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Le commerce préhistorique (7)

Les liens de cette époque avec celle d’aujourd’hui.

Déjà au 4e millénaire les Sumériens se procuraient commercialement du cuivre dans les montagnes de l’est et du nord, ainsi que dans celles d’Oman. Dès – 4000 av J.C., les Sumériens en utilisent et, vers -3500 av J.C., ils fabriquent des objets en bronze (alliage de cuivre et de zinc).

Notez que 4000 ans av J.C. est deux fois plus long que la durée à partir de J.C. jusqu’à aujourd’hui; et que les « autorités sumériennes » de l’époque avaient bénéficié de 4,000 années additionnelles d’évolution sans problème, contrairement aux autres « humains » de la planète.

Voici une carte de la région mésopotamienne avant la période de Sargon l’Ancien délimitant la région sémite et la région sumérienne, avec Nippur encerclé en rouge, en position centrale. Son emplacement semble avoir été choisi en fonction du commerce déjà existant.

Le cuivre était le premier métal non précieux utilisé par les Sumériens. Quelque part en -5000 av. J.C. le processus de fabrication fut l’une des plus grandes inventions de la Mésopotamie. Ce qui a contribué à la croissance de diverses villes comme Uruk, Sumer, Al-’Ubayd et Ur.

Il faut remarquer que ce « quelque part en -5000 av J.C. » pourrait être précisé en datant « l’invention » du processus, comme étant plutôt une « technologie » importée du plateau continental de la Mer Noire vers -5,600 av J.C. Car si ces « Mer Noiriens » travaillaient et possédaient le « cuivre », cela aurait été amplement suffisant pour qu’ils soient considérés comme des « Puissants », supérieurs aux hommes, par les autres humains non civilisés qui n’avaient pas ce genre d’armes. Et nous savons que ce n’est pas la seule technologie que ces immigrants apportèrent dans la région du Croissant fertile.

Les Sumériens eux-mêmes se nommaient « Le peuple à tête noire ». Leurs « Puissants » dirigeants étaient les « Seigneurs civilisés » et le « pays » de Sumer était celui de ces « Seigneurs civilisés » et non celui des Sumériens.

Les textes égyptiens mentionnent ce peuple appelé les « têtes noires » ainsi que leur « Seigneurs » civilisateurs.

Une chose est certaine: les Sumériens n’étaient pas une population de race sémitique. On ne sait pas d’où ils venaient. Les indications archéologiques montreraient qu’en -4000 av. J.C. les Sumériens vivaient dans les montagnes au nord de la Mésopotamie (culture d’Ubeid/Zagros) près de la frontière actuelle de la Turquie.

Autour -3500 av. J.C. cette population aurait descendu des montagnes pour occuper la Basse-Mésopotamie, dans les marécages au confluent du Tigre et de l’Euphrate (confluent de l’époque qui n’est pas nécessairemyt celui d’aujourd’hui). Quelques allusions littéraires semblent indiquer que les Sumériens venaient de la mer. Ceci s’expliquerait simplement par le fait qu’ils s’installèrent, dans un premier temps, beaucoup plus au sud, dans la partie actuellement submergée du Golfe Persique et durent se déplacer vers le Nord. Ils seraient bien alors venus « de la mer ».

Il faut noter que les noms des villes sumériennes n’ont pas de sens dans la langue sumérienne et montrent plutôt des similitudes avec les noms des villes de la Mésopotamie du Nord, ce qui correspond à la civilisation d’Ubeid. Par contre, les termes qui se réfèrent à des fonctions et le type de gestion administrative plus spécialisés sont d’origine clairement sumérienne. Il existe donc une distinction entre la population « Ubaidienne » et celle des « civilisateurs » (Puissants) de Sumer. Ce qui nous laisse soupçonner que les « Puissants » vénérés par les Sumériens, quoiqu’ils aient accompagné les Ubaidiens vers l’Euphrate, n’étaient pas membres de cette population et venaient d’ailleurs.

Si on regarde la culture Ubaidienne on remarque un saut évolutif vers -5600 av J.C. C’est la date où le Bosphore défonça, et l’eau de la Méditerranée inonda le littoral de la Mer Noire. Les habitants de ce littoral durent évacuer rapidement. Ils avaient été épargnés par la montée du niveau océanique de -9600 av J.C. (fonte des glaciers) et avaient continué d’évoluer en vase clos, sans obstruction. Ils bénéficiaient donc de 4000 années d’évolution plus avancés technologiquement et scientifiquement que les autres humains de la planète. D’où le nom de « Puissants » qui leur fut donné par les Sumériens.

La centralité du temple (la demeure d’un « Puissant ») est évidente dès le début de la civilisation sumérienne (période de Uruk; -3500 avant JC). Elle est à la fois centre économique et organisationnel. Ce qui confirme l’enseignement « civilisateur » donné par les « Puissants », mais aussi que ces « Puissants » contrôlaient le « commerce ».

Les premiers canaux d’irrigation avaient déjà été construits dans l’ère d’Ubeid, ce qui confirme la présence des « Puissants » chez eux; mais c’est seulement au IVe millénaire avant notre ère que nous assistons aux œuvres sumériennes les plus importantes, qui relient la ville permettant le développement du transport fluvial (Les « Puissants » donnèrent la voile aux Sumériens). Ce serait donc au 4e millénaire que « l’Association » des Puissants, résidant à Nippur, aurait pris le contrôle du commerce.

Le lieu le plus important de toute Cité-état était la ziggourat, une énorme tour de plusieurs étages, au faîte de laquelle s’édifiait la demeure du « Puissant » de la Cité. La base de la ziggourat était utilisée comme entrepôt pour stocker la nourriture et les ressources de la ville.

Bien que les villes de la Mésopotamie du Nord et du Sud atteignent le même niveau technique et organisationnel, la population du sud, habitant les anciens marécages, a un avantage grâce à un développement agricole plus intense, garanti par de vastes zones de plaine drainées (et non irriguées) par les canaux d’irrigation. Ces plaines de limon, « drainées », étaient évidemment plus productives que le sol désertique « irrigué ».

Le pays des « têtes noires », au Sud, grâce aux canaux d’irrigation produisent plus de nourriture que la région sémitique, au Nord. Le résultat est que le Sud se développe rapidement et le commerce s’intensifie de façon notoire. C’est la période appelée la « révolution urbaine ».

L’augmentation des échanges commerciaux conduit à une utilisation plus fréquente de métal, surtout du cuivre et, vers la fin de la période Uruk, du bronze.

Avec la période protodynastique (-2900 à -2750) nous entrons officiellement dans « l’histoire » ayant une documentation écrite. Les tablettes de ces différentes Cités nous disent qu’une compétition commerciale importante existait entre elles; donc une guerre des prix et de productivité (les sols) qui, souvent, se réglait par les armes.

Le premier roi sur la liste des rois de Sumer, dont le nom est connu aussi par d’autres sources indépendantes, est Etana, treizième roi de la première dynastie de Kish. Mais dire qu’il est un roi « de Sumer » est inexact. Il n’est qu’un roi d’une des cités sumériennes. Plusieurs autres rois règnent en parallèle à son époque. La preuve est qu’ils se combattent les uns les autres.

Curieusement, un cycle complet, chez les Sumériens, se compose de 12 étapes (12 X 30 = 360) et le cycle suivant débute avec la 13e étape qui devient la « nouvelle » première étape. Ce qui nous indique que les 12 premiers rois de Kish constituent le premier cycle de l’histoire de la ville. Il devrait exister de tels « cycles » pour chacune des autres cités sumériennes. Le concept du « cycle » était d’une importance capitale dans l’esprit sumérien. La liste des rois de Sumer devrait être considérée sous ce concept de « cycles ».

La stèle des vautours est celle de la victoire d’Eannatum, troisième roi de la dynastie de Lagash, qui réunit, vers -2450 av J.C., l’ensemble des Cités sumériennes sous sa coupe.

Avec Eannatum s’ouvre une lutte entre le pouvoir royal et la prêtrise. Ce qui confirme que cette supposée « prêtrise » servait un « Puissant » en contrôle du commerce et non un « dieu » en contrôle des « convictions ».

Ce ne sera qu’à l’avènement du 9e roi de la dynastie, Urukagina, que le pouvoir des prêtres sera réduit de beaucoup. Ce dernier rénove la bureaucratie, réanime l’économie, installe des agents de contrôle et institue le premier code juridique tout en donnant naissance à une sorte de programme d’intervention sociale qui fournit protection et assistance aux veuves et orphelins. Le roi « humain » Urukagina obligera les « Puissants » à être plus « humains » envers leur population de serviteurs. Urukagina se prétend maintenant « LU-GAL » et non plus « EN.SI »; en fait, il est probablement un « Néphilim ». Mais les « Puissants » ont leurs préjugés bien ancrés et tentent de rétablir leur suprématie en « élisant » un « roi » plus malléable.

Lugalzagesi, roi d’Uruk, détrône Urukagina et étend son pouvoir sur toute la Basse Mésopotamie. Le règne de Lugalzagesi est réputé avoir été cruel et violent. Il dépassera les attentes des « Puissants » et finira par les inquiéter. Un autre choix s’avère donc nécessaire.

Lugalzagesi sera détrôné par un « humain » choisit par Inanna: Sargon l’Ancien et amené, « encarcané », devant EN.LIL. Ce dernier acceptera alors Sargon comme « berger » (Grand Homme) de la population sumérienne. Mais la volonté des « humains » à vouloir diminuer leur servitude envers les « Puissants » ne cessera d’augmenter au cours des décennies suivantes.

Le fils de Sargon, Naram-Sin (-2254 à -2218 av J.C.), parviendra à agrandir l’Empire jusqu’à la Méditerranée. Après lui, Akkad entre en déclin graduel jusqu’à la conquête des Goutis vers -2100 av J.C. À noter que Naram-Sin fut le premier roi à vouloir se « diviniser » (Puissantiser). Aucun « roi/Grand Homme » précédant ne l’avait jamais osé. On se rend bien compte, dans les textes, que le traditionnel respect envers les « Puissants » diminue graduellement et constamment. C’est le début de la régression du pouvoir des « Puissants ».

Ils seront évincés du pouvoir vers -2000 av J.C.

Tentons l’expérience et plaçons les règnes de ces rois sur un cycle sumérien :

Ce cycle, partant d’Etana et se terminant avec Naram-Sin représente la période présargonique durant laquelle un transfert de l’autorité des « Puissants » fut graduellement établi envers des roi/bergers « métissés » et finalement des « humains » (Sargon).

Le cycle représente la dégradation de l’autorité des « Puissants » sur les « humains », se terminant sur un respect totalement disparu envers eux, chez Naram-Sin.

Pour comprendre plus précisément les différentes informations sur ce concept de « cycle », il vous faudra lire mon livre : « La science secrète », tome I de la trilogie : « Les hommes d’avant le déluge ».

http://www.manuscritdepot.com/livres-gratuits/pdf-livres/n.andre-lefebvre.4.pdf

Des textes en cunéiforme, datant d’environ -2000 av J.C, mentionnent que « l’irrévérence » des hommes n’est plus tolérable et que les « Puissants » doivent y remédier pour rétablir leur suprématie. Le choix qu’ils feront pour contrer la situation achèvera de détruire leur « autorité » et leur mainmise sur la « structure commerciale » internationale.

Et c’est là l’époque d’Abram (qui transforma son nom en Abraham) où les « Puissants » décident de punir les « humains » à cause de leur « irrévérence » totale envers eux.

Dans la Bible, on raconte qu’ayant rencontré le Seigneur des Puissants, Abraham se montre des plus « servile » envers lui, se dit « poussière » et fait l’éloge des « Puissants » en révélant connaître les « nombres » attribués à chacun de ces « Puissants » : 50, 40, 30, 20 et 10. C’est ce qui lui sauve la vie car, aux yeux du « Seigneur », Abraham est un « Juste » qui ne « pêche » pas par « insoumission » et « irrévérence ».

Le lendemain matin, Abraham voit un « nuage » s’élever au loin au-dessus de la ville de Sodome. C’est le résultat de la destruction de cinq villes cananéennes (donc Amorrites) dont Sodome et Gomorrhe.

Cette décision des « Puissants » d’oblitérer les cinq villes amorrites sera leur perte. Les nuages produits sont « nocifs » et sont poussés par les vents vers Sumer. La plupart des villes sumériennes devront être abandonnées rapidement. Les textes appelés « les lamentations » racontent ces épisodes catastrophiques suivies d’invasion des Élamites. En fait ce sont toutes les nations entourant Sumer qui foncent sur les cités sumériennes, en réponse à leur attaque sournoise sur les Cananéens (Ammorites) qui étaient loin d’être un peuple de « barbares » comme l’archéologie a pu le prouver dernièrement.

Le cycle du pouvoir commercial des « Puissants » vient de se terminer. Ils fuiront Sumer, seront décentralisés et se répandront individuellement chez différents peuples. Quelques centaines d’années plus tard, vers -1400 av J.C, la compréhension de la « science » des Puissants sera perdue. C’est l’épisode biblique de la « Tour de Babel » où les « langues furent confondues ». Autrement dit, on ne s’entendait plus sur la compréhension de l’ancienne « science » sumérienne suite aux « améliorations » apportées par Babylone, d’où l’appellation de « Tour (ziggourat) de Babel » (donc, en fait, par Marduk fils d’EN.KI).

De sorte que la superstition, découlant de cette incompréhension de la « science » perdue, transformera les « Puissants » dispersés un peu partout, en différents « dieux » des peuples du Moyen-Orient et de l’occident. Ceux réfugiés en Inde et en Chine, présenteront plutôt leur « principe cyclique civilisateur » comme une « philosophie » d’évolution personnelle et sociale, au lieu d’une « religion » asservissante, qu’ils enseigneront au peuple.

En réalité, les trois milles années de suprématie des « Puissants » n’auront jamais été sous le contrôle d’une « superstition religieuse illogique », comme l’Archéologie nous les présente, mais auront été simplement supervisées par la nécessité structurelle d’un commerce international.

Le choix des « Puissants » pour leur immigration dans des marécages inhabités (pour ne pas offusquer leurs « clients »), leur choix géographique de la ville « sacrée », contrôlant le commerce, centralisé dans leur pays entre les deux fleuves importants, la prolifération des canaux d’irrigation, l’instauration de la voile sur leurs barques commerciales, le développement des mathématiques et de l’écriture, la création de la charrue et du tour de potier, le développement du cuivre et du bronze, l’invention de la roue, la production agricole intensive, tout cela ne fut mis en place que pour répondre à une seule nécessité : la réussite commerciale d’un groupe d’hommes « supérieurs » aux autres humains de la planète, ayant évolué en vase clos pendant 4000 ans sur le littoral de la Mer Noire qu’ils durent évacuer rapidement lors de l’avènement du Bosphore vers -5600 av J.C..

Pour résumer le tout « religieusement », Dieu est un produit « commercial » involontaire des autorités sumeriennes.

Pour le résumer « ethnologiquement », les inégalités sociales subséquentes dans notre histoire, au niveau « humain », (sang bleu/aristocrate, niveau social, etc.) est une réminiscence du statut des « Puissants », supérieurs aux autres hommes, qui contrôlaient cette structure commerciale.

Pour le résumer au niveau de l’évolution de l’homme, ce dernier fut « amélioré » intellectuellement par les « Puissants » pour servir de main d’œuvre dans l’établissement de leur structure commerciale.

Par la suite les hommes prirent graduellement le contrôle à partir de -2000 av J.C. et commencèrent leur propre apprentissage de l’administration des denrées.

Après 4,000 années d’apprentissage, qui nous mènent à aujourd’hui, ce n’est pas encore un franc succès; surtout que la dernière tentative de l’aristocratie commerciale internationale, pour égaler le pouvoir des « Puissants » au moyen de la « mondialisation », ne sera probablement pas réussie. Ce qui n’est assurément pas une erreur en soi. Mieux vaut « aller de l’avant » que de « revenir en arrière », me semble-t-il.

En revanche, nos « aristocrates » actuels du commerce international devraient réfléchir sérieusement aux décisions qu’ils prendront pour assurer leur pouvoir. L’expérience malheureuse vécue en -2000 av J.C. devrait leur servir comme sujet de réflexion. Un vent « d’insoumission » à leur pouvoir illimité semble bien s’élever parmi les populations.

Malheureusement, je ne crois pas que ces « sommités » du commerce international actuel s’entichent beaucoup de l’histoire de l’humanité. Ils devront apprendre par expérience semble-t-il.

Mais peut-être y a-t-il une exception; un certain individu appelé Elon Musk. Mais je n’en suis pas certain.

Mon dernier article traitera de la ville centralisatrice de Nippur.

Amicalement

André Lefebvre

Auteur de:

L’Histoire… de l’univers

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 1:  La Science Secrète)

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 2: Le Mystère Sumérien

Le tout dernier livre, paru en novembre 2016 (version gratuite):

Histoire de ma nation

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