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Le calendrier historique (4)

5000 av J.C.

Afrique : néolithique de Khartoum en Haute-Nubie. Période humide. Le site de Shaheinab, à 50 km au nord de Khartoum, sur la rive ouest du Nil, atteste de l’élevage d’animaux domestiques : bœuf (bos primigenius), mouton (ovis ammon) et chèvre (capra aegagrus). Agriculture possible (sorgho et millet). Présence de nombreuses meules.

Culture du Néolithique moyen dans la région de Kerma en Nubie. Élevage. Apparition d’une céramique polie à bord noir.

Occupation du site néolithique d’El-Omari, village proche d’Helwan, en retrait de la bordure nord-ouest de la vallée du Nil en Égypte. Des installations légères sont associées à des puits-silos de stockage, peu profonds. Plusieurs sortes de blé, d’orge, de seigle, des fèves ainsi que du lin sont cultivés et mis en réserve. L’élevage est semblable à celui de Mérimdé (présence d’ânes domestiques), mais la chasse se limite essentiellement à l’hippopotame, négligeant les volatiles des marais ou la faune de la steppe savanicole. L’âne domestique, attesté pour la première fois en Égypte, permet des contacts (commerce) avec le Sinaï et la mer Rouge (silex, coquillages, galène). Le seul endroit où nous avons rencontré des ânes domestiques jusqu’ici était dans la civilisation d’Obeid en -5,800 av J.C. en Mésopotamie. Ce qui crée un lien de plus entre cette région et l’Égypte.

Israël : Des fouilles, menées depuis plus de deux ans et demi, ont permis de révéler une localité, vieille de 7,000 ans (-5,000 av J.C.), un cimetière, un « temple » dédié à des rituels religieux (ou plutôt un édifice commercial), mais aussi des fortifications longues d’une vingtaine de mètres et hautes de deux mètres, qui était à l’époque « le pays de Canaan » ; explique l’archéologue Dina Shalem. Environ quatre millions de fragments ont été trouvés sur le site, a aussi indiqué Itaï Elad, provenant de poteries, d’outils en silex et de vases en pierre et en basalte, dont une partie viendrait d’Égypte. Donc un commerce « structuré » avec l’Égypte en -5,000 av J.C. Ceci nous indique qu’il nous manque beaucoup d’informations sur l’Égypte de -5,000 av J.C. qui serait l’époque des « Suivants d’Horus » (Shemsou Hor) qui étaient arrivés par la Mer Rouge, venant du Golfe Persique. C’est l’époque où les Égyptiens sont installés de façon « structurée » en bordure du Delta. Le plus ancien site-témoin d’une réelle sédentarisation est Mérimdé Beni Salamé (5400, 5000 av. J.-C.), au sud-ouest du Delta. On y pratique l’agriculture et l’élevage. Les sociétés agro-pastorales qui peuplaient alors le nord de l’Égypte au VIe millénaire, dont la culture de Mérimdé, rappellent celles qui vivaient alors dans le « Croissant fertile » ; ce qui confirme un lien commercial. Pour preuves, certains éléments accessoires de la dynastie 00 et 0 qui furent empruntés de l’ancienne civilisation d’Uruk et de Suse ; entre autres, des croyances homogènes concernant l’origine du pouvoir des rois et de la vie après la mort, incluant les sceaux égyptiens copiés sur les sceaux mésopotamiens. La structure commerciale de l’époque est confirmée en Égypte par la tombe de Scorpion Ier qui contenait 700 jarres de vins de Palestine. Vous trouverez tout cela dans mon livre « L’énigme égyptienne ».

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Amérique : début de la culture du maïs dans la vallée de Tehuacán (Mexique actuel). Le site de Guilá Naquitz dans l’État mexicain d’Oaxaca livre des traces les plus anciennes de maïs domestique et celui de San Andrés dans l’État de Tabasco des preuves indirecte antérieures à 5000 av. J.-C. L’agriculture du maïs se serait diffusée dans les haute-terres du Mexique à partir des zones tropicales (site de Xihuatoxtla, vers –6750 av. J.-C

Le site de plein air de Gheo-Shih (Rio de las Jicaras, Oaxaca, au Mexique) réunit pendant la belle saison un groupe de vingt-cinq personnes (macro-bands) qui pratiquent la cueillette des gousses de mezquite et de micocoulier, échangent des matières premières, des objets et du savoir-faire, réalisent des mariages, avant de se séparer en petits groupes familiaux. Le commerce (troc) est donc également présent dans ces régions.

Asie et Pacifique : premières traces de riz cultivé sur les sites de Non Nok Tha et Ban Chiang au nord de la Thaïlande.

Chine : l’agriculture se développe et devient la source principale de nourriture, ce qui entraine l’augmentation de la population qui passe d’un à vingt millions d’habitants du début à la fin du néolithique. On remarque l’augmentation de la taille des villages et l’apparition d’une organisation sociale complexe, avec les premiers signes de hiérarchie sociale. La néolithisation s’étend vers les zones périphériques. Certains villages se dotent de bâtiments cérémoniels (peu plausible) et de murs d’enceintes. Les tombes et leur mobilier raffiné (objets en jade) trahissent l’émergence d’élites (et l’existence possible du commerce).

Culture de Hemudu au sud de la baie de Hangzhou, près de l’embouchure du Yangzi Jiang. Dans les vallées moyennes et inférieures du Yangzi Jiang, se distinguent deux cultures contemporaines de celles de Yangshao et de Dawenkou et d’un niveau technique comparable, mais dont l’économie est basée sur la culture inondée du riz : Hemudu, Majiabang. La domestication du buffle est attestée, de même que celle du chien et du porc. L’outillage en bois l’emporte sur l’outillage en pierre et la construction des maisons implique le recours à des assemblages à tenons et mortaises. Les plus anciennes navettes de tissage ont été découvertes dans le bas Yangzi. Vers la fin du IVe millénaire, la température de cuisson des céramiques atteint 950 à 1000 degrés.

Culture néolithique de Yangshao au centre et au Nord-Ouest de la Chine, née dans le bassin moyen du fleuve jaune (phase de Banpo, 5000-4000 av. J.-C.) (sud du Shaanxi, sud-ouest du Shanxi), et qui va lentement se diffuser vers l’est (Henan, sud du Hebei) et vers l’ouest jusqu’au Gansu et au Qinghai. Elle occupe la zone du lœss. Loin d’être homogène, elle se caractérise de façon générale par l’importance de l’économie agricole (millet) combinée avec la chasse, la pêche et la cueillette, un outillage lithique de houes, bêches, couteaux et meules en pierre polie, l’élevage du porc et du chien, et peut-être de bovidés, des poteries peintes ou cordées et des maisons de torchis circulaires semi-souterraines ou de plain-pied.

Culture néolithique de Daxi sur le cours moyen du Yangzi, dans le sud de la Chine.

Proche-Orient : Susiana tardif dans le Zagros.

Maîtrise de la métallurgie du cuivre.

Obeid 4 en Mésopotamie méridionale et centrale. À la fin de la période d’Obeid apparaissent les premiers exemples de temples à Eridu (niveau VIII-VI) et peut-être à Uruk. L’agriculture irriguée permet de larges concentrations de population. Eridu couvre probablement dix ha avec une population de 4 000 habitants. Premières attestations du lapis-lazuli à la fin de l’époque d’Obeid sur le site de Tepe Gawra. Les mines principales de lapis-lazuli utilisés dans l’ensemble du Proche-Orient se trouvent en Afghanistan septentrional, à Badakhshan dans la vallée d’un affluent de l’Amou-Daria. Ce qui confirme l’existence d’un commerce étendu. Les pierres transitent au Proche-Orient par deux voix principales : au nord par la Bactriane, le Turkestan, la rive méridionale de la Caspienne et l’Elbourz ; au sud par le Séistan où se trouve le site de Shahr-i Sokhteh, spécialisé dans la taille des pierres avant leur expédition vers le golfe Persique.

Fondation de Byblos au Liban.

Europe : production de bracelets en schiste dans le Bassin parisien (groupe de Villeneuve-Saint-Germain.

Culture de Samara sur le cours moyen de la Volga.

4800 av J.C.

Europe : la culture de Lengyel (ouest de la Hongrie, est de l´Autriche, Moravie, Bohême et nord de la Croatie.

Première exploitation des mines de cuivre de Ai Bunar en Bulgarie.

Production de haches de pierre polie en éclogite, omphacite, où jadéite (plus rarement serpentine, amphibolite ou néphrite) dans les Alpes italiennes (mont Viso), faisant l’objet d’un réseau d’échanges à longue distance en Europe occidentale comme objet de prestige. On retrouve ces haches dans toute la France, dans les tombes mégalithiques de Bretagne (tumulus Saint-Michel à Carnac), en Espagne et en Italie, en Allemagne, au Danemark, dans les Îles britanniques jusqu’en Écosse.

Culture de Cucuteni-Tripolyé à l’est du Danube, entre les Carpates et le Dniepr. Villages agricoles pouvant compter plus de 150 maisons.

4750 av J.C.

Grèce : Néolithique récent en Grèce. Colonisation des Cyclades. Les Cyclades connurent une grande prospérité lors du néolithique, en partie grâce à l’obsidienne, dont Milo, île volcanique, était une des principales sources ; on trouve de l’obsidienne mélienne jusqu’en Thessalie et Asie Mineure.

4700 av J.C.

Europe : début de la construction des alignements mégalithiques de Carnac, dans le Morbihan. Première phase de la construction des tumuli de Bougon dans les Deux-Sèvres, caractérisée par des chambres funéraires construites en encorbellement de pierres sèches.

Fondation du premier centre urbain d’Europe, de 350 habitants, à Solnitsata près de Provadia dans l’est de la Bulgarie, autour d’une production de sel commencée en 5500 av. J.-C. pour conserver les aliments. Il comprend une citadelle fortifiée, une fosse sacrificielle et une nécropole.

Culture de Khvalynsk dans la région de la Volga, en Russie.

4600 av J.C.

Europe : culture néolithique de Cerny dans le bassin parisien. Le groupe de Cerny ouvre des mines de silex, entoure certains sites de fossés et entre en contact avec les cultures méridionales.

Nécropole de Varna en Bulgarie. Dans une des tombes (n° 43), un homme de 40 à 50 ans a été inhumé avec 990 objets en or, des outils en cuivre, des armes en silex, des bijoux en os, des coquillages et des céramiques.

4500 av J.C.

Europe : néolithique moyen en Europe occidentale. Développement d’importants réseaux d’échanges qui provoquent la fusion des différentes cultures néolithiques et aboutissent vers 4200 av. J.-C. à la culture Chasséenne de Paris (site de Bercy) à la Provence et l’Italie du Nord (poteries fines, à fond rond).

Les mégalithes apparaissent principalement sur la façade atlantique (dolmens à couloir au sud du Portugal et à l’extrême ouest de la France, tumuli géants en Europe du Nord). La fonction des menhirs reste une énigme (cultes astronomiques ?). Mais les dolmens ont un rôle funéraire, culte des ancêtres, et surtout une fonction communautaire, posant de véritables marques territoriales, telles les cathédrales médiévales.

Les sépultures collectives sont adoptées en Europe de l’Ouest.

Les ressemblances architecturales entre les mégalithes du sud et du nord de l’Europe ainsi que de nombreux échanges de poteries et de bijoux impliquent la maîtrise de la navigation sur l’Océan Atlantique, la Manche et la mer du Nord. Autrement dit : la voile est utilisée.

Culture chalcolithique de Tiszapolgár dans l’ouest de la Roumanie et la Hongrie. Le cimetière de Tiszapolgár-Basatanya (Hongrie) comporte 156 tombes individuelles, à de rares exceptions près. La quantité et la nature des objets funéraires marquent des distinctions sociales (objet d’or et de cuivre pour les tombes les plus riches, silex et poteries pour les plus pauvres).

Néolithique moyen en Crète.

Culture de Sredny Stog dans les steppes eurasiatiques, sur le cours moyen du Dniepr. Le site de Dereivka en Ukraine (agglomération et cimetière), daté entre 4200 et 3800 av. J.-C., révèle une proportion étonnante d’ossements de chevaux (74 %) comparativement à ceux des bovins (19 %) et des moutons, chèvres et porcs (7 %), ce atteste la domestication du cheval. Les populations du groupe de Sredny Stog vivent dans des établissements permanents faits de vastes maisons rectangulaires à colombages.

4400 av J.C.

Égypte : Culture de Badari du Prédynastique ancien en Égypte, caractérisée par un ensemble de nécropoles, localisées sur une trentaine de kilomètres au sud de la Moyenne-Égypte (Badari, Hemamieh). C’est un centre fort de civilisation, fusionnant des apports multiples du nord-est, du sud et de l’ouest. Le Ouadi Hammamat semble avoir été une voie privilégiée des contacts avec le nord-est, par la mer Rouge. Le site de Tasa, au nord du secteur, paraît plus influencé par les cultures du nord de la vallée. Les Badariens connaissent le cuivre.

À Badari, le contenu des céramiques funéraires atteste une pratique agricole avec prédominance des espèces sauvages par rapport aux espèces cultivées (blé, orge), avec un riche outillage de faucilles de silex. On y cultive les espèces « sauvages » ; autrement dit : on domestique ces espèces comme on l’a déjà fait ailleurs (Chine, Proche-Orient).

Le site de Badari laisse peu de traces d’habitat. Seules des huttes ovales de structures légères ont été retrouvées. Par contre, il conservait des centaines de tombes, évoluant de la tombe à fosse ovale à la fosse rectangulaire, souvent inhumations multiples de deux ou trois individus ensevelis en position contractée, tapissées en vannerie, pouvant contenir un mobilier funéraire important, notamment en poterie d’offrande.

La belle qualité de la céramique caractérise le « badarien » : en particulier une poterie rouge ou brune polie, dont la partie supérieure est noire. La cuisson en réduction qui donne l’aspect noir à la terre-cuite s’effectue en plaçant l’objet retourné dans la cendre. Ce principe, caractéristique du Nagada I (-3900 av J.C.) s’appliquait donc déjà pour la culture de Badari en 5500 av J.C. On voit aussi apparaitre des jarres semblables à celles que l’on trouve au Nagada I, en terre cuite peinte, avec le motif d’un bateau à l’engobe rouge. Le motif « spécial » et « exclusif » d’un bateau devrait représenter un évènement de cette époque, important pour eux. Sinon, pourquoi incorporer un bateau au lieu de lignes décoratives ?

Il s’y ajoute l’artisanat du cuir, de l’os, de l’ivoire et le travail de la pierre (palettes à fard en schiste, broyeurs, colliers de perles en cornaline, jaspe, albâtre, brèche et calcite). La présence de perles de cuivre et de turquoise est notable. En ronde-bosse sont réalisées des figurines féminines en terre cuite ou ivoire, parfois aussi des figures animales.

Europe : première vague de la civilisation des Kourganes dans les steppes du nord du Caucase, entre la mer Noire et la Caspienne (Kouban). Expansion des Proto-Indo-Européens selon l’hypothèse kourgane formulée par Marija Gimbutas. Ce fichu mot « proto » m’énerve un peu car il semble dévaloriser ce auquel il est accolé ; ce qui est inexact. En comparaison on peut dire que les Canadiens-français de la Nouvelle-France étaient des « proto-Québécois » ; ce qui ne les dévalorise aucunement.

La civilisation des Kourganes embrasse la culture de Khvalynsk de la moyenne Volga, la culture de Sredny Stog du Dniepr moyen, les cultures de Kemi-Oba, de Mikhaylovka moyen et d’Usatovo ainsi que les cultures contemporaines de la steppe occidentale et de la région de steppe forestière, les cultures Novosvobodna et Maïkop au nord du Caucase et l’ensemble du complexe culturel Yamna de la steppe pontique et caspienne et ses variantes régionales. Ces communautés vivent de l’élevage et de la culture des céréales dans les steppes du sud de la Russie, autour de la mer Noire, au sud de la mer d’Aral et plus à l’est autour de l’Ienisseï. L’élevage, favorisé par d’immenses pâturages, prédomine. Finalement nous sommes face à une seule « culture » avec des « spécialités » régionales.

4350 av J.C.

Europe : le site de la grotte de la baume de Fontbrégoua dans le département du Var, en France, a permis de découvrir dans la couche du Néolithique cardial des traces d’anthropophagie. L’analyse des os trouvés dans dix cuvettes aménagées a permis à Jean Courtin de déterminer que trois d’entre elles contenaient des os humains traités comme ceux des animaux. Il s’agit des restes d’une dizaine de personnes brachycéphales (crane rond), victimes de dolichocéphales (crane allongé), grands et robustes.

Culture néolithique de Michelsberg en Rhénanie, en Belgique et dans Nord-Est de la France. Exploitation, par les hommes de Michelsberg, des minières néolithiques de silex de Spiennes, en Belgique.

4200 av J.C.

Europe : fréquentation du cairn de Gavrinis dans le Morbihan, caractérisé par les dalles gravées du couloir de la chambre funéraire.

Gravures rupestres d’Alta, en Laponie.

Culture des vases à entonnoir au Danemark, en Scandinavie, au nord des Pays-Bas, de l’Allemagne, de la Pologne et de la Russie.

Proche-Orient : première période d’occupation de la ville de Suse, dite période Suse I (datation au carbone 14 entre 4395-3955 av. J.-C. et 3680-3490 av. J.-C.37). Deux établissements l’Acropole (7 ha) et l’Apadana (6,3 ha), fusionnent plus tard pour former la ville proprement dite (18 ha). La cité, située sur la frange nord-est de la Mésopotamie méridionale (frange irakienne des monts Zagros), développe dès cette époque une civilisation raffinée, rattachée à la culture d’Obeïd. On y voit s’ériger l’ancêtre des ziggourats, sous forme d’un massif funéraire autour duquel sont groupées les tombes, puis une terrasse haute.

4100 av J.C.

Proche-Orient : période d’Uruk, centrée sur la Basse-Mésopotamie. La région connait une forte croissance démographique et voit la multiplication des agglomérations, puis l’apparition des premières villes. Les techniques progressent : araire, traineaux puis chariots à quatre roues pour le transport du grain, bateaux à voile, tour de potier, métallurgie du bronze, écriture. La civilisation d’Uruk est caractérisée par sa céramique à engobe gris ou rouge faite en série et des écuelles à bords biseautés.

Des sceaux-cylindres et des bulles d’argiles de formes sphériques, creuses, contenant un certain nombre de calculi apparaissent pendant la période d’Uruk moyen ; la surface externe est occupée par des déroulements de sceaux-cylindres et par des encoches qui signalent à l’extérieur le contenu de l’enveloppe. Cet objet répond à des besoins précis de gestion comptable : le ou les sceaux identifient l’expéditeur, l’enveloppe porte l’indication d’un volume de marchandises. Au point d’arrivée, il est facile de contrôler cette quantité en la confrontant avec celle portée sur la surface externe de la bulle sous forme d’encoche. En cas de contestation, en brisant la bulle, on obtient confirmation de la marchandise expédiée au départ. Les découvertes de ces bulles ont lieu de l’Iran à la Syrie en passant par la Mésopotamie. Des traces d’acide tartrique (issues du vin), sont retrouvées dans une amphore d’Uruk datée vers 4000 av. J.-C.

4000 av J.C.

Afrique : fin de la période humide de l’Holocène moyen en Afrique tropicale. Début d’une tendance à long terme à l’aridification.

Cultures du nord de la vallée du Nil : Maadi, Ouadi Digla, Héliopolis, Bouto.

Développement de l’agriculture et du pastoralisme attesté sur le site de Iwo Eleru, au Nigeria ; outil de pierre (grès) sans doute destiné à être attaché sur un manche pour faire une houe ; hache de pierre (sillimanite), peut-être utilisée pour des défrichements ; couteaux-faucilles de lames de calcédoine fixés sur un manche par des ligatures ou du mastic.

Amérique : espaces agricoles irrigués par des canaux dans la vallée de Zaña au nord du Pérou. Les canaux d’irrigation ne sont donc pas exclusifs à la Mésopotamie.

Asie et Pacifique : phase Balakot de la civilisation pré-harappéenne de la basse vallée de l’Indus en Inde.

Phase I du site de Mundigak en Afghanistan, rattaché au chalcolithique du Baloutchistan central.

Chine : culture néolithique de Dapenkeng dans le Sud de la Chine, dans les provinces maritimes du Fujian et du Guangdong ainsi qu’à Taïwan. Premières migrations du littoral du Sud de la Chine vers Taïwan de populations considérées comme les ancêtres des Austronésiens.

Culture néolithique de Yangshao moyen, phase de Miaodigou, sur une grande partie de la Chine du Nord, basée sur la chasse, la culture du millet, l’élevage du chien et du porc. Les contacts commencent à se multiplier au cours du millénaire entre les grands groupes de communautés villageoises. Les échanges sont alimentés par la céramique peinte de Yangshao dans le Nord-Ouest, les pots noirs brunis caractéristiques de Longshan dans l’Est et le jade du Sud-Est.

Proche-Orient : chalcolithique (âge du cuivre) moyen (4000-3700 av. J.-C.) en Iran (niveau Sialk III). Les habitants de Sialk ne semblent ni sémites, ni indo-européens ; d’où viennent-ils ? Progrès dans l’architecture, four et tour de potier, fonte du cuivre, sceaux. Première utilisation de l’araire. Remarquable céramique typique du style de Suse.

3800 av J.C.

Afrique : culture de Nagada I ou Amratien en Haute-Égypte. Un système de canaux et de digues d’irrigation aurait été mis en place dès cette époque, que suggéreraient des motifs retrouvés sur les peintures des vases.

La culture du groupe « A » (en) en Basse-Nubie, entre la Ire et la IIe cataracte du Nil apparaît à la fin de la période de Nagada I et adopte nombre de ses traits culturels. Civilisation semi-nomade, elle est un relais des échanges égyptiens vers l’Afrique, notamment avec le Néolithique de Khartoum. Le site de Khor Dahoud (vers 3500-3400 av. J.-C.), est le lieu d’échange entre l’Égypte des époques de Nagada II et III et la culture du groupe A de Basse-Nubie. 578 silos, de nombreuses jarres attestent l’intensité du commerce du vin, bière, huiles, des poteries nagadiennes contre l’ivoire, l’ébène (heben), l’encens, l’or, les peaux de félins.

3750 av J.C.

Amérique : débuts de la céramique en Colombie (sites de San Jacinto, 3750 ± 430 av. J.-C.

3700 av J.C.

Asie et Pacifique : culture énéolithique de Botaï, au Kazakhstan. La domestication du cheval y est attestée vers 3500 av. J.-C. Développement de grands villages (15 ha) de huttes semi-enterrées en clayonnage et bois, bâtiments collectifs de stockage.

3600 av J.C.

Asie et Pacifique : phase Amri de la civilisation pré-harappéenne de la basse vallée de l’Indus en Inde.

3500 av J.C.

Afrique : culture de Nagada II ou Gerzéen en Égypte ; évolution et extension progressive des traits culturels de Nagada au nord de la vallée (culture de Maadi-Bouto). Apparition des premières cités de la vallée du Nil, bâties sur des éminences (kôms) naturelles échappant à la crue, se structurant architecturalement à l’intérieur d’enceintes (El-Kab, Hiérakonpolis, Éléphantine, Abydos). Un célèbre couteau ouvragé d’ivoire et de silex de cette époque conservé au musée du Louvre a été découvert à Gebel el-Arak près d’Abydos.

Il est intéressant d’étudier ce couteau. On observe une scène de bataille sur l’avant et le développement d’un thème « mythologique » sur l’arrière (du côté où se trouve la bossette).

Il est clair que le « thème mythologique » présenté, n’est pas un thème égyptien puisque le personnage est définitivement un sumérien. De plus, ce personnage contrôlant deux lions est connu, c’est un thème attribué à Gilgamesh d’Uruk. Le chapeau du personnage confirme le tout puisque c’est le genre de chapeau attribué aux « dieux » (Puissants » sumériens.

Ce couteau daté d’environ 3300 av J.C. s’inscrit dans la chronologie officielle à l’époque du Gerzéen qui débute en 3500 av J.C. Le Gerzéen (Nagada) diffère par la production d’une céramique qui développe des motifs stylisés : géométrisant pour reproduire des thèmes végétaux et naturalistes pour représenter la faune (autruche, bouquetins, cervidés). De plus, les poteries et les palettes de fard s’animent de personnages et de barques transportant des emblèmes divins. Les « dieux » arrivent par bateaux.

Ces emblèmes « divins » sont évidemment des personnages sur les bateaux en question qui ne sont certainement pas des « dieux » en croisière mais plutôt des « Puissants » de Sumer qui envahissent l’Égypte. Il n’est donc plus étonnant de trouver ce couteau sumérien à Abydos.

Amérique : culture Valdivia en Équateur. Pèche, chasse, cueillette, agriculture tropicale (cotonnier, haricots, balisier, calebasses). Céramique et figurines féminines.

Asie et pacifique : période chalcolithique de Mehrgarh IV à V au Pakistan (phase Kechi Beg). Le nombre des établissements agricoles augmente considérablement au IVe millénaire. Dans la région de Mehrgarh, on compte maintenant plusieurs sites dans un rayon de quelques kilomètres. Leur position géographique implique l’existence de canaux d’irrigation, dont des traces ont été découvertes. L’industrie de la céramique progresse dans les villages du Baloutchistan et se distingue par la fabrication en série de récipients utilitaires réalisés au tour et de bonne qualité (céramique polychrome du style de Kechi Beg). À Mehrgarh, des restes de four, de complexes de magasins, ainsi que d’ateliers de lapis-lazuli, de turquoise et de cornaline, indiquent une amélioration rapide des techniques. Dans la même zone d’activités artisanales, on a trouvé un ensemble de creusets contenant des traces de cuivre, dans lesquels des lingots de 11 cm de diamètre était fondus. Les céramiques à motifs géométriques en escaliers du style de Quetta se répandent dans une grande partie du Baloutchistan à la fin du IVe millénaire et au début du IIIe millénaire av. J.C.. Des ressemblances sont manifestes avec le style de Geoksyur, au Turkménistan méridional de la période Namazga III, ce qui témoigne de certains liens commerciaux avec l’Asie centrale.

Chine : culture néolithique de Yangshao récent en Chine. Des systèmes régionaux complexes entre villages se développent et les premières différenciations sociales apparaissent. Deux types de cultures émergent : les cultures du type de Dadiwan et celles du type de Xishan. Le site de Dadiwan livre trois sortes d’habitations dont un grand bâtiment communautaire de 290 m², qui devait servir de lieu d’échanges et de festivités entre les villages de la région alentour. Des vases de stockage, des bols et des récipients en céramique standardisés de tailles diverses utilisés peut être comme mesures à grain y ont été retrouvés.

3400 av J.C.

Amérique : complexe culturel précéramique Abejas de la vallée de Tehuacán, au Mexique. Les plantes cultivées (maïs, courge, piment, haricot) deviennent prédominantes dans l’alimentation par rapport aux plantes sauvages. Le maïs devient essentiel. La chasse et la cueillette continuent à fournir une partie de l’alimentation. Villages composés de 5 à 10 maisons circulaires semi-enterrées.

La découverte à Jiskairumoko, un site archéologique occupé entre 3400 et 1600 av. J.-C., près du lac Titicaca, de particules d’amidon retrouvés sur des outils de pierre, dont certaines appartiendraient à des pommes de terre cultivées et seraient les plus anciennes preuves de leur domestication.

Asie et Pacifique : occupation du site proto-urbain de Sarazm dans la vallée du Zeravchan au nord-ouest du Tadjikistan, à la frontière avec l’Ouzbékistan. Le site combine les traits des grandes civilisations urbaines d’Asie méridionale (architecture monumentale en brique crue, centre cultuel (ou commercial), ensemble palatial, quartiers d’habitations, artisans spécialisés, greniers communautaires, irrigation) et ceux propre aux nomades des steppes (métallurgie, tombes monumentales, pointes bifaciales en pierre façonnées par pression). La présence de minéraux (or, étain argent, pierres fines) dans différents niveaux souligne le rôle de l’exploitation des ressources minérales des montagnes environnantes dans l’économie du site.

Proche-Orient : culture kouro-araxe dans le sud du Caucase, dans l’est de l’Anatolie et dans le nord-ouest de l’Iran, caractérisée par une céramique noire lissée à paroi interne claire et des kourganes, peut-être liée aux Hourrites et aux Urartéens.

Âge du bronze ancien en Iran (niveau Sialk IV, 3400-2900 av. J.-C.)

Occupation de Habuba Kabira comptoir sumérien (poste de traite) fortifié en Syrie, pour son commerce de longues distances. Occupation du site voisin de Djebel Aruda.

Débuts de l’écriture en Mésopotamie, à Tell Brak, Uruk et à Suse, dont on trouve les traces sur des tablettes pictographiques d’argile utilisées pour les comptes commerciaux.

3300 av J.C.

Égypte : période thinite en Égypte. Elle regroupe les deux pré-dynasties archaïques, associées à la ville de This en Haute-Égypte. La palette de Narmer témoigne de l’unification politique du pays.

La palette de Narmer ou grande palette de Hiérakonpolis est une palette à fard datée du XXXIIe siècle avant notre ère (-3200 av J.C.) portant parmi les plus anciens hiéroglyphes connus. Elle décrit le roi vainquant un peuple non identifié (probablement des Égyptiens). Narmer est présenté en tant qu’Horus ou qu’un « Suivant d’Horus ».

Le nom de Narmer est souvent écrit sous une forme abrégée avec simplement le symbole de poisson-chat (silure) et on sait que le silure est originaire de la région de la Mer Noire.

L’image de Narmer sur la palette est montrée portant une queue de taureau, symbole du pouvoir en Mésopotamie. De plus, « Narmer » est un nom d’Horus.

Amérique : restes de maïs (phytolithes et pollens) collectés près du lac Ayauchi en Amazonie équatorienne, au pied des Andes.

Asie et Pacifique : culture d’Afanasievo en Sibérie méridionale.

Australie : Style de peinture rupestre dit « au rayon X » en Australie (on voit apparaître les organes internes et la colonne vertébrale des personnages représentés), toujours pratiqué en Terre d’Arnhem.

Chine : culture de Majiayao sur le cours supérieur du fleuve Jaune.

Culture de Liangzhu dans le delta inférieur du Yangzi, autour du lac Taihu, dans le Zhejiang, le Jiangsu et la région de Shanghai. Elle connait une forte différenciation sociale et livre des tombes richement pourvues d’objets en jade (doloires, coupes, perles, cylindres cong gravés d’un motif d’homme-animal, disques bi) ou en céramique. Les sites de cette culture forment des groupements. Chacun d’entre eux est organisé autour d’une place centrale occupée par un grand bâtiment public et entourée par des tombes élaborées. Au nord du groupement de Mojiaoshan se trouve le plus ancien système hydraulique complexe de Chine, composé d’une série de barrages et de digues destinés à prévenir les inondations, à la navigation et à l’irrigation. La culture de Liangzhu s’effondre à la fin du IIIe millénaire, suite à des crises sociales internes et/ou à des catastrophes naturelles (inondations).

Proche-Orient : apparition de l’État et de l’écriture en Iran du sud-ouest, dit phénomène Proto-Élamite (Suse III). L’art exprime clairement l’appartenance de Suse au domaine iranien : les sceaux, moins diversifiés qu’à l’époque d’Uruk, mettent en scène des animaux en mouvement ou pratiquant des activités humaines ; des statues apparaissent qui ne peuvent être confondues avec celles de Sumer. Des tablettes à l’écriture non sumérienne, très nombreuses et parfois de grand format, sont l’indice d’une gestion économique très poussée. Suse apparaît comme un centre d’échanges actifs en relations étroites avec Tépé Sialk au nord-est, Tépé Yahya au sud-est et Shar-i-Sokhta au-delà du désert de Lut.

3150 av J.C.

Proche-Orient : période de Djemdet Nasr en Mésopotamie du Sud. Expansion commerciale, développement de la sculpture en ronde bosse, apparition des Sumériens, premières cités-États : Uruk, Lagash, Umma, Larsa, Eridou).

-3000 av J.C.

Israël : On a trouvé les vestiges d’une ville construite il y a 5,000 ans (-3000 av J.C.), une des plus anciennes et des plus grandes du Proche-Orient à l’époque, sur le site archéologique d’En Esur qui aurait été abandonné au troisième millénaire avant notre ère, mais qui avait entre 5.000 et 6.000 habitants vivant ici de l’agriculture et du commerce. Elle possède des rues qui séparent des zones d’habitation et des espaces publics.

Constat inévitable suite à ce calendrier :

« Il est indéniable que l’agriculture n’est pas, du tout, originaire de Mésopotamie. Elle était une « connaissance » des hommes beaucoup plus ancienne que -8,000 av J.C. Elle était développée au point de « domestiquer » les plantes sauvages. Cette « science » agricole était originaire des plateaux continentaux qui furent inondés par la fonte des glaciers. Les habitants de ces plateaux continentaux étaient, définitivement, agriculteurs et sédentaires. Ce qui nous laisse un questionnement sur les vestiges « immergés » retrouvés un peu partout.

Sur ce, le calendrier historique se termine en s’ouvrant sur l’histoire proprement dite que tous connaissent.

Amicalement

André Lefebvre

Auteur de:

L’Histoire… de l’univers

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 1:  La Science Secrète)

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 2: Le Mystère Sumérien

Le tout dernier livre, paru en novembre 2016 (version gratuite):

Histoire de ma nation

Tous mes livres sont offerts GRATUITEMENT chez:

http://manuscritdepot.com/a.andre-lefebvre.7.htm#menu

 

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