Accueil / A C T U A L I T É / Le chat d’Auschwitz

Le chat d’Auschwitz

this_island_earth_poster_06

« Tu sais, Martha, un jour nous  irons pisser sur Mars. Et il aura de l’eau que nous aurons apportée  de la Terre. Nous aurons tout un téléchargement d’armes pour nous protéger, nous défendre. Nous vendrons des armes pour vivre. On fera venir des acheteurs de partout… Martha! Martha! Martha!  

Un énorme vaisseau spatial, en forme de banque, emporta Martha sur une planète lointaine. 

*********************************************

Le problème avec l’humanité est qu’elle n’a pas d’avenir. Elle en a dans la tête des boursouflés du cerveau, grisés, réglant le sort du monde avec des machines à laver la vaisselle et des gadgets inutiles. Tellement inutiles qu’on meure de faim en regardant des hamburgers volants à la télé. Même dans les pays les plus pauvres.

On fait partie du chiendent et de la tomate, du chat et de la souris. On fait partie des autres qui sont la terre dans laquelle nous poussons. Il y a le ventre de la mère et le ventre social complexe devenu le ventre mondialiste, etc. Nous poussons dans les autres et dans la cendre de l’Histoire. Plus tard, de grands savants vous construirons un « MOI » utile pour eux. Utile pour leurs projets. La souris n’y fera pas partie, comme le sel de la mer, ni le tamia rayé qui rôde en ce moment autour de la maison où j’habite. Ni les étoiles… On a dévié nos regards. Quand on maltraite le moindre insecte, on maltraite toute la vie. Et certains se font des étages de « valeurs » de par leur conception du monde. Mais ces valeurs n’existent pas dans l’Univers. Elles existent dans les visions implantées.

Ce que je possède ou possédera sera mon bonheur. Le futur n’a jamais eu d’avenir puisqu’il y a des siècles on a amélioré la vie de l’Homme  par l’esclavage. Et cet esclavage continue sous une autre forme.  Ce cher esclavage a pour nom travail. Le progrès (sic) consiste à travailler pour quelqu’un d’autre ou quelque chose d’autre sans travailler pour NOUS.

On ne peut pas être soi-disant intelligent et insensible. On ne peut pas inventer et créer davantage de technologie et s’émerveiller si nous ne pouvons nous émerveiller de la Vie.

Il se pourrait alors, qu’à force d’insister, l’Homme finira par créer l’ultime machine qui sera son dieu. Le Dieu de tous les petits dieux de la robotisation et de la fascination de ce qui n’existe pas dans la nature. Nous avons présentement enclenché cette démarche par une fascination dépassant tout entendement. Tel un enfant ébloui par son jeu devant un miroir.

Personne n’est une île. Mais la Terre dans l’Univers – pour le moment- oui. Et nous sommes tous de petits Robinson tentant de survivre à la menace la plus dangereuse: le un en combat contre le nous.  Le communisme n’est pas un système, c’est un état inconscient mal interprété et passé au tamis des sociétés, des penseurs,  pour tenter d’expliquer cette relation de la vie à la Vie. Du un au nous. Sans différence réelle sauf dans les apparences de parcours.

Nous confondons l’amour qui est un acte réel envers la Vie et le sentimentalisme égotique.  Et c’est la raison pour laquelle les commandants des camps de prisonniers aiment leurs chiens et ne voudraient pour rien au monde les brûler. Oui, dans le courant de l’histoire de l’humanité,  certains en ont mangé. Ils n’avaient pas le choix. Nous avons maintenant le choix de nourrir un chat et la possibilité de nourrir les humains tant du point de vue matériel que spirituel.

Dans notre monde actuel on peut aimer à un point tel la richesse, son bateau, son auto, son chat – que l’on croit posséder-, son pouvoir, au point de brûler au feu de la technologie et d’une économie affolée et ignorante des sources même de sa nécessité.

Il y a des gens bien qui ne brûleraient jamais leur bateau de croisière ou leur chien. Mais il n’est pas certain que si l’esclave est lointain, dans un pays loin de chez-vous, il n’aura aucun remord à choisir.

On ne peut être en vie et choisir de ne pas cultiver la Vie. Mais aujourd’hui on le peut. Comme on prend soin d’un moteur de tondeuse… Voire de la couleur de la tondeuse.

On est un bon gars quand on ne brûle pas les chats…

Gaëtan Pelletier

juillet 2015

Commentaires

commentaires

A propos de Gaëtan Pelletier

avatar

Check Also

Disparition d’Emiliano Sala : un rapport nébuleux, mais des découvertes explosives (5)

Nous avons abordé dans l’épisode précédent le problème des gestions offshore d’entreprises ou de clubs ...

3 Commentaire

  1. avatar

    « Quand on maltraite le moindre insecte, on maltraite toute la vie. Et certains se font des étages de « valeurs » de par leur conception du monde. Mais ces valeurs n’existent pas dans l’Univers. Elles existent dans les visions implantée. »

    Fragilisés nous sommes, soumis à toutes les influences et nous sommes de plus en plus inefficaces aussi. Il ne saurait en être autrement concernant l’inefficacité puisque nous ne sommes pas en mode de construction (d’évolution) mais en mode de destruction. Nous traînons un effet d’échec permanent et nous nous gelons à tout pour tenter de sublimer l’insupportable.

    Plus que tout, nous souffrons d’une maladie honteuse qu’il faut taire: la déshumanisation. Nous voilà à l’étape de la survie que certains vivent mieux que d’autres. Mais cette survie implique bien qu’on doive brader la vie, la nôtre, celle des autres et la vie tout autour. De plus en plus, le monde étant peuplé de sociétés et non plus d’individus, perd ses repères. Il y a des habitudes (qui parfois tiennent lieu de repère) que l’on gagne à changer, mais pas celle d’être humain.

    • avatar

      J’avais écrit un texte sur cette « chère » déshumanisation. Je me disais que ce n’étais pas assez bon pour CP. Mais je vais le placer et vous jugerez …
      On a l’impression que pour voir quelqu’un il faut désormais passer par un tamis-machine.
      P.S.: Bonne nouvelle. Les américains ont découvert une planète qui serait habitable. S’ils déménagent tous ils pourront convertir les indigènes, tout acheter, tout tuer. Et placer tout ça en banque… Puis se faire flouer par les banques. Avec leur « slogan »: IN GOD WE TRUST.

    • avatar

      Avec le temps, le slogan est devenu: In Gold we Trust.

      C’est assez pathétique de voir l’excitation quant à la possibilité d’aller étendre nos malversations ailleurs. C’est le propre de la prédation il faut croire. On a besoin de planètes jetables, parce qu’on nage dans la culture des bébelles cheap faites pour être démolies et remplacées et qu’on a une soif de renouveau qui frise l’inconscience et l’indécence:)

      Géronimo! Sus aux planètes à bousiller! Ça me fait penser au besoin actuel de dépolluer l’espace vu tous les déchets qui y ont été balancés au fil des ans lors des expéditions. Le train n’a pas quitté la gare encore que déjà les rails sont encombrés. Ça m’étonne toujours de constater le fossé naturel qui existe entre le génie et la décadence, comme si l’être primitif était incapable de ne pas tirer vers le bas la moindre de ses évolutions. Programmé pour se tirer dans un pied pourrait-on croire:)