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Le calendrier historique

Je vais vous présenter un calendrier historique découlant de mes recherches et d’une compilation des différentes trouvailles archéologiques. Il fait ressortir une interprétation logique liant ces découvertes entre elles expliquant d’une façon différente leur « évolution spéculée » jusqu’ici.

Ce calendrier peut très bien servir aux intéressés, comme outil de travail pour établir l’histoire probable de l’humanité ; c’est d’ailleurs ce à quoi il m’a servi jusqu’à maintenant.

Avec tous les résultats obtenus en archéologie, il était, selon moi, plus que temps de définir un calendrier qui décrirait la succession des avancés de l’histoire humaine à travers le monde entier et non, seulement d’une façon régionale.

Le calendrier, présenté ici, débute vers la fin de la fonte des glaciers, vers -9 600 av J.C.

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Depuis toujours, les hommes et autres animaux privilégient les rivages marins pour s’installer. Il est donc indiscutable que la majorité des humains s’était installée sur les plateaux continentaux autour des océans, près des fleuves qui s’y jetaient. En fait, tout comme nous l’avons fait nous-même.

Voici une idée des terres immergées (cercles rouges) depuis la montée des niveaux océaniques.

Les hommes se rendent compte, vers -11 000 av J.C., que le niveau océanique s’élève au fur et à mesure que les glaciers fondent. Arrive un moment où la vitesse de l’élévation du niveau de l’océan oblige la population à se réfugier assez rapidement sur les « hautes terres ». Toute leur organisation sociale est chamboulée et ils régressent rapidement. En revanche, leur arrivée sur les « hautes terres » plus « sauvages » provoque une poussée évolutive assez remarquable. La sédentarisation apparaît avant même l’adoption de l’agriculture. L’explication est assez facile ; c’est que les réfugiés étaient déjà sédentaires sur les plateaux continentaux. L’arc devient une arme usuelle, mais cette arme existait depuis déjà 25,000 ans. Les outils composés de microlithes améliorent leur technique de fabrication et les représentations artistiques font un bond en avant. De nouvelles pratiques funéraires (nécropoles) apparaissent ainsi que des « conflits sociaux » au sujet des territoires occupés. Les pirogues deviennent un outil commun et les nasses en bois tressé apparaissent pour la pêche.

La date de -9600 av J.C. s’avère donc acceptable pour commencer l’histoire de l’humanité à la suite de cette catastrophe écologique.

-9 600 av J.C.

Le niveau océanique s’approche de son niveau actuel. Un immense territoire côtier, aujourd’hui appelé plateau continental, est dorénavant immergé partout sur la planète. Un seul endroit est épargné : le plateau continental de la Mer Noire. À cette époque le Bosphore n’est pas un « détroit » mais un « Ishme » qui bloque les eaux de la mer de Marmara et l’empêche de se jeter dans la Mer Noire.

À Tell Quaramel, situé dans le nord de l’actuelle Syrie, existent les constructions les plus anciennes connues au monde ; celles-ci ont été datées entre –10 900 et –9 670 av. J.-C. Elles fournissent les premières preuves d’un peuplement permanent construit en pierre avant l’avènement de l’agriculture. Le site est un peu plus ancien que celui de Göbekli Tepe en Turquie.

Le site est situé dans la vallée d’une rivière fertile ayant été une route commerciale importante. Ce qui laisse à penser que le commerce fut l’instigateur de la sédentarisation.

Les archéologues y ont trouvé un développement continu contrairement à Jéricho qui fut implanté par des gens venus d’ailleurs.

Ces résultats confirment que la culture néolithique s’est formée simultanément dans de nombreuses régions du Proche-Orient, établissant des colonies et une architecture en pierre produisant les premières étapes vers l’urbanisme.

Les fouilles ont permis de découvrir les vestiges d’une succession de cinq structures rondes en pierres que les archéologues reconnaissent comme étant les restes de 5 tours circulaires superposées. Une telle tour se retrouve également à Jéricho.

Les premières occupations, découvertes dans les tranchées les plus au sud, comprenant une fosse profonde et une maison ronde, peuvent être datées du XIIe millénaire av. J.-C.

Le site a révélé une collection extrêmement riche d’utilisation quotidienne de silex, d’os et surtout d’objets en pierre, tels que des récipients décorés en chlorite ou en calcaire ainsi que des moulins, meules, mortiers, pilons, broyeurs, plaques de polissage, bols décoratifs, haches, aiguilles, vases de toilette miniatures, herminette, etc. On a également trouvé une figurine en argile représentant un oiseau, des dispositifs pour lisser les flèches ornées de pierres richement décorées de motifs géométriques, des représentations de serpents et d’êtres humains. Cela a plutôt l’air d’un « magasin général ».

Bien que Tell Qaramel se trouve à 180 km de la Méditerranée, les chercheurs ont découvert sur le site un poulpe, des coquillages et des tortues qui faisaient probablement partie de l’alimentation des résidants. Ce qui indiquerait des résidents « temporairement » en charge du « troc ». Tell Quaramel serait alors un « poste de traite » comme l’était le Jéricho de la même époque.

L’inventaire des trouvailles complète l’image déjà formée d’une communauté complexe et riche. Ce qui est l’apparence normale d’un « poste de traite ».

Les restes de 20 individus ont été découverts dans 12 tombes, tous des adultes. Les enfants sont évidemment absents des « postes de traite ». Sur la plupart des corps, la tête avait été enlevée, soit coupée peu de temps après la mort, soit après décomposition du corps. Les analyses archéologiques et squelettiques réalisées à partir de deux squelettes du site, montrent que les villageois ont utilisé des outils en pierre pour décapiter les morts.

Ces pratiques indiquent également un culte de la tête, comme cela est attesté dans d’autres sites néolithiques précéramiques (notamment à Jéricho à partir de –9 800 av J.C., Tell Aswad, et Çayönü à partir de –10 200 av J.C.).

Mais comme je suis convaincu que ces hommes « pré-historiques » étaient plus « pratiques » que « contemplatifs », je pense qu’il n’est pas question, ici, de « culte » et que ces sites étaient plutôt des « postes de traite », installés par les populations du plateau continental, qui y habitaient provisoirement et rapportaient les crânes des défunts à leur parents d’origine. La coutume de couper la tête aurait continué aussi longtemps que l’existence de ces « poste de traite ».

Mureybet : La phase IA correspond à la période du Natoufien récent, l’époque des premiers villages sédentaires, vers –10 200 à – 9 700 av. J.-C, contemporaine du développement du site voisin de Tell Abu Hureyra. Des foyers et foyers en fosse y ont été identifiés, mais aucun habitat n’a été repéré. Ce qui confirme l’opinion du « poste de traite ». Les habitants chassaient surtout la gazelle et l’onagre, pratiquaient aussi la pêche.

La phase IB a livré des traces d’architecture : une maison ronde semi-enterrée de 6 mètres de diamètre, construite avec des murs en terre consolidés par des pierres. Les niveaux IIA et IIB sont également attribués vers –9 700 à – 9 300 av. J.-C. L’industrie lithique comprend des grattoirs, herminettes, meules, molettes, et des pointes d’el Khiam. La faune et la flore exploitées sont les mêmes que durant la période précédente, mais la proportion de la gazelle croît considérablement, jusqu’à constituer 70 % de la faune identifiée.

Les phases IIIA et IIIB (vers –9 300 ;a – 8 600 av. J.-C.) s’étend sur la région du Moyen Euphrate (sites de Tell Abu Hureyra, Jerf el Ahmar, Dja’de, Tell Abr). L’espace occupé augmente, les maisons sont construites à proximité voire accolées les unes aux autres pour fin de sécurité. La sédentarisation a commencé produite par l’émigration des plateaux continentaux. L’espace intérieur commence désormais à être divisé entre plusieurs pièces.  Vers la fin de la période les maisons rondes ou ovales laissent progressivement la place à des constructions rectangulaires (preuve d’installation définitive de la part des émigrants). Elles sont divisées en petites unités, comprenant des espaces de stockage. L’industrie lithique, surtout à débitage laminaire, comprend des faucilles, meules, molettes, pilons, etc., de la vaisselle en pierre a été retrouvée. La place des céréales et légumineuses augmente dans l’alimentation. Du point de vue des pratiques funéraires, certaines inhumations se font sous les maisons, avec des inhumations secondaires de crânes détachés du corps et d’ossements. Ce sont probablement les crânes d’ancêtres apportés lors de l’émigration. Diverses figurines et statuettes ont également été retrouvées dans ces niveaux.

Les phases IVA et IVB (vers –8 600 à – 8 000 av. J.-C.) correspondent au Néolithique précéramique B ancien et moyen. La première n’a pas livré d’architecture, mais du matériel lithique, des restes de faune et de flore en gros identiques à la période antérieure, les bovins sont peut-être domestiqués ; preuve d’une sédentarisation accomplie. La seconde comprend une architecture rectangulaire partiellement dégagée, avec apparemment la présence de moutons et chèvres domestiquées. Le site est abandonné vers la fin du IXe millénaire av. J.C. Le commerce se serait donc déplacé vers ailleurs.

-9 500 av J.C.

Jerf el Ahmar est un site archéologique de Syrie. Les occupations les plus anciennes sont constituées de bâtiments ronds agglutinés, certains séparés par des espaces communs, mais une construction polygonale apparaît rapidement. Puis au cinquième niveau les constructions ont toutes des murs rectilignes, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, mais leurs angles restent arrondis. Les croisements des murs sont interpénétrés (chaînage), ce qui les consolide. Cela permet ensuite la construction de bâtiments quadrangulaires, les maisons rectangulaires apparaissant aux niveaux les plus récents. Durant ces différentes périodes, différents types de construction coexistent, à la différence des périodes postérieures durant lesquelles le modèle de la maison quadrangulaire est systématique.

Deux bâtiments communautaires similaires ont été fouillés, à l’est niveau I et à l’ouest niveau II. La construction communautaire du niveau II de la partie ouest est de forme arrondie et enterrée, étayée de pierres et ses murs sont enduits. L’édifice est consolidé par une douzaine de poteaux. C’est manifestement le produit d’un travail collectif qui nécessitait un « directeur des opérations ». Ces constructions, similaires à celle trouvée à Mureybet, sont organisées autour d’un espace central, desservant des petites cellules et des plateformes surélevées. Les cellules servent d’espaces de stockage. Et l’organisation générale démontre un lieu de « commerce » plutôt qu’un lieu de « culte ».

Le bâtiment du niveau II ouest a été détruit par un incendie, et en son centre gisait un cadavre allongé auquel il manquait le crâne et les vertèbres, manifestement enfoui là juste avant la destruction du bâtiment.

Un troisième bâtiment communautaire circulaire (EA 53) a été mis au jour, délimité par un mur de soutènement et enterré sur 2 mètres environ. Il est constitué d’une seule pièce centrale disposant d’une banquette qui fait tout son tour et forme un hexagone équilatéral parfait. Le devant de cette banquette est constitué de dalles en craie décorées par raclage d’une frise continue de triangles en champlevé en plus d’autres motifs plus isolés ; cette frise est reproduite sur les piliers situés aux angles de la banquette afin d’assurer la continuité de la frise. Au vu de son organisation interne, ce bâtiment est interprété comme un lieu de réunion similaire à ce qu’on appelle aujourd’hui une « salle de conférence ». Où peut-être est-ce une salle d’exposition de marchandises.

L’orge, l’engrain et les légumineuses, morphologiquement sauvages, sont consommées sur le site et occupent une place de plus en plus importante au fil du temps. Les formes des outils de cueillette/récolte évoluent, et des structures de stockage sont présentes. Ce qui suppose des ressources en surplus à conserver pour les « vendre ».

La balle des céréales sert également pour la construction, mêlée à de l’argile. Cela plaide donc en faveur de la présence d’une forme d’agriculture (probablement celle qui fait pousser les choses) autour de Jerf el Ahmar. La présence de céréales domestiques est confirmée à la période suivante sur d’autres sites de la région.

Le IXe millénaire commence au prochain article.

Amicalement

André Lefebvre

 

Auteur de:

L’Histoire… de l’univers

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 1:  La Science Secrète)

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 2: Le Mystère Sumérien

Le tout dernier livre, paru en novembre 2016 (version gratuite):

Histoire de ma nation

Tous mes livres sont offerts GRATUITEMENT chez:

http://manuscritdepot.com/a.andre-lefebvre.7.htm#menu

 

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