglio en somme.  Et une belle arnaque surtout !

Quelqu’un avait contourné le dispositif

benardOn apprenait aussi comment la décision de le laisser repartir avait été prise par les autorités : « il est entendu que les services de douane ont été contraints par les secteurs du gouvernement et le bureau d’avocats de l’État de fournir l’autorisation pour le navire sur la base d’un certificat d’enregistrement prétendument fourni par Dorothy A. Rescigno du bureau de Vanuatu Maritime Services Limited (VMSL) à New York. Ce certificat est censé être virtuellement une copie des deux documents d’enregistrement provisoires précédents (un par Guy Benard et un par Robert Bohn, également du VMSL). Les deux contenaient des erreurs élémentaires mais sérieuses concernant les caractéristiques du navire, la date de construction et la nationalité du propriétaire, entre autres choses (la taille du navire était fausse, sa date de construction aussi, avec une marge de plus de 10 ans, et même jusque son nombre de ponts !!!!). « Par conséquent, à tous les égards, les trois étaient sans valeur aux fins de l’enregistrement international et pour le voyage.«   En somme le document de propriété était bien un faux, on avait fabriqué deux autres tout aussi faux et on avait bien contourné le problème en passant cette fois par le bureau de New-York des enregistrements au Vanuatu !  Qui avait pu avoir eu cette idée, et quels étaient ses liens avec Saken, voilà qui reste mystérieux.  On avait bien affaire à une véritable pièce de théâtre de boulevard, avec rebondissements de dernière minute !  Le 4 mars 2013, le Vanuatu Daily pouvait donc parler de « farce » à propos du départ du Phocea… enfin annoncé sur le départ de l’île (il y été resté coincé depuis le 14 juillet 2012 on le rappelle !). « Le Phocea a tous les aspects d’une farce avec les les tribunaux qui se rapprochent maintenant. L’avocat de Thi Tam Goiset Saken a dit à la radio VBTC qu’elle poursuivrait The Independent devant la cour au Vanuatu pour la publication d’un document qui prétend qu’elle a reçu US $ 180.000 d’Anh Quan Saken sur la vente du Vanuatu Maritime Authority. Le VMA a de fait été fermé il y’a longtemps (le 1er janvier 2008), de sorte Goiset prétend qu’elle n’a pas vendu le VMA sera facile à maintenir. Elle insiste pour que Saken soit amené à Vanuatu pour répondre aux allégations à préciser. Dans The Independent Goiset elle-même, prétend qu’elle n’a pas de relations avec les autres Saken, dont Anh Quan Saken. Cependant (…..) papier-bohnThe Independent, prétend qu’ils se connaissaient et avait entrepris des transactions financières (…). « Le capitaine Guy Benard a, pour sa part, déclaré à Radio Vanuatu News qu’il poursuivait le gouvernement du Vanuatu contre des allégations formulées contre lui dans le quotidien Daily Post, le vendredi 22 février. Le document d’enregistrement temporaire du Phocea de Benard, selon le journal, était « faux, faux, nul, et non avenu ». Benard s’est indigné que le ministre responsable Vanuatu , le ministre des Finances, le ministre Charlot Salwai, ne l’ait pas contacté (Benard), avant de déclarer que le registre était fermé. Benard confirme qu’il a signé les derniers documents d’inscription temporaire et affirme que le Comité consultatif technique existe toujours, même si le ministre le refuse. Il a été suggéré plus tôt que le partenaire de Benard dans une entreprise maritime antérieure (celle du Kimbe (1)), le responsable Robert Bohn, espérait permettre au Phocea de se diriger vers la Thaïlande où il pourrait se qualifier pour son enregistrement chez Bohn, au Vanuatu Maritime Services Limited VMSL) ». Car ils s’y étaient pris à deux pour « délivrer le Phocéa » d’un côté Benard, et de l’autre Bohn, qui délivrera un permis provisoire de circuler… jusque Phuket, endroit où il aurait pu refaire son permis de voyager complet.  L’autorisation accordée par Bohn affichait Malte comme port d’enregistrement du Phocéa, et Atlantic Maritime Ltd aux îles Cayman comme précédent propriétaire (jusqu’au 14 janvier 2013).  Le document portant la date du 22 mars 2013 et indiquait bien visible « for one international voyage only »… « Voyage » signifiant traversée en anglais.  Le bateau n’avait jamais été déclaré comme maltais, pourtant, et Atlantic Maritime Ltd n’existe tout simplement pas !  En août 2015, on apprenait que Robert Bohn allait empocher 14.5 millions de Vt en règlement d’un vieux litige avec le VMA, dirigé par Less John Napuati… le VMA avait été supprimé, rappelons-le, le 1er janvier 2008.

Les nombreux tripatouillages administratifs

«Le mandat de VMSL ne couvre pas l’immatriculation des yachts», avait alors déclaré le ministre lors de l’enregistrement pour répondre au  «faux, faux, nuls et nuls» de Benard. Benard n’est pas étranger aux enregistrements douteux. Une société dont il était autrefois directeur (Trident Holdings Ltd) avait acheté à Brisbane, un bateau, le «Serenity»,  et l’avait amené jusqu’ici (2). Il était arrivé ici sur un enregistrement temporaire  de Benard au Vanuatu comme prévu pour le Phocea pour aller jusqu’en Thaïlande, mais le « Serenity » avait été refusé  à l’enregistrement au Vanuatu parce qu’il n’avait aucun certificat valide de sécurité. Benard a affirmé dans les médias qu’il avait attribué 40 millions de VT pour la cour d’appel, a rapporté hier le Daily Post ». Cependant, sa demande d’une affaire constitutionnelle en la matière a été renvoyée à la Cour suprême et doit encore être entendue. » En fait de représentant du (défunt) VMA, Benard possédait une agence de « Cabinet Conseil » annoncé comme « Marine surveyor » dans la présentation de Port Vila dans le site « noonsite.com ».  En octobre 2015, le même Benard gagnera un procès contre l’Etat du Vanuatu, qui lui avait refusé la citoyenneté vanuataise pendant plusieurs années, empochant au passage, sa femme et lui, la bagatelle de 7,112,258 de Vt.  En 2002, le Vanuatu avait souhaité ne pas renouveler son permis de séjour au nom d’un commerce illicite d’antiquités découvert chez lui… or, entre temps, il avait réussi à obtenir un Certificat d’immunité diplomatique consigné par le Premier Ministre est celui des Affaires Intérieures.  Quel formidable pays, non, que le Vanuatu ?

Bohn, déjà épinglé en 2002 par les USA

document-phoceaBenard et Bohn (Robert Murray Bohn Sikol, né  Robert Murray Bohn) ont chacun signé un document sur lequel s’est appuyé Pascal Vu Anh Saken pour que le Phocéa puisse quitter le Vanuatu (ci-contre le fax venu du Panama le 15/06/2012 indiquant que le Phocea avait comme port d’attache le Vanuatu, ce qui était faux), et comme dernière visite… San Remo, en Italie.  Le Vanuatu Daily du 22 janvier 2013 avait noté les incongruités du fax erroné : « surtout, des erreurs de références dans le faux document on été remarquées au moment où le « Phocea » à transité par le canal du Panama (…) le dernier port visité, Balboa (au Panama) est beaucoup plus en effet le « dernier port normal des navires arrivant en Polynésie française que tous les pays de la Méditerranée. Si le « Phocea » vers son trajet vers la Polynésie française répertorie San Remo (Italie) en tant que son précédent port d’arrêt, cela ne peut pas être les deux à la fois. San Remo est dans la Méditerranée à des miles de milliers à l’est du Panama, et pour arriver à la Polynésie française il faut traverser son canal. Il est certes possible pour éviter le canal sur un voyage entre San Remo et la Polynésie française de passer par via les caps de l’ Amérique du Sud (Cap Horn) et de l’Afrique (Cape Aghullas). Mais c’est beaucoup, beaucoup plus de route, avec plus de dangers qu’un passage à travers les tropiques et l’Atlantique Nord « …

 

 

gt-group

 

Si le premier vient d’être décrit, il convient de rappeler que le second n’est pas non plus blanc comme neige. Le mot est faible : lorsqu’en décembre 2011 on se penchera sur le cas du trafic d’armes entre la Corée du Nord et l’Iran, avec l’affaire de l’Ill-76 bourré d’armes posé en dernière minute à Bangkok, on découvrira un personnage,300gtaylor2 Geoffrey Taylor (ici à droite intronisé à la Southern Pacific University (3), comme commanditaire et organisateur du trafic dont Viktor Bout n’était que le transporteur.  L’avion est en effet affrété par GT Group. « De 1997 à 2002 Taylor a été vice-président de la Banque européenne, une société basée au Vanuatu qui était pas étranger à la controverse. En 1999, les autorités américaines ont accusé la banque d’accepter des millions de dollars en dépôts de ce qui s’est avéré être le produit d’une fraude massive de cartes de crédit. Dans une action distincte, un ancien directeur de la banque, Robert Bohn, a ensuite été reconnu coupable de racket aux États-Unis pour sa participation à une prétendue loterie, une escroquerie à 100 millions de dollars qui avait  inclus des Australiens parmi ses victimes. Bien qu’il n’y ait pas de suggestion que Taylor ait été impliqué dans cette illégalité, tout au long des années 2000, il était occupé à offrir ses services aux entreprises de sharemarket cotées en Australie en vue de sa réinstallation éventuelle à Southport dans le Queensland »... Bohn, condamné une première fois en 2005 s’était vu sa condamnation requalifiée en 2008 … et s’en était sorti avec le paiement des frais de justice, c’est tout !!! Qui a dit que le Vanuatu était un pays de rêve ? Pour les banquiers ou les escrocs, peut-être bien, au final…

On évince un gêneur

Restait encore un empêcheur à évincer : Morris Kaloran, le « Director of Ports and Harbours » du Vanuatu, pas disposé du tout à relâcher le Phocéa, « au nom de la loi », tout simplement, selon lui.  Alors comme il semblait camper sur sa position, on l’a alors simplement déposé, en prétextant de vieilles histoires celle du remorqueur Roimata et sa maintenance aux Fidji et celle du MV Malekula qui s’était échoué à Erromango : « Cela a entièrement à voir avec la question du méga-yacht Phocea. Le gouvernement veut libérer le Phocea, mais avec ma présence en tant que directeur des ports et l’application des lois de Vanuatu, nous ne pouvons pas simplement libérer le Phocea comme ça »... avait-il déclaré.

La presse locale l’avait bien compris

Et le Vanuatu Daily Post de continuer : « un homme qui prétend être le sous-commissaire des Affaires maritimes du Vanuatu, le capitaine Guy Benard, a contribué à la libération du Phocea. Un journaliste français qui a été suivi le cas du Phocea, Christophe Gargiulo, dit que Guy Benard présente une profil intéressant. stanton« Vous savez le gars qui a fait cela est très connu pour ses activités délictueuses au Vanuatu, donc je ne donnerai pas beaucoup de crédit à cela (l’enregistrement du bateau). Il prétend qu’il est conseiller technique auprès de l’Autorité maritime de Vanuatu, mais le VMA a été arrêté il y a quelques années. Parce qu’il y avait une affaire de complot initié par le State Law Office (le cabinet juridique de l’État) contre Guy Benard et les autres personnes impliquées dans l’affaire, et il y avait un tel désordre sur cette affaire judiciaire qu’elle a été verrouillée. Mais Guy Benard a prétendu qu’il y avait une autre petite cellule au travail, toujours existante, et dans laquelle il agissait comme conseiller technique. Des informations au Vanuatu indiquent que le Phocea se dirige en Nouvelle-Calédonie pour être interrogé par des experts maritimes. Christophe Gargiulo  (l’auteur de « On a retrouvé le Phocéa » sur Marianne en date du 26 Avril 2014) affirme  que des fonctionnaires à Nouméa attendent le bateau. La police française et les douanes françaises ont suivi l’histoire depuis le début, et ils sont un peu inquiets au sujet de cette personnalité de Saken. Ils sont aussi un peu inquiets, car il y a quelques jours, le Phocea a coupé son dispositif de suivi afin qu’ils ne puissent savoir où il allait ». jurgen-mais« Le capitaine Benard a déclaré aux médias locaux que les gestionnaires du Phocea vont poursuivre les autorités du Vanuatu en la rendant responsable de la dégradation de l’état du navire alors qu’il était détenu. Car ce fameux « capitaine » Benard, il faut le rappeler était aussi l’agent du Phocea au Vanuatu… Son intérêt était alors de charger Goiset, pour permettre à Saken de repartir au plus vite aller se faire réellement réinscrire en Thaïlande sur le registre existant du Vanuatu.  Son capitaine avait à nouveau changé : pour le ramener à Phuket, c’est désormais Paul Stanton, né en 1967 qui venait juste de diriger le Nordic Star et le Sea Bar avant de devenir le commandant du Muses de 37 m .  Il avait aussi été second officier à bord des hovercrafts SRN4 anglais !  Auparavant, le Phocea avait eu Jurgen Mais, vu ici en train de compulser une carte de … St John’s (au nord de la Guadeloupe).

Manque de chance, le 16 mai 2013, le bateau enfin libéré, ayant déjà fait le trajet vers Nouméa pour rallier Phuket au plus vite tombait en panne de générateur électrique… l’obligeant à retourner à Nouméa.  La poisse, je vous dis, la poisse !  Quant aux deux frères Saken, ils n’étaient déjà plus là.  Un avion (bien spécial) les avait déjà embarqués au loin… dès fin juillet 2012. Le Phocea avait été bloqué le 14 juillet, rappelons-le.

http://www.transparency.ge/node/1321

062-fidji-vanuatu-37(1) le Kimbe était un ancien transporteur de gravier de 200 tonnes venu de France, appartenant à Guy Benard, utilisé pour transporter le coprah (la chair séchée de la noix de coco). Il est cité dans le livre « Tales from the Torrid Zone: Travels in the Deep Tropics » d’Alexander Frater. Photo à droite extraite du magnifique album « Partir au large » de Pascale et Nicolas. 

 

serenity-yacht(2) Pour ajouter au problème, en août 2015; le propriétaire du  fameux « Serenity », un anglais, David Pathinson, était accusé d’avoir eu des « comportements indécents » avec de jeunes garçons à Port Vila l’année précédente. Assigné à résidence à bord de son yacht (ici à gauche), il avait fui Mele Bay où il était ancré… et n’avait été arrêté à nouveau que le 18 novembre dernier.  En 2010, en Angleterre, Pathinson avait déjà été accusé de pédophilie et avait hérité d’une inscription valable 10 ans d’agresseur sexuel.

(3) « Les origines de la chevalerie de Taylor et sa carrière diplomatique du haut représentant au Vanuatu se trouvent dans la province de Hutt River, le troisième endroit où son université était, jusqu’à récemment, enregistrés. Hutt River, avec une population de 30 habitants, est un peu plus qu’une curiosité touristique tentaculaire de plus de 75 kilomètres carrés de terres agricoles dans une partie reculée de l’Australie occidentale. Il y a quarante et un ans, le propriétaire, un éleveur de moutons et de blé appelé Leonard Casley, a déclaré le pays indépendant du reste de l’Australie. Depuis, Hutt River a publié ses propres passeports de fantaisie, sa monnaie et ses timbres, mettant en vedette des portraits de Casley et sa femme Shirley (ici à droite). A la tête de la soi-disant principauté Casley est connu formellement comme Sa Majesté le Prince Leonard I de Hutt et il donne des chevaleries ses sujets fidèles, ou àcertains – comme Taylor – demande d’agir en qualité d’agents diplomatiques. Dès le début en 2004 – avec l’Australian Prudential Regulation Authority le surveillant, mais impossible de détecter quelque chose d’illégal – Taylor tumblr_inline_muqpzblbwo1sopawca commencé à promouvoir Hutt River comme propre paradis fiscal de l’Australie, la rédaction d’un ensemble de lois commerciales et bancaires pour la nation faisant semblant. Il a proposé de constituer des sociétés commerciales internationales à Hutt River et de vendre des licences bancaires et les droits de jeu pour les sociétés Internet en mer pour ceux qui souhaitaient fonder là leurs casinos virtuels, les loteries et les opérations de paris sportifs. «Peu de gens sont au courant de l’existence de la Principauté HRP , mais cet état souverain indépendant est la taille de Honk Kong [sic]» c’est ce qu’on peut lire dans le communiqué de presse publié par le Groupe GT de Taylor basé au Vanuatu . «La taxe maximale pendant 20 ans est fixée à seulement 100 euros par an … un meilleure vie privée possible est assurée. » Casley dit que Taylor a depuis été dépouillé de son titre de chevalier, de sa position diplomatique et de sa citoyenneté à Hutt River. « Il n’y avait pas un seul incident avec toutes les choses qu’en général il a fait», a expliqué Casley. «Je ne veux pas entrer plus profond dans le détail. »

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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