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Le capitalisme n’est pas forcément la liberté!

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Milton Friedman déclarait en 1970 dans le Times Magazine que «la responsabilité sociale des entreprises est d’augmenter leurs profits». Il y faisait référence à son livre « Capitalisme et Liberté » où il assurait que «le monde des affaires une seule responsabilité sociale consistant à utiliser ses ressources et à s’engager dans des activités lui permettant d’augmenter ses profits». Friedman s’employait tout au long de cette analyse à dénigrer toute velléité de «responsabilité sociale» où ne devraient pas s’égarer les entreprises. Pour lui, un responsable «n’agit pas dans les intérêts de ses employeurs» s’il démontre des préoccupations d’ordre social. Dès lors, comment s’étonner de l’attitude souvent immorale du monde des affaires et de la finance face à la doctrine défendue par un éminent prix Nobel consacrant les profits comme dogme absolu? Pour Friedman, les individus n’ont effectivement qu’un seul devoir consistant à assurer leur prospérité et celle de leurs employeurs.
Cette quête du profit – critère absolu – contribuait donc à fragmenter et à compartimenter la société dont les individus se devaient – selon cette logique – de rechercher les bénéfices et de préserver leurs intérêts, loin de toute moralité et au risque de léser autrui. Car après tout, et c’est Friedman qui l’affirme dans cet article, « la société n’est qu’un groupement d’individus » dont l’obligation est de ne tendre que vers leurs propres résultats. C’est à peu près à cette période que Margaret Thatcher devait asséner significativement que « la société n’existe pas en tant que telle, qu’il y a juste des individus et des familles » !


De fait, nous évoluons aujourd’hui dans un monde où toutes les valeurs ont été bouleversées. Rien ne justifie en effet les écarts de revenus monumentaux entre hauts dirigeants d’entreprise et salariés, comme il est compréhensible que le citoyen de base puisse s’offusquer d’une telle inégalité. Ne serait-il pas sensé que l’amélioration des revenus du citoyen soit une combinaison du produit de la croissance et d’une meilleure redistribution? Une répartition équitable des richesses et des revenus au sein de nos nations occidentales, qui se prétendent civilisées, n’est-elle pas une des clés fondamentales de la stabilité économique ? Warren Buffett lui-même ne s’était-il pas ému à l’occasion de son éditorial du 14 août 2011 dans le New York Times de payer 17 % d’impôts sur ses revenus quand ses équipes, elles, s’acquittaient d’une taxe de 36 %?
Pourtant, Keynes nous a souvent mis en garde à l’encontre «des fautes notoires d’une société incapable de procurer le plein emploi et qui distribue revenus et richesses de manière arbitraire et inégale». Les priorités sont donc d’urgence à redéfinir à la lueur de bouleversements sociaux inéluctables, comme le vieillissement des populations, qui sera un des facteurs nécessitant le plus l’assistance de l’État. Ainsi, qui conteste encore aujourd’hui que la couverture santé, les transports publics, l’éducation nationale et les autres prestations sociales de l’État contribuent de manière décisive à la paix sociale et à la réalisation de l’individu ?
La démographie et les inégalités galopantes sont donc les deux raisons fondamentales qui imposent le retour de l’État, car il vaut mieux compter sur les pouvoirs publics que sur le secteur privé dès lors qu’il s’agit de soutenir la population. Pour ce faire, une équation cruciale à résoudre sera –pour reprendre le Président Barack Obama lors de son discours inaugural du 21 janvier 2009– non de savoir « si le gouvernement est trop grand ou trop petit, mais s’il fonctionne ».

 

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Michel Santi

 

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