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Le kidnaping du Phocea (8) : les propriétaires qui l’abandonnent, et un bateau qui redevient épave

Dans cette incroyable affaire, ce qui continue à étonner, quatre ans plus tard, c’est la passivité des propriétaires réels du bateau, qui l’ont abandonné à son sort, le laissant aux mains du si peu recommandable Pascal Saken.  Pourquoi ont-il agi de la sorte ?  Pourquoi donc l’avoir laissé repartir à Phuket, en sachant que celui qui l’emmenait n’était en rien son propriétaire ?  Tout cela demeure mystérieux… enfin pas tant que ça, quand on finit par savoir à qui il appartenait, justement.  Avec Mona Ayoub, l’ex bateau de course avait sombré dans le monde de la jet set et du bling bling.  On le croyait sauvé de cette engeance, il y était retourné direct, en fait, allant parader tant qu’il pouvait à Venise, pas vraiment un endroit pour exprimer ses capacités de grand voilier rapide, à vrai dire…

phocea-radoubC’est un tout autre yacht géant qui venait de faire la une des journaux au Vanuatu comme on l’a déjà vu.  Un yacht que les français connaissent bien, et quel yacht… : le Phocéa de « nanard » Tapie… devenu un temps propriété luxembourgeoise (il avait été radoubé en 2011 chez Sud Marine Shipyard, sous la direction de Magellan Management Consulting (MMC) – photo Emmanuel Bonici)société luxembourgeoise (voir épisodes précédents).  Avant d’être racheté et promu chez Fraser Yachts, en 2010, pour la coquette somme de 25 millions d’euros, par « un acheteur inconnu ».… Car c’est bien là la clé du problème : fete-phoceasi l’incroyable culotté de Vu Anh Saken avait pu si facilement s’emparer d’un bateau à plusieurs millions qui ne lui appartenait en rien (ce qui laisse aussi augurer d’autres coups du même genre, on pense notamment au Sapphire) grâce à l’aide des autorités corrompues du Vanuatu dont on cité les noms, c’est bien parce que son propriétaire, ou plus exactement ses propriétaires l’avaient laissé faire, pour une raison qu’il convient d’expliquer.  En fait, derrière MMC, se dissimulaient  les deux fondateurs du groupe Pixmania, les frères Rosenblum, Steve et Jean-Emile, à l’époque où tout leur souriait, et auxquels la presse avait annexé Xavier Niel (mais on ne trouve aucune trace de cette assertion, ce qui là aussi laisse perplexe).  Avec eux, on tient-là en fait un des secrets du kidnapping du bateau, ce que la presse a depuis laissé tomber, alors qu’il en effet est très facile de comprendre pourquoi !

Les soirées à Venise

ohocea-veniseOh, il leur a pourtant servi, le Phocea.  A parader, dans le milieu de la jet-set qu’ils prisent tant :  Chiara & Steve Rosenblum sont en effet à l’origine d’une fondation artistique  et d’une collection d’œuvres d’art disposant d’un lieu d’exposition créé en 2010 à Paris par l’architecte Joseph Dirand.  Depuis 2014, et un dernier article dans « Connaissance des Arts » du  le groupe de luxe LVMH (en juillet) sur une récompense accordée aux mécènes, le site ne répond plus. En 2011, Steve devient également membre du conseil du Palais de Tokyo.  En 2009, il avait rédigé un mémento sur la dernière biennale de Venise.  Il s’y rendait en habitué : le Figaro Madame de 2011 écrira  que « chaque année, les marques de mode donnent aussi leur fête, comme cette année Prada à la Fondation Cini sur l’île de San Giorgio. Les soirées privées ne sont jamais en reste — on cite déjà celle des collectionneurs Steve et Chiara Rosenblumsoiree-phocea sur leur yacht ».  Le Phocea, bien sûr… Tapie l’utilisait comme bateau de course, les frères Rosenblum comme bateau de tourisme fluvial et de lieu de réception flottant (photo ici à droite de la soirée), dans la lignée de ce qu’en avait fait la dépensière Mona Ayoub, ex serveuse de restaurant.  Une fête en 2011  ici décrite par Vogue : « pendant ce temps, une autre fête flottante était en cours. Un quai avec vue sur le Canale della Giudecca à la jetée de Zattere a été transformé en un salon tapissé de rouge avec comme hôte Chiara Rosenblum, étonnante dans une robe Balenciaga rouge court, et son mari, Steve, qui ont accueilli les clients sur leur yacht, le Phocea, hier soir. Yvonne Force Villareal et Doreen Remen (d’Elise Overland) se sont présentées pour la soirée organisée par la galerie Hauser & Wirth. Se sentant à l’aise dans des chaises géométriques modernes et des poufs à billes, les invités ont dégusté des apéritifs, du champagne et des fruits de mer ».  La concurrence avait été rude ce jour-là, à Venise : on y avait en effet aperçu le Luna du multimilliardaire Roman Abramovitch, l’Altair de l‘entrepreneur Diego Della Valle, le Skat à l’allure militaire du milliardaire Charles Simonyi, le Sirona III de Micky Arison, le président du Groupe Carnival, dont les paquebots ravagent le chenal de Venise, tandis que parmi les noms de la mode avaient été vus le plus petit Prometej d’Alberta Ferretti et le TM Blue One de Valentino. georgetownTout cela a un coût en plus pour ces milliardaires : pour le salaire seulement du capitaine, il faut compter selon les gammes de taille de bateau environ 1 000 dollars par pied par an, c’est la « norme » en vigueur (50 pieds =  50 ,000 dollars par an de salaire et ainsi de suite).  Des salaires qui ont un peu fondu depuis la crise mondiale, il est vrai aussi.  A ce tarif-là, le pacha du Phocea aurait dû être salarié à lui seul 71 500 dollars/an  (environ 6000 dollars/mois sans treizième mois).  Et a bord, ils étaient 22 salariés de plus… touchant nettement moins, il est vrai.  Question pavillon, le beau voilier joue depuis longtemps avec ceux de complaisance : la société Sete Yacht Management… installée en Grèce, lui fait alors porter le pavillon des Iles Cayman… et lui donne comme port d’attache... George Town (en deux mots), situé… en Malaisie (cf photo ici à gauche)… allez comprendre !

 

 

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Peu de voyages, en réalité, pour le beau voilier
phocea-croatieLe bateau à voiles, en 2011, ne s’éloigne pas beaucoup de la Méditerranée (sauf s’il voyage en ne mettant pas en marche sa balise, ce qui rendrait encore plus suspect ses déplacements !) : il effectue surtout des trajets balisés le menant de Marseille à Antibes, puis se rend à San Remo en Italie (il est photographié ici à quai  Portosole Sanremo le 21 juin). il est photographié ici à gauche au large de la Croatie et de Split (Spalato), le 19 août 2011 par Enrico Veneruso.  Les Rosenbaum ne sont visiblement pas de grands marins !  En 2012, passant Gibraltar, il se rend au Panama, puis revient à San Remo et part ensuite à Singapour (en février 2012).  De là il se rend… à Pointe Noire, en Afrique de l’Ouest (en mai)… puis on le retrouve coincé au Vanuatu... A Pointe Noire, certains avaient relevé dès 2010 un intense trafic de drojoumaague provenant du Brésil.  Comme responsables étaient cités le libanais Ayman Joumaa, ainsi que Jamal Mohamad Kharoubi et Ali Mohammed Karroubi. « Ali Mohammed Karoubi possède la société Ellissa Holding, qui figure sur la liste noire de l’OFAC« .  Sur le groupe Elissa, j’ai rédigé dès mars 2011 un chapitre complet de ma saga « Coke en Stock ».  En rappelant au passage le sort de l’infortuné journaliste Bruno Ossebi, assassiné pour avoir trop fouiné ces recoins africains douteux.  Le trajet « San-Remo »censé aller jusque « Phuket » est montré ici en vidéo façon carte postale, via Gibraltar, puis la traversée du canal de Panama, et ensuite Tora Bora à Tahiti, où le film s’interrompt…

Des donneurs de leçon de l’ère sarkozyste

pixmania-magL’achat du Phocea, annoncé le 1 er juin 2009, avait été fort discret.  Ses acheteurs peu de temps après expliquant qu’à ce moment-là, la France de Sarkozy permettait pas mal de choses : « tant qu’on a des investisseurs à la française, ça ne marchera pas. Et le problème n’est pas dans l’incitation à l’investissement. La France est presque un paradis fiscal pour les investisseurs. Par exemple, la plus-value n’est pas taxée sur une participation de plus de deux ans. Avec la loi Tepa sur l’impôt sur la fortune, 75% des investissements sont défiscalisés ! freres-rosenblumDe toute façon, c’est de l’argent qui serait sorti de votre poche, alors si vous mettez 30 000 euros dans une startup, ça ne vous coûte que 7 500 euros » avait affirmé Steve Rosenbaum, qui avait créé en 2006  un fonds d’investissement, DotCorp Asset Management, « pour soutenir la croissance d’entreprises à fort potentiel dans le monde entier. Le positionnement de DotCorp, c’est d’avoir la moitié en fonds personnels. C’est vraiment de l’investissement personnel, et nous fonctionnons à l’opportunité, sans courir après les investissements. Peu importe le secteur, même si nous avons des préférences pour l’Internet, parce que nous avons plus de sensibilité au e-commerce par exemple. Mais ce n’est pas exclusif, tout dépend de l’équipe et de l’opportunité » disait-il.  Une belle leçon de gestion qui fera tache lorsqu’on apprendra ce qui a si rapidement coulé leur principal création , la société Pixmania, (leur héritage aussi !) dont ils étaient pourtant les créateurs.

Le rapide effondrement de Pixmania

stevet-photoNé en 2000, Pixmania a d’abord été un site internet vendant des appareils photos (appelé Fotovista (1), centre qui leur servira ensuite de plateforme logistique), puis de l’électronique grand public et de l’informatique.  Une start-up en quelque sorte qui va très vite gonfler en chiffre d’affaires (ici le blog surréaliste d’un fan absolu : en fait le directeur marketing et responsable de la gestion de la relation client (GRC) de Pixmania, pas vraiment gêné non plus semble-t-il !!! (L’homme , donneur de leçon sempiternel de marketing, semble vouloir continuer sur sa lancée chez… Monop’). « La petite entreprise familiale Pixmania employait en 2010 près de 1 500 personnes et constituait presque un miracle français : son chiffre d’affaires atteignait près d’un milliard d’euros et l’entreprise comptait 10 millions de clients dans 26 pays » indique ici France Inter.  Très vite, l’effarant succès dans un domaine à la concurrence sauvage (celle des achats sur Internet) va devenir un cauchemar : « dans ce marché où il faut grossir pour survivre face aux géants que sont la Fnac, Amazon ou CDiscount, Pixmania a commencé à perdre de l’argent à partir de 2012. Son chiffre d’affaires a plongé, passant à 295 millions d’euros en 2014. L’entreprise a donc été contrainte de désinvestir et de fermer des boutiques, véritable cercle vicieux pour le site. Depuis, il a connu plusieurs plans sociaux et a perdu près des deux tiers de ses emplois. Ses pertes, qui se chiffraient à 25 millions d’euros en 2012, ont été réduites depuis sous l’égide de son actuel propriétaire, l’investisseur allemand Mutares, spécialisé dans le redressement de sociétés en difficulté » (le groupe Dixons ayant déjà racheté dès 2006  77 % du capital du groupe Pixmania).  Tout le monde aura noté la date fatidique de 2012 comme celle de la perte des dernières illusions des frères Rosenblum.  Celle aussi, et ce n’est pas un hasard, de la « capture » de leur yacht Phocea ! chifres Les conseils avisés de Steve avaient dissimulé une fort mauvaise stratégie, dénoncée ici en beauté : « L’équation de la chute de Pixmania est pourtant évidente, tout comme elle l’était pour Surcouf. Le but non avoué était de pratiquer des prix planchers et de faire du volume de manière à tuer les éventuels arrivants sur le marché, simplement tout le monde a eu cette idée de génie en même temps….Bravo. Résultat: pas de bénéfice, le dumping réalisé avec les grossistes n’a eu qu’un temps: l’équation prix bas couplée aux volumes extra-ordinaires de vente était la première faille (…) Les stratèges de chez Pixmania, ont tout misé sur le web avec des contraintes physiques et financières trop importantes. La marge calculée ne l’a pas été sur une vue d’ensemble mais bien sur une vision purement « ROIste » produits: il aurait fallu intégrer tous les coûts de la structure: rapidement ils auraient compris ces stratèges, comme d’autres à venir qu’ils ne pouvaient pas être compétitifs: les magasins étaient un poids supplémentaire et non un moteur ». pixmania-personnelLe choix des boutiques physiques avait été une erreur : installées au centre des villes avec un loyer exorbitant elles n’étaient pas rentables, tout simplement, même avec fort peu de personnel à qui on demandait de travailler plus… pour gagner moins.  L’ère Sarkozy, je vous dis ! « Une perte de 25 millions d’euros en 2011, suivant certainement celle de 2010, qui poursuivait la chute de 2009, bref, autant dire que chez Pixmania, on n’a pas compris que le monde était en train de changer, la « réponse réflex » indispensable en périodes très difficiles n’a pas eu lieu, tout comme Surcouf qui n’a pas su tenir la barre en pleine tempête et adapter sa vitesse, ni modifier ses objectifs » .  Ici, on peut entendre le même Rosemblum qui expliquait en 2013 avoir « frôlé la catastrophe » chez Pixmania : de quoi sourire jaune, aujourd’hui !  Les frères Rosenblum, plombés par un énorme trou de 25 millions d’euros, pouvaient-il réagir lors de la capture du Phocea par celui à qui ils avaient demandé d’effectuer l’entretien de leur navire, au plus bas coût possible, visiblement ?  noumea-phoceaN’importe quelle procédure menée contre lui aurait été onéreuse, et Saken le savait bien, rompu a d’autres malversations du même genre.  Bien entendu, les frères Rosenblum ont une autre explication et elle est assez croquignolette : « Le tsunami de 2011 en Asie vous a porté un autre coup dur… » questionne le JDN le 23 septembre 2013, ce à quoi Jean-Emile répond : « Photo, TV, smartphones… Nos approvisionnements sur certaines catégories de produits ont diminué jusqu’à 50% pendant 6 mois. Auparavant, nous avions toujours été rentables en BtoC car nous devions rembourser la dette levée au moment du LBO familial sur Fotovista. S’y ajoutaient quelques contrats d’eMerchant, comme Dixons et Carrefour. Mais le tsunami a été une vraie catastrophe. Qui nous a frappés comme tous les acteurs high-tech : des enseignes comme la Fnac ou Darty vont toujours mal ». A cette date, en septembre 2013, les deux frères ont déjà perdu leur yacht Phocéa.  Et le tsunami n’y a été strictement pour rien !  Le 11 mai 2013, en effet, il était déjà à Nouméa, territoire français où son faux propriétaire aurait pu être arrêté, si une plainte avait été déposée par les Rosenblum devenus désargentés à la fin d’une rapide chute… (la photo à été prise à cet endroit et à cette date) et une vidéo de sa visite à Nouméa est visible ici, on peut y voir la robinetterie en or).  Alors pourquoi donc ne pas l’avoir fait ?

Plombés

 

Boutique centre commercial quartz à villeneuve la garenneDepuis la revente du groupe Pixemania, bien vite plombé par son racheteur anglais, rien n’est allé correctement pour eux (sauf « The Kase », lancé en mars 2012, qui a tout de suite marché d’enfer chez les ados : voici ce qu’il en disait récemment encore).   En 2012, l’élection de François Hollande semble avoir joué un impact chez les deux frères Rosenblum et surtout sur l’un des deux:  voici  c’est sur Jean-Émile, surtout, qui menace alors de quitter la France dans la Tribune de Genève, toujours « pour des raisons économiques », selon lui.  Le « paradis fiscal » français vanté quelque temps plus tôt est loin, déjà pour lui … Deux ans plus tard, changement radical d’explication, appuyée semble-t-il par des faits notables indiscutables, mais qui n’expliquent en rien la déconfiture financière subie : « dans un message adressé publiquement sur le réseau social, il indique que «la France compte 550.000 juifs aujourd’hui, si elle ne veut pas que 90% d’entre eux s’en aillent dans les 5 ans qui viennent, il faut un vrai virage médiatique, inter-religieux et une intransigeance sans faille face a ce que nous avons vu et voyons encore trop souvent en ce moment dans la rue, sur les réseaux sociaux, à la TV, dans les journaux».  C’est à Tel Aviv que l’entrepreneur va élire domicile, un pays dans lequel il dispose de quelques participations : «J’ai investi dans trois start-up israéliennes», explique-t-il ».  L’article se terminant par un sarcastique « ce qui est certain est que ce n’est pas le taux d’imposition sur les sociétés qui l’a fait fuir : The Kase est domicilié au Luxembourg ». Exit la raison précédente de menace de départ, donc… (la surimposition par la gauche, tant crainte !!!). L’expatriation sous couvert d’antisémitisme ne tient pas trop la rampe, il semble bien, pourtant : ce sont bien ses erreurs de gestion qui l’ont mené à partir !chute Même Meyssan le dit aussi !!!  Bon d’accord, ce n’est pas une référence, mais venant de la part d’un antisémite, avouez... En janvier 2016, c’est l’épilogue, en tout cas, pour les employés de Pixmania, tous retrouvés sur le carreau (320 en France !).  En janvier déjà, ils n’avaient plus été payés.  Le 6 mars, un repreneur toulousain n’en gardait que 13% seulement.  Plus étrange encore, sur le site Actualités Israel, reprenant la Tribune de Genève, on relève cette phrase : « de plus en plus souvent des créateurs de startups Français qui ont réussi, atterrissent un jour en Israël “pour voir”.  Cette tendance lourde est de plus en plus visible et des fortunes Françaises investissent en toute discrétion dans la “Valley”. Après de longues hésitations des Français achètent des startups et finissent par croire au “miracle de Tel-Aviv”.  Xavier Niel fait partie de ceux-là ».  Niel et Rosenblum, même combat ? Pour Niel, le minitel rose ou les cabines de peep-show (pas très loin du proxénétisme, comme on peut le lire ici) auront décidément mené à tout !

 

Le Phocéa, un bateau maudit ?

drosses2Et comme un malheur n’arrive jamais seul en effet, voilà qu’amarré devant Phuket le Phocea avait rompu son amarre en novembre 2013 et était allé heurter un récif, risquant même de couler.  Résultat, le voilà pour deux ans de réparations, des réparations menées par un chantier détenu par… Pascal Vu Anh Quan Saken, qui parle depuis du bateau comme étant le sien !!!  En affirmant même de l’avoir déjà rebaptisé (une habitude chez lui ?)  Alors qu’auparavant à Malte, on savait (enfin) qu’il avait trafiqué les registres de propriété du voilier  ! Voici donc l’Enigma, dernier avatar du fringuant voilier de Colas qui avait failli disparaître à peine rebaptisé !!!  Un bon nombre de bateaux de plaisance avaient ce jour-là été drossés sur la plage.  Son ancrage ayant lâché, le voici à la dérive, sur le point de couler même avec une très importante gîte.  Deux remorqueurs avaient dû être appelés pour le ramener sur un quai, pas loin de la baie de Chalong, où l’inévitable Saken avait tenu à poser en cravate, veste, short… et tongs, affichant toujours la même manque de classe.  Ce jour-là, le Phocéa avait tout simplement failli couler ! Le navire a ssaken-shortubi de gros dégâts internes (l’eau s’est engouffrée dans les boiseries) et c’est désormais une épave, absolument pas proposable pour des excursions autour du monde !  Sur son site, Saken l’écrit lui-même : « malgré cela, des dégâts considérables ont été causés. Le bateau devra subir une reconstruction totale pour avoir à nouveau son état de navigabilité. Il devra être amené dans un chantier naval en Malaisie, et les réparations importantes pour reconstruire le Phocea / Enigma sont estimées durer 2 ans environ …. Or trois ans après la catastrophe, le navire n’a pas bougé de place (ou si peu), et il se détériore, donc : visiblement, Saken n’a pas l’argent pour le faire réparer !  Lors d’un voyage en mars dernier (2016) deux touristes allemands qui s’en sont approchés on fait deux photos a une petite distance du beau navire blessé, en ajoutant ce commentaire fort amer : « lors de notre passage ce superyacht nous a semblé un peu miteux. D’une certaine manière, il demande à nouveau une refonte à plusieurs millions de dollars. En novembre 2013, le navire a été drossé au cours d’une forte tempête sur un récif et a dû subir des dommages importants ». Ce sont les deux clichés les plus récents que l’on possède (ci dessous celui pris au plus proche). A noter que le pavillon arboré (à l’avant !) est celui de la Thaïlande cette fois (après le Vanuatu et Malte) !!

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En janvier 2013, le Phocéa était rappelons-le toujours coincé au Vanuatu : les sacs de billets supposés du Boeing devaient ils servir à le faire sortir du pays en graissant quelques pattes supplémentaires ?  Le vol précipité du Boeing 737 qui coïncide, avait-il aussi un rapport avec ce navire ?  Celui-ci aurait-il été prévu pour faire le relais aux Maldives, pour récupérer ce qui avait été extrait du Mali ???  La proximité des deux affaires intrigue en effet… tant elles sont complémentaires !!!

Pourquoi l’avoir abandonné ?

phocea-mauvaise-postureIl reste néanmoins une dernière question à poser, dans ce gigantesque mic-mac, évoquée par Christophe Gargiulo, auteur d’un très bon reportage (à visionner) sur l’infortuné Phocéa (quelle pitié, ce navire maudit, l’esprit de Colas est si loin quand on le voit fouler par des mercenaires en armes !)  : « on peut aussi se demander pourquoi notamment les véritables propriétaires du navire, les frères Rosenblum, n’ont pas bougé ou très discrètement et ont essayé ou non de faire quelque chose, lorsque le risque du navire de finalement s’échouer au Vanuatu était devenu très réel. Quelle était la vraie nature de leur relation avec Saken ? Les rumeponton-a-refaireurs parlent de difficulté d’impôts (ils ont vendu Pixmania), il y a peu d’informations sur ce côté, mais cela semble tout à fait essentiel »… pourquoi ne pas avoir dénoncé par exemple les faux papiers fourni par « Pascal » affirmant qu’il en était le propriétaire, alors qu’il ne l’était pas ? »  Est-ce la crainte de sanctions fiscales qui auraient bloqué nos deux lascars ?  Ou la simple constatation que sur le navire, toutes les boiseries, le ponton voire l’accastillage étaient à refaire ? Et qu’il y en avait pour une fortune ?  Le Vanuatu Daily faisant un bilan similaire et aussi déplorable : « de grandes questions demeurent. Quel était la collusion entre « Saken- Phocea » et certains ministres du gouvernement de Vanuatu ?  Si Vu Anh Quan ne possède le Phocea, pourquoi a-t-il donc pris la peine de falsifier de documents d’enregistrement au Vanuatu ? Pourquoi les Rosenblum n’ont pas demandé qu’on leur rende leur bateau, ou, s’il a été depuis vendu, pourquoi n’ont-ils pas pris leurs distances avec Vu Anh Quan, après sa mésaventure au Vanuatu à bord du Phocea ? Le Phocea battait pavillon du Vanuatu sur les routes reliant les centres du Triangle d’Or (la destination déclarée de Phocéa et la résidence de Vu Anh Quan) et l’Amérique du Sud (où lui a été promis un statut diplomatique Vanuatu), des lieux de production de drogues illicites. Les Rosenblum ne voudraient sûrement pas être impliqués dans ces questions. Comme non plus le Premier ministre Sato Kilman du Vanuatu. Il est temps de demander à la police fédérale australienne et Interpol pour intervenir... » concluait l’article.  Laissant lui aussi supposer une possible implication du Phocea dans le trafic de drogues et d’armes !  Ce qui aurait effrayé à juste titre les propriétaires du navire, placés au pied du mur par celui à qui ils avaient confié la bête ?

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phocea-google-viewEt où donc avait-il mouillé, au retour de Nouméa ? Pour le retrouver, il faut fureter.  C’est un cliché de Pekka Oilinski tout d’abord qui nous le signale (ci-dessus): pris le 21 août 2013, il nous le situe a l’est de la baie d’Ao Chalong, vers l’île d’Ao MaKham, et celle d’Ao Man, en fait dans le port… industriel de Phuket même (les pétroliers derrière lui ne trompent pas sur l’usage principal du port).  C’est sur le quai de ce port qu’il avait été tiré par des remorqueurs pour après avoir failli être emporté par la tempête de novembre (la photo du dessus avec Saken en short, c’était là).  On peut apercevoir ses mâts ici à gauche en septembre 2013, avec comme voisins immédiats le chimiquier Golden Gate, le cargo de vrac Simge Aksoy (enregistré à la Valette à Malte), et le cargo « dry » Negar venu d’Iran.  D’autres le confirment : un touriste (surnommé « Rotisseur ») débarqué au restaurant The Grill de Cap Panwa le confirme : « confortablement installé face à la baie de Chalong, le Phocéa (ancien voilier de Bernard Tapie) en ligne de mire, un brunch sublime nous a été servi » écrit-il sur Trip Advisor le 26 février 2014  On le retrouvait aisément en effet sous Google Earth au 7°48’32.43″N  98°25’1.89″E, en face de la plage de Panwa.  Aucun doute, c’était bien lui, comme on peut le distinguer ici à droite.  La tempête de novembre qui l’avait vu rompre son attache et dériver, comme le montre ici le cliché pris par l’équipe de Saken elle-même, c’était bien au même endroit:

 

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Un petit frère de 50 mètres  ?

blue-goldLe voilier géant de Colas était et est encore en otage, visiblement, détenu par un homme aux talents multiples, mais c’est aussi celui dû au silence pesant de la part de ses véritables propriétaires, restés muets depuis ses déboires  ! On découvrira plus tard que son cas n’avait pas été le seul du genre.  Le Phocea a eu un temps un double, dans le même cas que lui.  « L’enquête a permis de faire un peu de lumière sur les papiers du navire, et le Phocéa aurait été enregistré à la même date, en 2005, et sous le même numéro, que le Blue Gold (ci-contre), autre yacht au mouillage en baie de Port Vila depuis plusieurs mois. Une anomalie des registres maritimes inexpliquée à ce jour » notait le journal.  Le Blue Gold, superbe yacht de chez Benetti, bloqué au Vanuatu pour non paiement des taxes portuaires : ses marins restés à bord étaient restés impayés pendant des mois !  Or c’est lui aussi un bateau maudit : construit en 1982 et ré-apparu en croisières au Vanuatu vers 2008, le bateau est tout aussi à part :  son propriétaire, Joep Van Den Niblue-gold-from-moso-islandeuwenhuyzen est un « investisseur néerlandais » au passé sulfureux.  « Dans les années 1980, il avait acheté des entreprises en faillite et avait promis de les ramener  à la rentabilité » note sa biographie officielle (nota : on songe donc beaucoup à Bernard Tapie bis, tiens quel hasard).  «Je suis un médecin sous licence pour les entreprises prospères et j’ai réussi à sauver des dizaines d’entreprises de la faillite. J’ai été invité partout aux Pays-Bas lors des banquets de l’Etat, des manifestations culturelles et sportives «  s’était-il décrit en 2004 lorsque déjà la justice s’intéressait à lui.  Le Blue Gold avait au départ appartenu à l’éleveur de chevaux Léon Melchior (et ses chevaux « Z »), et Joep l’avait racheté avec une incroyable cavalerie bancaire !
joepInsatiable et non dénué de culot, il le placera même plus tard comme garantie bancaire… chez plusieurs banques différentes, en même temps !!!  En 1999, il l’avait fait remettre à neuf chez le chantier Rotterdamsche Droogdok Maatschappij (RDM), qu’il avait ensuite lui-même liquidé, leur laissant l’ardoise de la réfection ! Joep avait arrosé pas mal de gens : Willem Scholten, le directeur du port d’Anvers (haut lieu de divers trafics comme on le sait), avait reçu de sa part 1,2 millions d’euros de pot de vins en espèces, et il vivait même dablue-gold-vanuns son appartement d’Anvers !!! Et ce fameux Van den Nieuwenhuysen, quel hasard, a lui aussi longtemps été en possession d’un passeport de Vanuatu, selon la Banque Mondiale (décidément !!!) !!!  Cela juste après s’être fait fabriquer un faux passeport diplomatique des Comores !! Plutôt adroit politiquement, il a réussi à prêter son navire au couple royal du prince héritier Willem-Alexander et de la princesse Maxima, pour leur lune de miel en 2002, selon une biographie décriée sortie en 2010.  Et ce, malgré ses  déboires, déjà connus à l’époque : « en 1985, il avait acquis le Begemann Royal Group. Le groupe Begemann avait grandi en quelques années en une entreprise avec 140 filiales d’une valeur de 1,35 milliards de dollars. Van den Nieuwenhuysen avait ensuite été accusé de délit d’initié, et en 2006, il avait été convaincu de fraude ». Pour ne pas améliorer son cas, en 2005, il avait aussi versé  1,6 million de dollars à Oscar Aitken, un conseiller au Chili de l’ex-dictateur Augusto Pinochet.  En 2013, « il sera reconnu une nouvelle fois coupable de corruption, de fraude, de faillite et de parjure conduisant à une peine de deux ans et demi de prison » note Wikipedia (depuis il s’est réfugié à Aruba sous le nom d’entreprise « Friedman-Mattalo-Van Romandt Holdings », arrivé là -bas avec un autre faux passeport encore).  Aux Etats-Unis, il réussit à faire une entreprise appelée « Elite Helicopter Holding NV » et en Angleterre SAS Group, une société d’aviation.  En 2015, Van den Nieuwenhuysen (investisseur désormais .. en Russie !), a été « reconnu coupable en appel de corruption et de contrefaçon »….  touché par l’ouragan Pam, son navire acheté jadis 18,9 millions n’en vaut plus aujourd’hui que 6,95… réparations non comprises.

Echoué par totale négligence

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Un échouage par pure négligence: il était en effet le seul a être resté à l’ancre au Havannah Harbor durant le passage du cyclone : malgré deux ancres hâtivement jetées, il avait dérivé et s’était retrouvé drossé sur une île avoisinante (image ici à droite).  En 2009, son prix avait déjà chuté à 10 millions ! D’ici à ce que Saken jette son dévolu dessus il n’y a pas loin !  Le club des superyachts à la dérive s’agrandit !

 

Propriétaire… par falsification de documents

phuket-magUne falsification patente de documents, là aussi !!! Une falsification, mais avec un cas précédent qui aurait en effet pu inspirer Saken. « Alors que le Phocea a suscité beaucoup d’attention des médias, les problèmes avec superyachts dans le Pacifique sont rares, et généralement le Vanuatu se félicite de ses superyachts sans problèmes. Nous avons parlé à Jess et Sam Bell de Kaleva Yacht Services, agents de soutien de yachts au Vanuatu, à propos de l’impact du Phocea et que cette affaire a eu sur le superyachting au Vanuatu. Ils étaient désireux que ce soit un cas unique et que les questions de tensions avec les visites de superyachts soient extrêmement rares. « Ces deux yachts [Phocea et Blue Gold] ont outrepassé beaucoup de lois évidentes», a déclaré Jess Bell. «Il n’y a jamais de problème avec un superyacht qui suit les lois en cours au Vanuatu. En fait, nous avons trouvé que le gouvernement ici est très favorable aux superyachts, en essayant activement de changer leur charte de règlements et pour leurs fournir de meilleures installations. Il faut espérer que les yachts qui comptent visiter le Pacifique et le Vanuatu ne seront pas rebutés par le cas du Phocea, qui est de toute évidence extrêmement compliqué ». On aimerait bien que ce soit aussi simple, désormais !  De le voir à quai des mois à Port Silva avait donné des idées à certains, pour sûr !  Le Phocéa avait été immobilisé près de 10 mois au Vanuatu, privant ses propriétaires des revenus de sa location (plus de 190 000 dollars la semaine !) : le fameux Pascal en aurait-il profité pour le rapatrier, sachant que pour eux c’était désormais une cause perdue (à 25 millions d’euros d’investissement, mais avec 23 personnes à nourrir pour le faire fonctionner ; même si ce sont des serbes et des philippins payés des peanuts ?). Leur situation financière du moment était difficile, Pixmania n’ayant été revendu définitivement qu’en août 2012… au moment même de l’affaire du Phocea au Vanuatu... Le 28 avril 2014, lorsqu’à Drouot ont été vendus les vestiges des fastes passés du Phocéa façon Mona Ayoub (2), on avait présenté ainsi le nouveau propriétaire officiel du bateau (alors que sur Wikepedia, qui ignore toujours les frères Rosenblum, il demeure « inconnu » !) : diplomatic-vessel« le Phocéa est désormais entre les mains d’un homme d’affaires thaïlandais sulfureux Pascal Anh Quan Saken. Il vient d’annoncer investir 3 millions d’euros pour retaper le bateau en partie dévasté après avoir essuyé une tempête dans le port de Phuket. Il est désormais rebaptisé l’Enigma ». Amusant, cette façon à chaque fois de fixer ces remises à jour de bateaux au même tarif (c’est celui auquel il avait annoncé le Méditation !). Or à ce jour, ces dires ne reposent que sur des faux documents, sans eux,valise-diplomatique-ah-ah il n’en est toujours pas le propriétaire véritable… Et ce n’est pas seulement en rebaptisant des yachts, ce qui semble devenu une habitude chez lui, qu’il va les transformer en certificats de propriété ! Même en peignant sur ses structures un panneau rouge marqué « diplomatic vessel« , ce qui ne correspond en fait à rien de vraisemblable… quand je vous dis que ce gars ose tout (en photo à droite le voici qui apparaît sur la brochure des Hôtels Cape&Kantary – un hôtel 4 étoiles installé à Kantary by, à Phuket, au Cap Panwa) ! Oser tout, avec une propension à afficher cette définition de « valise diplomatique » qui tient à l’obsession chez lui, comme ici en photo en visite en Centrafique arborant une encore plus ridicule valisette d’aluminium affichant « diplomatic bag/pouch »… un sommet, dans le genre !!!

Et pourtant….ça semble marcher. Chez Fraser Yachts, broker de navires de luxe on annonce désormais sur son site… « l’Enigma » comme étant en vente « sous le drapeau du Luxembourg » ; mais pas chez eux : or c’est bien le Phocea dont il s’agît ! La saga continue !!!

 

(1)  « Fondé en 1970 par Pierre et Jean-Claude Rosenblum, Fotovista a été pendant longtemps un studio de photo classique spécialisé dans la photo scolaire et la photo en maternité. C’est en 2000 avec l’arrivée de Steve et Jean-Emile, les deux fils de Jean-Claude, que tout va s’accélérer. Ils reprennent le groupe grâce au soutien du fonds LMBO Finance. Ils décident également de se lancer dans le commerce en ligne, spécialisé dans la photo numérique. Pixmania est créé et va devenir la véritable pépite du groupe. Profitant de la centrale d’achat du groupe, le site de commerce électronique a réussi à s’imposer sur son segment en pratiquant des prix discount tout en bâtissant un puissant outil matériel, combinant un site Web multilingue, une plate-forme de distribution transfrontalière d’une capacité de 20.000 colis par jour et un centre d’appels d’une soixantaine de personnes. Sur l’année fiscale écoulée, le français Fotovista a réalisé un chiffre d’affaires de 354,1 millions d’euros pour un bénéfice de 6,2 millions avant impôts et intérêts. « Nous sommes ravis de rejoindre un groupe aussi performant. En conjuguant notre talent et notre force innovatrice nous allons mener au succès cette activité », ont déclaré les dirigeants de Fotovista ». A noter que la famille Rosenblum était venue s’installer au départ au Canada, au Québec, en 1957: « ils montent un labo  photo et proposent en porte à porte des portraits à domicile et des photos scolaires. Un an  plus tard, ils découvrent le tout nouveau film couleur Kodak, s’adaptent et baptisent leur labo Universal Color ».

robes-phocea(2) avec ce sommet relevé par Le Nouvel Obs, celui de la robe-bouée de Gaultier :« La mise aux enchères à Drouot comporte deux pièces Jean-Paul Gaultier estimées chacune entre 10 et 20.000 euros : une robe de la collection « Les Indes galantes » et un ensemble « Bateau-Lavoir ». L’une d’elle est attachée à « une histoire rocambolesque » puisque portée au cours d’une évacuation d’urgence du Phocéa. « J’ai sauté à l’eau avec, croyant que le bateau coulait. Il fallait bien sûr que si la police me repêche, je puisse dire que je suis Mouna Ayoub, Mouna Ayoub ne s’habille jamais qu’en couture », affirme-t-elle ce lundi sur France Info. J’avais avec moi un sac Vuitton (également mis aux enchères) dans lequel il y avait 7 millions d’euros de bijoux et 14.000 euros en espèces. »

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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