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Le diable en partage

Le passage de Fabrice Melquiot ? Montr?al, la semaine derni?re, ? l’occasion de la cr?ation qu?b?coise de sa pi?ce Le diable en partage, semble avoir ?t? re?u par le milieu th??tral d’ici comme une d?monstration de son propre dynamisme. Il faut dire qu’? 35 ans, le com?dien fran?ais, reconverti en auteur prolifique, apportait dans ses valises sa r?putation de gars ? qui tout r?ussit.

Autant le dire tout de suite, la premi?re de ce Diable ?tait loin d’?tre convaincante.

C’est une histoire d’amour impossible sur fond de guerre en Bosnie. Rom?o et Juliette dans les Balkans. Il est serbe, elle est musulmane, la guerre les s?pare une premi?re fois puis une deuxi?me fois quand le jeune homme d?serte, et les certitudes explosent comme des bombes au milieu d’une famille meurtrie. On souffre, on tue, on perd la vue ou la raison, on meurt. Qu’y a-t-il de neuf dans cette œuvre-l? ? Honn?tement, pas grand-chose : une r?flexion sur la condition humaine en temps de conflit, mais pas de r?v?lation. Trop longue (deux bonnes heures), cette pi?ce use, ? force de les r?p?ter, les proc?d?s sc?niques, et nous conduit lentement vers ce qui n’est pas vraiment une fin. ? Montr?al, le th??tre moderne d?montre son g?nie ? longueur de saison : qu’avait-on ? prouver en montant ?a ? O? donc voulait-on en venir ?

Il y a aussi le compromis francophone selon lequel nos Serbes parlent un fran?ais litt?raire ?maill? d’argot franchouillard et d’anglicismes. Mais quand Lorko-le-d?serteur fuit ? l’?tranger, il r?pond en anglais ? des Italiens qui lui parlent en fran?ais…

Dix jeunes com?diens et com?diennes du Conservatoire d’art dramatique de Montr?al ont fait de cette pi?ce un pr?texte ? former le collectif DuBunker. Principe fondateur de ce collectif : les dix membres sont inclus dans chacune des cr?ations. Le diable en partage souffre clairement de cette surpopulation. La pi?ce aurait gagn? en concision avec trois ou quatre com?diens de moins.

Le jour de la premi?re, la nervosit? handicapait parfois la distribution – par ailleurs in?gale –, et les quelques sc?nes fortes ?taient principalement dues ? deux com?diens : Francesca B?rcenas, la fianc?e « ennemie », et Fran?ois Bernier, en adolescent qui « joue » sa guerre. Une autre bonne note pour le d?cor, dont l’?trange beaut? surprend d’autant plus que le metteur en sc?ne Reynald Robinson d?crivait, dans une entrevue au Devoir, « une sc?ne nue, sans accessoires ni d?cors »… Et ne boudons pas les sc?nes chant?es, douces surprises auxquelles collaborent de myst?rieuses « anges ». Hormis cette chanson archiconnue qu’on nous fourre dans la t?te ? la fin du spectacle, pas de r?elles fautes de go?t.

Sur son blog, Melquiot ?crit : « Je crois ? un th??tre qui m’emp?cherait de sombrer dans la saloperie des pens?es molles, les l?chet?s ordinaires, les silences qu’on n’a pas choisis… ». Certes, mais un th??tre qui emp?cherait de sombrer dans l’ennui aurait aussi ses avantages…

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