Accueil / T Y P E S / Articles / Le financement priv? de la sant? est un poison

Le financement priv? de la sant? est un poison

Claude Castonguay va recevoir un cadeau de la part Qu?bec solidaire : un ouvrage publi? par Arnold Relman, professeur ?m?rite ? la Harvard Medical School et ex-?diteur en chef du New England Journal of Medicine. Il se trouve que Relman a livr? un message on ne peut plus clair, en mai dernier, lors de la conf?rence S.O.S. Medicare 2 : Looking Forward organis?e par la Canadian Health Coalition : laisser les entreprises ? but lucratif s’emparer de notre syst?me de sant? ?quivaut ? lui injecter du poison.

D?j? en 2002, le Dr Relman qui pr?parait alors l’ouvrage que va recevoir Castonguay ?tait venu expliquer aux s?nateurs canadiens ? quel point les services de sant? priv?s ? but lucratif ?taient nuisibles. Apr?s plus de vingt ans d’observation, Relman en ?tait venu ? une conclusion implacable :

…la plupart, sinon la totalit?, des probl?mes que conna?t actuellement le syst?me de soins de sant? des ?tats-Unis, et ils sont nombreux, r?sultent de l’empi?tement croissant des entreprises priv?es ? but lucratif et des march?s concurrentiels sur un secteur de notre vie nationale qui est ? juste titre du domaine public.

D?lib?rations du comit? s?natorial permanent des Affaires sociales, des sciences et de la technologie, le jeudi 21 f?vrier 2002.

Pour Relman, le syst?me am?ricain poss?de le double championnat d’?tre ? la fois le plus commercialis? et le plus on?reux, inefficace, in?quitable et impopulaire au monde. Seuls les propri?taires et les investisseurs des industries ? but lucratif qui vivent des produits du syst?me sont satisfaits.

Les Am?ricains auront tout essay? : h?pitaux, centres de soins et de services ambulatoires, maisons de soins ? but lucratif, et plus r?cemment, r?gimes priv?s d’assurance. Dans tous ces domaines, les entreprises du secteur priv? ont ?chou? ? offrir mieux ? la soci?t? am?ricaine.

Les entreprises du secteur priv? offrant des services de sant? n’ont pas r?ussi ? offrir ? la soci?t? les avantages qu’elles faisaient miroiter, avertissait Relman. L? o? le priv? ? but lucratif aura r?ussi en revanche, c’est dans l’accroissement du co?t total des soins de sant? et dans les dommages caus?s aux institutions sans but lucratif.

En fait, le syst?me de soins de sant? ? but lucratif vampirise l’infrastructure publique sur laquelle doit pouvoir compter un bon syst?me moderne de soins de sant? et qui comprend l’?ducation, la technologie et les services publics.

Les assureurs priv?s sont entr?s dans le syst?me de sant? am?ricain au d?but des ann?es 1990, en r?ponse ? l’explosion des prix dans le syst?me des soins de sant? am?ricain. Les employeurs voulaient se d?barrasser des r?gimes maisons qu’ils offraient alors leurs employ?s. Le r?sultat ne s’est pas fait attendre : les co?ts ont ?t? gonfl?s de frais administratifs se situant entre 15 et 30 p. 100 du co?t total des assurances.

On comprend la r?action du pr?sident sortant de la F?d?ration des travailleurs du Qu?bec, Henri Mass?. S’il fallait qu’on ouvre la porte aux r?gimes d’assurance priv?e dans le domaine de l’assurance maladie, la pression va ?tre forte pour que les travailleurs soient tenus d’adh?rer ? ces r?gimes.

De plus en plus de services m?dicaux et hospitaliers sont offerts par des entreprises priv?es au Qu?bec, mais la demande n’est pas suffisante pour alimenter le march? de l’assurance priv?e. Le groupe de travail pr?sid? par Claude Castonguay examine la situation et pourrait sugg?rer que les r?gles soient assouplies afin de cr?er un march? pour l’assurance priv?e.

Ceux qui imaginent Relman en socialiste perverti feraient bien de lire l’extrait suivant de son t?moignage devant le S?nat canadien :

Je crois dans le syst?me capitaliste. Je suis persuad? que les march?s libres sont un m?canisme merveilleux qui permet de distribuer la plupart des biens et services commerciaux suivant les d?sirs du consommateur et sa capacit? de payer. C’est un bon syst?me dans l’ensemble, mais les march?s ne sont tout simplement pas con?us pour assurer efficacement la prestation des soins m?dicaux, puisque ces soins sont une fonction sociale qui doit ?tre assum?e par le secteur public.

Monsieur Castonguay ferait bien de m?diter longuement sur ces paroles.

S.O.S. Medicare 2 : Looking Forward – International Perspective.

Commentaires

commentaires

A propos de

avatar

Check Also

Les 55 jours du pékin

Ce pékin n’a pas été assiégé par une horde de boxers hurlants mais confiné en ...

8 Commentaire

  1. avatar
    Renart L’éveillé

    C’est vraiment dommage que ces informations ne soient pas reprises dans les médias traditionnels…

  2. avatar

    Il faut juste savoir qui les contrôle pour comprendre.

  3. avatar

    Merci, Michel, de cet article en forme de signal d’alarme.

    Nous avons aussi de grandes craintes en France pour notre système de santé, que les gouvernants actuels commencent à démolir pièce par pièce afin de le privatiser à terme. Les électeurs devraient voir un peu mieux que les hommes politiques proches des puissances d’argent appliquent des politiques qui ne sont favorables qu’à celles-ci.

  4. avatar

    Dire qu’on nous présente votre système de santé comme un exemple à suivre…

  5. avatar

    Merci M. Monette de nous présenter des arguments supplémentaires pour dénoncer la démarche vers la privatisation des soins de santé en cours.

    De notre côté, notre magazine Reflet de Société a fait une série de reportage sur la question des moyens alternatifs en matière de santé. Nous sommes étonné que les différents ministre de la Santé ne veulent pas prendre envisager ces moyens qui ont fait leur preuve depuis près d’un quart de siècle.

    Les coopératives de santé ont démontré qu’elles peuvent baisser les coûts d’intervention et faire une prévention efficace. Il existe des rapports de recherche qui ont été réalisé dans l’ouest du Canada démontrant les avantages des coopératives de santé.

    Jonquière Médic est un autre projet intéressant existant depuis plus de 25 ans. Jonquière Médic offre, au Saguenay, des médecins à domicile. Au lieu d’engorger les urgences, les gens peuvent demeurer à la maison en attendant la visite du médecin. Ce système s’autofinance et est un bel exemple de prise en charge par le milieu.

    Nous avons demandé depuis près de 2 ans à M. Philippe Couillard une entrevue pour expliquer la position du ministère de la Santé sur la santé alternative au Québec. Nous n’avons pas réussi à avoir une date d’entrevue qui est toujours repoussé de semestre en semestre.

    http://raymondviger.wordpress.com/2009/10/31/cooperative-de-sante-le-citoyen-prend-en-main-son-bien-etre-dossier-cooperative-de-sante-aylmer-lucerne/

    http://raymondviger.wordpress.com/2009/10/29/cooperative-de-sante-sante-alternative/

    http://raymondviger.wordpress.com/2009/10/27/jonquiere-medic-cooperative-de-sante/

    http://raymondviger.wordpress.com/2009/10/30/un-medecin-recalcitrant-cooperative-de-sante/

  6. avatar

    Les coops de santé font en effet partie des solutions intelligentes. J’en avais d’ailleurs parlé en août dernier sur Mille misères !, en ajoutant une vidéo réalisée par Les alter-citoyens
     :
    Une coop de santé comme alternative citoyenne
    .

    Bravo pour votre travail d’information. Nous n’aurons jamais assez de média alternatifs tel celui que vous dirigez.

  7. avatar

    Michel

    Tres bon article. La sante ne semble plus etre la priorite du gouvernement ni celle des medecins, d’ailleurs.

    J’ai visite le site de Raymond Viger. C’est bien fait. Faudra que j’y retourne pour lire les articles.

    Gabriel Aube