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http://www.centpapiers.com/ Le journal citoyen du Québec pour la francophonie
4 avril 2008 |
9 commentaire(s) |
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Le psychiatre Yves Prigent, auteur du livre : Face au harcèlement moral1 (2007), affirme que : « Les conséquences du harcèlement moral sur la victime ne sont pas de l’ordre du chagrin, de la colère, de la peine, de la contrariété, de la fatigue, de la dépression comme il en est en cas de travail pénible, de pressions, voire d’agressions caractérisées. Le harcèlement moral est un traumatisme au même titre que :
– D’autres formes de torture : en particulier les tortures morales opérées dans certains régimes totalitaires sous le nom de « lavage de cerveau ». Ces procédés ne tendent pas à détruire physiquement une victime, mais à lui faire perdre la confiance dans ses croyances, ses capacités, ses certitudes.
– Des situations graves et imprévisibles comme les prises d’otages, les attentats, les détournements d’avion. Ces situations ont en commun qu’elles se produisent de façon imprévisible et qu’elles entrainent une véritable effraction psychique.
Selon le Dr Prigent, les symptômes des états post-traumatiques, surtout connus depuis l’abondance des victimes du terrorisme, se rencontrent dans les vrais cas de harcèlement moral. Installant les victimes dans un état permanent de perplexité et d’hésitation ; de rumination et obsessions sur la situation traumatisante. Il y a perturbation de la pensée : le sujet ne parvenant pas, malgré ses efforts, à chasser de son esprit cette situation, comme si elle devait se reproduire immédiatement. Cela évolue vers des troubles du contact : la victime ne cherchant plus à entrer en relation avec quiconque. « Elle se maintient enfermée, parfois elle ne quitte plus sa maison, ni même sa chambre, ni même son lit… » La guérison est toujours très longue et peut se faire vers des « modifications durables de la personnalité, des dépressions chroniques résistantes, ou même des organisations de type paranoïaque ».
Ariane Bilheran, docteure en psychologie clinique de l’université de Provence, propose la définition suivante 2 :
« le harcèlement vise la destruction progressive d’un individu ou d’un groupe par un autre individu ou un groupe, au moyen de pressions réitérées destinées à obtenir de force de l’individu quelque chose contre son gré et, ce faisant, à susciter et entretenir chez l’individu un état de terreur ».
Le harcèlement moral (expression adoptée en Europe), par contraste au harcèlement physique, n’agit que sur la composante psychique d’un individu. Et ce, malgré que la composante sexuelle du harcèlement sexuel soit toujours présente dans le harcèlement moral qui s’attaque à l’intimité du harcelé. Dans nos sociétés démocratiques, les autres formes de harcèlement (sexuel et physique) étant sévèrement punies, le harcèlement moral (HM) est une voie détournée, moins visible, pour arriver à la même fin : « détruire un individu ». Il s’inscrit dans la durée et inclut la répétition, détruisant « à petit peu ». On le voit dans le couple autant qu’au travail.
Les victimes
Aucun auteur n’a trouvé de composante pathologique typique aux harcelés. Cependant, des traits de personnalités prédisposent au harcèlement. Selon Ariane Bilheran, la victime typique est un individu qui se distingue du groupe, souvent par des aptitudes et un charisme remarquables. Ces qualités peuvent susciter de la frustration dans son entourage. Il s’investit beaucoup dans son activité professionnelle, agace par sa gentillesse, son écoute, sa disponibilité, son humour et sa vitalité. Tous s’entendent pour dire que les victimes de harcèlement moral s’avéraient être « très bien dans leur peau » et avant tout : autonome.
On a d’autant plus de mal, déclare le Dr Prigent, à repérer le harcèlement moral, puisqu’il s’agit presque toujours d’un phénomène sournois, caché. Dans l’agression classique, l’agresseur « s’avance » de manière visible et clairement hostile. On voit généralement d’emblée où « il veut en venir ». Le harcèlement moral, lui, s’organise de manière subtile et longtemps inapparente.
Le docteur Prigent résume que :
La violence est sourde, muette et aveugle […] peu visible et perceptible, même pour la victime elle-même, pour l’entourage immédiat […] Le pervers n’entend pas le langage de la raison ou du cœur ; il ne voit pas la réalité de son interlocuteur. L’acte pervers ne tend pas à nuire utilement, mais à détruire absolument. Le pervers est donc un prédateur.
Quelques caractéristiques du comportement pervers
Comme son étymologie l’indique, le pervers (celui qui harcèle) retourne catégoriquement les situations. À l’image des forces démoniaques qui visent à pervertir une jeune vierge, le pervers tente de transformer le bien carrément en mal. On dit qu’il manipule en ce sens qu’il utilise les gens comme de véritables objets qu’il déplace avec la main. On parle de l’instrumentalisation des personnes. Ses communications sont obscures, ambiguës, contradictoires dans le but d’assurer son emprise sur sa victime d’où elle est incapable de se dégager pour agir selon ses propres désirs. Il s’agit, pour lui, d’unir (convaincre) les autres pour exécuter le « travail ».
On dit que les victimes se trouvent « KO debout » en ce sens qu’elles ne comprennent aucunement ce qui leur arrive. Le pervers ne s’attaque pas à ce que fait sa victime, mais à ce qu’elle est : sa confiance, ses croyances, ses capacités, ses certitudes. Il y a ainsi toujours atteinte à sa personne par dépouillement de son honneur et de sa dignité. Aussi, le pervers agit toujours de façon imprévisible, ce qui empêche la victime d’élaborer un mode de défense, de se faire une idée, de savoir « sur quel pied danser ». Le docteur Prigent note que les pervers se plaignent à l’entourage de leurs victimes, à leurs supérieurs, afin de les isoler selon la technique habituelle du prédateur : « le loup qui isole un mouton du troupeau ».
Le rapport avec les régimes totalitaires, selon docteure Bilheran.
Le fonctionnement des systèmes totalitaires peut nous renseigner sur les mécanismes psychologiques à l’œuvre dans le harcèlement moral. Le harcèlement moral est un procédé totalitaire, à l’aulne duquel peut se mesurer le degré de démocratie d’une société donnée […] Tout d’abord, le pouvoir du système totalitaire se fonde sur l’usurpation, et non la compétence : ce sont bien davantage les manœuvres stratégiques à s’emparer du pouvoir que la compétence à gouverner qui caractérisent un pouvoir totalitaire […] La finalité d’un pouvoir totalitaire est de soumettre ses sujets inconditionnellement, par l’orchestration progressive d’un savant « lavage de cerveau ». Faute de soumettre certains récalcitrants qui auront conservés autonomie de penser, il s’agira de les anéantir.
Qui pourrait témoigner de cette réalité ?
Pour mettre ces notions en contexte, j’ai cherché des victimes dans Internet, ce qui m’a mené à Marie-France Cordeau, auteure du livre Le harcèlement psychologique au travail3. Elle s’occupe aussi d’un espace où communiquent une cinquantaine de victimes québécoises. Elles se servent de cette plateforme pour s’entraider et s’encourager, se transmettre des informations, s’échanger des contacts. C’est une association anonyme contre le harcèlement. L’une des responsables, billesnoires, m’a parlé de quelques victimes dont Paul : une cible qui lutte depuis 2005 pour faire reconnaitre son cas de HM. Je l’ai rejoint et on s’est rencontré à Beloeil.
Paul est un colosse brillant et drôle. Un gros nounours qui ne me semblait pas avoir le profil d’une victime brisée par le harcèlement. Une bonne poignée de main, le regard vif, sensible, le gaillard m’attendait dans le restaurant où on avait rendez-vous. Il s’informait de moi, me demandait si je connaissais l’endroit. « Je suis très heureux qu’un écrivain, enfin, s’instruise du harcèlement moral » m’exclama-t-il. Il s’intéressait à mon article… me demandait quels auteurs, j’avais lu, vérifiant de sorte si j’étais assez informé pour l’entendre.
On prend une table dans un coin tranquille. Je lui demande : parlez-moi un peu de vous, ce que vous avez fait jusqu’ici : « Je suis né en 66, j’ai fait mes études élémentaires, secondaires et mon CEGEP dans le 450. Depuis tout jeune, je rêvais d’avoir une profession libérale, comme mon père, un emploi lucratif où ce serait moi le patron. J’ai toujours aimé l’école, les filles surtout et la biologie. J’ai fait un Baccalauréat en sciences puis une maitrise et un doctorat. Disons que j’ai réalisé une belle carrière dans la profession de mes rêves. J’ai eu trois enfants et j’étais heureux et très bien installé. Pendant ce temps, un harcèlement s’est développé dans ma vie, et je me suis retrouvé accablé, tout seul, à la rue. J’ai été victime d’une terreur inouïe ».
Comment avez-vous compris ce qui vous arrivait ?
« Tout le problème, c’est qu’il est impossible pour une victime de prévoir ce qui va arriver. Tout est fait pour que personne ne comprenne. Au début, je ne savais pas contre qui je me battais ! Je n’aurais jamais imaginé, seul, qui orchestrait le harcèlement. Tout s’est éclairé, lorsque je suis tombé sur le livre de Marie-France Hirigoyen : « Le harcèlement moral4 ». Ça a été l’un des plus grands jours de toute ma vie ! C’était en octobre 2005.
« Toutes les situations de ma vie que je ne comprenais pas étaient écrites là, noir sur blanc. Avec des mots précis, des concepts clairs. Malgré mon instruction et ma curiosité, je n’avais jamais entendu parler de ça. Ce livre faisait de ma situation une seule et simple image. Le méga casse-tête pour lequel je voulais mourir devenait alors clair et logique ! Mon harceleur était un pervers, et moi : sa cible qu’il a voulu éliminer à tout prix. La dépossession et même la réification des victimes. L’entreprise de destruction des cibles ! Je saisissais alors, d’un tout, ce qui s’était passé ».
Donnez-nous des exemples !
« Deux de mes trois résidences m’étaient extorquées par des personnes qui m’ont demandé de l’aide. Mes véhicules, par des carrossiers et garages de mécanique. Des réparations qui devaient prendre quelques jours ont pris plusieurs mois ! Aussi par des saisies et procédures abusive. On abimait mes biens les plus chers. On a détruit des dizaines de toiles que j’avais peintes. On m’a volé des tas de poèmes originaux. On provoquait des accidents où je me trouvais responsable ! C’est facile de créer une coalition contre un individu, quand celui qui lance l’attaque est riche et puissant. Surtout au Québec, avec un peuple asservi donc « coopératif ». En 1999, mon ordre professionnel m’a accusé d’être toxicomane suite à la plainte d’une amie. Je n’avais jamais été accusé d’une seule faute professionnelle en onze années de pratique ! Ça m’a pris trois années pour obtenir justice et faire cesser ces atteintes à ma réputation et ma vie privée. Vous pouvez consulter les dossiers, c’est public ! On m’a accusé dans des poursuites criminelles pour trafic de drogues. Tenez, regardez cette poursuite : LA REINE contre moi, 71 pages ! On a fabriqué ces preuves. Par exemple, ici, à la page 33, c’est une fausse facture… C’était tout arrangé pour procéder sans moi. Je n’étais rien dans tout ça, je ne devais même pas prendre connaissance de ce précis judiciaire. On a essayé de faire de moi un criminel alors que ma profession me rapportait plus de 300 000 $ par an, honnêtement. Quand on ne connait pas le HM, ce que je vous dis là, c’est impossible ! Vous devez penser alors que je suis fou ! Le harcèlement individuel, c’est vraiment fou ! Le pire, c’est que dans cette chasse aux sorcières plusieurs associés (es) ont été là pour me porter préjudice. Parjurer. Me voler ! Me baiser ! »
Vous parlez de harcèlement individuel, y’en a-t-il plusieurs sortes ?
« Je vous invite à lire l’article « Petits meurtres entre amis5 » dans la revue Piste UQAM, en 2005, il est sur la toile. Marie Grenier-Pez traite des différentes formes de HM ».
Selon le Conseil économique et social, Paris, 2001 :
« Dans le harcèlement individuel, le harcèlement est intentionnel, vise à humilier, détruire l’autre et à valoriser son pouvoir social ou personnel. L’instrumentalisation des individus et des instances par ces personnalités retarde ou rend impossible la reconnaissance des agissements délictueux, tant leurs procédés peuvent être hostiles, subtils et redoutablement efficaces, surtout face à des individus fortement investis dans leur métier ».
« J’ai été la cible d’une forme de harcèlement qui utilise les individus et les instances, cela durant plusieurs années, dans le but clair de me détruire. On voulait que je me suicide, enfin ! Je le comprends. Les agissements ont été délictueux, les procédés hostiles, subtils et redoutables. C’est incroyable ce dont il est question ici ».
Comment vous êtes-vous aperçu que quelque chose ne fonctionnait pas ?
« Plein de choses ! C’est un peu comme dans le film de Jim Carey : « Le show Truman ». Les évènements sont arrangés avec le « gars des vues » et à un moment donné on se met à faire des expériences (vérifier les choses). On s’aperçoit alors que ça ne tourne pas rond. Par exemple : J’avais laissé une de mes résidences à une nouvelle comptable, qui (avec mon gérant de banque) me disait que mon entreprise était mal administrée. Bref, j’engage cette comptable qui m’offre d’habiter une maison que j’avais à louer, avec ses trois enfants. Mes équipements étaient tous payés et mon crédit était R1 (parfait). Or, à la fin août 2003, je passe « chez moi » et je trouve les deux plus jeunes enfants de ma comptable, seuls, elle n’était pas là. C’était bizarre ! Je cherchais quelques papiers et trucs informatiques à moi, les deux jeunes étaient là, comme de vrais zombis. Je vérifie l’endroit, je tape sur les lits, la poussière lève ! Je bouge la vaisselle, elle était là depuis des semaines. Ma maison était abandonnée ! Les enfants avaient été mis là, au cas où je passerais. Pourquoi ce jour-là ? Parce que je venais tout juste de reprendre possession d’une automobile. À ce moment-là, je me suis aperçu que c’était menaçant. Cette femme m’a mis en faillite en moins d’une année ! J’associais alors de nombreux méfaits, je voyais bien qu’il s’agissait d’un vrai complot. Par la suite, quand j’ai commencé à « allumer », c’est devenu ouvertement violent… »
Marie France Hirigoyen, psychiatre et psychanalyste, auteure du premier livre intitulé « le harcèlement moral3 », traduit en 27 langues, en 1998, explique dans son ouvrage que :
« Résister à l’emprise, c’est s’exposer à la haine. À ce stade l’autre qui n’existait que comme un objet utile, devient un objet dangereux dont il faut se débarrasser par n’importe quel moyen […] Tout ce qui existait déjà de façon souterraine apparaît désormais au grand jour. L’entreprise de démolition devient systématique […] Il ne s’agit pas d’amour qui se transforme en haine comme on tend à le croire, mais d’envie qui se transforme en haine […] on peut même parler de haine de l’amour pour décrire la relation perverse […] Lorsque la haine s’exprime franchement, c’est avec le souhait de la destruction, de l’anéantissement de l’autre. »
À quel point violent ?
« La vraie violence a commencé quand j’ai parlé de complot. J’associais actes criminels et dessein déprédateur contre moi. Le lendemain, on m’a fait enfermer de force en psychiatrie, de toute urgence, en bafouant tous mes droits. J’ai été retiré de la circulation et la coalition qui s’est alors alliée contre moi avait tous les moyens. Ma réalité dépassait la fiction ! Le 12 sept. 2003, on prétendait que j’étais suicidaire, on a voulu vérifier, par une évaluation psychiatrique, ma santé mentale. J’ai participé à la procédure qui ne devait durer que deux jours tout au plus ».
Comment ça s’est passé, ils ont dû vite voir que vous n’étiez pas fou !
« Au premier hôpital, à Greenfield Park, j’explique à deux psychiatres que je suis la victime d’un complot, que mes maisons sont extorquées. Je leur explique tout ce que je comprenais alors. Que je ne sais pas trop qui me veut du mal ! Mais chose certaine, je ne suis pas un malade ! Dans la requête pour la cour, il est écrit (pour justifier l’urgence) que je consomme « deux onces de cocaïne par jour » ; or, je n’ai pas de cocaïne dans le sang ! Je fraternise donc avec les fous de la place en attendant que les « médecins s’entendent ». Le lendemain matin on me transfère à Châteauguay. On me remet toutes mes choses, j’avais trois miles dollars sur moi, notamment. Or là-bas, on me laisse dans une grande salle commune, à environ quinze mètres de l’entrée des ambulances. Pendant environ 36 heures ! Imaginez ! On espérait que j’allais m’évader (c’était très facile) et que leur chasse allait se poursuivre de plus belle. Mon pervers savait alors que j’associais de graves méfaits contre son équipe ; or pour lui, je devais être « retiré du jeu ». On m’a ensuite enfermé à double tour dans un endroit sécurisé et on m’a médicamenté comme un vrai zombi, moi-même ».
Qu’est-ce que vous avez fait ? Comment êtes-vous sortie de là !
« J’ai menacé la direction de l’hôpital où j’étais interné, de les poursuivre, le 16 septembre, avec un nouvel avocat, Me Pierre Beaupré, spécialiste en habeas corpus. Il n’avait jamais vu ça, un individu comme moi dans une situation pareille. Pourtant, il faisait ça depuis des décennies. Le 18, on m’a laissé partir. Si j’avais connu les travaux de Heinz Leyman sur le « mobbing », j’aurais compris ! Mais là, je ne le pouvais pas. Un complot contre moi, oui, mais pourquoi donc ? Je ne pouvais l’expliquer. On me faisait croire que tout était normal. Pour vous résumer, on a orchestré contre moi vingt-quatre recours civils, trois poursuites criminelles et deux en droit disciplinaire (voici la liste avec tous les numéros de causes). On a demandé ma radiation de mon ordre professionnel pour sept années ! Cela, malgré que je leur aie produit une défense de cinquante pages, la voici, où j’énonce toutes les incohérences. Tout ça sur de fausses preuves et des parjures. On se foutait de moi, comme si je n’existais pas ! C’est évident que j’ai été victime de harcèlement moral et que je n’ai eu aucune chance de m’en sortir ».
Comment avez-vous alors réagi ?
« En sortant de l’hôpital, j’ai viré mes avocats qui, ça devenait évident, avaient comme mandat de me faire condamner dans mes causes. Professionnelles (afin de me retirer mon travail) et criminelles (pour le justifier). J’ai alors exigé, par une plainte à Me Comeau, syndic du barreau de Montréal, de prendre possession du précis judiciaire qu’on me cachait depuis avril (dossier que j’ai finalement eu le 3 novembre 2003). Juste ça, c’est invraisemblable. Ce qui m’a donné confiance, c’est quand j’ai réussi à obtenir un arrêt des procédures dans la cause criminelle 2002-MSTP -xxxx, le 8 septembre 2004, à Longueuil. Savez-vous ce que ça prend pour faire ordonner un arrêt des procédures en droit criminel ? En tout cas, il ne faut pas être fou ! Sachez qu’on m’a radié avant même que j’aie pu démontrer l’illégitimité des procédures en droit pénal. On avait fait témoigner des complices, subito presto, devant le comité de discipline, pour me retirer mon travail. Cherchez ! Jamais un professionnel n’est jugé en droit disciplinaire (pour les mêmes accusations) avant que ne soit terminé son procès criminel ! Un autre fait étant que jamais il n’y a eu de rapport psychiatrique de déposé dans cette affaire alors que la procédure l’ordonnait (dans les sept jours). Ça, ce n’est que le début de la violence. Le pire s’est déroulé après que j’aie déposé une plainte contre les policiers. Alors, on a tout fait pour me reprendre ces preuves. Là, j’étais en état de choc !
Qu’est-ce que tu veux comprendre ? Tu fais tout pour faire plaisir et être aimé dans la vie, vraiment tout (je suis un sacré bon gars, vois-tu), et tu te rends compte que ceux en qui tu avais le plus confiance se retournent contre toi, même les membres de ta propre famille qui alors se servent de leurs pouvoirs légaux pour t’enfoncer encore plus creux. J’aimerais vous parler d’amour, mais, ici, c’est de haine qu’il est question. Cette haine collective, ouverte et effrontée, pour moi, c’est ça l’enfer ! Soit que ça te rend très fort, soit que ça te tue. Ça dépend comment t’es constitué ».
À la question : pourquoi donc cette haine ? Ariane Bilheran répond :
Parce que la présence du futur harcelé est devenue insupportable, tant elle réveille de frustrations et d’envie. Parfois, le futur harcelé est ce que la personne haineuse aurait souhaité être et qu’elle n’est jamais parvenue à devenir. Cette partie sacrifiée d’elle-même se retrouve dans cette haine en miroir : le futur harcelé devra être éliminé pour que le psychisme de l’autre retrouve son précaire équilibre […] Presque toujours, le harcelé dit rétrospectivement : « mais je ne lui ai rien fait, pour qu’il/elle me harcèle ! » Eh bien, non, justement : il a simplement été lui-même, et surtout, n’a pas envisagé que tant d’envie et de haine puissent être corrélées sur sa petite personne, lui qui est si autonome.
Qu’est-ce qui est alors le plus difficile à supporter ?
« En plus du fait d’avoir été trahi, isolé et violé dans mon intimité, l’idée généralement admise qu’une victime ne peut être innocente est intolérable. Cela fait en sorte que le HM se perpétue. Tout est arrangé pour qu’on nous croie responsables de ce qui arrive. Le piège élaboré est très bien calculé. Les gens te disent : « Tu dois bien savoir pourquoi on te fait ça, ti-Paul ! » « Ne viens pas me dire que t’es blanc comme neige » ! « Si on ne connait pas le HM, on se trouve dans un véritable cul-de-sac ». Il est reconnu que dans le harcèlement moral la victime est victime parce qu’elle a été désignée par l’agresseur. « Elle est, en tant que victime, innocente du crime pour lequel elle va payer » affirme Marie-France Hirigoyen. Elle est ciblée parce qu’elle est devenue gênante. Lorsque j’en ai parlé à Paul, il m’a répondu : « Tellement, Charles, que je comprends très bien ceux et celles qui se suicident, suite à du harcèlement ».
À ce propos Ariane Bilheran soutient que :
L’une des issues les plus radicales et « efficaces » du conflit est le suicide. Il n’est pas rare qu’une situation de harcèlement moral conduise au suicide, dans lequel la victime aura vu la seule délivrance possible de sa souffrance […] Le suicide est une issue logique du harcèlement moral, car le harcelé en vient à éprouver le sentiment de son inutilité, de son incompétence, de sa nullité. La perte d’estime de soi est l’un des nœuds du harcèlement moral. Dans un système où l’on fait croire à l’individu qu’il est non seulement inutile, mais indésirable, si personne ne prend clairement sa défense, et si la victime n’a pas une force psychique peu commune, il est évident qu’elle va droit au suicide. C’est en cela aussi que les témoins, ceux qui sont souvent des complices passifs, sont gravement responsables […] Le suicide est d’une efficacité redoutable pour poursuivre les finalités du harcèlement moral : tout d’abord, le harceleur se « débarrasse » du harcelé, et ce, sans paraitre avoir agi dans ce sens (les mains propres) […] Pour le harceleur et son entourage complice, le suicide est l’issue la plus souhaitable du harcèlement moral : la victime ne parlera plus, elle s’est auto-supprimée, dédouanant ainsi de toute responsabilité ceux qui l’ont acculée à ce suicide.
Le vrai combat en est un de reconnaissance des victimes
Sans avoir authentifié toutes les preuves que m’a laissées Paul, je peux comprendre qu’il soit difficile, voire impossible, de reconnaitre des faits tels qu’énoncés. Ariane Bilheran prétend toutefois que : « On ne peut travailler à la prévention sans réparer les victimes actuelles » :
Tout d’abord, il s’agit de reconnaitre les victimes ainsi que les horreurs qu’elles ont vécues. À la lésion sociale doit se substituer la reconnaissance sociale. Cette reconnaissance sociale est nécessaire pour la réhabilitation de celui qui a été banni d’un groupe. Ensuite, il s’agit d’un besoin de justice. La justice doit avoir la latitude et le devoir d’intervenir comme autorité morale garante de cette réintégration sociale. Toute agression réclame restauration, et cette restauration est tout aussi essentielle pour les harcelés que pour n’importe quelle autre victime d’agression.
Cette reconnaissance sociale porte, cependant, ses conséquences. Car, admettre les faits du harcèlement individuel, c’est reconnaitre des crimes perpétrés par l’État : des abus des forces policières, un non-respect, souvent odieux, des valeurs juridiques fondamentales ; l’incitation au suicide !
Ces propos se trouvent, à point, à l’ordre du jour, puisque, du 4 au 6, juin prochain, se tiendra à l’UQÀM la 6e Conférence internationale sur le harcèlement psychologique / moral au travail. Des dizaines de chercheurs internationaux, spécialistes de cette question, viendront présenter leurs travaux lors de cette activité biennale qui se tient pour la première fois en Amérique. Des juristes, des psychothérapeutes, des membres des syndicats, des professeurs, des étudiants… y participeront et… Paul aussi !
Pour informations : http://www.bullying2008.uqam.ca
Bibliographie
1 PRIGENT YVES, Face au harcèlement moral, Desclée de Brower (paris), 2007, 80 p.
2 BILHERAN ARIANE, Le harcèlement moral, Armand Colin Collection 128 (Paris), 2006, 127 p.
3 MARIE-FRANCE CORDEAU, auteure du livre : Le harcèlement psychologique au travail, Éditions JCL (Chicoutimi), en 2004, a créé une liste d’envoi pour rallier les victimes au Québec (forum pour victimes seulement).
4 HIRIGOYEN MARIE-FRANCE, Le harcèlement moral, Pocket (Paris), 1998, 252 p.
5 GRENIER-PEZ MARIE, « PETITS MEURTRES ENTRE AMIS » Approche psychosomatique et psychodynamique du harcèlement moral au travail, Site web : http://www.pistes.uqam.ca/v7n3/articles/v7n3a3.htm, Revue Pistes UQAM, volume 7, no 3, novembre 2005.
Vous écrivez :
« Comme son étymologie l’indique, le pervers (celui qui harcèle) retourne catégoriquement les situations. À l’image des forces démoniaques qui visent à pervertir une jeune vierge, le pervers tente de transformer le bien carrément en mal. On dit qu’il manipule en ce sens qu’il utilise les gens comme de véritables objets qu’il déplace avec la main. On parle de l’instrumentalisation des personnes. Ses communications sont obscures, ambiguës, contradictoires dans le but d’assurer son emprise sur sa victime d’où elle est incapable de se dégager pour agir selon ses propres désirs ».
Dans l’exemple que vous soulevez, Paul vous explique que :
« Deux de mes trois résidences m’étaient extorquées par des personnes qui m’ont demandé de l’aide ».
S’agit-il ici de plus d’un pervers narcissique ? Faut-il comprendre que ces personnes qui ont demandé de l’aide se sont concertées pour déposséder Paul dans un but narcissique ?
« On abimait mes biens les plus chers. On a détruit des dizaines de toiles que j’avais peintes. On m’a volé des tas de poèmes originaux. On provoquait des accidents où je me trouvais responsable ! ».
Faut-il comprendre que ce sont les mêmes pervers narcissiques qui, toujours de concert, agissaient malicieusement et sournoisement contre Paul ?
« En 1999, mon ordre professionnel m’a accusé d’être toxicomane suite à la plainte d’une amie. Je n’avais jamais été accusé d’une seule faute professionnelle en onze années de pratique ! ».
Faut-il inclure cette amie dans le groupe des pervers narcissiques ? Cette amie a-t-elle agi par esprit de vengeance ou par intention strictement malicieuse ?
« On m’a accusé dans des poursuites criminelles pour trafic de drogues ».
Encore une fois, Charles, s’agit-il, lorsqu’il est fait mention du « on », du même groupe de pervers narcissiques ou d’une dénonciation anonyme ou d’une dénonciation de la part d’une personne connue ?
« On a essayé de faire de moi un criminel alors que ma profession me rapportait plus de 300 000 $ par an, honnêtement ».
Je me pose toujours les mêmes questions. Ces procédures judiciaires sont-elles réellement le fait d’un pervers narcissique, d’un groupe de pervers narcissiques, de personnes connues malicieuses et mal intentionnées ?
Comment expliquer que, selon Paul, Me Pierre Beaupré, spécialiste en habeas corpus, déclare n’avoir jamais vu un individu dans une situation pareille et qu’en sortant de l’hôpital, Paul vire ses avocats qui, ça devenait évident, avaient comme mandat de le faire condamner dans mes causes ? Ces avocats ont-ils agi sous les ordres d’un pervers narcissique ou d’un groupe mal intentionné ?
Nous savons, vous et moi, qu’un pervers est avant tout un prédateur. Il n’éprouve aucun respect pour les autres qu’il considère comme des objets utiles à ses besoins de pouvoir, d’autorité ou servant ses intérêts. Comment un pervers narcissique – le mot narcissique l’indique bien – pourrait-il travailler ou agir en groupe ?
Lorsque vous écrivez vous-même, Charles :
« Il est reconnu que dans le harcèlement moral la victime est victime parce qu’elle a été désignée par l’agresseur. « Elle est, en tant que victime, innocente du crime pour lequel elle va payer » affirme Marie-France Hirigoyen. Elle est ciblée parce qu’elle est devenue gênante. Lorsque j’en ai parlé à Paul, il m’a répondu : « Tellement, Charles, que je comprends très bien ceux et celles qui se suicident, suite à du harcèlement »,
Comment Paul aurait-il pu être en désaccord ?
Comprenons-nous bien. Que le pervers utilise ou instrumentalise son action, en recourant à d’autres personnes pour réaliser ses objectifs, cela est possible. Mais la question en est : peut-il au sein d’un groupe y avoir plus d’un pervers narcissique qui tous visent une même cible ?
Dans le cas de Paul, par exemple, il semble avoir été victime de plus d’un pervers narcissique : qu’il s’agisse de l’amie dénonciatrice, des sources qui ont mené aux poursuites au criminel, de la comptable, des deux psychiatres, des avocats qui ont été virés, etc.
Pour le bénéfice du lecteur, pourriez-vous expliquer comment toutes ces personnes hostiles à Paul peuvent interagir en ciblant leur victime commune et parvenir à concerter leurs actes de nuisance ?
Pierre R. Chantelois
23:52, le Samedi 5 avril 2008Excellente question monsieur Pierre,
Pour commencer, disons que la
probabilité qu’il y ait deux où plusieurs pervers contre une même cible est assez faible. Il ne faut pas oublier que cette relation entre le pervers et la cible est très intime et spécifique. Ça se passe, au début, entre un jaloux, qui amène les autres dans son registre, et l’atypique jalousé. Il existe, cependant, des personnalités qui sont plus aisées à embarquer contre une cible. On parle par exemple des pervers histrioniques (au comportement théâtral). Ceux-là, semble-t-il, s’amusent vraiment en créant le « mobbing » contre le harcelé. Ces derniers ne seraient cependant pas narcissiques.
Je vais répondre à même votre message.
Vous citez :
« Comme son étymologie l’indique, le pervers (celui qui harcèle) retourne catégoriquement les situations. À l’image des forces démoniaques qui visent à pervertir une jeune vierge, le pervers tente de transformer le bien carrément en mal. On dit qu’il manipule en ce sens qu’il utilise les gens comme de véritables objets qu’il déplace avec la main. On parle de l’instrumentalisation des personnes. Ses communications sont obscures, ambiguës, contradictoires dans le but d’assurer son emprise sur sa victime d’où elle est incapable de se dégager pour agir selon ses propres désirs ».
Dans l’exemple que vous soulevez, Paul vous explique que :
« Deux de mes trois résidences m’étaient extorquées par des personnes qui m’ont demandé de l’aide ».
S’agit-il ici de plus d’un pervers narcissique ? Faut-il comprendre que ces personnes qui ont demandé de l’aide se sont concertées pour déposséder Paul dans un but narcissique ?
Non, il n’y a toujours eu qu’un seul pervers narcissique, selon Paul. Il croit que les complices ont été payées, par des promotions ou en effaçant des dettes. Par exemple, la comptable de Paul, à l’automne 2003, a été nommée par le conseil de ville : aide-trésorière de la municipalité où Paul avait son entreprise. Paul croit que pour certains autres, qui jouaient plus dur (qui perpétraient des actes criminels), c’était afin d’éviter de payer (amendes ou prison) pour des crimes où ils ont été pris. Paul m’a lancé : « On leur faisait faire des crimes bien plus graves que ceux pour lesquels ils avaient été trouvés initialement coupables ! »
Aussi, il est difficile d’imaginer que plusieurs pervers narcissiques choisissent de détruire une seule et même cible. Dans la même logique, il serait absurde de penser que plusieurs pédophiles ou violeurs puissent s’en prendre à la même victime ! Bien que le HM représente un viol très particulier qui nécessite l’aide des « proches » de la victime.
« On abimait mes biens les plus chers. On a détruit des dizaines de toiles que j’avais peintes. On m’a volé des tas de poèmes originaux. On provoquait des accidents où je me trouvais responsable ! »
Faut-il comprendre que ce sont les mêmes pervers narcissiques qui, toujours de concert, agissaient malicieusement et sournoisement contre Paul ?
Le même pervers, précisons. Oui. Dans le cas de Paul, ses talents littéraires et autres, ses instruments de musique, ses ordinateurs, photographie (équipement et pellicules) tout ce qu’il créait en fait, lui a été détruit. C’était l’un des points importants qu’Hirigoyen a écrit et qui l’avait frappé. Pour être clair, Pierre, dans les procédures judiciaires en Europe, les gens dont vous parlez sont appelés : « les membres actifs de l’entreprise de destruction de la cible ». Cette dénomination parle d’elle-même !
« En 1999, mon ordre professionnel m’a accusé d’être toxicomane suite à la plainte d’une amie. Je n’avais jamais été accusé d’une seule faute professionnelle en onze années de pratique ! »
Faut-il inclure cette amie dans le groupe des pervers narcissiques ? Cette amie a-t-elle agi par esprit de vengeance ou par intention strictement malicieuse ?
Cette amie était intime avec Paul (plusieurs femmes ont été ses conjointes avant de lui porter préjudice, ce qui s,explique par la composante sexuelle qui est toujours présente dans le HM). Comment et quand elle a été payée, Paul ne le sait pas. Cette femme a aussi, déclare-t-il, tenté de brûler sa superbe résidence de campagne avec de l’huile d’abrasin (tung oil) et du plastique. Paul a sauvé sa maison, en s’y rendant un samedi après midi, par hasard. L’ébéniste qui a laissé le plastique avec la guenille d’huile en plein mois de juillet sur le plancher de bois (ce que l’on sait, s’enflamme tout seul) est le mari de cette amie. Ils ont agit, selon lui, toujours sous les ordres du pervers.
« On m’a accusé dans des poursuites criminelles pour trafic de drogues ».
Encore une fois, Charles, s’agit-il, lorsqu’il est fait mention du « on », du même groupe de pervers narcissiques ou d’une dénonciation anonyme ou d’une dénonciation de la part d’une personne connue ?
Ouf, ça, c’est toute une histoire. C’est une magouille qu’il faudra étudier de a à z. C’est, à mon avis, typique du machiavélisme caractéristique des pervers. Le pervers, on parle toujours d’une seule tête dirigeante, a monté tout un piège contre Paul. Il s’est arrangé pour lui faire annoncer sa mise en accusation au téléphone par la police pendant qu’il donnait une conférence sur sa profession à des centaines d’adolescents (dans quatre groupes) dans une école secondaire, près de chez lui, le 6 décembre 2002. Une affaire qui dépasse la fiction, certes, mais qui, selon toute vraisemblance, possède plusieurs éléments de preuves qui démontrent l’ampleur du HM (la perversité) et le « mobbing » orchestré contre Paul.
« On a essayé de faire de moi un criminel alors que ma profession me rapportait plus de 300 000 $ par an, honnêtement ».
Je me pose toujours les mêmes questions. Ces procédures judiciaires sont-elles réellement le fait d’un pervers narcissique, d’un groupe de pervers narcissiques, de personnes connues malicieuses et mal intentionnées ?
Ce sont probablement des réseaux déjà en place, corruptibles, qui passent par-dessus tout.
Si on vous dit : « Vous voulez le poste de chef de direction ? Faites ceci, faites cela, arrangez-vous pour que l’autre fasse ça, que la fille soit là, qu’il prenne telle chose… cache telle autre ». Le pervers se sert de son pouvoir pour amener ses pions aussi dans une faille. Il est dit que le pervers fabrique en même temps « un piège » pour les complices qui, à un moment donné, ne peuvent plus reculer. Le cadeau est offert (certains n’ont peut-être même pas le choix de le prendre) et ils deviennent des outils manipulables. La question demeure : peuvent-ils faire autrement ? Sont-ils embarqués volontairement ou de force. Que serait-il arrivé, s’ils n’avaient pas été là à facilité le harcèlement ?
Comment expliquer que, selon Paul, Me Pierre Beaupré, spécialiste en habeas corpus, déclare n’avoir jamais vu un individu dans une situation pareille et qu’en sortant de l’hôpital, Paul vire ses avocats qui, ça devenait évident, avaient comme mandat de le faire condamner dans mes causes ? Ces avocats ont-ils agi sous les ordres d’un pervers narcissique ou d’un groupe mal intentionné ?
En utilisant l’expression : « dans une situation pareille », je voulais dire : « un citoyen très lucide et en pleine possession de tous ses moyens, qui se fait interner, comme ça, sans passer par la procédure civile qui s’applique normalement ». Il n’avait jamais vu ça, un enlèvement aussi évident. Paul m’a dit que Me Beaupré ne lui a jamais demandé de payer ses frais, malgré son déplacement pour aller le rencontrer à l’hôpital. Il n’a pas donné suite au dossier et ne voulait pas, selon Paul, se « mêler » à cette affaire. Il faudrait interviewer cet avocat. Paul vouait une copie de son dossier médical et a demandé à Me Beaupré de s’en occuper, car l’hôpital ne voulait pas lui donner, semble-t-il en septembre 2003. Me Beaupré ne lui a jamais retourné ses appels, parait-il. Paul a eu le dossier deux mois plus tard par l’hôpital et il l’a fait parvenir (l’original) au commissaire à la déontologie policière pour appuyer sa plainte.
Pour les autres avocats, Paul dit avoir présenté tous les faits, avec un témoin, au barreau de Montréal à l’automne 2004. Ce ne sont pas des pervers narcissiques, mais des « pros » calculateurs qui n’avaient alors aucune peur de lui. Paul prétend de ce fait que, selon lui, tous étaient certains qu’il allait se suicider assez vite ; « c’était écrit dans le ciel ».
Nous savons, vous et moi, qu’un pervers est avant tout un prédateur. Il n’éprouve aucun respect pour les autres qu’il considère comme des objets utiles à ses besoins de pouvoir, d’autorité ou servant ses intérêts. Comment un pervers narcissique – le mot narcissique l’indique bien – pourrait-il travailler ou agir en groupe ? Lorsque vous écrivez vous-même, Charles :
« Il est reconnu que dans le harcèlement moral la victime est victime parce qu’elle a été désignée par l’agresseur. « Elle est, en tant que victime, innocente du crime pour lequel elle va payer » affirme Marie-France Hirigoyen. Elle est ciblée parce qu’elle est devenue gênante. Lorsque j’en ai parlé à Paul, il m’a répondu : « Tellement, Charles, que je comprends très bien ceux et celles qui se suicident, suite à du harcèlement ».
Ce n’est pas moi qui écris cela, monsieur Pierre, c’est la psychiatre Marie-France Hirigoyen !
Pour répondre précisément à votre question je vous réfèrerez un ouvrage de Jean-Paul Guedj : La perversité à l’œuvre (2007), ou il répond à la question :
Peut-il y avoir harcèlement de toute une équipe envers une personne ?
« Il peut y a voir, bien entendu, du harcèlement collectif, d’ailleurs particulièrement odieux par sa configuration, envers une personne, bouc émissaire ou tête de Turc. La violence psychologique est d’autant plus forte que tous sont coalisés contre un seul qui, de ce fait, en arrive parfois à se demander s’il n’est pas coupable de ce qui lui arrive. Dans cette forme de lynchage, les dégâts psychologiques touchant le harcelé sont sérieux (il est déjà difficile de résister à un chef dont la fonction peut être perçue comme symboliquement inattaquable, mais il est encore plus difficile de résister à un groupe uni, dont le comportement peut être cautionné par le chef) et il faut souvent, dans la durée, l’aide d’un thérapeute pour que la personne puisse finalement reprendre pied, évacuer tout le sentiment irrationnel de culpabilité, et retrouver confiance en elle ».
Ce propos illustre bien la situation et répond, je l’espère, à votre question.
Comprenons-nous bien. Que le pervers utilise ou instrumentalise son action, en recourant à d’autres personnes pour réaliser ses objectifs, cela est possible. Mais la question en est : peut-il au sein d’un groupe y avoir plus d’un pervers narcissique qui tous visent une même cible ?
Ce n’est pas nécessaire, un seul pervers peut très bien faire tout ça. Il ne faut pas oublier non plus que la cible représente un exemple du pouvoir détenu par le pervers. Comme je citais : « Dans le harcèlement individuel, le harcèlement est intentionnel, vise à humilier, détruire l’autre et à valoriser son pouvoir social ou personnel ». En ce sens, cela ne sert logiquement qu’à une personne.
Dans le cas de Paul, par exemple, il semble avoir été victime de plus d’un pervers narcissique : qu’il s’agisse de l’amie dénonciatrice, des sources qui ont mené aux poursuites au criminel, de la comptable, des deux psychiatres, des avocats qui ont été virés, etc. Pour le bénéfice du lecteur, pourriez-vous expliquer comment toutes ces personnes hostiles à Paul peuvent interagir en ciblant leur victime commune et parvenir à concerter leurs actes de nuisance ?
Il ne faut pas, je crois, confondre le pervers narcissique (qui veut détruire la cible pour réhabilité son narcissisme) et ceux-là qui fabriquent chacun leur petit bout de la corde qui va servir à le « pendre ».
Charles Marsan
12:27, le Dimanche 6 avril 2008Jmaimerais rajouter que la cible est celui ou celle qui ne plie pas. Il n’est qu’un exemple de personne qui vit librement. Cela ne dérange pas que le pervers, évidemment, cela dérange la communauté au grand complet. Être marginal, cultivé, crédible, vivre de son propre pouvoir, aucune main dans laquelle devoir manger. Refuser l’assujettissement, garder son droit de parole, parler haut, parler fort, oser vouloir contredire les autorités, douter des dogmes, oser changer les habitudes, dénoncer la manipulation, et en plus de montrer sa souveraineté individuelle, faire plus de cash que les pushers de coke avec sa propre tête, honnêtement. C’est ça, je crois, qui dérange le plus et qui fait qu’on embarque aisément dans ces chasses. « On va t’montrer mon p’tit criss ! » Ils viennent le feu au cul ; c’est une vraie maladie ! Ça fait chier les pervers, je peux le comprendre, mais ça dérange aussi tout le groupe ».
Comme vous laissez entendre, aussi, il faut avouer que le côté pervers des complices histrioniques et d’autres plus « normaux », puisse être attisé par le genre de personnalité d’une cible typique de harcèlement moral. Néanmoins, je persiste à affirmer que sans un « putain de pervers » à la source de l’entreprise de destruction, du groupe criminel organisé, il n’y aurait pas de « mobbing » ni de mal exercé contre un bon Jack tel que Paul et les autres cibles typiquement désignées.
Je vais inviter les auteurs des livres cités à venir commenter nos propos.
14:06, le Dimanche 6 avril 2008Je vous invite, en attendant, à feuilleter le programme préliminaire de la conférence de l’UQÀM, pour vous convaincre de la chance ultime que nous aurons, en juin prochain, de rencontrer ces centaines de chercheurs de toutes les provenances investis à comprendre le harcèlement moral.
http://www.bullying2008.uqam.ca/documents/programme_preliminaire.pdf
Pour ceux et celles qui aimeraient héberger à Montréal durant cette activité — qui aura lieu en même temps que le grand prix du Canada — écrivez-moi à tvie@msn.com
Au plaisir,
Charles Marsan
13:18, le Jeudi 8 mai 2008Bonjour,
Je suis victime de harcèlement moral depuis 1999. Comme Paul, je suis une sacrée bonne personne. Je suis une femme instruite, honnête, dévouée.
Lorsque vous dites que « la cible est une personne qui ne plie pas» et bien ça me ressemble. Je n’ai absolument aucune retenue pour accomplir mon travail adéquatement et cela gêne!
L’exemple de ce que Paul a vécu est pour moi le plus aidant. Je suis tellement heureuse d’avoir trouvé ce site. Ça ne règle pas mes problèmes, mais je vais être moins naïve et mieux préparée pour ma prochaine expertise. Je suis innocente !
13:06, le Mercredi 25 novembre 2009Bonjour madame April,
Ça me fait tellement plaisir de savoir que mes articles sur le harcèlement puissent vous aider. À vous lire, je ne doute point de votre innocence. J’étudie actuellement en recherche sur la problématique du harcèlement moral dans les institutions; en ce sens, ça me ferait très plaisir de vous rendre service d’une quelconque façon. Vous pouvez me rejoindre à l’adresse : charles.marsan@umontreal.ca
Très cordialement,
Charles
10:11, le Mercredi 2 décembre 2009Neurones en surchauffe.
C’est la seule idée qui m’est venue à l’esprit au moment de vous écrire, car je cherche une aide au niveau à la fois psychologie et juridique et ma recherche est d’autant plus frénétique que je vais me faire évincer dans quelques semaines … et je vais, encore, une fois de plus, tout perdre dans ma vie (j’ai 48 ans). C’est dire si mes neurones sont en surchauffe, sans parler des émotions !
Excusez-moi. D’abord, bonjour et félicitations pour votre blog et votre site. Vous dites des choses très justes.
Et je peux vous dire, en tant que véritable harcelée morale trop maganée pour recevoir une quelconque crédibilité (harcèlement au travail de 2002 à 2006 et dans mon logement de 2004 à aujourd’hui) que la loi contre le harcèlement moral ne fait que renforcer et généraliser cette pratique dans toutes les sphères de la société, même les organismes communautaires spécialisés où on s’assied sur ses subventions, psychologues, médecins, CLSC, avocats, etc. qui ignorent totalement le problème et me traitent soit comme une déficiente intellectuelle (troubles d’élocution lorsque les émotions sont trop fortes et confusion), soit comme une employée, locataire ou consommatrice délinquante, soit comme une adolescente capricieuse, soit comme une névrosée en mal de vivre qui se cherche une distraction, soit comme une malade mentale, soit comme une éternelle insatisfaite des services (non) reçus.
Mais jamais comme une victime de harcèlement psychologique. Ca, ça n’existe pas, ni dans leurs procédures, ni dans le portrait de clientèle type, ni dans aucun de leurs registres.
Incapable de rédiger une plainte moi-même (émotions, confusion, culpabilisation, …), je n’ai trouvé personne, ni habilité à m’accompagner dans cette démarche, ni même à m’écouter.
J’ai encore tout ça qui pourrit en moi depuis des années …
18:37, le Lundi 7 juin 2010Bonjour madamae BOULEZAIL
Pourquoi ne m’écrivez-vous pas directement?
Par expérience, la majorité des gens qui sont supposés aider les victimes (et à qui j’ai jadis demandé de l’aide) m’ont harcelé eux-mêmes directement. Je n’ai JAMAIS reçu un soupçon d’aide au Québec! En plus de ces « ressources », de nombreuses présumées victimes (des harceleuses dérangées par mes écrits) m’ont harcelé.
Espérant que vous ne comptez pas dans cette dernière catégorie, je vous souhaite un puissant réveil résilient.
Charles Marsan, vétérinaire
charles.marsan@umontreal.ca
11:38, le Mercredi 9 juin 2010Vous devez être connecté pour publier un commentaire.
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