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Le hasard comme politique ?conomique

Caleb Irri??????????????????
J?avais commenc? un ??essai?? statistique destin? ? prouver l?inutilit? (ou plut?t la malfaisance) des calculs de probabilit? en ?conomie. C??tait une th?orie absurde fond?e sur une r?alit? qui l?est tout autant, ? savoir qu?un ?v?nement a statistiquement toujours (et ? peu pr?s) une chance sur deux de se produire, ou presque ? le presque ?tant un ?l?ment essentiel ? la compr?hension de cette th?orie.?
Et puis, n??tant jamais totalement satisfait de celui-ci (et aussi fatigu? des incoh?rences math?matiques de cette th?orie) je m?appr?tais ? laisser tomber ma d?monstration? jusqu?? ce que la ??Providence?? m?diatique me remette sur les rails : coup sur coup, des informations soutenant ma th?se principale (? savoir que les math?matiques, les calculs de probabilit?, les discours des experts, les statistiques, les analyses, etc? ne servent ? rien) m?ont remis le pied ? l??trier- et les doigts sur le clavier.
Tout d?abord il y a eu?une ?tude sur la bourse?: des singes ? qui l?on a demand? de miser sur des titres c?t?s en bourse ont fait mieux que les traders les plus avertis, et ce de mani?re totalement hasardeuse (ils ne lisent sans doute pas toutes les analyses).
Ensuite,?une autre ?tude r?cente?montre elle-aussi que le hasard fait ??aussi bien?? (ou aussi mal c?est selon) que l?analyste le plus chevronn? : il aurait un taux de r?ussite moyen de -tenez-vous bien, c?est de la science- ??autour de? 50 %?? !
Cela signifie donc que tous les calculs qui sont faits pour, avec, autour et dans le ??march??? ont en d?finitive autant de chances d??tre justes que la pi?ce de tomber sur pile ou face, ou autrement dit que la probabilit? qu?un ?v?nement boursier (une hausse ou une baisse d?un panier d?actions ou d?obligations) arrive est environ d?une chance sur deux, ou presque?
Voil? qui n?est gu?re rassurant : on paye donc (tr?s cher souvent) des gens dont le m?tier est de tirer ? pile ou face (je vous avais dit que c??tait absurde !), et dont les paris sont consid?r?s par tout un chacun comme ??scientifiquement prouv?s??, le tout avec des cons?quences cette fois r?elles sur la vie des populations qui acceptent sans sourciller -ou presque- une telle aberration.
Mais ce n?est pas tout : car pour expliquer et justifier leurs conseils, les ?conomistes se fondent justement sur les analyses de ces petits g?nies du pile ou face, analyses elles-m?mes appuy?es sur le travail de grands math?maticiens comme ceux du FMI ou d?ailleurs, qu?on croyait jusqu?? il y a peu intouchables. Sauf qu?un autre ?v?nement a fait voler en ?clat toutes nos incertitudes :
le FMI s?est (encore) ??tromp???, et reconna?t officiellement son erreur, ? tel point qu?on est en droit de se demander si en d?finitive toute notre science ?conomique, exclusivement fond?e sur la math?matique, ne serait pas une vaste fumisterie destin?e ? faire accepter aux peuples des conclusions consid?r?es comme scientifiques alors qu?elles ne sont en r?alit? que des ??arrangements?? politiques ou financiers destin?s ? justifier leur ignorance sur la complexit? (incalculable) d?un syst?me qui fonctionne tout seul et sans raison.
Car c?est bien sur les conseils de nos chers ?conomistes que s?appuient tous nos politiques de tous bords pour justifier leur incomp?tence. ?tant incapables de proposer une alternative id?ologique cr?dible ou valable face ? une crise dont ils per?oivent le caract?re inextricable, s?apercevant jour apr?s jour de?l?erreur fondamentale du syst?me?(les math?matiques n?expliqueront ni ne d?termineront jamais les comportements humains), ils tentent d?sormais de pr?server comme un dogme religieux le caract?re ??scientifique?? de l??conomie afin de faire perdurer la ??foi?? du peuple dans ce qu?ils savent ?tre une supercherie : La religion ?tait l?opium du peuple, la science ?conomique l?a remplac?e. Et elle est fond?e sur le hasard (moi, une chance sur deux j?appelle cela le hasard !).
Et cela ? droite comme ? gauche qui, pour faire correspondre son discours social avec une r?alit? injuste, doit faire montre de contorsions philosophiques incroyables (elle qui ? force de vouloir cr?dibiliser une id?ologie diff?rente s?est mise en t?te de la justifier????conomiquement??, c?est-?-dire math?matiquement).
Mais comment pourraient-ils faire ?merger l?alternative qui nous fait d?faut -celle dans laquelle les math?matiques seraient consid?r?es comme secondaires par rapport ??la satisfaction des besoins humains, alors m?me que ce sont les math?matiques qui d?terminent aujourd?hui leurs revendications ?
Regardez aujourd?hui o? nous en sommes arriv?s : faut il sortir de l?Europe ou pas, ou de l?Euro ? Vaut-il mieux se confronter ? madame Merkel ou ? son propre peuple ? La situation se rapproche-t-elle de 1789 ou de 1930 ? Et faut-il supprimer 20 000 militaires, ou mettre fin ? l?obsolescence programm?e, et r?aliser ??l?Union Sacr?e?? ou s?allier avec les extr?mes ? Et peut-on r?former la monnaie, ou supprimer la d?mocratie, et doit-on aller le f?d?ralisme ou le nationalisme ?
Perdus au milieu de consid?rations politiques majeures dont ils ne savent comment se d?p?trer et incapables de se r?unir pour y r?fl?chir, nos politiques commencent en r?alit? ? comprendre que la faillite du syst?me est in?vitable et que l??conomie ne nous sauvera pas. Que ni l?aust?rit? ni la relance, ni l?or ni le bancor, ni le f?d?ralisme ni le nationalisme ne sauveront un syst?me totalement d?connect? de la r?alit?. Il est d?j? trop tard, et tout est beaucoup trop compliqu? : alors, faute de savoir comment repartir sur d?autres bases, nos dirigeants, nos financiers, et m?me les peuples qui les subissent pr?f?rent faire semblant de croire que ce ne sont que des erreurs de calculs ; et ils comptent et recomptent encore, avec une probabilit? de se tromper -encore une fois- qui doit largement d?passer les 50 % ?
En attendant le temps passe et les calculs ne seront jamais justes : car l?erreur n?est pas dans le calcul lui-m?me mais bien dans le fait de vouloir calculer l?incalculable. Et au lieu de nous apitoyer sur nos faibles politiques, ou m?me sur nos g?nies math?matiques, nous ferions mieux de?nous pr?occuper nous-m?mes de notre avenir?et decelui de nos enfants. Et avant de leur apprendre ? compter, nous devrions leur apprendre ? r?fl?chir, ce ne serait peut-?tre pas du temps de perdu?
Bon, le taux de probabilit? de r?alisation d?une telle politique non ?conomiquement rentable est certes proche de z?ro, mais celui de son utilit? pour l?humanit? avoisine pourtant les 100 %.
Dommage que la r?alit? ressemble parfois curieusement ? l?absurde.

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