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Centpapiers

  • Le grand dépeçage de la Grèce

    14 juin 2011 | 2 commentaire(s) | vu 1 188 fois

    Pierre-Louis Basse a lu à l’antenne les 1ères lignes du Chapitre 3 de mon dernier livre « l’Arnaque du Siècle » : « Ils n’ont qu’à vendre leurs îles ! » lancent les Allemands. « Faut-il obéir au IVème Reich ? » répondent les Grecs… Voilà comment les peuples se parlent, aujourd’hui en Europe, par presse interposée. Comment en est-on arrivé là ? Et ce beau rêve de grandeur et de paix, d’une Europe « unie dans la diversité » ? Oublié. Piétiné. Car l’Europe n’a pas pris le bon chemin. Elle a préféré l’uniformité à l’unité. La concurrence à la coopération. La monnaie unique à la monnaie commune. Un système qui ne pouvait, tôt ou tard, que s’effondrer. Et l’euro, censé bénir l’union, n’a fait qu’exacerber les différences, creuser les distances, intensifier les exaspérations ».

    Il aura donc fallu attendre un an pour que l’évidence commence à s’imposer dans les esprits même si elle est toujours tue dans la plupart des médias.

    La Grèce, bien évidemment, ne peut pas survivre économiquement et donc socialement et politiquement avec une monnaie surévaluée qui la broie.

    L’aveuglement, l’entêtement, l’inconscience des dirigeants européens sont impressionnants. Un an après leur fameux plan d’aide à la Grèce qui n’était en vérité qu’un plan d’aide aux banques, c’est le grand fiasco.

    Dans leur fuite en avant, ils vont même jusqu’à vouloir se payer sur la bête en imposant un programme de privatisations scandaleux qui s’apparente à une saisie au moindre coût.

    Et dire que ces tartuffes prônent dans tous les discours l’entente entre les peuples et le respect des autres !

    Le peuple grec ne peut que réagir face à cette nouvelle occupation qui lui rappelle de sombres souvenirs. Mais le pire, c’est que cette saisie ne réglera rien car, comme le disait justement un éditorialiste ce matin, l’Union européenne ne fait que regonfler un pneu crevé sans vouloir d’abord boucher le trou.

    Mais le scandale n’est pas qu’en Grèce. Les Français doivent savoir que cet entêtement de leurs dirigeants à vouloir sauver les banques et un euro qui ne fonctionne pas, risque aussi de leur coûter très cher.

    Ainsi dans la quasi indifférence générale, la France aurait déjà versé près de 9 milliards d’euros, soit l’équivalent des économies annoncées pour la réforme des retraites !

    Nos concitoyens qui vont devoir travailler plus ou rester au chômage jusqu’à 62 ans sans toucher leur retraite, les femmes qui découvriront avec effroi la faiblesse de leur pension, seront heureux sans aucun doute de savoir que l’argent économisé sur leur dos a servi, non pas d’ailleurs à renflouer la Grèce, mais à limiter les risques pour les banques.

    Car, n’en doutons pas, tout le monde sait aujourd’hui – sauf peut-être quelques éditorialistes parisiens – que la Grèce va faire défaut sur sa dette et obligatoirement, si elle veut s’en sortir, quittera l’euro.

    Alors tout le monde réalisera comment l’entêtement au service d’un dogme et de gros intérêts peut faire perdre du temps et coûtera cher au peuple.

    L’enjeu de 2012 et l’essence de mon combat politique est – vous l’avez compris – d’éviter que cette situation ne se produise dans notre pays.

    Nicolas Dupont-Aignan

    vu 1 188 fois   Voter
  • 2 commentaires

    C’est le langage de la vérité et de la raison. Je suis heureux de l’entendre. Puissiez-vous disposer des moyens qui vous permettront de le diffuser encore et encore, jusqu’à ce qu’il ait été compris.

    Pierre JC Allard

    • avatar
    • Fergus

    Bonjour, Nicolas.

    Intéressant article sur un problème où je me sens plus proche de Pierre Allard qu de Vilistia.

    Cela dit, ne nous leurrons pas : la sortie de la Grèce de l’Euro entraînerait ipso facto des attaques contre les autres pays fragilisés que sont l’Irlande et le Portugal, voire l’Espagne. Avec à la clé un effondrement possible du système.

    En réalité, on a là la démonstration de l’imbécillité des gouvernants qui ont mis la charrue avant les boeufs en élargissant à divers moments l’Union à des pays qui n’étaient pas, structurellement, prêts à y entrer ou à s’adapter au mode de gouvernance communautaire. D’où la nécessité de revoir désormais les candidatures avec un regard beaucoup plus rigoureux.

    Quelle solution ? Très honnêtement, je n’en sais rien, n’étant qu’un quidam sans formation économique. Mais une chose est sûre : la saolution n’est pas dans l’abandon de l’Euro comme vous le souhaitez, mais dans la marche vers plus de fédéralisme. Avec, en parallèle, l’abandon du dogme qui interdit à la Banque centrale européenne de prêter aux Etats pour permettre aux banques privées de toujours espérer plus de profits sur le dos des peuples.

    Il est urgent de réguler la finance internationale de manière drastique, fut-ce en bottant les fessses de l’Oncle Sam !

    Cordiales salutations.

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