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Le d?shonneur des po?tes (P?ret)

poesie et revolution

Benjamin P?ret
Mexico, f?vrier 1945

Si l?on recherche la signification originelle de la po?sie, aujourd?hui dissimul?e sous les mille oripeaux de la soci?t?, on constate qu?elle est le v?ritable souffle de l?homme, la source de toute connaissance et cette connaissance elle-m?me sous son aspect le plus immacul?. En elle se condense toute la vie spirituelle de l?humanit? depuis qu?elle a commenc? de prendre conscience de sa nature ; en elle palpitent maintenant ses plus hautes cr?ations et, terre ? jamais f?conde, elle garde perp?tuellement en r?serve les cristaux incolores et les moissons de demain. Divinit? tut?laire aux mille visages, on l?appelle ici amour, l? libert?, ailleurs science. Elle demeure omnipotente, bouillonne dans le r?cit mythique de l?Esquimau, ?clate dans la lettre d?amour, mitraille le peloton d?ex?cution qui fusille l?ouvrier exhalant un dernier soupir de r?volution sociale, donc de libert?, ?tincelle dans la d?couverte du savant, d?faille, exsangue, jusque dans les plus stupides productions se r?clamant d?elle et son souvenir, ?loge qui voudrait ?tre fun?bre, perce encore dans les paroles momifi?es du pr?tre, son assassin, qu??coute le fid?le la cherchant, aveugle et sourd, dans le tombeau du dogme o? elle n?est plus que fallacieuse poussi?re.

Ses innombrables d?tracteurs, vrais et faux pr?tres, plus hypocrites que les sacerdoces de toutes les ?glises, faux t?moins de tous les temps, l?accusent d??tre un moyen d??vasion, de fuite devant la r?alit?, comme si elle n??tait pas la r?alit? elle-m?me, son essence et son exaltation. Mais, incapables de concevoir la r?alit? dans son ensemble et ses complexes relations, ils ne la veulent voir que sous son aspect le plus imm?diat et le plus sordide. Ils n?aper?oivent que l?adult?re sans jamais ?prouver l?amour, l?avion de bombardement sans se souvenir d?Icare, le roman d?aventures sans comprendre l?aspiration po?tique permanente, ?l?mentaire et profonde qu?il a la vaine ambition de satisfaire. Ils m?prisent le r?ve au profit de leur r?alit? comme si le r?ve n??tait pas un de ses aspects et le plus bouleversant, exaltent l?action aux d?pens de la m?ditation comme si la premi?re sans la seconde n??tait pas un sport aussi insignifiant que tout sport. Jadis, ils opposaient l?esprit ? la mati?re, leur dieu ? l?homme ; aujourd?hui ils d?fendent la mati?re contre l?esprit. En fait, c?est ? l?intuition qu?ils en ont au profit de la raison sans se souvenir d?o? jaillit cette raison.

Les ennemis de la po?sie ont eu de tout temps l?obsession de la soumettre ? leurs fins imm?diates, de l??craser sous leur dieu ou, maintenant, de l?encha?ner au ban de la nouvelle divinit? brune ou ? rouge ? ? rouge-brun de sang s?ch? ? plus sanglante encore que l?ancienne. Pour eux, la vie et la culture se r?sument en utile et inutile, ?tant sous-entendu que l?utile prend la forme d?une pioche mani?e ? leur b?n?fice. Pour eux, la po?sie n?est que le luxe du riche, aristocrate ou banquier, et si elle veut se rendre ? utile ? ? la masse, elle doit se r?signer au sort des arts ? appliqu?s ?, ? d?coratifs ?, ? m?nagers ?, etc.

D?instinct, ils sentent cependant qu?elle est le point d?appui r?clam? par Archim?de, et craignent que, soulev?, le monde ne leur retombe sur la t?te. De l?, l?ambition de l?avilir, de lui retirer tout efficacit?, toute valeur d?exaltation pour lui donner le r?le hypocritement consolant d?une s?ur de charit?.

Mais le po?te n?a pas ? entretenir chez autrui une illusoire esp?rance humaine ou c?leste, ni ? d?sarmer les esprits en leur insufflant une confiance sans limite en un p?re ou un chef contre qui toute critique devient sacril?ge. Tout au contraire, c?est ? lui de prononcer les paroles toujours sacril?ges et les blasph?mes permanents. Le po?te doit d?abord prendre conscience de sa nature et de sa place dans le monde. Inventeur pour qui la d?couverte n?est que le moyen d?atteindre une nouvelle d?couverte, il doit combattre sans rel?che les dieux paralysants acharn?s ? maintenir l?homme dans sa servitude ? l??gard des puissances sociales et de la divinit? qui se compl?tent mutuellement. Il sera donc r?volutionnaire, mais non de ceux qui s?opposent au tyran d?aujourd?hui, n?faste ? leurs yeux parce qu?il dessert leurs int?r?ts, pour vanter l?excellence de l?oppresseur de demain dont ils se sont d?j? constitu?s les serviteurs. Non, le po?te lutte contre toute oppression : celle de l?homme par l?homme d?abord et l?oppression de sa pens?e par les dogmes religieux, philosophiques ou sociaux. Il combat pour que l?homme atteigne une connaissance ? jamais perfectible de lui-m?me et de l?univers. Il ne s?ensuit pas qu?il d?sire mettre la po?sie au service d?une action politique, m?me r?volutionnaire. Mais sa qualit? de po?te en fait un r?volutionnaire qui doit combattre sur tous les terrains : celui de la po?sie par les moyens propres ? celle-ci et sur le terrain de l?action sociale sans jamais confondre les deux champs d?action sous peine de r?tablir la confusion qu?il s?agit de dissiper et, par suite, de cesser d??tre po?te, c?est-?-dire r?volutionnaire.

Les guerres comme celle que nous subissons ne sont possibles qu?? la faveur d?une conjonction de toutes les forces de r?gression et signifient, entre autre choses, un arr?t de l?essor culturel mis en ?chec par ces forces de r?gression que la culture mena?ait. Ceci est trop ?vident pour qu?il soit n?cessaire d?insister. De cette d?faite momentan?e de la culture d?coule fatalement un triomphe de l?esprit de r?action, et, d?abord, de l?obscurantisme religieux, couronnement n?cessaire de toutes les r?actions. Il faudrait remonter tr?s loin dans l?histoire pour trouver une ?poque o? Dieu, le Tout-Puissant, la Providence, etc., ont ?t? aussi fr?quemment invoqu?s par les chefs d?Etat ou ? leur b?n?fice. Churchill ne prononce presque aucun discours sans s?assurer de sa protection, Roosevelt en fait autant, de Gaulle se place sous l??gide de la croix de Lorraine, Hitler invoque chaque jour la Providence et les m?tropolites de toute esp?ce remercient, matin et soir, le Seigneur du bienfait stalinien. Loin d??tre de leur part une manifestation insolite, leur attitude consacre un mouvement g?n?ral de r?gression en m?me temps qu?elle montre leur panique. Pendant la guerre pr?c?dente, les cur?s de France d?claraient solennellement que Dieu n??tait pas allemand, cependant que, de l?autre c?t? du Rhin, leurs cong?n?res r?clamaient pour lui la nationalit? germanique et jamais les ?glises de France, par exemple, n?ont connu autant de fid?les que depuis le d?but des pr?sentes hostilit?s.

D?o? vient cette renaissance du fid?isme ? D?abord du d?sespoir engendr? par la guerre et de la mis?re g?n?rale : l?homme ne voit plus aucune issue sur la terre ? son horrible situation ou ne la voit pas encore et cherche dans un ciel fabuleux une consolation de ses maux mat?riels que la guerre a aggrav?s dans des proportions inou?es. Cependant, ? l??poque instable appel?e paix, les conditions mat?rielles de l?humanit?, qui avaient suscit? la consolante illusion religieuse, subsistaient bien qu?att?nu?es et r?clamaient imp?rieusement une satisfaction. La soci?t? pr?sidait ? la lente dissolution du mythe religieux sans rien pouvoir lui substituer hormis des saccharines civiques : patrie ou chef.

Les uns, devant ces ersatz, ? la faveur de la guerre et des conditions de son d?veloppement, restent d?sempar?s, sans autre ressource qu?un retour ? la foi religieuse pure et simple. Les autres, les estimant insuffisants ou d?suets, ont cherch? soit ? leur substituer de nouveaux produits mythiques, soit ? r?g?n?rer les anciens mythes. D?o? l?apoth?ose g?n?rale dans le monde, d?une part du christianisme, de la patrie et du chef d?autre part. Mais la patrie et le chef comme la religion, dont ils sont ? la fois fr?res et rivaux, n?ont plus de nos jours de moyens de r?gner sur les esprits que par la contrainte. Leur triomphe pr?sent, fruit d?un r?flexe d?autruche, loin de signifier leur ?clatante renaissance, pr?sage leur fin imminente.

Cette r?surrection de Dieu, de la patrie et du chef a ?t? aussi le r?sultat de l?extr?me confusion des esprits engendr?e par la guerre et entretenue par ses b?n?ficiaires. Par suite, la fermentation intellectuelle engendr?e par cette situation, dans la mesure o? l?on s?abandonne au courant, reste enti?rement r?gressive, affect?e d?un coefficient n?gatif. Ses produits demeurent r?actionnaires, qu?ils soient ? po?sie ? de propagande fasciste ou anti-fasciste ou exaltation religieuse. Aphrodisiaques de vieillard, ils ne rendent une vigueur fugitive ? la soci?t? que pour mieux la foudroyer. Ces ? po?tes ? ne participent en rien ? la pens?e cr?atrice des r?volutionnaires de l?An II ou de la Russie de 1917, par exemple, ni de celle de mystiques ou h?r?tiques du Moyen Age, puisqu?ils sont destin?s ? provoquer une exaltation factice dans la masse, tandis que ces r?volutionnaires et mystiques ?taient le produit d?une exaltation collective r?elle et profonde que traduisaient leurs paroles. Ils exprimaient donc la pens?e et l?espoir de tout un peuple imbu du m?me mythe ou anim? du m?me ?lan, tandis que la ? po?sie ? de propagande tend ? rendre un peu de vie ? un mythe agonisant. Cantiques civiques, ils ont la m?me vertu soporifique que leurs patrons religieux dont ils h?ritent directement la fonction conservatrice, car si la po?sie mythique puis mystique cr?e la divinit?, le cantique exploite cette m?me divinit?. De m?me, le r?volutionnaire de l?An II ou de 1917 cr?ait la soci?t? nouvelle tandis que le patriote et le stalinien d?aujourd?hui en profitent.

Confronter les r?volutionnaires de l?An II et de 1917 avec les mystiques du Moyen Age n??quivaut nullement ? les situer sur le m?me plan, mais, en essayant de faire descendre sur terre le paradis illusoire de la religion, les premiers ne sont pas sans faire montre de processus psychologiques similaires ? ceux qu?on d?couvre chez les seconds. Encore faut-il distinguer entre les mystiques qui tendent malgr? eux ? la consolidation du mythe et pr?parent involontairement les conditions qui am?neront sa r?duction au dogme religieux et les h?r?tiques dont le r?le intellectuel et social est toujours r?volutionnaire puisqu?il remet en question les principes sur lesquels s?appuie le mythe pour se momifier dans le dogme. En effet, si le mystique orthodoxe (mais peut-on parler de mystique orthodoxe ?) traduit un certain conformisme relatif, l?h?r?tique en ?change exprime une opposition ? la soci?t? o? il vit. Seuls les pr?tres sont donc ? consid?rer du m?me ?il que les tenants actuels de la patrie et du chef, car ils ont la m?me fonction parasitaire au regard du mythe.

Je ne veux pour exemple de ce qui pr?c?de qu?une petite brochure parue r?cemment ? Rio de Janeiro : L?Honneur des po?tes, qui comporte un choix de po?mes publi?s clandestinement ? Paris pendant l?occupation nazie. Pas un de ces ? po?mes ? ne d?passe le niveau lyrique de la publicit? pharmaceutique et ce n?est pas un hasard si leurs auteurs ont cru devoir, en leur immense majorit?, revenir ? la rime et ? l?alexandrin classiques. La forme et le contenu gardent n?cessairement entre eux un rapport des plus ?troits et, dans ces ? vers ?, r?agissent l?un sur l?autre dans une course ?perdue ? la pire r?action. Il est en effet significatif que la plupart de ces textes associent ?troitement le christianisme et le nationalisme comme s?ils voulaient d?montrer que dogme religieux et dogme nationaliste ont une commune origine et une fonction sociale identique. Le titre m?me de la brochure, L?Honneur des po?tes, consid?r? en regard de son contenu, prend un sens ?tranger ? toute po?sie. En d?finitive, l?honneur de ces ? po?tes ? consiste ? cesser d??tre des po?tes pour devenir des agents de publicit?.

Chez Lo?s Masson l?alliage religion-nationalisme comporte une proportion plus grande de fid?isme que de patriotisme. En fait, il se limite ? broder sur le cat?chisme :

Christ, donne ? ma pri?re de puiser force
aux racines profondes
Donne-moi de m?riter cette lumi?re
de ma femme ? mes c?t?s
Que j?aille sans faiblir vers ce peuple
des ge?les
Qu?elle baigne comme Marie de ses
cheveux.
Je sais que derri?re les collines ton pas
large avance.

J?entends Joseph d?Arimathie froisser
les bl?s p?m?s sur le Tombeau
et la vigne chanter entre les bras rompus
du larron en croix.
Je te vois : Comme il a touch? le saule
et la pervenche
le printemps se pose sur les ?pines de la
couronne.
Elles flambent :
Brandons de d?livrance, brandons
voyageurs
ah ! qu?ils passent ? travers nous et qu?ils
nous consument
si c?est sur le chemin vers les prisons.

Le dosage est plus ?gal chez Pierre Emmanuel :

O France robe sans couture de la foi
souill?e par les pieds transfuges et les
crachats
O robe de suave haleine que d?chire
la voix tendre f?rocement des insulteurs
O robe du plus pur lin de l?esp?rance
Tu es toujours l?unique v?tement de ceux
qui connaissent le prix d??tre nus devant
Dieu?

Habitu? aux amens et ? l?encensoir stalinien, Aragon ne r?ussit cependant pas aussi bien que les pr?c?dents ? allier Dieu et la patrie. Il ne retrouve le premier, si j?ose dire, que par la tangente et n?obtient qu?un texte ? faire p?lir d?envie l?auteur de la rengaine radiophonique fran?aise : ? Un meuble sign? L?vitan est garanti pour longtemps. ?

Il est un temps pour la souffrance
Quand Jeanne vint ? Vaucouleurs
Ah ! Coupez en morceaux la France
Le jour avait cette p?leur
Je reste roi de mes douleurs.

Mais c?est ? Paul Eluard qui, de tous les auteurs de cette brochure, seul fut po?te, qu?on doit la litanie civique la plus achev?e :

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dress?es
Sur sa patte maladroite

J??cris ton nom
Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu b?ni
J??cris ton nom?

Il y a lieu de remarquer incidemment ici que la forme litanique affleure dans la majorit? de ces ? po?mes ?, sans doute ? cause de l?id?e de po?sie et de lamentation qu?elle implique et du go?t pervers du malheur que la litanie chr?tienne tend ? exalter en vue de m?riter les f?licit?s c?lestes. M?me Aragon et Eluard, jadis ath?es, se croient tenus, l?un, d??voquer dans ses productions les ? saints et les proph?tes ?, le ? tombeau de Lazare ? et l?autre de recourir ? la litanie, sans doute pour ob?ir au fameux mot d?ordre ? les cur?s avec nous ?.

En r?alit?, tous les auteurs de cette brochure partent sans l?avouer ni se l?avouer d?une erreur de Guillaume Apollinaire et l?aggravent encore. Apollinaire avait voulu consid?rer la guerre comme un sujet po?tique. Mais si la guerre, en tant que combat et d?gag?e de tout esprit nationaliste, peut ? la rigueur demeurer un sujet po?tique, il n?en est pas de m?me d?un mot d?ordre nationaliste, la nation en question f?t-elle, comme la France, sauvagement opprim?e par les nazis. L?expulsion de l?oppresseur et la propagande en ce sens sont du ressort de l?action politique, sociale ou militaire, selon qu?on envisage cette expulsion d?une mani?re ou d?une autre. En tout cas, la po?sie n?a pas ? intervenir dans le d?bat autrement que par son action propre, par sa signification culturelle m?me, quitte aux po?tes ? participer en tant que r?volutionnaires ? la d?route de l?adversaire nazi par des m?thodes r?volutionnaires, sans jamais oublier que cette oppression correspondait au v?u, avou? ou non, de tous les ennemis ? nationaux d?abord, ?trangers ensuite ? de la po?sie comprise comme lib?ration totale de l?esprit humain car, pour paraphraser Marx, la po?sie n?a pas de patrie puisqu?elle est de tous les temps et de tous les lieux.

Il y aurait encore beaucoup ? dire de la libert? si souvent ?voqu?e dans ces pages. D?abord, de quelle libert? s?agit-il ? De la libert? pour un petit nombre de pressurer l?ensemble de la population ou de la libert? pour cette population de mettre ? la raison ce petit nombre de privil?gi?s ? De la libert? pour les croyants d?imposer leur dieu et leur morale ? la soci?t? tout enti?re ou de la libert? pour cette soci?t? de rejeter Dieu, sa philosophie et sa morale ? La libert? est comme ? un appel d?air ?, disait Andr? Breton, et, pour remplir son r?le, cet appel d?air doit d?abord emporter tous les miasmes du pass? qui infestent cette brochure. Tant que les fant?mes malveillants de la religion et de la patrie heurteront l?aire sociale et intellectuelle sous quelque d?guisement qu?ils empruntent, aucune libert? ne sera concevable : leur expulsion pr?alable est une des conditions capitales de l?av?nement de la libert?. Tout ? po?me ? qui exalte une ? libert? ? volontairement ind?finie, quand elle n?est pas d?cor?e d?attributs religieux ou nationalistes, cesse d?abord d??tre un po?me et, par suite, constitue un obstacle ? la lib?ration totale de l?homme, car il le trompe en lui montrant une ? libert? ? qui dissimule de nouvelles cha?nes. Par contre, de tout po?me authentique s??chappe un souffle de libert? enti?re et agissante, m?me si cette libert? n?est pas ?voqu?e sous son aspect politique ou social, et, par l?, contribue ? la lib?ration effective de l?homme.

 

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