• Le code de la rue

    8 décembre 2008 | 1 commentaire(s) | 918 affichage(s)
    Photo : Solar ikon Flickr

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    Si vous n’avez jamais entendu parler du code de la rue, ne vous inquiétez pas, c’est que l’idée est toute récente. Surtout au Québec.

    Le code de la rue n’est pas une nouvelle mode, mais le complément urbain du code de la route. À ce jour, il ne s’agit toutefois ni d’une loi, ni même d’un projet de loi. Tout juste une idée née de la volonté d’emboîter le pas à certains pays chefs de file dans la promotion des transports alternatifs.

    En gros, un code de la rue prévoit des ajustements légaux et des aménagements urbains dans le but de redonner aux piétons, cyclistes et autres « usagers doux » le plein accès aux centres urbains, dans un souci de sécurité et d’agrément. Des codes de ce type sont à l’étude en France, aux Pays-Bas et aux États-Unis, mais c’est la Belgique qui mène la danse, puisque le code de la rue y est officiellement appliqué depuis 2004.

    L’exemple européen a cristallisé les espoirs de nombreux marcheurs et pédaleurs des villes québécoises, frustrés de se faire traiter comme des usagers de deuxième classe par la domination de facto des véhicules à moteur. Le concept est lancé, les plâtres sont essuyés, quoi de plus confortable que d’importer des idées qui marchent?

    C’était d’ailleurs l’opinion défendue par la chroniqueuse de La Presse Nathalie Collard dans son billet intitulé Lâchez les cyclistes! « Autant en Europe qu’aux États-Unis, écrit-elle, on observe la volonté […] de reconnaître la particularité des cyclistes et d’alléger la réglementation qui leur est destinée. Le code de la sécurité routière n’a pas été pensé en fonction des cyclistes, mais bien des automobilistes. Il est temps de regarder la situation d’un autre œil. »

    Depuis quelques semaines, les partisans du code de la rue québécois ont leur blogue, le but étant d’expliquer la « cause », mais aussi de la positionner dans un contexte québécois parsemé d’idées porteuses comme le virage vert, l’autopartage, les pistes cyclables, les plans de transports, les infrastructures touristiques, la dépollution et le développement durable. Ce mouvement collectif confirme l’esprit altermondialiste qui touche les métropoles québécoises et appelle la fin de la civilisation de l’automobile telle que nous la connaissons depuis l’après-guerre. Si la rationalisation de l’automobile dans les centres urbains s’autojustifie par des considérations économiques individuelles et collectives, elle fournit aussi l’occasion de réhumaniser les villes en s’en prenant aux nuisances collatérales que sont la pollution atmosphérique, le bruit, les embouteillages, l’envahissement des stationnements, la dévalorisation des quartiers, le stress du conducteur et les risques d’accidents, pour ne citer que ceux-là.

    Dans l’élan, des courriers ont été envoyés aux ministres des Transports, aux maires des grandes villes, ainsi qu’aux responsables de la SAAQ, pour leur faire connaître les avantages du code de la rue et les inciter à en inscrire l’étude à leur agenda. Reste maintenant à faire la part des compétences provinciales et municipales, et à espérer que l’appel soit entendu en haut lieu.

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