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Le jour du Souvenir; mais se souvenir de quoi?

Voici un de ces souvenirs; celui de la première fois où la façon de combattre de nos grand-pères et arrières-grand-pères a établi ses preuves.

 

La bataille de Vimy WW1

 

 

La prise de Vimy par les Canadiens le 9 avril 1917(en trois jours) est devenue un symbole de la force du Canada et de la capacité des Canadiens de gagner un objectif sans l’aide des Britanniques. En fait la position avait été attaquée plusieurs fois par les Français et les Anglais, sans autre résultat que la perte de 150,000 hommes.

 

Les Canadiens n’ont jamais adopté, pendant leur histoire, cet « art de la guerre » basée sur la « chair à canon » des armées européennes. Ils se préparent, comme jamais une planification d’attaque n’a encore était faite. Même les caporaux sont mis au courant du développement de la bataille. Un va et vient, vers le front, rapporte des renseigne ments très précis à très court intervalle.

 

On incorpore des « unités spéciales » sachant se servir de l’artillerie ennemie. Cela empêche de retarder l’avancée des soldats en traînant leurs propres armes lourdes. On se sert des grosses pièces enlevées à l’ennemi. De cette façon on peut défendre le territoire acquis et repousser les contre‐ attaques qui ne peuvent manquer de venir.

 

Des tunnels sont creusés pour s’approcher sans être sous le feu des Allemands. Un tel déploiement de ressources n’a jamais été aussi élaboré.

 

Voici l’histoire de cette bataille :

 

Comme prévu, le 29 mars 1917, l’artillerie ouvre le feu afin de se débarrasser des places fortes et des batteries allemandes. Le 2 avril, toute la puissance des 983 pièces entreprend de détruire routes, tranchées et lignes de communication.

Le 8 avril, les hommes se préparent à l’assaut. Le lendemain matin à 04:00, 30 000 hommes prennent position sur le front, à 100 m des Allemands. À 05:30, un canon retentit. C’est le signal.

L’enfer refait surface sur le champ de bataille. Toute l’artillerie disponible, appuyée par les mines souterraines bourrées d’explosifs, fait voler en éclat les positions allemandes.

L’infanterie, protégée par le barrage d’artillerie, se lève et fonce vers les tranchées ennemies. La tactique employée se précise. L’artillerie fait pleuvoir les obus sur la première ligne ennemie pendant trois minutes en avançant leurs cibles de 100 m à toutes les trois minutes, au fur et à mesure que l’infanterie suit… à trois minutes d’intervalle.

Les Allemands sont totalement pris par surprise dans leurs abris et n’ont pas le temps de regagner leurs postes avant que les soldats canadiens, particulièrement efficaces au corps à corps avec baïonnette, leur tombent dessus.

La première ligne est prise sans difficulté. Déjà, à 06:25, les divisions 1, 2 et 3 ont pris 750 m de terrain. Comme prévu, les réservistes sautent au front et prennent la relève, pendant que ceux qui attaquaient se reposent. Arrivés ainsi au sommet de la crête, les Canadiens parviennent à voir les Allemands qui dévalent la pente orientale.

Cependant, la 4e Division a des difficultés à s’emparer de la côte 145, point le plus élevé de la crête. À 18:00, la 11e Brigade prend la côte d’assaut et s’en empare en fin de soirée. Le 12 avril à 06:00, le « Bourgeon » est sécurisé.

En somme, le combat s’est déroulé suivant le plan d’attaque du Comandant Byng. Seule la prise de la côte 145 a exigé plus de travail que prévu.

Les Canadiens sont maîtres de la crête au prix de 3 598 morts et 7 104 blessés. Ce qui est, me semble‐t‐il, un peu mieux que 150,000 morts sans résultat positif.

La tactique canadienne est dorénavant prouvée plus efficace que l’habituelle tactique européenne qui prône : « Ils vont finir par manquer de balles ! »

(Texte tiré de « Les souliers d’beu »)

André Lefebvre

Auteur de:

L’Histoire… de l’univers

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7 Commentaire

  1. avatar

    Permettez-moi de revoir votre titre, car, si à juste titre vous vous rappelez l’effort canadien, dont Vimy est l’exemple même, il ne faudrait pas que l’on puisse imaginer qu’on ne sache pas ce qu’on célèbre ce jour-là : le sacrifice de milliers de soldats des deux côtés, de par la folie de leurs dirigeants militaires. Rappelez le souvenir de ces boucheries, c’est, nous sommes d’accord je pense là-dessus, du moins je l’espère, éviter que ça puisse se reproduire un jour.

    Le titre est donc, en ce sens, fort mal choisi et c’est bien dommage.

  2. avatar

    Vous n’avez pas à demander de permission pour user de votre droit fondamental, cher ami. D’ailleurs cela me permet d’insister avec plus de récision sur le but de l’article.

    Votre commentaire est la preuve même de la justesse du titre choisi puisque, même devant la question qu’il contient, vous n’avez pas saisi que « l’effort canadien dont Vimy est l’exemple même », comme vous dites, a été de MINIMISER le nombre de soldats sacrifiés. Ce qui était une « nouveauté » dans les « stratégies de la guerre » à l’époque. Et ce n’est pas là « l’exploit » dont on se souvient généralement.

    Le « vrai » exploit n’est pas d’avoir délogé les Allemands lorsque d’autres n’y parvenaient pas; mais c’est de l’avoir fait avec un minimum de pertes humaines. Minimum perdu que nous pleurons encore aujourd’hui.

    Probablement que vous ne lisez que les titres de mes articles. Je tenterai, à l’avenir, d’y inclure le maximum d’information. Le résultat cependant, pourrait être la présentation d’un « Titre » seulement à la fin de l’article, fournissant la « conclusion ». Je verrai ce que je peux faire.

    Quant à « éviter que cela se reproduise un jour », je vous ferai simplement remarquer que depuis cette époque, ce genre de « boucherie » s’est reproduit PRESQU’A chaque jours. Peut-être qu’en en prenant conscience, aurons-nous plus de succès pour l’arrêter.

    Merci de m’avoir éclairé.

  3. avatar

    J’en profite pour vous annoncer que mon dernier livre « The birth and the life of our universe » est maintenant disponible sur :

    https://fondationlitterairefleurdelyslibrairie.wordpress.com/

    Vous y trouverez une « optique » complètement différente de l’habituelle présentée en science, pour comprendre la naissance et l’évolution de notre univers espace-temps.

    Le résultat est assez étonnant.

    Bonne lecture.

    André Lefebvre

  4. avatar

    « Probablement que vous ne lisez que les titres de mes articles ».

    ah ah ah : et susceptible en plus avec ça. Décidément, vous ne changez pas… ou n’en avez plus le souvenir exact (d’où votre titre, donc, ah ah ah…).

    « je vous ferai simplement remarquer que depuis cette époque, ce genre de « boucherie » s’est reproduit PRESQU’A chaque jours »

    ll me semble qu’encore une fois vous confondez un peu tout. Il y en a eu, certes, mais pas de la même manière.

    Il vous faudra relire pas mal de bouquins d »histoire alors pour constater qu’il n’y aura plus d’affrontements similaires en corps à corps d’une telle ampleur après la première guerre mondiale, à part en Russie. Même la reconquête des îles occupées par les japonais se fera lors de la seconde avec des milliers de morts, mais pas tout à fait de la même façon. Les japonais seront délogés au coup par coup, bombardés intensivement apurant et passés au lance-flammes, même à Okinawa (où les combats ont duré 90 jours, avec au final un total astronomique de plus de 77 000 pertes japonaises !) ou Iwo-Jima. On ne peut parler de guerres de tranchées : les japonais étaient regroupés dans des fortins et des souterrains, plutôt, souvent isolés les uns des autres. Seul sans doute le font de l’Est sera l’objets de corps à corps similaires, en fait, notamment à Stalingrad. Significativement, Hitler glorifiera même la rareté de l’événement en Allemagne par l’octroi d’une décoration fort particulière, « l’agrafe de combat rapproché »… en nostalgique de la guerre 14, où il avait été lui même… gazé. Au gaz moutarde. La dernière bataille de tranchées du genre se produira à Seelow (ou « bataille des Hauteurs de Seelow »), là où les conditions apocalyptiques de l’attaque russe causa de multiples tirs fratricides…

    En fait, après les tueries de 14-17, la guerre a profondément changé, je ne vous apprends rien. Elle se terminera par deux absences notables de corps à corps : le largage de deux bombes atomiques sur le Japon. à plus de 9000 mètres d’altitude. On est loin du corps à corps…. et plutôt à son antithèse, puisque le largage avait été décidé pour épargner le nombre calculé de pertes américaines par un débarquement et une reconquête « classiques ». Auparavant, Tokyo avait subi des raids incendiaires qui l’avaient transformé en fournaise et avaient massacré plus de gens encore toujours « à distance »…. les 9 et 10 mars 1945 sont aussi à retenir, voyez-vous comme dates-clés. Ce ne sont déjà plus des dates de combats rapprochés.

    Allez, un petit rappel rien que pour vous:
    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-liberation-6-l-horrible-et-77356

  5. avatar

    Donc selon vous, les USA avec deux bombes atomiques lâchées a 9000 mètres d’altitude et, aujourd’hui, avec des drones contrôlés à partir du centre du pays, ont atteint le summum pour diminuer les victimes. Vous avez certainment raison. Ils ont également éliminé toute dose de courage.

    Au sujet de ma scusceptibilité, vous vous trompez complètement. J’ai simplement transposé sur vous ce que je fais moi-même. Veuillez m’en excuser.

  6. avatar

    « Ils ont également éliminé toute dose de courage ».

    drôle de commentaire. Tout aussi lâches ont été les bombardements au bombes au phosphore des villes sans objectif militaire précis, tel celui de Tokyo dont je vus ai aussi parlé.

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