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Le contre-discours de politique g?n?rale du Front de gauche: Sarkozy-Fillon, la politique du pire

Au discours de politique g?n?rale de Fran?ois Fillon, insupportable d?auto-satisfaction et?d?hypocrisie, qui se f?licite de son bilan et entend poursuivre exactement sur la m?me voie ? comme si elle ne conduisait pas la France dans le mur ! -, la s?natrice de Paris Nicole Borvo Cohen-S?at, pr?sidente du Groupe communiste r?publicain citoyen et des s?nateurs du Parti de gauche, oppose un r?quisitoire exemplaire que nous publions en int?gralit?. Un v?ritable contre-discours de politique g?n?rale, pr?cis, implacable?et p?dagogue,?? diffuser sans mod?ration.

??Depuis 2002, la droite est au pouvoir et elle fait une politique contre le peuple : les plus riches se sont enrichis, les pauvres sont plus nombreux. Le pouvoir d?achat et les conditions de vie d?une grande partie de la population se sont d?grad?s, le mod?le social est peu ? peu cass? et vous proposez de continuer?! C?est ce que la grande majorit? de nos concitoyens a exprim? avec force en soutenant les mobilisations de millions de salari?s et de jeunes contre votre r?forme des retraites. Ils l?ont fait parce que l?injustice de cette r?forme ?tait le symbole de toute votre politique. Alors, vous continuez, comme M.?Woerth l?a fait, ? enfoncer le clou?: votre politique est la seule possible?; tous ceux qui la contestent n?agitent que fausses id?es, mirages d?sastreux?! Au fond, r?ver de progr?s humain fait partie de nos vieux d?mons?! La ?real politique?, c?est la dictature des march?s financiers?!

On voit le r?sultat?! Le ch?mage a atteint 9,9%, 25% chez les jeunes, en progression avant et apr?s la crise ! 145 000 emplois ont ?t? supprim?s en 2008 et 255 000 en 2009. 8 millions de nos concitoyens, soit 13% de la population, vivent avec moins de 949 euros par mois, avant et apr?s la crise. Par contre, le nombre de personnes ayant un revenu de plus de 500 000 euros a augment? de 70% ! Vous avez fait des choix depuis 2002 et vous entendez continuer?! Vous avez multipli? les niches fiscales?: leur montant atteint 172 milliards d?euros par an. Vous avez cr?? le bouclier fiscal, diminu? les imp?ts des plus riches, rien fait contre l??vasion fiscale. Vous avez multipli? par deux la dette de l?Etat?! C?est votre bilan et la crise financi?re est le r?sultat des politiques ultralib?rales, que ce soit en France, en Europe ou aux Etats-Unis. Les march?s financiers n?ont pas de fronti?res et pas de lois?: ils dictent leur politique aux Etats.

Les gouvernements europ?ens, sous la houlette du FMI, ont sauv? les banques et les actionnaires en faisant payer les peuples, pour que tout continue comme avant?! Votre gouvernement a ouvert en 2008 un cr?dit de 360 milliards d?euros aux banques sans contrepartie. La BNP Paribas a augment? ses gains de 93% en 2009, les entreprises du Cac 40 ont fait 50 milliards d?euros de profits et les membres de leurs conseils d?administration ont vu leur r?mun?ration augmenter de 18% un an apr?s la crise. En m?me temps, elles ont supprim? 40 000 emplois depuis 5 ans. Les m?mes recettes produisent les m?mes effets?: en Gr?ce, en Italie, en Espagne, au Portugal. En Irlande, le peuple subira une aust?rit? drastique, mais l?imp?t sur les soci?t?s va rester le plus bas en Europe. Les peuples payent la concurrence g?n?ralis?e, le dumping social et fiscal?: baisse des salaires, recul des protections sociales, des services publics, hausse du ch?mage et de la pr?carit?.

Ils paient pour que la rentabilit? du capital soit encore plus forte et donc les dividendes toujours en hausse?! Vous vous engagez ? continuer?! Comment croire que demain, plus qu?hier, les baisses d?imp?t des entreprises et des plus riches vont favoriser l?emploi et l?investissement ? long terme?? Renault met 3000 personnes en pr?retraite et Thales supprime 1500 emplois. C?est sans doute ce que vous appelez restaurer les conditions d?une politique industrielle. Comment croire que le gel des d?penses publiques, le recul de la protection sociale, la privatisation des services publics, va pr?server la solidarit? et l??galit? des chances?? Comment croire que l??tranglement financier des collectivit?s locales n?aura pas de cons?quences d?sastreuses sur la coh?sion sociale, les services rendus ? la population et l?investissement utile, qu?elles financent aujourd?hui pour plus de 70%?? Comment croire au dialogue entre l?Etat et les ?lus locaux, quand vous avez sonn? le glas de la d?centralisation par une r?forme men?e au pas de charge, sans consultation des assembl?es ?lues dans les territoires?? Comment croire au dialogue social, quand vous avez impos? une r?forme des retraites brutale ? contre l?ensemble des organisations syndicales ?

Monsieur le Premier ministre, en 2007, le futur pr?sident de la R?publique a fait campagne sur le th?me de la rupture. Nos concitoyens ont vu ce qu?il en ?tait?: ils ont vu que leur situation s??tait d?t?rior?e, que ?le travailler plus pour gagner plus?, ?la promesse du pouvoir d?achat?, avaient fait long feu?! Nos concitoyens ont vu que votre gouvernement, sous la houlette du pr?sident de la R?publique, a mis en ?uvre, point par point, le programme du Medef que Mme?Parisot avait rendu public pendant la campagne ?lectorale pr?sidentielle, avec son petit br?viaire Besoin d?air. D?ailleurs, Mme Parisot se targue d?avoir, avec son livre, impos? le d?bat ?conomique dans la campagne pr?sidentielle et d??tre ? l?origine de ?d?cisions ?conomiques majeures prises par le gouvernement? : la r?duction de l?ISF pour investissement dans une PME, le renforcement du cr?dit imp?t-recherche, la r?forme de la taxe professionnelle ou encore la suppression de la clause de comp?tence g?n?rale des collectivit?s territoriales? et maintenant, la r?forme des retraites, puisqu?elle qualifiait la retraite ? 60 ans d?erreur historique?!

Elle s?est d?ailleurs f?licit?e de votre reconduction ? la t?te du gouvernement?! Nos concitoyens ont constat? que le pr?sident de la R?publique et son gouvernement, dont vous ?tiez et restez le Premier ministre, a beaucoup agit? les peurs, l?ins?curit?, la d?linquance, les immigr?s, dans des amalgames scandaleux et dangereux. Nos concitoyens constatent que la violence augmente, que la coh?sion sociale ?clate, que le pacte social se d?lite. Vous avez le pouvoir. Vous avez une majorit?, mais le foss? se creuse entre le peuple et les institutions. La d?rive monarchique a fait des d?g?ts. Elle a port? des coups ? la d?mocratie. Elle a s?rieusement entach? la politique. Quand on m?ne une politique contre le peuple, on ne peut se pr?valoir ?ternellement de sa l?gitimit?.

Vous refusez toute proposition alternative. Pour notre part, nous proposons?- sans complexe ? de r?mun?rer plus le travail que les actionnaires, pour revenir ? un partage travail-capital plus favorable au travail. Nous proposons ? sans complexe?- de recruter des enseignants, des personnels dont nos services publics ont tant besoin, y compris pour assurer la s?curit? de nos concitoyens. Nous proposons une r?forme de la fiscalit? qui soit juste et efficace : la suppression du bouclier fiscal, une augmentation de la taxation sur les gros patrimoines, une modification importante du bar?me de l?imp?t pour renforcer la contribution des hauts revenus. Nous proposons que la France se dote d?une justice ind?pendante du pouvoir politique, conform?ment aux arr?ts de la Cour europ?enne des droits de l?Homme et ? vous qui aimez les comparaisons europ?ennes ? qu?elle soit dot?e de moyens aussi importants que dans d?autres pays europ?ens, lui permettant d??tre efficace.

Nous proposons une politique judiciaire o? la d?linquance financi?re, aujourd?hui peu ? peu d?p?nalis?e, soit s?v?rement sanctionn?e. Nous proposons de r?tablir les libert?s publiques et d??largir les droits des citoyens dans les institutions et dans les entreprises. Nous proposons de respecter les droits des migrants, de r?tablir le droit du sol et d?instaurer enfin une citoyennet? de r?sidence. Nous proposons que la France agisse pour une remise en cause du Trait? de Lisbonne et tout particuli?rement revoit le r?le de la BCE, pour qu?elle finance les investissements productifs et la relance dans les pays europ?ens. M.?le Premier ministre, partout en Europe, les victimes des march?s financiers expriment leur col?re. Hier, le Portugal a connu une gr?ve historique de 3 millions de salari?s. Les peuples l?ont bien compris?: ce que vous mettez en ?uvre avec les autres dirigeants, c?est une r?gression sans pr?c?dent en Europe. C?est votre conception de la r?forme et de la modernit?. Vous proposez de continuer ?droit dans vos bottes?. Vous faites la politique du pire. Notre groupe votera contre.??

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