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Le Directeur g?n?ral des ?lections du Qu?bec encore une fois d?pass? par les ?v?nements

Soyons bon joueur, le DGEQ doit appliquer une Loi ?crite il y a plus de trente ans. Cette Loi lui fait l’obligation d’exercer un contr?le sur les d?penses ?lectorales et de r?pondre aux plaintes d’?lecteurs qui portent ? son attention de possibles infractions. Les choses ?taient si simples il y a trente ans. En fait, elles ?taient simples il y a ? peine quatre ans ; une ?ternit? sur le Net.

Parlant de simplicit?, le DGEQ a choisi ce qu’il croyait sans doute ?tre une sorte de compromis honorable en qualifiant les blogues de r?unions virtuelles. Le probl?me, c’est que le blogueur est seul quand il ?crit et publie ses billets. Difficile de qualifier de r?union le geste de bloguer. ? ce compte, YouTube permet de commenter les vid?os, donc YouTube est un lieu o? se tiennent des r?unions virtuelles.

Voulant m?nager la ch?vre et le chou, le DGEQ a peut-?tre commis une bourde. Le sociologue Jean-Louis Missika, participant ? un chat du journal Le Monde.fr, avouait en novembre 2006 que la jeune g?n?ration a un penchant prononc? pour l’image et le son. On lui demandait si l’?crit ne vivait pas ses derni?res heures en mati?re de communication directe sur Internet, le tout vid?o prenant le relais.

En fait, monsieur Blanchet a choisi une approche essentiellement analogique du probl?me qui lui ?tait soumis. Le num?rique ne semble pas vraiment cadrer dans son r?f?rentiel de lieux et de moyens d’expression de la d?mocratie. Prendre un blogue pour une r?union virtuelle montre bien les limites de sa connaissance du monde nouveau en train de se construire.

C’est justement l? o? le b?t blesse. Assimiler les vid?os amateurs produits pour diffuser une pens?e politique sur le Web ? de la publicit? ?lectorale, mais non les ?crits sur ce m?dium de diffusion ouvert ? tous qu’est le blogue, c’est ajouter une contrainte inutile ? la g?n?ration montante. Ne nous y trompons pas, les vid?os sont une forme d’expression beaucoup plus utilis? par les plus jeunes que par les plus vieux.

Sugg?rer ? celui qui veut exprimer sa pens?e par le vid?o de demander l’autorisation au pr?sident d’?lection du comt? o? il vote n’?tait vraiment pas la trouvaille du si?cle. La libert? d’expression ne se qu?mande pas.

Missika ne croit pas que l’?crit va dispara?tre du Net, au contraire. Toutefois, nous sommes ? l’aube d’une profonde mutation de l’expression citoyenne. ? ce chapitre, le Qu?bec est en retard. Aux ?tats-Unis, en Grande-Bretagne, en France, pour ne nommer que ces trois pays, des initiatives poussent beaucoup plus loin que les blogues la capacit? (empowerment) de chacun de mieux comprendre et intervenir lors des d?bats sur des enjeux qui le concerne.

Ici au Qu?bec, le gardien de la tradition veille au grain pour assurer que la plus importante p?riode d’exercice de la d?mocratie qu’est la campagne ?lectorale soit contr?l? par des partis politiques qui ne demandent pas mieux, du moins pour trois d’entre eux, que de porter la bonne parole au peuple tout ?bahi.

Souhaitons que ce soit la derni?re campagne ?lectorale du genre.

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    « Assimiler les vidéos amateurs produits pour diffuser une pensée politique sur le Web à de la publicité électorale, mais non les écrits… »

    J’ai beaucoup de réserves sur les opinions que vous exprimez à propos des décisions du DGE. Dans le communiqué publié vendredi pour annoncer sa décision, il mentionne que « chaque cas est particulier et doit être évalué à la pièce, étant entendu qu’il n’y a pas de dépense électorale si la création du message n’entraîne aucun coût ou un coût minimal ». J’ai compris de sa décision que tous les messages textes sur les blogues avaient bien des chances d’entraîner le rejet d’une plainte et je crois que ce serait la même chose du côté vidéo, sauf si la production du dit vidéo entraînait un coût substantiel.

    Le DGE me semble avoir privilégié la liberté d’expression tout en respectant l’esprit de la loi électorale. Je vous trouve bien sévère avec M. Blanchet et son équipe. Les partis politiques et la loi électorale doivent s’ajuster à la réalité des nouvelles technologies, certes. Mais en sous entendant que « l’arbitre » (« le gardien de la tradition », le DGE si je vous suis) protège trois partis au détriment de d’autres, vous allez un peu vite… un peu trop loin. La décision est publiée ici : http://www.electionsquebec.qc.ca/fr/nouvelleDetail.asp ?id=2200&typeN=2

  2. avatar

    Si je suis sévère, c’est que le DGE a pris l’habitude de réagir après coup. Dans le cas du vote électronique, il aurait pu voir venir les problèmes, depuis une certaine élection américaine en 2000. Dans le cas de l’usage du Web et de tout ce qui a trait à Internet, on a encore une fois l’impression d’un retard à en appréhender les impacts. Peut-être son équipe est-elle trop petite pour faire de la prospection ? Peut-être n’a-t-il par un mandat assez clair en ce sens ? Peut-être, aussi, l’Assemblée nationale ne s’est-elle pas assez penchée sur le phénomène. Tiens, je vais aller fouiller de ce côté.

    Je ne dis pas que le DGE privilégie trois partis au détriment des autres, je dis que le respect de la tradition favorise une façon de faire de la politique qui devra forcément évoluer. Je pouvais difficilement m’empêcher de relever cet aspect des choses.